• A propos des représentants de collectivités publiques dans des sociétés privées

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    Télégenève, NaxooPotiches, otages ou délinquants ?

    Aujourd'hui, ou dans un mois, le Conseil Municipal de la Ville de Genève désignera (croit-il) trois administrateurs de la société du téléréseau municipal, Télégenève (une société anonyme de droit privé), pour remplacer trois administrateurs démissionnaires, -l'un parce qu'il n'a plus le temps de se consacrer à sa fonction d'administrateur, et les deux autres parce qu'ils soutenaient le projet de vente des actions de la Ville de Genève dans la société de téléréseau et ont été désavoués par les citoyennes et les citoyens, qui ont repoussé ce projet en votation populaire. Prenons prétexte de cet épisode, et de cette société, pour poser une question bête : c'est quoi, ça peut quoi, ça sert à quoi, le représentant d'une collectivité publique dans le Conseil d'administration d'une société privée ? La réponse pourrait ressembler au titre d'une fable de La Fontaine : la potiche, l'otage ou le délinquant. Une potiche, si cet administrateur s'en tient à ce qu'il a le droit de faire. Un otage, s'il fait ce que la société attend qu'il fasse. Un délinquant s'il fait ce qu'il devrait faire...

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  • Après la commémoration de l'Expo 64, celle de l'« Affaire des Mirages » ?

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    Des «  Mirages » aux « Gripen »

    Vous vous souvenez de l'« Affaire des Mirages », au début des années '60 (si vous étiez de ce monde en ce temps-là) ? Ce fut un scandale politique, le plus grave en Suisse de la deuxième moitié du XXe siècle, avec l'« Affaire des fiches ». Celle des « Mirages » (les avions de combat français de chez Marcel) fut provoquée par un énorme dépassement de budget lors de l'achat par l'armée suisse d'avions de combat Dassault Mirage III. Il s'ensuivit, après une polémique virulente dans laquelle s'illustra particulièrement le Conseiller national PS Helmut Hubacher, futur président du parti, l'institution en 1964 de la première commission d'enquête parlementaire de l'Assemblée fédérale suisse, puis, les conclusions accablantes de la commission, la démissiondu conseiller fédéral (radical vaudois) Paul Chaudet en 1966. Il se célèbre en ce moment le cinquantième anniversaire de l'Exposition Nationale -on a jusqu'au 18 mai pour éviter d'avoir à se préparer à une plus amère célébration...

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  • Il y a 99 ans, le Génocide arménien...

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    Vers la fin d'une dénégation séculaire ?

    Genocide_Armenien.jpgCe 25 avril est jour de commémoration :  en avril 1915, était déclenché dans ce qui était encore l'Empire Ottoman, le génocide des Arméniens. Il ne fut de loin pas le premier génocide (l'expansion coloniale les accumula), mais de ceux d'un siècle qui les vit se succéder et en définit les critères comme crime contre l'humanité, il est celui qui tarde le plus à être reconnu comme tel, alors qu'il n'y manque aucun de ces critères. Pourquoi ? Parce que les régimes qui se sont succédés en Turquie après le génocide des Arméniens étaient des alliés trop indispensables aux puissances « occidentales » face à l'Union Soviétique, pour que le risque soit pris de les convoquer au ban des accusés de crime contre l'humanité. Ils ont donc pu, pendant un siècle, nier que le génocide fût commis.

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  • Encore la prison ? Eh oui, la prison, encore...

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    Deux pour mille...

    La prison, encore ? Eh oui, la prison, encore : en France, le syndicat des gardiens de prisons organise depuis plusieurs semaines des manifs devant les tôles pour dénoncer la surpopulation carcérale et le manque de moyens et de personnel pour y faire face. Surpopulation carcérale ? On a atteint le niveau de 60'000 détenus en France, soit, en gros, un pour mille de la population résidente. A Genève, on en est à plus du double : deux pour mille de la population résidente réside... à Champ-Dollon. Plus toutes celles et ceux qui résident dans d'autres lieux de détention. Pierre Maudet, dans « Le Temps » du 30 octobre 2012 déjà, détaillait, tout frais élu, son programme : « Mon ambition pour Genève : plus de prisons et des mesures de suivi ». Enfin... surtout plus de prisons, avec un objectif quantifié dans le flou : « doter le canton de Genève de capacités carcérales proportionnelles à la taille de sa population et adaptées à l'évolution de la criminalité ». Or Genève est déjà dotée de « capacités carcérales » triples de celles d'il y a 25 ans...  la population aurait-elle triplé en une génération sans qu'on s'en aperçoive ?

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  • Suisse 1964-2014 : Quoi de neuf ?

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    La nostalgie est toujours ce qu'elle était

    Dans ce pays (comme ailleurs), on aime bien commémorer. On n'a pas de grands drames historiques à faire remonter à la surface, mais on a ceux des autres, dont on a vécu les retombées -la Grande Guerre, la Guerre Mondiale-, et tout de même aussi quelques grands moments de rupture, dont on choisit ceux qui méritent d'être officiellement célébrés (comme à Genève cette année et l'année prochaine en l'honneur, pourtant contestable, de la Restauration de l'Ancien Régime et de l'adhésion à la Confédération suisse), pour laisser les autres (la Grève Générale de 1918, la fusillade du 9 novembre 1932, le Sonderbund...) à ceux qui s'en veulent légataires. Et puis, on a ces événements dont on fait des symboles. Ainsi, cette année, de l'exposition nationale de 1964, à Lausanne.  On avait douze ans (et on ne laissera personne dire que c'est le plus bel âge de la vie) et on y était allé, à l'Expo, mais le souvenir ne nous en taraudait pas, jusqu'à ce qu'on nous le titille à grand renforts d'articles et de sujets radio et télé... Il semble que d'aucuns aient quelque nostalgie de ce temps. ça se cultive, la nostalgie, quand le présent ne porte guère à l'euphorie...

    «  La Suisse trait sa paix et vit en vache... »

    On vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Les moins de trente, de quarante et même de cinquante ans non plus, d'ailleurs. C'est dire si on est vieux. On vous parle d'un temps où la télé était en noir et blanc et les téléphones en noir et noir. Où on lisait des livres. Et même des livres imprimés avec de l'encre sur du papier. D'un temps où les femmes n'avaient pas le droit de vote en Suisse (sauf dans quelques cantons excentriques). D'un temps, celui du rêve automobile, où était inaugurée la première autoroute de Suisse, entre Genève et Lausanne (cinquante ans après, nous, on préfère toujours la route de Suisse...).

    Société de consommation, surchauffe économique, meules yé-yé, invention de la « jeunesse » comme catégorie sociale, course à l'espace avec les Soviétiques en tête, Guerre du Vietnam... Franco était encore au pouvoir en Espagne, Salazar au Portugal, Stroessner au Paraguay, Ulbricht en Allemagne de l'est, Enver Hodja en Albanie, et Khrouchtchev était limogé en Union Soviétique...  La France présidée par De Gaulle venait de sortir d'une Guerre d'Algérie qu'elle niait comme une guerre. L'Allemagne était divisée en deux. Le Marché Commun n'avait pas encore accouché de l'Union Européenne... De quoi devrions-nous êtes nostalgiques ? Du temps où de grands intellectuels faisaient référence, et où il convenait de choisir entre Sartre et Aron, après avoir été sommés de choisir entre Sartre et Camus ?

    Et puis, pour revenir en Suisse, sommes-nous si sûrs que grand chose de fondamental ait changé dans ce pays, en cinquante ans ? Neuf ans avant l'Expo64, un groupe d'architectes alémaniques, dont Max Frisch était, avait publié un manifeste (« Achtung : die Schweiz ») contre une Suisse en passe de se « momifier » : « On y vit de plus en plus à l'étroit, sans projet, dans le provisoire. Nos politiciens ne font que gérer et se ressemblent tous ». Et le manifeste de proclamer : « Nous ne voulons pas d'un pays qui se résume à un asile de vieux, un coffre-fort, un lieu de villégiature, une idylle artificielle. Nous voulons une Suisse qui se regarde dans le miroir, ose, s'attaque aux problèmes d'aujourd'hui ».
    Ce texte a presque notre âge. Et nous pourrions le signer aujourd'hui, en cette année où la commémoration des cinquante ans d'une exposition nationale apologétique s'est accompagnée de la résurrection de l'initiative Swarzenbach et du statut de saisonnier -pourquoi d'ailleurs nous a-t-on si peu rappelé qu'en 1964, l'immigration en Suisse était plus forte qu'en 2014, où d'aucune, majoritaires, ont cru (ou voulu) la voir «massive» ?

    « Cela fait partie de notre identité de nous demander qui nous sommes », observe Bernard Crettaz. C'est dire que nous ne le savons pas, qui nous sommes. Et qu'il nous est, encore aujourd'hui, plus facile de savoir (ou de croire) qui nous ne sommes pas : des francophones qui ne sont pas français, des italophones qui ne sont pas italiens, des germanophones qui ne sont pas allemands ni autrichiens, quelques romanchophones qui sont les seuls à n'être que ce qu'ils sont, et beaucoup d'immigrants et d'enfants d'immigrants. Et puis ceci, encore : un pays façonné par une bourgeoisie urbaine et protestante, construisant son idéologie sur les mythes d'une paysannerie de montagnes catholiques... Les mythes, et les nostalgies, celle, surtout, d'un pays qui n'a jamais existé tel qu'il se veut redevenir, mais qui, tous les quart de siècles (ou à peu près) se met en exposition.
    Sans doute pour mieux ne pas se voir tel qu'il est : urbaine, européenne, tertiaire, métissée.

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  • Le salaire minimum ? Un dispositif très "normal"... ailleurs

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    L'exception suisse, une forme d'autisme ?

    L'opposition quasi forcenée du patronat et de la droite suisse à l'instauration d'un salaire minimum a quelque chose d'incompréhensible -et même de quasi pathologique. La Suisse serait donc si exceptionnelle qu'un dispositif aussi courant, normal ailleurs (en particulier en Europe, où 21 des 28 pays de l'Union Européenne le pratiquent), et défendu depuis très longtemps par l'Organisation Internationale du Travail (où patronat et gouvernements sont institutionnellement représentés et pèsent ensemble deux fois plus que les syndicats) relèverait en Helvétie d'un coupable exotisme, ou d'un étatisme forcené...  Or s'il semble que seul l'exemple français* obsède les opposants à l'initiative syndicale le proposant en Suisse, des Etats réputés beaucoup pl.us "libéraux" que la Gaule jacobine le connaissent aussi, souvent depuis plus longtemps, vont l'augmenter, ou vont l'introduire :Aux Etats-Unis, Barak Obama veut relever le salaire minimum; en Grande Bretagne, le ministre du budget a exprimé la même intention; en Allemagne, Angela Merkel a annoncé son intention de l'introduire... L'exception suisse ne serait-elle qu'une forme d'autisme ?

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  • Election présidentielle algérienne : Boutef, mort ou vif

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    Aujourd'hui, l'Algérie élit son président. Et il n'est besoin ni de sondages, ni d'une boule de cristal pour préciser : aujourd'hui, l'Algérie réélit son président. Pour la troisième fois. Ce président est, et sera, Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, candidat invisible pendant une campagne électorale qui n'en fut pas une tant le jeu politique algérien est verrouillé, président depuis 1999, déjà réélu deux fois, gravement atteint dans sa santé mais présenté à sa propre succession par un régime que l'affaiblissement même de son candidat arrange. Parce qu'il permet aux hommes de l'ombre, ceux de son clan et ceux de l'appareil politico-militaro-policier, de gouverner réellement à sa place. Abdelaziz Bouteflika sera réélu. Mort ou vif. Et le système de pouvoir algérien tiendra encore le temps du président qu'il a mis et maintenu au pouvoir, et de ses contemporains. Mais ce temps est compté. Et la jeunesse algérienne nombreuse, et impatiente.

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  • Forfaits fiscaux (« Imposition d'après la dépense ») : Cosmétique de droite, clarification de gauche

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    Les citoyens et yennes genevois se prononceront donc, probablement en septembre prochain,  sur la suppression ou non des « forfaits fiscaux » accordés aux riches étrangers sans activité professionnelle en Suisse. Une initiative socialiste (qui a abouti il y a déjà trois ans) demande leur suppression (déjà acquise dans plusieurs cantons, dont Zurich), un contre-projet de la droite et de l'extrême-droite préconise leur maintien, au prix d'un lifting destiné à les rendre plus acceptables aux yeux du bon peuple des gentils contribuables qui, eux, paient leurs impôts en fonction de leur fortune et de leur revenu, et non sur une estimation de leurs dépenses. La droite parle d'un « durcissement » des conditions d'octroi des forfaits fiscaux -mais il ne s'agit guère que d'une opération cosmétique, ou du nouvel emballage d'un vieux cadeau, pas plus acceptable en principe sous cette revêture qu'il ne l'était sous l'ancienne.

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  • Pièges mortels au Bangladesh : Solidarité avec les ouvrières du textile

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    Le Bangladesh est après la Chine le deuxième pays producteur de textiles : quatre millions de personnes (dont trois millions et demi de femmes)  y produisent dans 4500 usines ce qu'on va retrouver dans les grands et petits magasins de nos pays. Et ce travail est effectué dans des conditions désastreuses, pour un salaire inférieur au minimum vital : les ouvrières du textile travaillent au moins treize heures par jour, n'ont droit à aucune vacances, vivent dans des bidonvilles sans accès à l'eau potable. Et leur lieu de travail peut être un piège mortel :  Il y a un an, le 24 avril 2013, le Rana Plaza s'effondrait à Dhaka, au Bangladesh. Plus de 1100 ouvrières (surtout) et ouvriers qui travaillaient dans cet immeuble transformé en usine textile ont été ensevelis sous des décombres. Les patrons, les autorités savaient l'immeuble dégradé, lézardé de fissures, mais couturières et couturiers avaient tout de même été contraints, sous menace de licenciement, de se rendre à leur poste de travail. Cinq mois avant, 112 ouvriers avaient déjà été tués dans l'incendie d'une usine textile dont les portes étaient fermée.

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  • Premier (et seul) tour de l'élection du procureur Général de Genève : Qui perd, gagne !

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    vignette Bayenet  merci.jpgBon, évidemment, le colonel procureur restera Procureur Général, mais au risque de lasser, on le répète : avant même que soit jouée son élection, nous avions déjà remporté trois victoires, la première en imposant cette élection contre la tentation de la cooptation clanique, la seconde en imposant un débat politique sur la justice et la prison contre le « silence dans les rangs », la troisième en imposant l'évidence des qualités du candidat que nous soutenions. Ces victoires, nous les avons remportées sur tous ceux et toutes celles qui ne voulaient ni d'une élection du Procureur Général (parce que la démocratie doit s'arrêter aux portes du Palais de Justice), ni d'un débat politique sur la justice et la prison (parce que la justice et la prison sont, l'une au-dessus et l'autre au-dessous de tout débat), ni d'un candidat de gauche au poste de Procureur Général (parce que le candidat sortant, de droite, convenait à la corporation judiciaire de gauche). Pierre Bayenet n'a pas été élu ? La démocratie, grâce à lui, l'a été.

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  • Election du Procureur Général de Genève : Nous sommes le Tiers Etat

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    élection,procureur général,bayenet,jornotRésultat final de l'élection du Procureur général de Genève :

    Pierre Bayenet : 33,7 %
    Olivier Jornot : 64,19 %
    votes blancs : 2,12 %participation, 34,58 %. Médiocre, pas catastrophique
     
    et en Ville de Genève :
    Pierre Bayenet : 40,16 % (majoritaire aux Pâquis, Prairie-Délices, Cluse-Roseraie, Acacias, Mail-Jonction, et paritaire à Saint-Gervais)
    Olivier Jornot : 57,89 %
    votes blancs : 2,03 %...

     

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  • Election du Procureur Général : Cela s'appelle la démocratie...

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    Participation probabAerez !.jpgle à l'élection du procureur Général de Genève : 40 %

    A en juger par le taux de participation enregistré vendredi matin (72'050 votes enregistrés, 29,59% de participation), on peut attendre un taux final de 40 %. Ou, a contrario, de 60 % d'abstention. Une participation électorale de 40 %, c'est médiocre, mais on a vu pire (en fait, on voit régulièrement pire aux élections municipales). Et cela fera tout de même autour de 100'000 citoyennes et citoyens (les étrangers n'ont pas le droit de participer à cette élection, cantonale) qui auront pu, grâce à la candidature de Pierre Bayenet, choisir, pour les six années à venir, le « troisième personnage de la République ». Cela s'appelle la démocratie.
    Au fait, vous, vous avez voté ? Parce que sinon, il ne vous reste pour le faire que la bonne vieille méthode (la seule réellement compatible avec un usage réfléchi des instruments de la démocratie) qui consiste à vous lever dimanche matin pour vous rendre au local de vote de votre quartier, et glisser, avec vos petites mains, votre bulletin (la liste n° 6, par exemple) dans l'urne...

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  • Rénovation ET extension du Musée d'Art et d'Histoire de Genève : le contenant, le contenu, le pognon

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    MAHcoupe.jpg

    "Faire entrer un musée du XIXe siècle dans le XXIe siècle", pouvoir exposer les collections immenses du MAH (qui ne peut actuellement n'en montrer que 1,5 % en un seul moment)... telles sont les ambitions du projet de rénovation et d'extension du Musée d'Art et d'Histoire (MAH) de Genève, présenté hier  hier par le Conseil administratif aux commissions du Conseil Municipal, qui auront à l'étudier sous forme de quatre crédits. Mais avant même ces ambitions, qui relèvent de la politique culturelle il y a une urgence à relever : celle de la rénovation d'un musée qui n'offre plus les conditions matérielles nécessaires à l'accomplissement de la mission qui lui est assignée -et moins encore celles de la mission qu'il s'assigne à lui-même. Dans le débat qui va s'engager sur ce projet, on va parler du contenant (le bâtiment), du contenu (le rôle du musée) et de pognon (le coût de l'opération). Et on va beaucoup parler. Parce qu'il y a beaucoup à dire.

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  • Coup de mou à gauche

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    Faiblesse passagère ou débilité ?

    Notre paysage politique ne respire pas l'euphorie, et s’il fallait en un mot qualifier l’état de la gauche en Europe, et plus précisément encore l’état de ses partis et organisations politiques, ce serait du mot « débilité » dont nous ferions usage, en son strict sens : une faiblesse maladive. Certes, cette débilité des partis de gauche ne les frappe pas eux seuls et les partis politiques ne sont plus nulle part les lieux de l’inventivité sociale, -tout au plus pouvaient-ils encore être les réceptacles de la créativité sociale telle qu’elle s’exprimait –et s’exprime encore- ailleurs. Faut-il pour autant nous résigner, après nous êtres autoproclamés «gauche socialiste», à ce que le maximum du possible ici et maintenant n’atteigne pas le minimum du souhaitable ?

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  • Election du Procureur Général de Genève : On a déjà gagné !

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    élections, Procureur général, Bayenet, Jornot, PSOn aurait pu en militants disciplinés que nous sommes, s'en tenir à la non-position de notre parti : on ne soutient ni le candidat de droite, ni le candidat de gauche, on laisse la corpo décider,  les juges jauger et les procureurs se procurer. On a fait un autre choix: celui de prendre à la place de notre parti la responsabilité qu'il refusait d'assumer -celle de jouer pleinement le jeu d'une élection démocratique et d'un débat politique, entre la gauche et la droite, sur la justice, la prison, l'application du droit, les priorités de l'action pénale. Et on a déjà gagné sur ces trois tableaux. La candidature de Pierre Bayenet a imposé une élection démocratique, la campagne autour de cette candidature a imposé un débat politique, et cette candidature elle-même comme tout autre chose que ce que la corpo du Palais affectait d'y voir (une sorte d'opération kamimaze). « La sauce prend », titre « Le Courrier ». de samedi. Le quotidien truitier est peut-être un peu de parti pris, mais quoi qu'il en soit, en effet, « la sauce prend ».. On a même réussi à imposer une couleur : le « vert Bayenet ».... oui, bon, d'accord, là, on aurait pu s'abstenir.. Mais seulement là.

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  • L'analyse VOX du scrutin du 9 février : Autopsie d'un vote à la con

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    dissection.jpgLe 9 février, nous dit l'analyse VOX du vote, c'est bien la xénophobie, qui animait une majorité des partisans de l'initiative contre l'« immigration  de masse ». Qui l'eût cru ? on ironise ? à peine, tant les dénégations furent nombreuses, au lendemain de ce vote, de ses motivations profondes. La xénophobie, donc, mais aussi l'europhobie, l'envie de gifler le gouvernement et la pulsion identitaire. Et ce vote à la fois xénophobe, anti-européen, anti-gouvernemental et identitaire fut clairement, incontestablement, fondamentalement un vote de droite  : 94 % des électeurs UDC ont voté l'initiative UDC, ce qui est après tout logique (comme il est logique que 80 % des électeurs PS aient voté contre) mais 40 % des électeurs PLR (nombreux à avoir voté) et 34 % des électeurs PDC (nombreux à s'être abstenus) en ont fait autant alors que leur parti les appelait au contraire à la refuser.... Cela dit, l'analyse VOX dissipe tout de même une illusion que nous avons pu cultiver : les partisans de l'initiative ne se sont pas trompés de vote : ils ont soutenu l'initiative en toute connaissance de cause, et de ses conséquences. Un vote à la con ? sans doute. Mais qui le fut sciemment. Ce qui après tout est parfaitement conforme à la nature même de la démocratie : non le régime où le peuple a toujours raison, mais celui où il a le pouvoir de déconner comme tout souverain.

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  • Election du Procureur Général de Genève : Soutien à la candidature de Pierre Bayenet

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    élection, Procureur Général, BayenetLe Comité de soutien à Me Pierre Bayenet, candidat au poste de Procureur général de Genève, a le plaisir de publier ce samedi la liste de plus de 260 personnes qui expriment leur espoir d'un changement radical de politique judiciaire dans le canton de Genève.
    La liste complète est publiée dans le quotidien genevois Le Courrier. On peut également la consulter sur le site internet www.bayenet.info
    Le Comité de soutien remercie chaleureusement les députés et élus des communes genevoises Verts, socialistes et des coalitions Ensemble à Gauche et À Gauche Toute !, ainsi que les militants de base de ces partis qui se rassemblent autour des propositions de Me Pierre Bayenet.
    Il relève notamment la forte présence de membres de l'Assemblée constituante attentifs au respect des devoirs et droits fondamentaux et démocratiques.
    Le Comité salue la présence dans cette liste des principaux dirigeants syndicaux genevois, ainsi que que de militants syndicaux de base qui attendent du Ministère public qu'il poursuive sans hésiter les faillites frauduleuses, le dumping salarial et qu'il traque sans faiblir tous les cas de criminalité économique.
    Le comité de soutien note la présence dans sa liste de soutien d'un grand nombre de travailleurs actifs dans la médiation sociale et culturelle, dans l'enseignement, dans la médecine mentale, au côté des migrants, des sans-papiers et des citoyens les plus précaires. Il salue également le courage des juristes et et des avocats qui s'engagent dans cette liste en faveur d'une autre politique de la justice. La confiance que ces acteurs et observateurs de terrain accordent à la candidature de Me Pierre Bayenet, confirme la pertinence de ses propositions sur la médiation judiciaire et la réinsertion des délinquants. Au même temps, la forte présence d'acteurs de terrain dans cette liste constitue un signal d'alarme contre la poursuite d'une politique de répression indiscriminée et de courte-vue, qui détruit le tissu social, désécurise et vide de son sens la notion du vivre-ensemble.
    Le Comité de soutien relève également les signatures de militants pour le droit d'asile et d'activistes des Droits humains au niveau international, qui rappellent que Genève a un rôle particulier à tenir aux côtés des victimes de persécutions et dans la poursuite des crimes contre l'humanité.

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  • Répression des actes pédophiles : Marche Blanche, initiative grise ?

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    On marche sur des oeufs, lorsque l'on évoque, en prenant avec elle quelque distance critique, une démarche comme celle de l'initiative de la « Marche Blanche » proposant -comme d'ailleurs l'a déjà fait une révision de la loi- un renforcement de la répression des actes atteignant à l'intégrité sexuelle des enfants ou des personnes dépendantes. Critiquer ladite initiative, lui préférer la loi, ce serait faire preuve de laxisme envers des comportements que l'on proclame désormais comme les pires de tous ceux que réprouve le droit pénal. Et pourtant, l'initiative de la « Marche Blanche » est moins immaculée, un peu plus grise, qu'il semble : elle a des défauts, des lacunes, et des prétentions impossibles à satisfaire en respectant les principes du droit... marchons donc sur des œufs , mais essayons d'y voir un peu clair dans un débat à tout moment menacé d'être submergé par l'émotion..

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  • Pâques électorales judiciaires genevoises : Ponce Pilate candidat...

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    Retrouver Ponce Pilate à Pâques a quelque chose d'assez logique, du moins dans une Passion (comme celle de Matthieu, donnée samedi au Victoria Hall). Mais retrouver le Procurateur de Judée candidat à la Procurature de Genève ? L'élection du Procureur Général de la Cité de Calvin nous offre ainsi ce pieux raccourci menant en 2000 ans d'une protestation d'irresponsabilité dans la condamnation à mort d'un trublion vers une revendication d'irresponsabilité sur la prison. Avec dans les deux cas, pour argument, celui d'agir comme l'opinion publique veut que l'on agisse. Le slogan du Procurateur de Genève pour sa réélection, c'est bien « compétence et fermeté » ?

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  • Cerise américaine sur gâteau suédois : Gripen fouineurs ?

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    On avait déjà bien des raisons de refuser, le 18 mai prochain, l'achat pour l'armée de l'air helvétique des 22 « Gripen » suédois voulus par les majorités du Conseil fédéral et duparlement : leur coût (3,1 milliards à l'achat, 10 milliards au cours de leur durée d'usage), l'incertitude de leur développement (le modèle que la Suisse prévoit d'acheter n'existe que sur plans), leur inutilité présente (les avions de combat dont la Suisse dispose déjà lui suffisent)... et voilà qu'on apprend, cerise américaine sur le gâteau suédois, que lcs « Gripen » vont embarquer un module de télécommunication américain fourni par une entreprise suspecte d'avoir prêté son concours à l'espionnage généralisé auquel les USA se sont livrés depuis des années. La dépendance à l'écart de ces fouines manquait au tableau -le voilà complété pour produire un NON qui était déjà résolu, et qui devient sécurisant : le « Gripen » supposé protéger la Suisse menace d'espionner les communications de son armée de l'air... On croyait acheter des avions de chasse, et on achète des avions renifleurs ?

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