vendredi, 07 février 2014

Foin de la quenelle, adoptons le godiveau !

godiveau.jpgUn geste pour nous reconnaître

Dieudonné à Nyon ces jours :
"routinier et efficace", commente "Le Temps". Routinier comme les règlements de compte avec Alain Jakubowicz (président de la Licra française), Elie Semoun (ex-partenaire de Dieudonné), le journaliste Patrick Cohen...  Efficace : "On est juste venus pour rigoler", explique un spectateur. Rigoler ?
il est tout de même " troublant d'entendre chanter une partie du public 'quenelle' sur la chanson des résistants" et de constater que "certains sont venu avec un ananas (devenu le symbole pour se moquer de la Shoah)", témoigne une spectatrice... Le spectacle de Dieudonné était expurgé de ce qui lui avait valu son interdiction en France. Expurgation d'ailleurs superficielle, "Shoah nanas" devenant "Frais ananas", ses fans reconnaissant la source, les autres n'y voyant qu'une innocente plaisanterie. Reste qu'avec tout cela, le geste de la "quenelle" trimballant de fort douteuses arrière-pensées, et celui du doigt d'honneur nous ayant valu quelques reproches, il nous faut en trouver un autre pour nous reconnaître. Donc, le voici : ce sera le godiveau.


Ce que nous avons à faire, nous avons à le faire en riant.

Nous sommes bien dans ce temps dérisoire où il faut faire groupe, tribu, clan pour ne pas se dissoudre dans la normalité, et où il faut au groupe, à la tribu, au clan, un signe qui les distingue des autres groupes, tribus et clans. Car c'est bien dans la distinction que réside, politiquement en tout cas, l'existence : un mouvement, un parti qui ne serait que le reflet, l'ombre ou la copie d'un autre ne serait rien. Il nous fallait un geste pour nous distinguer, ce sera le godiveau.
Retour à la base, respect des valeurs fondamentales de gauche d'une gauche de la gauche vraiment de gauche : le godiveau manifeste tout cela, avec son doigt de la main droite plongeant vers les principes fondateurs et le poing de la main gauche levé vers l'avenir radieux (en plus, ça nous fait faire un peu de gymnastique)... alors que la quenelle façon Dieudonné "geste transgressif d'une bêtise insondable" (selon Jean-Yves Camus), est devenu outil de propagande -et logo pour le petit commerce (son récupérateur médiatique ayant l'Institut national de la propriété industrielle les marques "Quenelles+" et "Quenelle", et fait créer par sa compagne une société de "conseil en relations publiques et communication"  sous le nom de "E-Quenelle" Les brochets s'en navrent, les dugongs s'en foutent et assurent qu'ils ne feront jamais du godiveau la marchandise en quoi l'histrion lepéniste veut transformer le geste de la quenelle.
Tout, d'ailleurs, est dit dans la description culinaire de l'une et de l'autre : la quenelle, c'est un rouleau de pâte (à choux ou à mie) farcie de poisson ou de viande. C'est donc pâteux et farci. En revanche, le godiveau, hâchis de viande façonné en boulettes oblongues, pochées à l'eau bouillante salée, suppose d'abord un travail artisanal minutieux (le hâchis, la façon), puis un retour chaleureux à l'océan matriciel (la pochade à l'eau salée) des dugongs. Le geste du godiveau va ainsi s'inspirer de cette aimable recette, ayant hâché menu, menu, les contraintes de l'institutionnalité, mais aussi les tentations du marché.

Enfin, il y a ceci, que nous ne cesserons de répéter à ceux qui auraient l'étrange tentation de nous reprocher quelque manque de sérieux : 
Le pouvoir ne s’exerce jamais si bien, c’est-à-dire si lourdement, que sur des gens tristes. La tristesse isole et le pouvoir doit isoler les uns des autres ceux sur qui il s’exerce, précisément pour pouvoir continuer à s’exercer sur eux -ce qui justifiera d’ailleurs leur tristesse.
La politique est chose trop sérieuse pour être laissée à des gens sérieux. Nous ne le serons donc pas, et tenterons de faire en sorte qu'en chacun de nos actes le jeu soit non seulement présent, mais déterminant, et que l’humour en soit le langage. La libération est une fête, et si les révolutionnaires avaient été moins tristes, sans doute leurs victoires auraient-elles été plus heureuses. Ce que nous avons à faire, nous avons à le faire en riant.
Le godiveau sera un éclat de ce rire.

14:22 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : quenelle, godiveau | |  Facebook | | | |

Commentaires

C'est très bien cette idée du godiveau, et surtout ce qu'elle démontrera s'il le fallait encore: Le vrai camp de la haine.

Celui en perpétuel recherche d'un indice pour lyncher ceux qui ne pensent pas tout a fait comme eux, quitte a l'inventer s'il n'y en a pas d’évident disponible sur le marché.

Je veux dire par là que votre godiveau sera reçu dans une indifférence totale, comme la quenelle aurai toujours du l'être ! Si ce n'était le fait de quelques hystériques qui ne sachant vivre et penser par eux même s'inventent une raison d'être dans la facilité des luttes "anti" quelque chose (et s'en entre félicitent en buvant un coup au stamm associatif subventionné).

Écrit par : Eastwood | vendredi, 07 février 2014

Finalement, il est tout de même assez agréable de voir une pseudo-proposition être prise au sérieux quand rien a priori ne laissait supposer qu'elle pouvait l'être...

Écrit par : Pascal Holenweg | vendredi, 07 février 2014

Je reconnais que vous prendre au sérieux est une erreur... a ne pas oublier en d'autres circonstances.

Écrit par : Eastwood | samedi, 08 février 2014

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