lundi, 04 novembre 2013

Une réponse aux insultes, menaces et invectives xénophobes au Conseil Municipal de Genève

On publie ci-dessous, la réponse de plusieurs conseillères municipales et conseillers municipaux genevois invectivés mercredi dernier par le Conseiller municipal MCG Denis Menoud, soutenu par son parti. Cette réponse prend la forme d'un communiqué car les personnes mises en cause lors de la séance du Conseil Municipal, retransmise en direct par la télévision locale, n'ont pu obtenir de la présidence dudit Conseil le droit de répondre à leur invectiveur. Dont les méthodes et le discours, assumés par le MCG, clarifient s'il en était besoin la place du MCG dans le champ politique -ni à gauche, ni à droite, mais bel et bien à l'extrême-droite. Là d'où viennent les seuls régimes qui, en Europe occidentale, aient produit des dispositifs légaux privant de leur nationalité celles et ceux qui l'avaient acquise par naturalisation et ne correspondaient pas au « profil  du bon national », tel que ces régimes le définissaient....


Parce que Genève n'est pas régie par un système de castes...

Au début de ce mois les Maires des communes genevoises, dont la Ville de Genève, ont reçu une lettre leur demandant de bien vouloir rappeler au nom du Conseil d'Etat, à l'occasion d'une séance de Conseil municipal, les règles de civilité et de retenue qui découlent implicitement du serment solennel prêté par les élus. Cette lettre a été lue au Conseil Municipal de la Ville de Genève mardi dernier, 29 octobre. Dans cette lettre, le Conseil d'Etat rappelait notamment qu'il est répréhensible de proférer des menaces à l'égard d'une ou de plusieurs personnes, de prononcer des paroles portant atteinte à l''honneur ou à la considération, d'employer une expression méprisante ou outrageante et de troubler la délibération.

Le lendemain de la lecture de cette lettre, tout ce dont le Conseil d'Etat rappelait le caractère répréhensible a été commis (sans intervention notable de la présidence du Conseil municipal, et sans droit de réponse accordé aux élus et élues mises en cause) par un Conseiller municipal du groupe MCG, M. Denis Menoud, avec l'assentiment de son groupe, assentiment réitéré le lendemain dans le journal de la télévision locale Léman Bleu par le représentant dudit groupe, M. Carlos Medeiros.

L'intervenant en question s'est notamment permis d'interpeller de manière parfaitement injurieuse et menaçante plusieurs conseillères municipales et conseillers municipaux, dont le double tort était, à ses yeux, d'avoir obtenu la nationalité suisse par naturalisation et de ne pas être d'accord avec la conception que lui, et son groupe, défendent du processus de naturalisation. «  si vous n'êtes pas contents vous pouvez toujours abdiquer votre nationalité et reprendre l'ancienne. Mesdames Maria Perez hier, Madame Vera Figurek, Madame Olga Baranova, Madame Vittoria Romano, Madame Virginie Studemann, Messieurs Velasco ou Ahmed Jama, vous qui venez nous faire des théories, vous les naturalisés, vous avez encore le bec, le bec dans le lait et vous venez nous faire des théories. C'est indigne et inacceptable ».
Une conseillère municipale a eu droit à un « vous rigolez vous Madame la naturalisée, taisez-vous ! Taisez-vous retournez à Belleville si vous n'êtes pas contente. Retournez à Belleville ! Retournez dans votre quartier français ! Nous voulons pas de vous ! », une autre à « Rends ton passeport Vera Figurek ! Rends ton passeport !», un Conseiller municipal, qualifié en outre de « fouteur de merde» et de « parasite social » à eu droit à un « Qui servez-vous ! Qui servez-vous bande d'hypocrites ! Oui, tu sers quoi ! Tu sers la NSA, tais-toi. Mais tais-toi ! ».
Et finalement, nous tous avons ainsi été invectivés :  « Allez ! Dégagez ! Bande de traîtres ! Traîtres à la nation ! Les traî-tres ! Les traî-tres ! ». La version intégrale du débat, qui permettra de comparer le fond, la forme et le ton des interventions des uns et des autres, est disponible sur le site du Conseil Municipal de la Ville de Genève https://www.ville-geneve.ch/conseil-municipal/seances-plenieres/archives-video/ (voir le mardi 29 à 20 heures 30 et le mercredi 30 à 20 heures 30).

Nous faisons observer qu'à une seule exception près, toutes les personnes ainsi invectivées n'étaient coupables que du crime d'avoir acquis la nationalité suisse par naturalisation, et que l'auteur de ces invectives a pour habitude de s'en prendre plus particulièrement à des femmes.

Nous précisons que l'intervention de Denis Menoud, disqualifiée par sa forme même, n'a été à aucun moment désavouée par son groupe (dont plusieurs représentants l'ont même justifiée) et que son auteur n'a été ni privé du droit de parole, contrairement à celles qu'il injuriait,  ni prié de quitter la salle par le président, quoique le règlement du Conseil municipal le lui permette.

Il nous paraît donc que le Conseil d'Etat ayant rappelé quelques règles s'imposant à nos débats, il faille également rappeler, y compris à des élus, que d'entre les principes qui devraient s'imposer aux élus, municipaux comme cantonaux, le moindre n'est pas celui de la non-discrimination entre les élues et les élus, les citoyennes et les citoyens. Et qu'en conséquence de ce principe, la Confédération, la République et la Commune ne sont pas régies par un système de caste :
- il n'y a pas deux sortes, inégales, de citoyennes et de citoyens suisses, les "de souche" et les naturalisé-e-s;
- il n'y a pas deux sortes, inégales, d'élues et d'élus du peuple, les "de souche" et les naturalisé-e-s;
- il n'y a pas deux sortes, inégales, de citoyens suisses par naturalisation, celles et ceux qui partagent le point de vue du MCG ou se plient à ses intimidations, et celles et ceux qui ne le partagent pas, voire le combattent avec les armes de la démocratie.


Nous soutiendrons toute démarche des groupes démocrates du Conseil Municipal, visant à préserver le caractère politique de nos débats et à en exclure les agressions personnelles.

Olga Baranova

Vera Figurek

Pascal Holenweg

Ahmed Jama

Maria Pérez

Maria Vittoria Romano

Virginie Studemann

03:03 Publié dans Genève, Immigration, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : naturalisation, xénophobie, extrême-droite, mcg | |  Facebook | | | |

Commentaires

à comparer avec l'origine de l'Imonde billet du beauf réac. Goetel'haine , obsédé textuel alias Homme Libre.

Écrit par : briand | lundi, 04 novembre 2013

Eh oui, la chienlit vitupérée en 68, par de Gaulle selon Pompidou, on voit d'où aujourd'hui elle vient et à quel bord elle ressort, des bancs de l'extrême-droite qui n'aime pas à être démasquée comme telle. De surcroît on vous accusera probablement, signe des temps, dans les propres rangs de certains camarades, de vouloir faire régner la bien-pensance dans l'hémicycle à coups de rappels réglementaires et avec l'acquiescement de bonnes-âmes. Bien sûr, le meilleur moyen de refouler ce prurit de la démocratie, dont on peut-être certain qu'il continuera de proliférer en dépit des règlements à l'exemple même des débordements programmés du bouillant patron, c'est d'ouvrir les yeux de ses électeurs. La nouvelle constitution donne 5 ans pour ce faire. En attendant, très solidairement.

Écrit par : Dario CIPRUT | lundi, 04 novembre 2013

On a reçu le procès-verbal de la séance du Conseil Municipal du 30 octobre, et on observe qu'au point 10. PRD-2 A/B (suppression de la commission des naturalisations) figure la note suivante : « En application de l'article 25, alinea 3, du réglement du Conseil municipal, un conseillermunicipal demande que figurent ici des propos tenus qui sont de nature à porter atteinte à l'honneur. Après publication du Mémorial concerné, ce procès-verbal sera mis à jour pourinclure les propos visés ». Bref, les conneries continuent : cette procédure est contraire au règlement : ce ne sont pas les propos tels que publiés dans le Mémorial, c'est-à-dire révisés, corrigés, civilisés par leur auteur, qui doivent être publiés au procès-verbal, mais les propos tels qu'effectivement tenus, et donc enregistrés. On conviendra tout de même que ceux d'un Menoud méritent amplement d'être restitués tels quels et livrés tels quels à l'admiration de la postérité. Non ?

Bon, on vous les livre tels que proférés, et non pas tels qu'ils vont être réécris par les scribes du MCG, les propos en question :

TRANSCRIPTION LITTÉRALE DE L'INTERVENTION DE m. DENIS MENOUD (dm)AU CONSEIL MUNICIPAL DE LA VILLE DE GENEVE,, PRESIDÉ PAR M. PASCAL RUBELI (pr) MERCREDI 30 OCTOBRE 2013


DM
Monsieur le président, évidemment, évidemment, moi, figure-vous Mesdames et Messieurs, j’ai pas honte d’être Suisse et Suisse de souche. J’ai aucune honte et j’aime tout le monde, j’aime tout mon pays, j’aime tous les gens, tous les étrangers, tout le monde mais, simplement, il y a deux axiomes : le charbonnier est maître chez lui et à Rome on fait comme les Romains. Le jour où les gens auront compris et assimilés ces deux principes, Monsieur le président, eh bien le monde ira beaucoup mieux. Et lorsque nous parlons aujourd’hui de cette commission, de faut-il la supprimer ou non, je crois qu’il faut savoir une chose et je le sais par expérience, c’est que les futurs Suisses, ceux qui s’engagent à cette démarche, eh bien figurez-vous qu’ils sont enthousiastes et honorés de rencontrer un parlementaire de la Commune. Ils sont contents, ah c’est concret, oui la Suisse c’est un pays concret, on n’a pas une bureaucratie comme à Bruxelles ou que sais-je qui décide avec ukazes, ici c’est concret, c’est le gars, ah mais Monsieur je vous ai vu à la télévision, ah je vous ai vu dans le bus, je vous ai vu dans le tram, je vous ai vu au marché. Eh bien oui Mesdames et Messieurs, c’est ça aussi ce plaisir, ce plaisir qu’ont les gens à se naturaliser, c’est qu’on leur redonne à eux, on leur redonne une identité d’être humain, de simple citoyen, en disant : Vous voulez rejoindre une communauté, vous êtes les bienvenus, vous allez faire notre connaissance. Et d’ailleurs, regardons autour de cette table, de cette salle pardon, combien n’ont-ils pas été des émigrés. Donc, c’est ça, Monsieur le président, la Suisse, c’est cette proximité, cette modestie qu’a le peuple suisse et le sens de l’écoute. Et je me rappellerai toujours un vieux militant communiste espagnol que Madame Perez ne connaît certainement pas, qui avait fui évidemment la dictature, il me disait : Mon cher Denis, je dirai toujours mon admiration pour ce peuple suisse qui a su m’accueillir moi et mes parents et nous donner une dignité. Voyez-vous, ça il faut jamais l’oublier. Et simplement, je suis triste d’entendre les interventions de certaines personnes, des naturalisés, il faut le dire, vous êtes des… certaines personnes, des naturalisés, je vais vous donner quelques noms, qui sont des conseillers municipaux frustrés. Il a été dit si vous n’êtes pas contents vous pouvez toujours abdiquer votre nationalité et reprendre l’ancienne. Mesdames Maria Perez hier, Madame Vera Figurek, Madame Olga Baranova, Madame Vittoria Romano, Madame Virginie Studemann, Messieurs Velasco ou Ahmed Jama, vous qui venez nous faire des théories, vous êtes naturalisés, vous avez encore le bec, le bec dans le lait et vous venez nous faire des théories. C’est indigne et inacceptable.

PR
Monsieur Menoud, quand, quand, quand, Monsieur Menoud, quand vous parlez aux gens, vous vous adressez à moi.

DM
Oui mais...

PR
S’il-vous-plaît.

DM
Je regarde mon ordinateur, Monsieur le président, je...

PR
Bon.

DM
Non, je les regardais pas hein. Ils sont bien trop vilains. Je veux dire il faut savoir quel maître on sert, Monsieur le président, si on fait une démarche pour adhérer à une communauté, ce n’est pas pour demain…. Faites, faites faites taire ce grand gaillard, ce traître à la, le social-traître dont j’ai parlé.

PR
Monsieur Menoud… C’est valable pour Holenweg aussi

DM
Monsieur le président, nous posons la question. Ces gens qui ont eu la chance d’être naturalisés alors que d’autres meurent à Lampedusa ! Et qui viennent cracher dans la soupe ! C’est inacceptable ! C’est inacceptable ! Vous devriez être fiers d’être suisses et nous entendons ce soir des insultes contre la Suisse et ça nous n'acepterons jamais ! Qui servez-vous ! Qui servez-vous bande d’hypocrites ! Oui, tu sers quoi ! Tu sers la NSA, tais-toi. Mais tais-toi.

C’est une fierté, c’est une fierté d’être citoyen genevois, d’être la capitale, la capitale de la Croix-Rouge, Monsieur Dunand qui était… rappelez-vous de la ? de la guerre de Solferino, qui a protégé, vous rigolez vous Madame la naturalisée, taisez-vous ! Taisez-vous retournez à Belleville si vous êtes pas contente. Retournez à Belleville ! Retournez dans votre quartier français ! Nous voulons pas de vous ! Et si vous êtes suisse pour nous cracher dessus c’est inacceptable. Monsieur le président, je vais en finir avec le sommet, le, le semeur, le, non pas la semeuse de de de de de de de du Larousse, le provocateur, le pro- Taisez-vous ! Rends ton passeport Vera Figurek ! Rends ton passeport ! Retournez-chez vous ! Allez ! Dégagez ! Bande de traîtres ! Traîtres à la nation ! Les traî-tres ! Les traî-tres ! Monsieur le président, comme on dit vulgairement aux Pâquis, le fouteur de merde. Comme on dit chez nous, dans notre quartier, on dira pas, on dira pas la gauche intellectuelle Monsieur le président, … Monsieur Pataroni dont nous remercions l’intervention frappée au coin du bon sens. Ce qui est anormal c’est ce provocateur. Monsieur Holenweg, Monsieur Holenweg. Est-ce que vous payez les impôts, est-ce que vous payez, vous ne payez rien du tout ! Vous êtes un parasite social !

Écrit par : Pascal Holenweg | lundi, 04 novembre 2013

Et pourquoi ne retranscrivez-vous pas les propos tenus juste avant la prise de parole de M.Menoud ? Évidement, ils mettent trop en évidence votre attitude dogmatique vis-à-vis de la nationalité suisse. D'où cette réaction épidermique à vos propos dégradants.

Écrit par : Rui Oliveira | mardi, 05 novembre 2013

A quels propos faites-vous allusion (sans prendre le risque de les retranscrire) ?

Écrit par : Pascal Holenweg | mardi, 05 novembre 2013

Mr.Menoud a l'esprit menu, menu!!! et l'infecte soupe qu'il songe à nous faire servir, à nous ses concitoyens, quelle que soit la composition de nôtre sang, ne mériteraient en fait qu'un ajout de gouts venus de nos crachats. Mais voilà, je tient trop à ma respectable salive d'homme de gauche pour la mélanger d'avec le brouet vénéneux produit par un personnage propagateur de la peste brune. Mais le plus triste, est le fait que ces insultes et accusations sans fondements, n'aient pas étés sanctionnées et n'aient pas donnés lieu au droit de réponse pour nos camarades qui siègent au sein d'une tribune officielle, qui elle se prétend par définitions démocratique, donc conséquemment autant ouverte à une saine contestations qu'aux propos culturellement défaillants issus de l'extrême droite.

Écrit par : Jean-Claude Capt | dimanche, 24 novembre 2013

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