jeudi, 15 août 2013

La Pierre et le Vent, 15 août, d'elle

révolution,pouvoirS'il y a des "hommes bons", et nous sommes persuadés qu'il y en a, ils ne sont pas au faîte du pouvoir. Peut-être dans ses antichambres ? Ils s'y égareraient. Mais ce n'est pas à eux que nous en voulons, c'est à ceux qui sont au-dessus d'eux. Et cela ne vaut pas seulement pour eux, cela vaut aussi pour tous les servants de l'ordre, ces hommes "bons" et ces hommes "mauvais" sans qui cet ordre ne tiendrait pas un jour.


Il serait étrange tout de même que nous nous en prenions aux valets sans toucher aux maîtres. Or que sont juges, policiers et ministres, et même banquiers, sinon les valets de plus puissants qu'eux ? Nul, si haut placé qu'il soit, ne doit pouvoir se sentir à l'abri de nos coups. Ceux qui vivent comme des despotes doivent trembler comme des esclaves. Nous sommes un knout -mais aux mains de serfs...

Tu ne dis, sans fard, que ce que tous les chefs, tous les maîtres, et nos ennemis, font sans le dire. Toi, tu le dis sans plus, désormais, pouvoir le faire. Ce n'est peut-être pas l'inspiration que tu cherchais, mais il y a du Machiavel en toi : tu déchires le décor derrière lequel se dissimulent les mécanismes du pouvoir. Comme disait le Vieux : la violence pour le corps, le mensonge pour l'âme. Tu ne renouvelles la révolution qu'en la pliant au cynisme. Cela peut faire tomber un pouvoir, un système, même, mais cela ne peut faire naître qu'un autre pouvoir, et pas un autre système. Ton socialisme est peut-être la voie la plus rapide pour mener du féodalisme au capitalisme, d'une brutalité à une autre, mais certainement pas pour aller plus loin, ailleurs, plus haut...
L'organisation révolutionnaire dont tu rêves encore, et dont tu te rêves encore pour chef, c'est la horde primitive. Et ce n'est pas nous.

V.

00:00 Publié dans Fiction, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : révolution, pouvoir | |  Facebook | | | |

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