mercredi, 25 décembre 2013

LE PETIT NOËL DU MILITANT DE GAUCHE (parabole édifiante)

Bon, ben voilà, c'est noël.
Et qu'est-ce qu'il dit, le militant de gauche, à noël ? Qu'est-ce qu'il se sent tenu d'écrire à noël, le militant de gauche, conscient de son rôle éducateur et conscientiseur des masses ?


Le militant de gauche, à noël, il vous fait pédagogiquement dans le coq à l'âne historique. Il recycle lourdement le mythe. Il vous raconte, l'air pénétré, une histoire de sdf palestiniens (juifs, en plus, parce qu'il y en a vraiment qui cherchent les emmerdements) quêtant désespérément un abri pour que madame, enceinte jusqu'aux yeux, puisse accoucher d'un fils pas très naturel né de Père innommable.
Le militant de gauche, à noël, il vous raconte le refus des braves gens de souche (qui n'aiment pas qu'on suivent une autre route qu'eux) d'accueillir ces immigrants illégaux, qui finissent par être hébergés dans une étable vu que les abris de la protection civile n'étaient pas encore disponibles, et que s'il y avait forcément tout plein d'Esther dans ce coin hébraïque, y'avait pas encore celle qui s'occupe de l'hébergement des clodos. Noël n'est pas toujours constant (fallait bien que je la fasse, celle-là...).
Le militant de gauche, à noël, il peut même vous rajouter deux ou trois anecdotes à fort contenu pédagogique, des histoires de bonnes bêtes entourant le berceau du nouveau-né (ça, c'est pour les amis des animaux défenseurs des ânes de trait et des boeufs de boucherie), et de mages carrément métèques venus de fort loin rendre hommage au chti nenfant (ça, c'est pour le côté multiculturel de la chose).

Et puis, à noël, le militant de gauche, parce qu'il a de la culture, il se prépare déjà à Pâques, et il vous touche deux ou trois mots du destin tragique du nouveau-né de noël, trente-trois ans plus tard, devenu agitateur politique, résistant à l'occupation étrangère, prédicateur de la fraternité humaine, ennemi de la marchandisation du temps, tout ça, un vrai zapatiste ignoblement torturé par l'occupant et les collabos, mais promettant aux pauvres un avenir radieux, que les premiers seront les derniers, que le Royaume sera à eux, que son combat à lui sera éternel et que comme tous les révolutionnaires assassinés, il restera immortel. En vérité, en vérité, il vous le dit, et le militant de gauche il vous le répète, et vous êtes priés de le croire, c'est bien le moins avec tous les efforts qu'on fait pour vous en convaincre.

Voila ce qu'il raconte, le militant de gauche, à noël, chaque année depuis le premier numéro du "Sillon". Mais comme tous les autres militants de gauche le racontent aussi, le militant de gauche, il commence à fatiguer. Et son auditoire aussi.
D'ailleurs, le militant de gauche, il a parfois son calendrier à lui, qui lui dit que la nuit de noël, c'est celle du 4 au 5 nivôse, entre le jour du soufre et le jour du chien, et il voit pas très bien comment coller du soufre et un chien dans son histoire édifiante. De toute façon, il préfère les chats, le militant de gauche. Et le soufre, il le consomme en allumettes.
Et puis bon, maintenant que les budgets sont bouclés, que les jetons de présence sont tombés, qu'on a terminé nos rapports en retard, que les cadeaux ont été achetés, qu'on va en recevoir, qu'on va bien boire et bien manger, on a beau être militant de gauche on est quand même un peu normal sur les bords. Au moins quelques jours par an.

Alors le militant de gauche, il débranche un moment de sa militance, il vous souhaite une heureuse fête du solstice d'hiver, vous signale que les jours recommencent à rallonger et qu'on attend le printemps histoire qu'il fasse un peu moins froid chez nous le jour du Grand Soir qu'en novembre 1917 à Petrograd. Ou qu'à Bethléem en moins quelque années avant l'Autre (qui est né en l'an cinq avant lui-même, c'est quand même quelque chose que d'être à l'avant-garde.

Allez en paix, et n'oubliez pas la collecte à la sortie.

13:30 Publié dans religion | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : noël | |  Facebook | | | |

Commentaires

ENSEMBLE, STOPPONS LE CAPITALISME, LE COMMUNISME, LE SOCIALISME. OPTONS POUR LE CAPITAL, NOTRE CAPITAL :

* Deux capitaux : la nature, l’Homme
* Deux obligations : préserver, gérer
* Deux moyens : des états intellectuels, un système informatique
* Deux finalités : ni tortures, ni harcèlements
* Deux reconnaissances : mon travail, mes loisirs
* Une mission : mes sécurités et celles des autres

Je travaille :
• j’ai droit à un toit sécurisé, sans bruit.
• J ai droit à des aliments salvateurs.
• J’ai droit à une éducation
• J’ai droit à des soins
• J’ai droit à des loisirs
• J’ai droit à des voyages

• J’ai le devoir de faire mon métier correctement,
• J’ai le devoir de continuer à me former dans ce métier, ou dans un autre, si celui-là ne me plaît plus
• J’ai le devoir de respecter les habitudes alimentaires du pays où je vis, ainsi que ses lois et son projet de société
• J’ai le devoir de donner un peu de mon temps aux autres
• J’ai le devoir de prévenir suffisamment à l’avance l’endroit où je pars en vacances, pour que cette région ou cette nation puisse m’accueillir et garantir mes sécurités physique, alimentaire, sanitaire

Je ne suis plus en phase avec le métier que je pratique :
J'’ai le droit de passer des tests de capacité pour un autre métier de mon choix, et de me former à ce métier pour le jour où une place se libère. je respecte les décisions politiques si cela est un peu long et honore mon emploi en cours.
Je ne suis plus en phase avec le pays où je suis né :
j’ai le droit de demander à un autre pays de m’accueillir, et j’ai le devoir de proposer l’une de mes compétences à ce pays pour travailler dans ce pays.

Je ne veux pas travailler :

Je ne veux pas travailler dans ma patrie :
• j’ai droit à un toit sécurisé, sans bruit.
• J’ai droit à des aliments salvateurs
• J’ai droit à une éducation que je peux refuser
• J’ai droit à des soins
• J’ai droit à des livres
• J’ai droit à des spectacles culturels, sportifs J’ai droit aux sports, aux études
• J’ai droit à savoir pourquoi je ne veux pas de cette société et je peux exiger que ma patrie mette la thérapie nécessaire à ma disposition
• Je n’ai pas droit aux voyages à travers le Monde et à certains biens de consommations

Si je pense être asocial, je peux toutefois aider les autres de temps en temps. Je ne peux pas revendiquer un statut d’artiste ou de sportif pour m’ exonérer de travail, si ce statut ne m’a pas été attribué par le public.

Écrit par : Le Sauder | jeudi, 26 décembre 2013

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