mercredi, 05 février 2014

Election du Procureur Général de Genève : C'est parti ! Bayenet au canon !

élection, Procureur Général, Bayenet, Jornot, PSIl y aura donc le 13 avril une élection ouverte pour le poste de Procureur Général de la Parvulissime République, avec une candidature de gauche, celle de Pierre Bayenet, et une candidature de droite, celle d'Olivier Jornot. Six listes portent le nom de Pierre Bayenet dont, outre celle d'Ensemble à Gauche qui a initié sa candidature, une liste socialiste une liste verte et une liste syndicale.  Alors bien sûr, la liste socialiste ne sera pas une liste officielle du PS puisque le parti ne prendra position, le 27 février prochain, que trois semaines après l'ultime délai de dépôt des listes, mais la liste « Gauche Socialiste - Jeunesse Socialiste » est tout de même une liste déposée par des socialistes pour que les électrices et teurs socialistes puissent voter pour un candidat de gauche en utilisant une liste socialiste. Ce qui nous fait un usage fort répétitif du qualificatif « socialiste » dans une seule phrase, mais il y a des enjeux où il est utile d'asséner lourdement des évidences.


L'élection populaire contre la cooptation, la démocratie contre le corporatisme

On entend déjà murmurer dans les réseaux sociaux où l'on murmure que cette candidature de gauche est inutile et perdue d'avance, qu'elle provoque une élection dont on aurait pu se passer, et que ça va coûter des sous. Une élection, c'est vrai que cela coûte toujours plus cher qu'une désignation tacite, une cooptation entre copains ou un tirage au sort -mais est-ce une raison pour préférer l'absence de choix ? D'entre tous ceux qui, à gauche ou à droite, ont appelé à voter la nouvelle constitution genevoise, qui pourrait sans incohérence nous prôner l'absence de choix (et nous reprocher de concourir à des dépenses électorales), alors que c'est précisément cette constitution qui prévoit (comme la constitution précédente) des élections judiciaires au suffrage universel ? Il y a ainsi des moments politiques où il faut savoir ce que l'on veut : si on ouvre la possibilité d'une élection populaire, il est parfaitement légitime de se saisir de cette possibilité pour tenir un débat politique -surtout lorsque le poste mis en jeu dans l'élection est celui de Procureur Général de la République, troisième personnage de la République dans un ordre protocolaire dont habituellement on se bat les flancs, mais qui nous est ici d'une jolie utilité symbolique.
Alors, on joue le jeu de l'élection populaire contre la cooptation, le jeu de la démocratie contre le corporatisme. Et on se fout royalement de la manière dont « Ensemble à Gauche » à lancé  (pas ensemble avec le reste de la gauche) son candidat : ce qui nous importe, c'est qu'une élection ouverte permet de dire ce que nous avons à dire, par exemple, de la métastase pénitentiaire qui s'est emparée de Genève (une nouvelle prison quasiment tous les six mois...), de la loi antimendiants, de la loi antimanifs, de l'épuration sociale, etc... On pourrait le dire sans participer à une élection ? oui, certes. Entre nous. Au bistrot, après une assemblée générale.

Une élection populaire, c'est l'ouverture d'un débat public, et en l’occurrence d'un débat public sur les priorités de la Justice, sur les prisons et leur bourrage, sur la vidéosurveillance, sur l'enfermement des immigrants sans statut... pas seulement sur la manière dont fonctionne la machine judiciaire et l'efficacité de son fonctionnement, mais sur ce que ce fonctionnement produit : quelle justice, frappant prioritairement qui ? La justice est à la fois un principe et un appareil, et cet appareil n'a de légitimité que s'il défend et concrétise ce principe. L'appareil judiciaire à la Jornot fonctionne -mais si c'est pour remplir les prisons d'étrangers condamnés uniquement pour être entrés illégalement en Suisse, ou pour submerger l'administration de la justice (et l'Office des poursuites) de procédures de recouvrement jusqu'en Roumanie d'amendes pour mendicité, ce fonctionnement est celui d'une mécanisme absurde, d'une « machine à Tinguely » dont le fonctionnement serait l'unique but.

La gauche se mobilise pour Pierre Bayenet. Toute la gauche ? On verra bien. Mais les choses se clarifient : Presque en même temps, les syndicats (la CGAS) décidaient de soutenir Pierre Bayenet et le MCG de soutenir Olivier Jornot. Pour ne pas admettre qu'on est dans un bon gros vrai choix gauche/droite, il va vraiment falloir mettre beaucoup de mauvaise volonté. Ou souffrir d'un profond trouble de latéralisation politique.

16:50 Publié dans Genève, Justice, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : élection, procureur général, bayenet, jornot, ps | |  Facebook | | | |

Commentaires

Ah, parce que ce gentil monsieur aurait le pouvoir de changer une loi anti manif ? Si c'était le cas, il obtiendrait mon suffrage. Seulement voilà, la séparation des pouvoirs ne lui donne pas cette latitude.

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 05 février 2014

Dans les faits vous allez augmenter la légitimité démocratique de Jornot.

Mais ce n'est pas ce qui compte pour les gens de votre espèce... tant mieux et bonne nuit.

Écrit par : Eastwood | mercredi, 05 février 2014

"augmenter", pourquoi "augmenter" ? Au pire, on lui en donnerait une, puisqu'il n'en a pas, ayant été élu à une voix de majorité au Grand Conseil en ayant voté lui-même pour lui-même...
Cela dit, vous avez raison, la "légitimité démocratique" compte beaucoup, en effet, pour les "gens de notre espèce"...

Écrit par : Pascal Holenweg | mercredi, 05 février 2014

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