mercredi, 26 mars 2014

Genève : Rénovation des immeubles des Minoteries, malgré la droite...

L'eau chaude, un luxe à Genève en 2014 ?

Hier soir, à une majorité de 38 voix (la gauche et deux indépendants) contre 35, et en troisième débat, le Conseil Municipal a accepté la proposition du Conseil administratif d'ouvrir un crédit total de 90 millions de francs pour la rénovation complète des immeubles des Minoteries, à Plainpalais. La droite ne voulait pas de cette rénovation complète d'immeubles de logements sociaux (et abritant aussi une crèche et une bibliothèque-discothèque). Elle ne voyait pas non plus l'utilité d'un troisième débat, puisqu'elle avait été majoritaire dans le vote ayant conclu le deuxième débat. L'utilité du troisième débat lui a donc ainsi été démontrée. Et la Ville va pouvoir rénover des immeubles dont elle est propriétaire, et gérante, qui n'ont pas été rénovés depuis 40 ans et dans lesquel habitent 500 personnes. Bref, la Ville de Genève va faire son boulot. malgré la droite de la Ville de Genève, pour qui, apparemment, à Genève, en 2014, avoir de l'eau chaude tous les jours et des ascenseurs qui fonctionnent, relève d'un luxe somptuaire.


Minoteries.jpgL'eau chaude, un luxe à Genève en 2014 ?

Hier soir, à une majorité de 38 voix (la gauche et deux indépendants) contre 35, et en troisième débat, le Conseil Municipal a accepté la proposition du Conseil administratif d'ouvrir un crédit total de 90 millions de francs pour la rénovation complète des immeubles des Minoteries, à Plainpalais. La droite ne voulait pas de cette rénovation complète d'immeubles de logements sociaux (et abritant aussi une crèche et une bibliothèque-discothèque). Elle ne voyait pas non plus l'utilité d'un troisième débat, puisqu'elle avait été majoritaire dans le vote ayant conclu le deuxième débat. L'utilité du troisième débat lui a donc ainsi été démontrée. Et la Ville va pouvoir rénover des immeubles dont elle est propriétaire, et gérante, qui n'ont pas été rénovés depuis 40 ans et dans lesquel habitent 500 personnes. Bref, la Ville de Genève va faire son boulot. malgré la droite de la Ville de Genève, pour qui, apparemment, à Genève, en 2014, avoir de l'eau chaude tous les jours et des ascenseurs qui fonctionnent, relève d'un luxe somptuaire.

Crépuscule des Dieux et crépuscule des lieux

Mais de quoi se plaignent donc les locataires et les usagers des Minoteries ? Et de quel droit se plaignent-ils, d'abord ? La dalle de la zone extérieure B ne supporte pas le poids des camions de pompiers ? l'étanchéité du parking souterrain n'est pas assurée, pas plus que les dispositifs de sécurité ? la carbonatation atteint toutes les façades ? la chaufferie centrale est un monstre de goinfrerie énergétique, consommant à elle seule un quinzième de tout ce que les bâtiments municipaux consomment ? les immeubles n'ont pas été désamiantés ? les portes d'entrées ne sont pas conformes aux normes anti-feu ? les accès au rez-de-chaussée sont difficiles aux personnes à mobilité réduite ? les sanitaires et la cuisine de la crèche sont problématiques ? et alors ? Ils ne manquent pas de toupet, les locataires des Minoteries, à demander qu'on leur remplace les fenêtres, les ascenseurs, les canalisations et la tuyauterie, qu'on aménage des rampes d'accès pour les personnes à mobilité réduite, qu'on assainisse le passage couvert interne et les accès extérieurs des garages souterrains... ils se croient où ? mesurent-ils leur privilège d'avoir, à Genève, en 2014, parfois l'eau chaude ? et des ascenseurs qui fonctionnent parfois ? même parfois dans le sens de la montée ?

La rénovation telle que prévue dans le projet  du Conseil administratif permettrait de faire tenir les immeubles concernés pendant encore 40 ou 50 ans dans des « standards » dignes d'une ville comme Genève. Et si on la reportait, ou si on la tronçonnait, comme la droite municipale le proposait, elle finirait par coûter bien plus cher que les 90 millions demandés aujourd'hui. Les travaux que contient le projet du Conseil administratif, il faudra de toute façon les faire. Et le coût de ces travaux ne va pas baisser avec le temps. Ni les ressources financières de la Ville grimper dans l'avenir à des altitudes qui rendraient toute dépense indolore. Ce que la droite proposait, c'était de reporter des travaux que la Ville peut assumer financièrement aujourd'hui, à un « plus tard » où elle  ne pourra plus les assumer parce que ses ressources auront été réduites par les contre-réformes fiscales cantonales...

Il est vrai que la Ville ne dispose pas d'un budget d'entretien suffisant pour tout son parc immobilier. Mais qui vote ce budget insuffisant ? Le Conseil Municipal  -c'est lui, ses majorités successives, contradictoires et aléatoires, qui n'accordent pas les ressources nécessaires à l'entretien du patrimoine bâti municipal.  On ne peut pas sans incohérence refuser d'accorder les moyens financiers d'un entretien et en rendre les locataires (que la droite voulait faire contribuer par une hausse de loyer à la rénovation des immeubles) eux-mêmes co-responsables.
Le Conseil municipal a accepté une rénovation du Grand Théâtre qui va coûter plus de 60 millions. Il va accepter une rénovation, et peut-être aussi une extension, du Musée d'Art et d'Histoire, qui va coûter plus encore. Ces rénovations d'une partie du patrimoine immobilier de la Ville, devait-elle les faire payer aux locataires des Minoteries en reportant la rénovation de leurs immeubles ? La gauche a répondu «non». Parce que nos priorités ne sont pas exclusives. Et que si Genève croulait sous les logements sociaux disponibles, on pourrait se poser le choix de rénover l'opéra ou les Minoteries -mais que nous ne sommes pas, et de loin pas, dans cette heureuse situation. 

Les operas méritent d'être représentés et leur public accueilli dans un lieu entretenu.  Les collections des musées méritent d'être exposées et leurs visiteurs accueillis dans un lieu entretenu... Mais les gens méritent aussi d'être logés dans des bâtiments entretenus et de vivre dans un cadre digne d'eux et de cette ville. La gauche demandait, et a obtenu que l'on porte aux locataires de la Ville la même attention que l'on porte aux amateurs d'opéras et aux visiteurs des musées.
La même attention et les mêmes moyens apportés au Crépuscule des Dieux et au crépuscule des lieux.

15:00 Publié dans Genève, Logement, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : minoteries | |  Facebook | | | |

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