jeudi, 27 novembre 2014

Manifestation de soutien aux employés des TPG : Secouer les plumes et l’édredon...


 Une semaine après la grève des TPG, le Conseil d'administration de la régie s'est déclaré résolu à « préserver les prestations » et « éviter les licenciements ». Le syndicat SEV avait annoncé que la grève de la semaine dernière serait suivie d'une « action plus importante » si ses revendications n'étaient pas prises en compte. Le Conseil d'administration l'a entendu -mais ce n'est pas lui qui décide, c'est le Grand Conseil, qui doit voter la semaine prochaine le contrat de prestations passé entre l'Etat et les TPG. Or c'est précisément ce contrat de prestation qui implique, faute d'une augmentation de la subvention publique, baisses de prestations et licenciements. Le combat des employés continue donc -et à la nécessité de le soutenir s'ajoute désormais celle de convaincre le Conseil d'administration de la régie de ne pas reculer face au Conseil d'Etat et à la majorité du parlement. Tout à l'heure, y'a eu manif de soutien aux employés des TPG, dont la grève a fort opportunément secoué quelque peu les plumes (et l’édredon avec) dans lesquelles s'endormaient paisiblement les majorités politiques qui voudraient nous gouverner.


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Touche pas à mes TPG

Le Conseil d'administration des TPG souhaite «contribuer à une sortie de crise dans les meilleurs délais». Mais à quelle « sortie de crise » ? Parce qu'entre rodomontades, enfumages et parano antifrontalière, les partis de droite et d'extrême-droite, majoritaires au Grand Conseil et au Conseil d'Etat, ont, eux aussi, leur idée de « sortie de crise » : par une crise encore plus profonde, avec réduction de prestations, suppressions de postes et licenciements à la clef. Du coup, en manifestant notre solidarité avec les employés des TPG, c'est avec l'entreprise publique elle-même qu'il va falloir dire notre solidarité -d'ailleurs, c'est sous le nom de «Touche pas à mes TPG » qu'un groupe Facebook (www.facebook.com/touchepasamestpg?notif_t=page_invite_accepted) vient de se créer.
« Touche pas à mes TPG », cela ne signifie pas un alignement derrière le Conseil d'administration de la régie, mais cela proclame qu'en tant qu'entreprise publique assurant un service public financé à la fois par ses usagers et par les budgets publics (c'est-à-dire par tous les contribuables) les TPG sont nôtres, comme une commune ou la République doivent l'être à toutes et tous leurs habitant-e-s.  La manifestation de tout à l'heure était ainsi à la fois une manifestation « pour » et une manifestation « contre » : une manifestation de soutien aux employés des TPG et pour la défense des TPG eux-mêmes, et de leur service au public, et une manifestation contre les tentatives plus ou moins explicites de les casser en multipliant les sous-traitances comme le propose le PLR et en réduisant leurs prestations comme le propose le Conseil d'Etat, la droite et la droite de la droite...

Le Conseil d'administration des TPG a mandaté sa présidente et le directeur général de la régie pour formuler à l'intention du Conseil d'Etat une proposition «d'avenant au contrat de prestation» soumis à la Chambre Introuvable qui sert à Genève de parlement cantonal. Le Conseil veut éviter une «  réduction brutale de l'offre » (si elle n'est pas « brutale », elle est acceptable ?), éviter des licenciements (parce que les suppressions de postes après départs naturels ou à la retraite des employés qui les occupent, elles, on les envisage toujours ?) et modifier le contrat de prestations avant fin juin 2015 (sa soumission au Grand Conseil, la semaine prochaine, n'étant qu'une étape).
Les syndicats (partisans ou non de la grève) et les employés, eux, veulent aller plus loin que le Conseil d'administration : ils ne s'opposent pas seulement aux licenciements, mais aussi aux suppressions de postes, à quoi ils opposent la création de nouveaux postes et l'engagement du personnel nécessaire pour que les TPG puissent assurer des prestations qui devront s'accroître, et dont les Genevois-es demandent d'ailleurs, à en croire le fameux « questionnaire à Lulu », l'accroissement : de meilleures dessertes, de meilleures fréquences, une « vitesse commerciale » plus élevée, de nouvelles lignes... bref, la concrétisation, s'agissant des transports publics, de la « mobilité douce » approuvée en une votation populaire sur laquelle majorités gouvernementale et parlementaires s’assoient avec la même pesanteur de faux derches que celle qu'elles mettent à travestir cette autre votation exprimant la volonté populaire de baisse des tarifs des TPG en un acquiescement à la réduction de leurs prestations.
De grands démocrates, on vous dit...


13:56 Publié dans Genève, syndicats, Transports | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : tpg | |  Facebook | | | |

Commentaires

Les TPG sont nôtres !, Je vous imagine devant une grande foule, n'en pouvant plus en proférant ces mots, les bras en l'air pour motiver les troupes.
Vos syndicats sont certainement un mal nécessaire dont on s'accommodera, ça arrange tout le monde.
De là à penser que ces agités, qui ne pensent qu'à en découdre, vont obtenir un semblant de susucre pour ne pas partir la queue entre les jambes, votre enthousiasme vous emporte.
Je vais vous décrire le scénario qui va se dérouler presque à la lettre :
Le GC et le CE vont se fâcher.
Ils montreront ainsi à la population qui est le chef, histoire de montrer qu'ils sont bien là et retrouver un peu de crédit.
Et comme la majorité est celle qu'on connait...
La direction des TPG et la présidence du CA vont filer très, très doux, histoire de ne pas voir les postes remis au concours pour faute grave.
Et tout rentrera dans l'ordre, car les collaborateurs des TPG n'ont pas envie de faire les frais des agités syndicaux en mal de reconnaissance et en mode survie.
On parie ?

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 27 novembre 2014

Alors, si on en croit Homme Libre, maintenant vous voilà défenseur des riches? Le problême c'est qu'il faut croire la môvaise foi (pernicieuse, certes) de l'autre

Écrit par : Trio-Octet Infernal | jeudi, 27 novembre 2014

Oh, Monsieur Jenni tout en s'agitant à henni! Il lit dans la tripe de poulet? Le Marc de café? La pince de homard? La boule de cristal-la 8ème oui!-? Ou regarde-t-il le CA, CO, CC, CF par le trou de la serrure? Un roi célèbre pour son amour d'icelles (des serrures, voyons!) le 14 juillet 1789, écrivait dans son journal "Rien, quel ennui..." à mourir voui!

Écrit par : Trio-Octet Infernal | jeudi, 27 novembre 2014

Monsieur Jenni dites l'enjeu du pari et il y aura peut-être des pas rieurs!

Écrit par : Trio-Octet Infernal | jeudi, 27 novembre 2014

Depuis quand ce sont les employés des TPG qui décident du budget de l'Etat ? Cette entreprise , régie publique 'autonome' doit se débrouiller pour ajuster ses dépenses aux recettes, point barre. Et ceux qui ne sont pas d'accord ils n'ont qu'à démissionner et travailler dans un autre environnement puisque ce serait , ici, l'enfer absolu ! Toute entreprise doit, face à une diminution des revenus, opter pour un réajustement de ses dépenses. Et là il y a de la marge, sans faire croire que le monde va s'écrouler parce que le TPG devraient réduire un peu la voilure. Si les grévistes sont tellement soucieux de sauver les postes, pourquoi ne proposeraient-ils pas de diminuer de quelques % leur salaire pour permettre cette opération comptable. Oui, je rêve, je le sais.

Écrit par : uranus2011 | vendredi, 28 novembre 2014

"Entreprise publique autonome" ou pas, les TPG sont un service public assurant un service au public. C'est ce service qui est le critère, pas ses comptes financiers. Comme l'hôpital ou les Services Industriels. Ce qu'on demande à un service public est d'assurer son service au public, pas de faire du bénéfice, ni même d'équilibrer ses comptes.

Écrit par : Pascal Holenweg | vendredi, 28 novembre 2014

normalement, quand on parle de service public, il y a l'assurance, par nos institutions, du fonctionnement des services publics que payent les contribuables.

la tradition suisse étant que la grève n'a jamais été l'outil de revendication, esprit suisse du travail oblige, sans parler de l'engagement des salariés dans les fonctions de service public

s'il faut / à reculons, parler de l'importation de l'esprit français de l'esprit de revendication via grève

encore faudrait-il qu'en Suisse romande - Genève est en Suisse, non?, les gens comprennent que l'esprit syndical a sa valeur dans la défense des travailleurs, car les revendications sont pragmatiques et effectives: voir en Allemagne, et la menace de grève fait partie des négoces, mais n'est la grève n'intervient et n'est mise en place, qu'en tout bout de chemin du combat des syndicats.
Or ici, il n'y a pratiquement que des fr employés aux TPG, il n'y a aucune réelle négociation inter-syndicale/salariés/employeurs, avant menace de grève.
Aucun dialogue, aucune négo, tout est totalement inexistant.

Mais encore une fois ne parlez-vous ici qu'à des suisses de la gauche bobo vous brossant le poil dans le sens qui vous fait frétiller,
ou qu'à ceux vous assurant le support de votre copinage habituel, P. Hollenweg?

car une fois de plus vous aurez censuré mon post (de ce fait cc ailleurs)

Écrit par : pierre à feu | vendredi, 28 novembre 2014

N'importe quoi...
donc :
1. Le droit de grève est garanti par la Constitution genevoise et la Constitution suisse (outre quelques textes internationaux), y compris aux employés des services publics -à quelques exceptions près ne concernant pas les TPG
2. La grève fait partie de l'histoire suisse comme de l'histoire des pays voisins : il n'y a pas eu dans ce pays une année sans grève depuis la fin du XIXe siècle. Grèves préventives, grèves réactives, grèves politiques comprises (comme la Grève Générale de 1918)
3. Les employés frontaliers des TPG ne représentent que 30 % de l'ensemble du personnel de la régie
4. Les syndicats des TPG n'ont cessér, AVANT la grève, de réclamer des négociations : le Conseil d'administation des TPG était d'accord, la tutelle politique (le Conseil d'Etat) s'y refuse
5. Je me fous totalement de la nationalité de celles et ceux à qui je "parle"

Écrit par : Pascal Holenweg | samedi, 29 novembre 2014

Monsieur Jenni, tout le monde peut voir de quel côté vous vous rangez. Attention au retour de bâton quand vous aurez besoin de soutien contre Uber. Vous pourriez vous retrouver bien seul.

Car moi je vais vous décrire le scénario qui va se produire pour les taxis. Une libéralisation à tout va, car vous êtes trop chers et la concurrence libre et non faussée est dans l'air du temps. Déjà certains de vos taxis roulent pour Uber. C'est qu'ils doivent y trouver leur compte. Le CE et le GC vont voter une loi permettant à Uber de régater sur le canton. Vous lancerez un référendum qui n'aboutira à rien.
On parie?

Écrit par : Jules | samedi, 29 novembre 2014

Oui, Jules, c'est pas tout faux ce que vous projetez. Sauf que ce sera du court terme, comme en Californie où les chauffeurs du mastodonte manifestent devant leurs bureaux car ils ne gagnent plus leur vie.
Pour le moment, le GC, dans sa grande ignorance et son dédain des professionnels, a fait le contraire en votant le 27 mars 2014 une loi qui consacre un nouveau monopole d'Etat. Et oui, rien de moins pour les taxis, validé par les libéraux ! Et naturellement contesté par l'ensemble de la corporation.
Nous avons vécu la libéralisation en 1992. Le législateur a réalisé sa bourde et a réintroduit la régulation puisque le service a dégénéré et les tarifs avaient augmenté de 33 % à peine 6 mois après la votation populaire pour des taxis égaux et moins chers.
Vous avez encore raison lorsque vous parlez de soutien. Les taxis ont mauvaise presse dans le monde entier et seraient bien avisés de se ménager des aides potentielles. Sauf que voilà, nous ne sommes pas des fonctionnaires et nous ne nous battons pas pour des annuités, mais bien pour dénoncer une baisse de près de 30 % de nos revenus. A l'heure actuelle, plus de 20% des chauffeurs de taxis subissent un acte de défaut de biens et des poursuites. Pour une seule raison, la non application de la loi par l'Etat.
Maintenant si la population ne veut plus pouvoir choisir son taxi et bien je vous encourage à ne pas valider le référendum qui a déjà été lancé et qui a récolté le double des signatures requises.
L'Etat marche sur la tête en prévoyant d'un côté des mesures toujours plus restrictives à l'égard des taxis et une absence totale de régulation des clandestins et autres fraudeurs qui arnaquent systématiquement leurs clients.
Je vous encourage aussi à tenter l'expérience de l'éléphant californien. Vous serez désagréablement surpris de payer plus cher que dans un taxi et surtout vous devrez attendre beaucoup plus longtemps pour en trouver un.
Mais finalement, puisque personne n'est content, les taxis devraient peut-être envisager de participer aux mouvement d'humeur des TPG, histoire de dénoncer l'incurie de nos autorités.

Écrit par : Pierre Jenni | dimanche, 30 novembre 2014

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