dimanche, 15 septembre 2013

La Pierre et le Vent : Sur elle

Zassoulitch.jpgQuant à elle, Vera Zassoulitch, qu'on s'est autorisé l'imaginer correspondre avec Netchaïev (on sait qu'elle le fit en 1869, puisqu'elle fut pour cela arrêtée en 1869, condamnée, emprisonnée, puis libérée en 1871), elle était née en 1851 dans une famille de la noblesse, mais rencontra pendant ses études à Saint-Petersbourg les milieux révolutionnaires, auxquels elle adhéra. Décrivant leur situation en 1869, elle évoquait le « silence » autour d'eux, leur « isolement », leur « angoisse », leur « désespoir » même, devant l'absence de réponses à leurs interrogations devant la « futilité » des théories qu'on leur prêchait. Netchaïev arrivait donc à point nommé, et qui plus est arrivait du peuple, non de l'aristocratie ou de la bourgeoisie, pour donner le mot d'ordre que cette jeunesse révoltée, mais pas encore révolutionnaire, attendait, avec toute son « avidité militante » : « action ! ». Vera Zassoulitch résume cette rencontre : « Netchaïev n'était pas un produit de notre monde (...), de l'Intelligentsia; il était un étranger parmi nous (...) ce ne sont pas des concepts puisés dans ses contacts avec (nous) qui alimentaient son énergie révolutionnaire, mais une haine, une haine intense ». Et lorsque la Narodnaïa Volia, dont Vera Zassoulitch fut l'une des âmes, demanda à Netchaïev si la dernière action dont l'organisation avait encore des forces devait être de le libérer, lui, ou de tuer le Tsar Alexandre II, qui venait d'abolir le servage mais de faire payer cette abolition aux serfs, Netchaïev répondit : ne pensez pas à moi, tuez le Tsar.
Et le 13 mars 1881, la Narodnaïa Volia assassina le Tsar. Ce fut son chant du cygne : l'organisation succomba à la répression.


 

D'abord anarchiste, puis ralliée au marxisme après la disparition de la Narodnaïa Volia,  Vera Zassoulitch avait déjà, elle-même, pris part à des actes de violence révolutionnaire : elle fut en 1878 l'auteur d'un attentat qui blessa grièvement le préfet de police de Saint-Petersbourg, le général Trepov, qui avait fait fouetter à mort un détenu politique. Faisant de son procès celui du régime, elle échappa à la condamnation et fut, de manière surprenante, acquittée. La police tentant de l'arrêter à la sortie du tribunal, elle se cacha quelque temps chez une camarade, puis se réfugia en Suisse, pour retourner ensuite en Russie où elle milita dans l'organisation « Terre et Liberté » ((Zemlia i Volia), et en août 1879, participa à la fondation de l'organisation Tcherny Peredel « Partage noir » à Saint-Pétersbourg avec notamment, Plekhanov et Axelrod.
Elle traduit en russe le « Manifeste du Parti Communiste » de Marx et Engels, et rompt avec l'anarchisme pour adhérer au marxisme, à partir de 1883. Avec Plekhanov, elle fonde le groupe « Libération du Travail », première organisation marxiste russe, puis adhère au Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), Menchévik,  elle s'oppose avec virulence aux thèses de Lénine.

Vera Zassoulitch meurt deux ans après une révolution à laquelle elle s'était vouée, mais dont elle put vivre les débuts de la confiscation par les bolchéviks, dont elle était adversaire..

 

00:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : révolution, terrorisme, russie, zassoulitch | |  Facebook | | | |

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