lundi, 01 juillet 2013

La pierre et le vent : 1er juillet, d'elle

Camarade,

 

J'espère que ce message vous parviendra et que nul autre que vous ne le lira. Les voies par lesquelles nous tentons de vous le remettre sont aussi incertaines qu'est réputée impénétrable la geôle dans laquelle vous avez été jeté.

terroristesrusses.jpg


 


Nous avons besoin de vous.

 

Nous avons besoin d'avoir de vos nouvelles.

 

Nous avons besoin non de vous savoir en vie -cela, nous le savons par l'un de vos gardiens, qui est des nôtres tant que nous le payons-, mais prêt à continuer le combat. Je dis bien le continuer, pas le reprendre. Nous savons que vous ne l'avez jamais abandonné.

 

Nous pouvons vous sortir de là où vous êtes. Nous pouvons vous faire évader.

 

Nous le pouvons, mais pour cela, ce sont toutes nos forces, toutes celles qui nous restent, que nous devrons rassembler.

 

Peut-être le savez-vous : après nos dernières actions, et nos derniers attentats, la répression nous a durement frappés. La Grande Police a bien fait son travail -trop tard pour nous empêcher d'agir, mais assez tôt pour nous condamner, à très court terme. Bien des nôtres, et parmi les meilleurs et les meilleures, sont tombés, ou ont été tués, ou arrêtés, ou ont dû fuir à l'étranger. Nous ne sommes plus qu'une poignée. Et nous devons choisir de deux projets, l'un : tuer le tyran, libérer le révolutionnaire. Nous pouvons réaliser l'un ou l'autre. Pas l'un et l'autre. L'un ou l'autre, puis disparaître, nous dissoudre, nous laisser cueillir ou abattre, les uns et les unes après les autres.

 

Nous n'avons plus que la force d'un seul geste. Et c'est de vous que nous attendons qu'il nous soit dit lequel.

 

Il n'y a plus de désaccords entre vous et nous. Ils étaient pourtant insurmontables, vous le savez. Mais vous êtes en prison et nous y serons bientôt, si la Grande Police nous accorde assez de vie pour nous faire mourir comme vous êtres en train de mourir. Ce sort commun efface ce qui nous séparait.

 

Nous attendons votre réponse, par la même voie que nous vous faisons parvenir cette question : devons nous le tuer ou vous libérer ?

 

 

 

Salut et fraternité,

 

V.

00:00 Publié dans Fiction, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.