samedi, 03 août 2013

La pierre et le vent, 3 août, d'elle

Zassoulitch.jpgNous veillons, oui, mais pas ensemble : notre veille à nous est faite d’actions, présentes ou à venir. La tienne est-elle autre qu’une longue insomnie ?


Nous partageons au moins ce vieux rêve, cette vieille illusion : être de ceux (et de celles) qui seuls (ou seules), mais nous le sommes tout de même moins que toi, pourraient changer le monde. Mais nous voulons le changer pour le meilleur, toi, pour l’abattre. Et tu t’en tiens là. Et cela ne nous suffit pas. Et nous ne voulons pas non plus nous contenter d’une conscience politique capable seulement de distinguer l’ami de l’ennemi. Ni le bien du mal, ni le juste de l’injuste. Non, l’ami de l’ennemi, seulement. Et rien entre les deux. D’ailleurs, même les smis ne le restaient pour toi que s’ils se faisaient tes ombres, ou tes esclaves. Crois-tu que c’est pour cela, et comme cela, que nous voulons nous battre ? Cela, c’est le monde dont nous voulons nous défaire.

Je ne ferai pas l’injure de te citer… après tout, tu sais mieux que moi le sens de ce que tu as écris, tu pèses mieux que nous le poids de tes mots, quand tu écrivais au Vieux : « nous considérons comme des ennemis toutes les personnes qui ne sont pas complètement avec nous »… mais comment être « complètement » avec quelque « nous », sans cesser du même coup d’être soi-même ? Nous avons besoin de révolutionnaires, pas de fidèles… C’est assez de l’apathie et de la résignation de ceux que nous voulons libérer, n’y ajoutons pas notre abdication...

Nous faudrait-il nous résigner à ne pouvoir choisir qu’entre le mal et le pire ? entre les bourreaux et les soudards ? Les tueurs et les tortionnaires ? Nous ranger derrière des salauds pour en combattre d’autres ? Supporter des potentats pour nous préserver des tyrans ?

V

 

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