• Maroc, Oslo, Paris, le CIO, la FIFA : Petite chronique du sport mafieux

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    cio. fifa,caf,football,jeux olympiquesLe sport, vous dites ? Eh non, le pognon...

    La Justice helvétique va devoir traiter une plainte déposée par la Coupole internationale du foot business, la FIFA, pour le « mauvais comportement présumé de cerrtaines personnes dans le cadre de l'attribution des Mondiaux » de foot 2018 et 2022 au Qatar et à la Russie. Le « mauvais comportement » en question, c'est l'achat, par les Qataris et les Russes, des voix nécessaires pour que leur soient attribués les jeux du cirque footballistique. Une enquête interne de la FIFA avait pourtant, tout en relevant des « irrégularités », permis à la Coupole de ne pas remettre en cause ces deux attributions, à deux puissances (l'une politique, l'autre financière) qu'elle n'avait pas du tout envie de titiller. Pour le foot continental, on note la défection, au motif ou au prétexte d'Ebola,, du Maroc pour organiser la Coupe d'Afrique. Et il y a aussi des trous dans les Jeux Olympiques, d'hiver et d'été. Et là, ce sont les défections de villes candidates qui ont été annoncées. Alors quoi, ça va mal pour le sport mondial ? Voui : l'essentiel est  menacé. L'essentiel vous dites ? Le sport ? Eh non, banane, le pognon...
        

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  • Manifestation de soutien aux employés des TPG : Secouer les plumes et l’édredon...

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     Une semaine après la grève des TPG, le Conseil d'administration de la régie s'est déclaré résolu à « préserver les prestations » et « éviter les licenciements ». Le syndicat SEV avait annoncé que la grève de la semaine dernière serait suivie d'une « action plus importante » si ses revendications n'étaient pas prises en compte. Le Conseil d'administration l'a entendu -mais ce n'est pas lui qui décide, c'est le Grand Conseil, qui doit voter la semaine prochaine le contrat de prestations passé entre l'Etat et les TPG. Or c'est précisément ce contrat de prestation qui implique, faute d'une augmentation de la subvention publique, baisses de prestations et licenciements. Le combat des employés continue donc -et à la nécessité de le soutenir s'ajoute désormais celle de convaincre le Conseil d'administration de la régie de ne pas reculer face au Conseil d'Etat et à la majorité du parlement. Tout à l'heure, y'a eu manif de soutien aux employés des TPG, dont la grève a fort opportunément secoué quelque peu les plumes (et l’édredon avec) dans lesquelles s'endormaient paisiblement les majorités politiques qui voudraient nous gouverner.

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  • Forfaits fiscaux : pourquoi l'éthique n'a-t-elle rien à faire dans ce débat ? Parce que le fort fait taire...

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    Parce que le fort fait taire...

    Comme dans toutes les campagnes de propagande (le terme en soi n'étant pas péjoratif, la propagande étant l'action de « propager » une foi, un projet, un programme, une prise de position) précédant un vote dont l'enjeu est fiscal et consiste en la remise en cause (ou l'invention) d'un privilège, la campagne des partisans des forfaits fiscaux a essentiellement consisté à agiter des peurs (celle du départ en masse des « forfaitaires » et de leur pognon, celle d'une abolition de toutes les déductions fiscales, celle d'une augmentation des impôts payés par la fumeuse « classe moyenne »...). Toutefois quelque justification plus sincère que les autres de la nécessité de maintenir de ce privilège exclusif des «  riches étrangers », nous a tout de même été proposée, comme réfutation de l'argument éthique des partisans de l'initiative : ce privilège est immoral et contradictoire du principe de l'égalité devant l'impôt. Réponse : « oui, et alors ? Pourquoi devrions-nous être plus moraux que les autres ? et qu'est-ce que la morale ou l'éthique ont à voir là-dedans ? Il ne s'agit que d'argent, et l'argent n'a pas d'odeur ». Et le riche est fort. Et le fort fait taire (les scrupules).

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  • « Ecopop » et le planning familial : OPA du nord sur les ventres du Sud ?

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    enceinte.jpg Sur Canal+ passait une série britannique particulièrement anxiogène (dont la première saison est disponible en DVD), « Utopia », qui nous narre les hauts faits d'un scientifique terrifié par l'hypothèse d'une surpopulation humaine de la planète, surpopulation qui menacerait la survie même de l'espèce, à quoi seul un plan radical d'élimination des miséreux pourrait parer, de telle sorte que la meilleure partie de l'humanité soit sauvée. La meilleure partie de l'humanité ? Nous, bien sûr. Le scientifique parano met donc au point un vaccin stérilisant les populations excédentaires. Les populations excendaires ? Les autres, évidemment. Une organisation puissante et clandestine est mise au service de ce projet : elle corrompt et tue pour en faciliter la réalisation -mais le scientifique finit par devenir complètement cinglé et le vaccin est transformé afin de préserver une seule «  race » humaine, ou plutôt surhumaine,  obtenue par manipulation génétique. Un cauchemar né du croisement chimérique des terreurs de Thomas Malthus et de l'imagination de Mary Shelley. On n'est pas -et on ne sera sans doute jamais, dans le monde décrit par Utopia... mais n'entendez-vous pas mugir dans nos campagnes ces féroces fantasme de surpopulation et la conviction qu'en sont responsables les pauvres du sud ? On n'a pas de vaccin stérilisant ces métèques ? Instrumentalisons alors le planning familial et les droits des femmes... 

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  • Répartition des tâches entre communes et canton : Le bailli nous la baille belle

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    autonomie Ville.jpgLe Conseil Municipal de la Ville de Genève se réunit en séance extraordinaire aujourd'hui, sur convocation d'une vingtaine de ses membres (les groupes Ensemble à Gauche et Verts) pour débattre de la répartition des tâches entre communes et canton, et plus précisément d'un projet de "règlement municipal relatif à la répartition des tâches entre communes et Canton" présenté par le groupe "Ensemble à Gauche". Projet mal fichu, et à reprendre, mais débat légitime, et à tenir, car le sujet est à la fois d'importance et d'actualité. D'importance, puisque cette répartition détermine la capacité d'agir de la commune et borne le champ de son action (cela vaut pour toutes les communes, indépendamment de leurs majorités politiques et de leurs moyens financiers). Et sujet d'actualité, puisque le Conseil d'Etat a produit un avant-projet de "loi-cadre" qu'il fait mine de soumettre à consultation auprès des communes. Drôle de "consultation" : sans concertation ni négociation, réduite une "prise de température" par un questionnaire bâclé, scolaire et confus. A renvoyer à son expéditeur avec prière instante de faire correctement son boulot, en respectant la Constitution.

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  • Au lendemain de la grève des Transports Publics Genevois : Gueule et langue de bois (de justice) à droite

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    TPG, grève

    C'est fou ce que ça peut être révélateur, une grève réussie -et on ne parle pas là de la capacité des travailleurs et de leurs syndicats à l'organiser, et de la gauche à la soutenir, mais des réactions qu'elle suscite à droite. La « Tribune de Genève » de mardi annonçait le « chaos » -mais « chaos » il n'y eut point. Sinon dans la masse de déclarations à la mord-moi-le-tram qui ont salué la « grève à la française ». Toute déçue de ce que les syndicats opposés à la grève n'aient pas pour autant accepté de la casser, que la police ne soit pas intervenue contre les piquets et que le chaos annoncé ait fait défaut, la droite nous fait un gros caca nerveux : Pour le PLR, la grève est « scandaleuse et totalement anti-démocratique »... Antidémocratique, l'usage d'un droit constitutionnel  ?  C'est vrai que dans la constitution libérale de 1815, y'avait pas le droit de grève. Mais bon, deux cent ans et deux constitutions plus tard, faut vous y faire, les gars : la démocratie a progressé. Avec le droit de grève.

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  • Abolition des « forfaits fiscaux » : Les pompiers pyromanes à l'oeuvre

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    On a reçu le journal de campagne tous ménages (ça coûte bonbon mais ils en ont les moyens...) des partisans du maintien des forfaits fiscaux. Et ils ne font pas dans la dentelle : ils nous balancent que l'abolition de ces forfaits fiscaux, « conduirait à une perte d'impôts de plus de 1 milliard de francs » qu'il faudrait compenser par une imposition plus lourde de la « classe moyenne » (ah, la « classe moyenne », à quelle utilité n'est-elle pas bonne dans le débat politique...) et des PME (mais surtout pas des multinationales et des grosses entreprises nationales, hein). Il sort d'où, ce milliard qui manquerait ? De l'hypothèse absurde que tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux quitteraient la Suisse s'ils n'en bénéficiaient plus. Et ce milliard, il équivaut à quel pourcentage des pertes fiscales accumulées au fil des cadeaux fiscaux accordés depuis des années par la droite qui défend les forfaits fiscaux ? On n'a pas fait le calcul pour l'ensemble de la Suisse, mais pour Genève, toujours dans l'hypothèse absurde où tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux iraient voir ailleurs si la gauche n'y est pas, on sait : le fisc y perdrait 160 millions de francs par année. Soit, en moyenne annuelle, pas plus de la moitié (et sans doute beaucoup moins) des cadeaux fiscaux accordés par la droite depuis dix ans, et qui plombent le budget cantonal depuis dix ans. Y'a pas à dire, dans le genre pompiers pyromanes, ils sont pas mal, nos PLR, PDC, UDC et autres MCG...

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  • Transports Publics Genevois : Une grève contre une prise d'otage

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    TPG, transports publics

    Aujourd'hui, à l'appel du syndicat SEV, les employés des TPG se mettent en grève. Pas seulement pour défendre leurs conditions et leurs postes de travail, les unes dégradées et les autres menacés : ils se mettent aussi en grève pour défendre leur entreprise, leur service public (et le service qu'il rend au public). Et même pour défendre le respect de la volonté populaire, et s'opposer à son détournement. Par deux fois, les Genevois-es ont ratifié dans les urnes l'initiative de l'AVIVO pour une baisse des tarifs. Faute de pouvoir les faire revoter une troisième fois, ou désespérant de les faire changer d'avis, les majorités du gouvernement, du parlement et du Conseil d'administration des TPG ont choisi de les punir en réduisant les prestations de la régie et en supprimant des postes de travail. Pour la droite locale, la grève des TPG est une « prise d'otage ». Et son refus, pour punir les Genevois d'avoir « mal voté », d'accorder aux TPG les moyens d'assurer son service public, c'est quoi, sinon précisément une double prise d'otage des usagers et des salariés de l'entreprise ? 
    Tout à l'heure, à midi et demi au dépôt des TPG (Bachet de Pesay), se tiendra à l'appel de toute la gauche un rassemblement de solidarité avec les grévistes et de dénonciation des coupes dans les prestations et les effectifs des transports publics.

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  • PS français : Il va bien falloir choisir...

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    Levez-vous, orages nécessaires...

    En France, le « virage » social-libéral désormais assumé par Hollande et Valls a réduit la base parlementaire et la base populaire de la présidence et du gouvernement en place à un tel (bas) niveau que seuls l'appel à la discipline de parti et le réflexe légitimiste des élus empêche encore l'éclatement du PS français. Et on dit bien l'éclatement, pas la dissolution : l 'éclatement entre un parti « démocratique » à l'italienne et un parti socialiste (ou social-démocrate, puisque quoique n'ayant jamais assumé cette filiation, le PS français a toujours été un parti social-démocrate, même quand il aimait jouer avec des références révolutionnaires). Un tel éclatement serait sans doute clarificateur du choix entre deux lignes que leurs tenant savent inconciliables, même s'ils se refusent à tirer les conclusions de cette certitude. Entre Hollande et Valls d'un côté, Montebourg, Veillon et Aubry de l'autre, il va pourtant bien falloir choisir. Avant ou après une défaite électorale ? Levez-vous, orages nécessaires !

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  • Pour répondre à la "surpopulation", mieux qu'Ecopop : Swift

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    Ecopop, c'est de la daube, un ersatz, un coïtus interuptus : LA proposition pour lutter contre la surpopulation qui fait rien qu'à menacer nos vertes prairies, elle est là, depuis trois siècles : http://www.fichier-pdf.fr/2014/11/12/swift/ Et elle va là où précisément Ecopop, calant devant l'effort, se révèle incapable d'aller : à l'essentiel. Ce que la pusillanimité d'Ecopop l'empêche, sinon de concevoir, du moins d'exprimer, Swift, lui, ne craint pas de l'écrire et de le proposer. Certes radicale, mais surtout cohérente, sa "Modeste proposition" renvoie l'immodeste bricolage de nos écoxénophobes là d'où il n'aurait jamais dû sortir : dans les archives des propositions ni faites, ni à faire, parce que s'arrêtant par pleutrerie au seuil de l'évidence. 
         

         

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  • Mobilisons-nous contre la haine des riches : Forfaitaires, debout ! Résistons !

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    Manifdedroite1.jpg

     

    Un drame se joue, une angoisse se noue, mais vous en rendez-vous seulement compte? Ce drame, c'est le nôtre, à nous, bénéficiaires des « forfaits fiscaux », nous, résidents étrangers qui ne payons d'impôt que sur nos dépenses et pas sur nos revenus ou notre fortune. Cette angoisse, c'est la nôtre, celle de perdre ce statut, en butte à la jalousie mesquine de la gauche suisse. Déjà qu'on ne savait même pas qu'il y avait une, de gauche, dans ce pays... si on nous l'avait dit, qu'il y avait une gauche, en Suisse, vous croyez vraiment qu'on serait venu se planter ici en faisant semblant de ne pas travailler, de ne pas gérer nos comptes en banques, nos affaires, nos entreprises ? Une gauche, en Suisse... ah ça, on est vraiment  tombé des nues...

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  • Assurance-maladie : les primes augmentent, l'Etat casque...

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    E da capo...

    Alain Berset ne l'avait pas caché, trois jours avant la votation sur l'initiative pour une caisse publique d'assurance-maladie (alors que la majorité des votes avaient déjà été exprimés) : quel que soit le résultat de la votation, que le système change ou pas, que l'assurance de base soit publique ou reste privée, les primes continueront d'augmenter (on en est quasiment à Genève à des primes moyennes de 500 balles) avec des caisses dont les cotisations n'augmentent pas, des caisses où elles augmentent de plus de 10 %, plus de 200'000 combinaisons différentes d'assurance possibles, et un nombre croissant d'assurés qui ne peuvent payer leurs primes que grâce à des subsides de l'Etat -ou ne les paient pas et se retrouvent aux poursuites, l'Etat payant leurs primes à leur place en attendant qu'ils reviennent à meilleure situation financière -s'ils y reviennent. C'est tout le bonheur du système suisse d'assurance-maladie, ça, un vrai mouvement perpétuel : les coûts grimpent, les caisses encaissent, l'Etat décaisse, les assurés morflent... e da capo...

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  • Ce que l'emploi de frontaliers fait gagner à Genève (et dont on se fout un peu, à vrai dire)...

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    apothicaire.jpgCalculs d'apothicaires à Piogre

    « Le Matin Dimanche » (le seul jour où ce canard est lisible) avait, il y a quelque temps, mené l'enquête sur l'apport des « frontaliers étrangers actifs » à Genève. Et les résultats de l'enquête sont sans ambiguïté (on a beau jeu de le reconnaître, puisqu'on avait toujours soutenu ce qu'ils confirment) : «  Genève profite plus qu'elle ne pâtit » de l'apport d'une main d'oeuvre frontalière. Le « Matin Dimanche » a tenté de chiffrer cet apport en bonne monnaie suisse bien de chez nous : 382 millions de francs par an, constitués par la contribution fiscale nette des frontaliers, leur contribution au financement de l'assurance-chômage, le cofinancement fédéral de projets qui n'obtiennent ce financement que s'ils sont transfrontalier, et enfin les économies de charge obtenues par le simple fait que ces salariés n'habitent pas sur le territoire cantonal, n'y ont pas été formés et que leurs enfants ne sont (sauf exceptions) ni scolarisés à Genève ni accueillis dans des crèches genevoises... Calculs d'apothicaires,sans doute.. Mais en harmonie parfaite avec un débat souffreteux, où le projet politique se réduit à des chipotages comptables.

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  • Catalogne : Simulacre de référendum ou référendum sur le référendum ?

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    catalunya.jpgIllégal ? Légitime !

    Dimanche, en Catalogne, lors de ce que ses adversaires considéraient comme un « simulacre de référendum » et qui s'avère avoir été une sorte de « référendum sur le référendum », les votants ont massivement répondu « oui » aux questions « La Catalogne doit-elle être un Etat ? » et  « cet Etat doit-il être indépendant ? » (de l'Espagne). La consultation catalane succède à une consultation écossaise portant sur la même revendication indépendantiste, mais légitimée, elle, par le gouvernement britannique -qui y risquait pourtant gros, et sentit passer le vent du boulet.. Récusée par le gouvernement central et la Cour constitutionnelle espagnols, maintenue sous une forme ambiguë (sans portée juridique, mais avec une lourde portée politique) la consultation catalane n'était peut-être pas légale, mais elle était légitime, Une légitimité confirmée par la participation de deux millions de personnes, sans lesquelles ce « référendum sur le référendum »  n'aurait été qu'une mise en scène.

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  • OPA arnaqueuse sur l'écologie : Ecopop, ou la catatonie environnementale

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    dev_durable.jpgC'est-y pas plus clair comme ça ? Dans la « Tribune de Genève » du 6 novembre, c'était l'avocat d'extrême-droite Pascal Junod qui était commis à la défense de l'initiative « Ecopop » et à l'attaque des écolos qui ne la soutiennent pas. Il semble bien pourtant que certains prennent encore ce projet xénophobe pour un manifeste de la décroissance... Or de quoi nous parle Ecopop, non dans son exposé apologétique (et apodictique), mais dans le texte soumis au vote populaire ? De population ? oui, mais de population immigrante. De planning familial ? Oui, mais de familial ailleurs, et le plus loin possible. Et en Suisse, et au comportement des Suisses (de souche, de résidence ou d'importation), quels changements propose-t-elle ? Aucun. Ecopop ne dit rien de l'aménagement du territoire, rien de la politique des transports, rien de la consommation intérieure, rien de la production et de la consommation d'énergie : hors de son obsession démographique, Ecopop est catatonique.          

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  • Transports publics et mobilité douce : entre plébiscite populaire et sabotage parlementaire

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    19.jpgIl n'était ni un sondage, ni une enquête scientifique, le questionnaire à Lulu, mais c'est une gentille petite claque que les réponses qui y ont été données adressent aux mauvaises odeurs, au TCS, à l'ACS, à Feu Vert et au MCG -pour une fois vert, mais de rage... Questionnés en septembre sur la «  mobilité », Plus de 12'000 Genevois-ses y ont répondu et plébiscitent transports publics et mobilité douce. Il ne reste plus qu'à traduire ça en actes politiques, qu'aucun sondage ne remplacera jamais, et en choix clairs, qui devront bien s'éloigner du mantra constitutionnel sur la fumeuse « liberté de choix du mode de transport ». Oui, notre optimisme est parfois déconcertant... D'autant qu'au moment où on apprenait que les réponses au questionnaire de la Direction des Transports soutenaient une priorité aux transports publics, on apprenait aussi que la Commission des Transports du Grand Conseil soutenait un «  contrat de prestation » des Transports Publics Genevois réduisant leurs prestations et leurs places de travail au lieu de les renforcer, cela pour se venger de l'adoption réitérée de l'initiative populaire imposant une baisse des tarifs des TPG, et la faire payer aux usagers (et au personnel) plutôt que s'en servir pour renforcer l'attractivité des transports publics...

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  • Retrouver l'inspiration d'un renouveau de l'internationalisme ? L'an prochain à Zimmerwald...

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    socialisme, internationalisme, Zimmerwald

    La Jeunesse Socialiste suisse réfléchit à une commémoration du centenaire de la conférence de Zimmerwald, qui avait réuni en septembre 1915, dans la campagne bernoise, à l'inititiative de socialistes suisses et italiens, des représentants de la gauche socialiste européenne, opposée aux « unions sacrées » passées dans les Etats en guerre entre les partis socialistes et sociaux-démocrates, les partis de droite, les gouvernements et les armées au nom de la « défense nationale », deux ans après que le congrès de Bâle de l'Internationale ait solennellement proclamé que si la guerre éclatait en Europe, les partis socialistes et les syndicats y répondraient par une grève générale à l'échelle du continent. On conviendra donc que pour trouver en 2015 l'inspiration nécessaires à un renouveau de l'internationalisme et de la lutte contre les nationalismes, le centenaire de Zimmerwald vaut mieux que le demi-millénaire de Marignan...

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  • Bidouiller les chiffres pour sauver les privilèges fiscaux : La louche des Tartuffes et la soupe des forfaits

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    Hier, les Argentiers cantonaux romands n'y sont pas allés avec le dos de la cuiller pour estimer la perte fiscale qu'ils font mine de prévoir en cas d'abolition des forfaits fiscaux : un milliard de francs. Et d'autres chiffres servis avec les mêmes mines d'enterrement (de la prospérité) sont évoqués par les partisans de cette « imposition sur la dépense » : 22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus...  Les comités Théodule (dont un pathétique « Sauvons Genève de la misère ») qui à Genève appellent à sauver ce privilège fiscal argumentent avec le même souci de la crédibilité des chiffres : en les balançant à la louche, en les arrondissant au milliard supérieur, sans donner plus que les conseillers d'Etat de sources crédibles à l'appui de leurs estimations. Et puis, même s'ils avaient raison, même si leurs chiffres étaient crédibles et leurs alarmes fondées, à qui la faute ? Qui a fait perdre à Genève, depuis des années, plus de rentrées fiscales en distribuant des cadeaux aux multinationales (et ce n'est pas fini) et aux grosses fortunes que tout ce que rapportent l'ensemble des « forfaits fiscaux »  ? Qui, sinon ces Tartuffes menant campagne à la louche contre l'équité fiscale ?

    «  Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques »

    Les chiffres donnés par les partisans des forfaits fiscaux sont donc bidouillés à la varlope, pour faire joli (on  se reportera pour avoir une idée de ce bidouillage à l'article du Temps d'hier : «  Des chiffres discutables à l'appui des forfaits »). Et encore : même revus à la baisse, ces chiffres se basent tous sur une double hypothèse absurde : celle d'abord du départ massif de Suisse, en cohorte, de tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux, et celle ensuite de leur non-remplacement par des contribuables «  normaux », quoique riches -mais de ce genre, honorable, de riches contribuables qui, à l'instar de Metin  Arditi, ne voient pas pourquoi ils devraient bénéficier d'un privilège fiscal en sus de tous ceux liés, déjà, à leur richesse. En réalité, dans les cinq cantons où ils ont été abolis, les caisses publiques n'ont pas subi de perte, et si une partie des bénéficiaires de ce cadeau ont effectivement quitté les cantons qui ont renoncé à leur offrir, d'autres sont restés et ont été soumis à l'impôt « normal », plus élevé, et plus nourrissnt des collectivités. A Bâle-Ville, à Bâle-Campagne, à Zurich, dans les Rhodes extérieures d'Appenzell et à Schaffhouse, les finances publiques ne se portent pas plus mal après la suppression de «l'imposition sur la dépense» qu'avant. Si une majorité (mais pas la totalité) des « forfaitaires » de Bâle-campagne sont partis, la majorité de ceux de Bâle-Ville et de Zurich (et d'Appenzell) sont restés..

    22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus... d'où sortent les chiffres brandis comme des épouvantails (à pigeons) par les partisans des forfaits fiscaux ? essentiellement d'une « enquête » bidon opérée en 2009 par un lobby partisan des « forfaits fiscaux » sur 126 contribuables en bénéficiant. Un échantillon sans aucune représentativité, et une estimation fondée de la plus grossière des manières : en multipliant la moyenne des chiffres donnés par ces 126 personnes par le nombre total des bénéficiaires des forfaits fiscaux. On se croirait au dépouillement des élections nord-coréennes -mais non, on est dans une campagne de votation en  Suisse...
    Il est vrai qu'en certains cantons, certaines communes (dont celles qui financent la campagne en faveur des forfaits fiscaux et la manifestation organisée à Berne par leurs partisans), la Suisse tient de la république bananière (l'expression renvoie à ces Etats d'Amérique du Sud totalement dépendants d'une seule activité, d'une seule ressource, d'un seul contributeur : United Fruit dans le Guatemala narré par Asturias, par exemple...) : Ainsi, Crans Montana à elle seule comptait plus du tiers (500) de tous les forfaits fiscaux (1389) du Valais en 2013, et son budget en est totalement dépendant : « Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques », résume le Maire de Lens... Et à Genève, selon le ministre des Finances cantonal, on passerait d'un « équilibre très fragile» à une situation au bord de la rupture... Mais qui est responsable de cette situation ? Ceux qui pratiquent la «duoculture» du cadeau fiscal et du tourisme (comme en Valais) ou de la finance (comme à Genève), ou ceux qui, comme les initiants de La Gauche et du PS genevois, proposent le 30 novembre un autre développement et défendent l'équité fiscale?

    Le Conseiller d'Etat Serge dal Busco se lamente de l'«hostilité anti-riches» qu'il voit monter ? Il ferait mieux de se demander vraiment pourquoi elle monte, et si les défenseurs des privilèges n'en sont pas un tantinet responsables...

  • Déclinisme, décadentisme et catastrophisme au menu : Déprime time

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    Il y a comme cela, régulièrement, des bouquins dont on cause tellement dans tous les media possibles qu'on a l'impression de les avoir déjà lus alors même qu'on n'en a pas tourné la première page, et qu'on n'en a même pas envie. Ce buzz nous avait dissuadés de décoder le Da Vinci, d'aller au-delà de la première nuance de Grey, de célébrer un autre Dicker que Jacques ou de nous abîmer dans les règlements de compte adultérins de Valérie Valérie Trierweiler, il nous dissuade aujourd'hui de prendre, ou de perdre, pour lire Eric Zemmour la plus petite part du temps que nous consacrons à relire Dostoïevski. Pourtant, il faudrait peut-être que nous nous résignions à ce sacrifice, puisqu'on nous serine que le succès du pavé de Zemmour, « Le Suicide français », est « révélateur ». Reste à savoir de quoi... d'un temps de déprime politique, en tout cas, mais encore ?

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