Election du Procureur Général de Genève : Le choix du débat ou le choix du Palais ?

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Suisse-Geneve-Palais-Justice-1-10.jpgLa campagne unitaire (on insiste sur le  « unitaire »...) de la gauche (on insiste sur le  « de la gauche » ...) pour la candidature de Pierre Bayenet au poste de Procureur Général de la Parvulissime République a été lancée hier matin. Nous en sommes, en partant de quelques évidences que nous sommes fort marris de devoir rappeler: Le poste de Procureur Général est soumis à élection populaire, donc à un  choix démocratique, pas à une cooptation corporatiste.  En avril prochain, ce choix démocratique se fera entre un candidat de gauche défendant un programme de gauche et un candidat de droite défendant un programme de droite -il s'agira donc d'un choix politique. Au moment d'un choix politique, le rôle d'un parti politique est d'y prendre position, et lors d'une élection qui matérialise ce choix politique, le rôle d'un parti politique de gauche est de soutenir le candidat de gauche. Le PS s'y est refusé, on le fait à sa place en faisant le choix du débat contre celui du Palais.

Il y a bien à Genève des députés suppléants, pourquoi pas des militants suppléant à leurs partis ?

Débat politique, candidatures politiques, choix politique : on ne se prépare pas à Genève à élire le directeur des ressources humaines du Palais de Justice, mais à élire le 3ème personnage de la République. Et à l'élire en fonction de critères politiques, pas seulement de compétences personnelles, réelles ou supposées. D'ailleurs, on se demande bien quelles sont les mesures de la compétence personnelle d'Olivier Jornot : On se disait que succéder à Zappelli n'était pas un enjeu insurmontable, mais là, après deux baffes reçues en une semaine par Jornot de la part du Tribunal fédéral, et 40 blessés dans des bastons à l'intérieur de la prison que Jornot s'obstine à vouloir bourrer, on en viendrait presque à le regretter, Zavatta. 


Bilan de compétence du Procureur Général dans la Tribune de Genève du mardi 11 mars... un gardien : « Je ne compte plus les détenus qiue je suis allé dépendre. J'ai déjà ramassé les boyaux de quelqu'un qui s'était fait agresser »... Un détenu : « comme tu sais, ici, c'est de la folie, une zone de guerre et je vis ça la trouille au ventre à chaque moment » ... une mère de détenu : « faudra-t-il attendre un mort pour qu'on désemplisse enfin cette prison ? » ...

Ces affrontements entre détenus et entre détenus et gardiens ont même réveillé une partie de la droite avant les appareils de la gauche gouvernementale : deux députés PDC demandent au Conseil d'Etat des explications et des informations sur la nature de la surpopulation de la prison et sur les moyens d'en sortir et de sortir de l'usage de la prison comme seul instrument de la politique pénale, et comme moyen de l'épuration sociale. Jean-Luc Forni a déposé une motion invitant le gouvernement à présenter un rapport indiquant quelle proportion de détenus « doit impérativement rester incarcérée », combien pourraient bénéficier des arrêts domiciliaires avec bracelet électronique ou être transférés dans d'autres établissements en Suisse,  Bertrand Buchs demande dans une interpellation des «statistiques crédibles et exactes» sur la base desquelles pouvoir faire son travail de député. Il veut notamment savoir si Genève « garde trop longtemps des personnes en préventive par rapport au reste de la Suisse » (la réponse est : oui...) et s'il n'y aurait pas d'autre solution pour réduire la surpopulation carcérale que celle consistant à construire de nouvelles prisons.
On salue ce réveil de la conscience critique à droite.  On attend qu'il se généralise à gauche.  On rappelle que cela fait des années qu'on dit ici clairement que la politique carcérale genevoise tient à la fois de l'aveuglement, de la bêtise et du délire, et que le rôle de la prison -surtout d'une prison préventive comme Champ-Dollon, n'est pas d'être le silo de stockage des marges sociales. Et on conclut en rappelant que les questions qu'on commence à se poser au Grand Conseil, un candidat au poste de Procureur Général se fait traiter d'irresponsable (y compris par des magistrats socialistes et verts) quand il les pose publiquement.... Il s'appelle Pierre Bayenet, le candidat qui pose les bonnes questions, et donne les bonnes réponses. Et il est le candidat de toute la gauche, sinon de toutes les organisations de gauche, puisqu'il est porté par une liste d'Ensemble à gauche, une liste de socialistes, une liste de Verts et une liste syndicale.

Face à nos juges et à nos procureurs socialistes requérant la «dépolitisation » de l'élection, nous plaidons coupables : oui, nous politisons l'élection du Procureur Général. Oui, nous faisons un choix politique, une campagne politique, en soutenant pour des raisons politiques un candidat de gauche à un poste politique. Oui, nous affirmons que la «dépolitisation» d'une telle élection ne relève, au mieux, que de l'hypocrisie. Et en tout cas de la démission. C'est à cette démission que supplée la liste « Gauche  socialiste - Jeunesse socialiste »  pour Pierre Bayenet, et c'est cette hypocrisie qu'elle récuse : le parti socialiste est absent ? Pas les socialistes.


Il y a bien à Genève des députés suppléants, pourquoi pas des militants suppléant aux défaillances de leur parti ? 

Lien permanent Catégories : Genève, Justice, Politique 1 commentaire

Commentaires

  • merci de cet éclairage. Oui, la Gauche socialiste - la Jeunesse socialiste - choisit Pierre Bayenet, pour que les choses avancent! Il faut du courage et de l'audace.

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