lundi, 05 août 2013

La pierre et le vent, 5 août, de lui

Netchaev.jpgNous avons tous les droits, parce que nous en acceptons le prix. Un vieux Romain déjà le disait, avant de se suicider sur ordre de son tyran à lui : celui qui méprise sa vie est maître de la vie des autres. Mais l’inverse serait une ignominie. Mépriser sa propre vie est la condition pour pouvoir attenter à celle de l’autre, même si l’autre est le tyran et que nous pourrions nous dire qu’après tout, tuer un tyran ce n’est pas tuer un homme, c’est tuer la tyrannie, et que nous n’avons rien à payer pour cela, qui devrait au contraire nous être récompensé. Non : c’est parce que nous sommes prêts à mourir que nous nous donnons le droit de tuer. Vous êtes prêts à mourir, je le sais. Vous pouvez donc sans déchoir à vos propres yeux vous accorder le droit de tuer le Maître. Quant à moi, puisqu’ici je meurs, même à plus petit feu que vos camarades, j’ai ce même droit. Je me l’accorde. Et vous m’accordez même au surplus celui de choisir entre ma libération et votre tyrannicide. Grand merci de cet honneur…


 

Ici, on me détruit. On essaie, du moins. Mais crois bien que c’est sereinement que je l’accepte. C’est le prix à payer pour notre métier de révolutionnaires, en somme. Vous et moi sommes de ceux qui toujours accepteront de payer de leur vie leur droit de ne plus obéir. Mais moi j’y ajoute le droit que je m’accorde d’exiger obéissance de toutes celles et de tous ceux qui refusent de mettre leur vie dans la balance. Vous n’êtes pas de ceux-là.

 Si j’ai raison, ma vérité est exclusive de tout doute, de toute opposition, de toute dissidence. Et si j’ai tort, tout ce que j’ai fait ne vaut rien, et comme je suis tout entier dans ce que j’ai fait, que je m’y suis engagé totalement, absolument, si cela ne vaut rien, alors moi non plus je ne vaux rien, et tu perds ton temps avec moi…

 S

 

00:00 Publié dans Fiction, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.