mercredi, 23 juillet 2014

GAZA : QUE FAIRE ? AVEC QUI ? CONTRE QUI ?

ghetto.jpgDepuis deux semaines, il pleut sur Gaza. Une pluie de feu. Destinée, selon le faiseur de pluie, à "ramener la sécurité pour les citoyens d'Israël", alors que lui-même admet qu'il est illusoire d'en attendre qu'elle détruise tous les tunnels et tous les lance-roquettes qu'il dit viser. En 2009, une opération comparable lancée, sous le nom éloquent de "plomb durci", contre Gaza par le gouvernement israélien avait déjà fait 1300 morts. Pour quel résultat ? L'impérieuse nécessité de la rééditer en la rebaptisant "bordure protectrice" et d'en dépasser le bilan ? Le Premier ministre d'Israël n'entend pas s'en tenir au bientôt millier de morts de ce mois de juillet : "Nous sommes prêts à un élargissement substantiel de notre intervention terrestre"... à quoi se mesure au juste la substance de cette intervention ? A l'écart entre le nombre des morts chez les uns et le nombre de morts chez les autres ?
Le mécanisme du broyage des populations et de la raison est éprouvé : des roquettes (1500 en deux semaines) partent de Gaza et tombent en Israël, des bombes ou des missiles partent d'Israël et tombent sur Gaza, une proposition de trêve est faite par l'Egypte (ou par d'autres), Israël l'accepte, Hamas y met des conditions, Israël n'accepte pas ces conditions, en pose d'autres, que Hamas refuse tant que les siennes ne sont pas acceptées, Hamas et Israël refusent la trêve, Israël avertit la population des zones qui vont être bombardées : "on va cogner, évacuez" (Pour aller où ? Le ghetto de Gaza est bouclé...), missiles et obus se remettent à pleuvoir sur les populations civiles et le spectacle reprend : sur les terrasses israéliennes proches de Gaza, le soir, les habitants prennent le frais en regardant les lueurs des bombardements et le tracé des missiles pendant que dans leurs abris (inaccessibles à la population civile), les cadres du Hamas attendent que ça passe. L'UNRWA, l'agence de l'ONU qui depuis soixante--cinq ans assure la survie des Palestiniens, découvre 20 roquettes planquées dans une école... et la commission de politique de sécurité du Conseil National suisse renonce à une visite en Israël**. Enfin, renonce... disons qu'elle la reporte à un moment où l'opinion publique pensera à autre chose...


"Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge" (proverbe palestinien)...

La solidarité avec le peuple palestinien, non seulement pour que cesse ce qui le broie aujourd'hui mais aussi, et surtout, pour qu'il accède enfin aux droits que l'on proclame être ceux de tous les peuples, s'impose, sans la barguigner. Mais la solidarité, si elle veut être autre chose que l'exhibition de la compassion, ne dispense pas de la lucidité -au contraire : elle la suppose. Il n'y a aucun doute sur qui, à Gaza, est la victime, et de qui les victimes le sont : Israël s'y rend coupable de ce que le droit international -à commencer par celui dont la Suisse est dépositaire- qualifie de crimes de guerre, contre la population civile. Mais il n'y a pas seulement à reconnaître les victimes et à désigner les coupables d'un crime : il y a aussi à en identifier les complices. Précisément au nom de la solidarité dans un combat pour des droits indivisibles, un combat qui commence par répondre à une vieille question léninienne : Que Faire ? Que faire, non pour exposer notre solidarité mais pour qu'elle ait effet. Que faire là où nous sommes, avec les armes dont nous disposons et dont nous acceptons l'usage,  pour que "cela" cesse ?  Cela : l'écrasement de la population civile de Gaza, mais aussi le Mur, les colonies, l'occupation, le confessionnalisme, et le parrainage politiquement crapuleux des Palestiniens par ceux qui capitalisent sur leurs morts. Que Faire  ? Pas n'importe quoi, pas avec n'importe qui...

Il y a du narcissisme dans la posture solidaire, quand elle n'est précisément qu'une posture,  qu'elle se conjugue à l'analphabétisme historique, et que, par exemple, elle ne conçoit pas que l'on puisse soutenir les Palestiniens sans soutenir le Hamas.
Il nous souvient de ce cadre du FPLP qui, au début des années septante, nous disait, amèrement ironique, que le drame des Palestiniens ne tenait plus, depuis 1967, à leur solitude, mais à la prolifération de leurs soutiens et de leurs parrains.  Et qui s'interrogeait sur le besoin irrépressible de l'extrême-gauche européenne de se trouver, elle aussi, une Terre Promise : ayant découvert les Palestiniens en 1967, elle avait fait de la Palestine, après d'autres, sa Terre Promise et des Palestiniens son Peuple Elu... en cultivant ce syllogisme à la con : l'ennemi de mon ennemi est mon ami. Ou, un peu plus subtilement, en résumant la dialectique maoïste (la distinction entre la contradiction principale et la contradiction secondaire, l'ennemi principal et l'ennemi secondaire), en se convainquant que, puisque l'ennemi principal (les Etats-Unis, pour l'extrême-gauche européenne) financent à coups de milliards de dollars (plus de trois milliards par an, actuellement) l'appareil militaire israélien, soutenir ceux que cet appareil militaire écrase (les Palestiniens) c'est participer au combat contre l'ennemi principal...
Cette élection de peuples tragiques pour suppléer au prolétariat désormais inclus dans la société marchande, et cette réduction de la dialectique au sophisme, il nous faut bien avouer d'ailleurs qu'il nous arriva à nous aussi d'y succomber.  Raison de plus pour n'y pas retomber, et cesser de ménager des salauds pour la seule raison qu'ils en combattent d'autres : le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza par la force en 2007, est de ces parasites qui prolifèrent sur le malheur des Palestiniens et empêchent la reconnaissance de leurs droits. En Israël, les colons et leurs partis sont de la même engeance -celle qui n'exige une opération militaire "définitive" qu'en prônant l'opération militaire encore plus "définitive" qui lui succèdera...  pour n'aboutir qu'à une pause avant pire encore, avec pour seule perspective celle que Netanyahou promet sur un ton parodiquement churchillien : "des jours longs et pénibles"...

Mettre fin à la punition collective des Palestiniens de Gaza, mettre fin au blocus dont ils sont victimes (et auquel participe l'Egypte), démanteler le mur et les colonies, ne sont pas des exigences exorbitantes : chacune* relève du respect du droit international -or ce respect par les Etats est aujourd'hui la condition nécessaire de leur légitimité : Pour autant qu'un Etat puisse être légitime (ce dont, en ce 200e anniversaire de la naissance de Bakounine, on s'autorisera à douter), sa légitimité ne tient plus,  comme au temps de Machiavel, à sa seule capacité de contrôler un territoire (l'Etat est une donnée des faits,  donc il est légitime...), mais à sa capacité de respecter des règles de droit et d'y conformer ses pratiques. Et cela vaut pour Israël comme pour tout autre Etat, ni plus ni moins légitime que lui.
De même, la légitimité d'un mouvement politique ne devrait plus, tenir à sa seule capacité d'action, mais à son programme et à ses pratiques. Or ce pourquoi un mouvement se constitue, ses objectifs, son projet, est dit dans ses textes fondateurs, et la Charte du Hamas ("Dieu est son but, l'Apôtre son modèle, le Coran sa constitution, le jihad son chemin et la mort sur le chemin de Dieu la plus éminente de ses espérances"), qu'on ne saurait trop inviter à lire (http://iremam.cnrs.fr/legrain/voix15.htm) dit clairement son étrangeté à toute espèce de revendication fondée sur un droit à l'autodétermination palestinienne : "Notre combat contre les Juifs est une entreprise grande et dangereuse qui requiert tous les efforts sincères et constitue une étape qui, sans nul doute, sera suivie d'autres étapes; c'est une phalange qui, sans nul doute, sera soutenue par d'autres qui, phalanges après phalanges, viendront de cet immense monde arabe et islamique jusqu'à l'écrasement des ennemis et la victoire de Dieu"... En conséquence de quoi, chaque enfant, chaque vieillard, chaque femme, chaque civil de Gaza tués dans "Bordure protectrice" (mais protectrice de quoi, et de qui ?) est une défaite d'Israël, et une victoire du Hamas. "Dans deux ou trois jours, nous en aurons fini avec la plupart des tunnels" creusés par le Hamas, a promis lundi le ministre israélien de la Défense. Et ensuite ? en "finir avec les tunnels" (pour combien de temps ?) est-ce en finir avec les causes d'un conflit dont ce ministre, comme tout le gouvernement auquel il appartient, refuse précisément d'admettre qu'il est nourri par la colonisation et le blocus ? Netanyahou se dit déterminé à "ramener un calme durable". Celui des cimetières ? 

On n'attend rien du Hamas -rien d'autre que ce qu'il proclame lui-même être. Et si on attend encore quelque chose d'Israël, ce n'est pas de son gouvernement, mais de son peuple -du moins de cette part de ce peuple qui ne regarde pas bombarder Gaza comme on savoure un spectacle son et lumière, mais qui manifeste sous les injures son dégoût de cette connivence avec les massacres, son refus de cette résignation à ce que chaque "ligne rouge" éthique soit lors d'une opération de représailles déplacée pour que l'opération suivante soit encore pire,  et sa volonté de construire avec les Palestiniens (on devrait dire : "les autres Palestiniens...") un voisinage civilisé, voire cette société dont la gauche palestinienne et la gauche de la gauche israélienne défendent depuis bientôt cinquante ans le projet démocratique, laïque, "républicain" et non ethnique -ni hébreu ni arabe, ni musulman ni juif : palestinien au sens géographique du terme.

L'Etat qui colonise est illégitime parce qu'il colonise; le mouvement de purification religieuse (au passage, on rappellera qu'un-e Palestinien-ne sur dix est chrétien, et que "juif" et "sioniste" ne sont synonymes que dans un vocabulaire de l'extrême-droite...) est illégitime parce qu'il nie des droits et des libertés fondamentales.  Gaza se retrouve doublement otage, de l'Etat qui la bombarde et  du mouvement qui la contrôle. Et c'est un des drames de l'histoire du peuple palestinien que d'avoir affaire à des mouvements de ce genre parlant en son nom : la droite, l'extrême-droite, les colons israéliens ne peuvent rêver adversaire plus commode, et plus complice. On peut dès lors "négocier" avec lui, et donc, tout en proclamant ne rien attendre l'un de l'autre, et en niant réciproquement leur légitimité, le gouvernement d'Israël et le Hamas "négocient".
Les "familles" de la mafia aussi négocient leurs territoires, leurs exactions et leurs négoces...


"Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge" pourrait être un proverbe palestinien...

* La lettre collective que le collectif "Urgence Palestine" a adressée au Conseil fédéral il y a dix jours rappelle ces exigences élémentaires de respect du droit international, et demande au Conseil fédéral d'agir pour qu'Israël le respecte. Par ailleurs, 98 prix Nobel,  artistes et intellectuels du monde entier ont lancé un appel exigeant un embargo militaire immédiat à l'encontre de l'Etat d'Israël (http://ilmanifesto.info/solidarieta-alla-palestina-premi-nobel-artisti-e-intellettuali-chiedono-un-immediato-embargo-militare-ad-israele/)

** La Suisse projette en effet d'acheter, pour un quart de milliards de francs, des drones israéliens (Israël est le principal fournisseur de drones, qui pèsent, en valeur, un dixième de ses exportations d'armes -Israël est le quatrième exportateur d'armement au monde- et sont à l'origine de plus du tiers des victimes civiles de l'opération "plomb durci" de 2009. Plus les drones tuent, plus on en vend...
 
 

12:00 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : gaza, hamas, israël, palestine | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je ne prononce jamais le mot Juif, j'ai une positon anti-israélienne radicale d'un point de vue politique et strictement politique, jusqu'ici tout va bien, mais lorsque Netanyahu considère que la citoyenneté israélienne n'est accordée qu'à ceux qui reconnaissent le caractère juif de l'état d'israel.qu 'un député représentant les français de l'étranger témoigne des exactions commises à Sarcelles et les compare à "la nuit de cristal" lorsque le président du CRIF en France parle de pogroms, que mes commentaires sont pistés par les responsables du CICAD à Genève moi je suis dans quelle galère ?
Félicitations pour ton billet , un des meilleurs.

Écrit par : briand | mercredi, 23 juillet 2014

Bonjour Pascal,

On est excédés et vraiment affligés par le massacre israélien de la population palestinienne. Je vous suis reconnaissante d'avoir pris la plume pour appeler à nous indigner publiquement. Pourquoi dis-je que vous êtes courageux? Parce que dès qu'on prend le parti des faibles face à Israël, on est automatiquement blâmés et taxés d'antisémitisme.

Là aussi, le sémitisme est érigé comme un mur infranchissable par la parole ou par le sentiment. Tout se ramène à lui, la moindre critique devient un lèse-majesté, une agression, une offense, donc requalifiée comme de l'antisémitisme.

Je ne vais pas épiloguer longtemps, mais je dois dire que l'esprit et le prosélytisme sionistes ont la volonté de museler tous ceux qui veulent dénoncer l'oppression et l'injustice.
Oui, je pense que cette pathologie du centrisme devra un jour être examinée et soignée. Gilad Atzmon peut aider les lobbyistes de l'antisémitisme à se rasséréner et à pouvoir vivre comme tout le monde. Ce serait un boulet de moins pour la société, et une issue possible pour les Palestinien, vers la réalisation d'un État libre et souverain, un état de droit, un état reconnu par toutes les nations du monde.

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Gilad_Atzmon.210613.htm

Bien plus que de la charité du soutien ponctuel, bien plus qu'une posture de circonstance, Gilad Atzmon propose une réflexion de fond qui ne se contente pas des contours, mais de vraiment entrer dans les contenus et de les vivre.




Cela me fait chaud au coeur de savoir qu'il y a encore des militants du PS pour réagir au su de la souffrance de l'autre de tout un peuple.
Les Résistants à la Junte ukrainienne méritent aussi notre mobilisation!

Il faut lutter contre le fascisme où qu'il soit.
Ce que fait actuellement l'UE équivaut à la légalisation et à la consécration du fascisme néo-nazi en ne le désavouant pas et en le soutenant politiquement, militairement et économiquement. C'est précisément cette attitude de nos gouvernements qui donne la chair de poule. On ne pensait pas que cent ans après 1914, on allait le revivre et que septante ans plus tard, il allait s'installer à nos portes à grands renforts Atlantistes.


Inlassable militant, je vous souhaite une bonne et heureuse continuation.

Écrit par : Beatrix | jeudi, 24 juillet 2014

Intervention de Gérard Scheller pour le MvRC et Attac lors de la manif de solidarité avec le peuple Palestinien massacré à Gaza, samedi dernier à Genève

La situation à Gaza est révoltante, intolérable. Elle va au-delà de tout ce qu’on pourrait imaginer de plus sordide, organisé par des êtres humains envers d’autres êtres humains.

Selon L’Humanité du 13 juillet, le Dr Erik Fosse, Norvégien, présent à Gaza, affirme que des bombes aux propriétés fortement cancérigènes sont utilisées. Ils affirment que de nouvelles blessures sont apparues qu’aucun médecin n’avait pu observer dans des zones de guerre auparavant. Des projectiles DIME (Dense Inert Metal Explosive) sont utilisés. Il s’agit d’une sorte de métal qui devient liquide et qui fait littéralement fondre les membres inférieurs et provoque des cancers. Il a un rayon d’action de 10 m soit disant pour éviter les effets collatéraux.

Le quotidien Liberté fait état de bombes à uranium appauvri utilisées pour attaquer des grands bâtiments et de bombes thermobariques dans les tunnels. Sur Twitter on annonce que le ministère de la santé de Gaza a rapporté l’utilisation de gaz vert vomitif qui à forte dose provoque des comas.

En fait la Palestine est un vaste laboratoire d’essai pour des armements. Si l’on met en relation ceci avec l’immense foire annuelle de l’armement à Tel-Aviv, on se rend compte que c’est une véritable stratégie de l’industrie d’armement. Dans son film «The Lab» le citoyen israélien Yotam Feldman montre des industriels vanter leurs produits en disant qu’ils ont été expérimentés en situation réelle.

Sur le site internet de la Confédération, on lit que le 26 novembre 2013, le directeur général de l'armement en Suisse, Ulrich Appenzeller a été reçu à Tel-Aviv par son homologue israélien, le général de brigade Avieli, pour des entretiens bilatéraux en matière d'armement. Les entretiens ont porté sur les défis dans le domaine de l'armement, les processus de planification de l'armement et les projets d'acquisitions en cours entre la Suisse et Israël. La délégation suisse a saisi l'occasion de cette visite de trois jours pour acquérir une vue d'ensemble sur les nouveaux produits et prestations de services offerts par des entreprises israéliennes. La prochaine rencontre devrait avoir lieu en Suisse, en 2015.

La Suisse doit cesser immédiatement tout rapport avec Israël en ce qui concerne l’armement. De façon générale nous appelons à un boycott général sur tous les produits israéliens que ce soit pour l’achat ou la vente. Boycottons Israël !

26 juillet 2014

Écrit par : Marcel43 | jeudi, 31 juillet 2014

Je suis moi-même désespéré. En fait, je pense qu'il n'y a rien à faire ! Il y a certes l'Etat colonisateur d'Israël mais aussi (et on en parle rarement) une armée mondiale de petits soldats qui, à travers le monde, œuvrent pour les intérêts de cet état ... Une armée invisible mais extrêmement active et qui depuis des décennies s'est attelée au façonnage des esprits. Médias, politiques, artistes, associations, finance ... palestiniens terroristes alors qu'ils sont colonisés, Israël se défend alors qu'il attaque, la "seule démocratie" du Moyen Orient alors qu'il pratique Apartheid et exactions ... Dernière avatar, criminaliser les manifestations de soutien à un peuple bombardé. Incroyable ... surtout de la part des socialistes !Tout ce renversement des valeurs a été accepté grâce au travail de ces petits soldats d'Israël ... Le résultat est qu'aujourd'hui, en France, pays des droits de l'homme, on peut avoir un Etat d'extrême droite qui bombarde un peuple sans défense et des français qui ne réagissent pas ... C'est la triste vérité. Je suis dégouté, vraiment, surtout par les partis de gauche qui ont trahi leurs idéaux et mes illusions !

Écrit par : zilou | dimanche, 10 août 2014

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