mercredi, 12 juin 2013

Politique genevoise des transports : Célafotakunzler et pis voilà !

accidentCGTE.jpgSe déplacer à Genève tient soit du sport à risque (si on est piéton ou cycliste), soit de la grande migration des bancs de sardines (si on est usager des transports publics), soit de la transhumance ovine (si on est automobiliste). Qui est coupable de cette situation ? A question simple, réponse simple : les majorités politiques qui depuis des décennies entravent, freinent ou sabotent le changement de politique des transports n'y sont pour rien. Ni celles qui ont supprimé les lignes de trams dans les années cinquante et soixante. Ni celles qui prétendent soumettre le développement des transports publics à la création de nouvelles routes. La crise des transports à Genève n'a qu'une, et une seule, responsable : la conseillère d'Etat Michelle Künzler. D'ailleurs, c'est simple : si Michelle Künzler n'est pas réélue cet automne, tout s'éclaircira : le ciel, la circulation, les parkings, les transports publics. Tout. Michelle Künzler, c'est pas une conseillère d'Etat, c'est une démiurge. Ou la Gorgone. Ou la Méduse. Quand cet être nous manquera, tout sera repeuplé...


Le « libre choix du mode de transports », cette ânerie...

La droite et l'extrême-droite genevoises, unies, ont fait passer en commission des transports du Grand Conseil genevois une proposition digne de leur conception de la mobilité : soumettre la création de nouvelles lignes de trams ou de trolleybus à la création de nouvelles routes et à celle d'une traversée routière de la rade et du petit-lac. Comme si l'existence même d'une loi sur les transports publics et d'un contrat de prestations avec les TPG étaient si insupportables à la droite qu'elle se sentait le besoin urgent de les plomber en y inscrivant des dispositions qui n'ont rien à y faire. Ou un peu comme si on soumettait la création de nouveaux hôpitaux à celle de nouvelles maladies.
Le  «  libre choix du mode de transports », cette ânerie que la droitunie a fait inscrire, et maintenir, dans la constitution, n'est pas seulement une absurdité : c'est aussi une nuisance. Le refus proclamé de choisir entre ce qui encombre l'espace public et ce qui le libère, entre ce qui pollue et ce qui ne pollue pas, ce qui assourdit et ce qui est silencieux, ce qui écrase et ce qui est écrasé, ce refus explique à lui seul l'impasse dans laquelle se retrouve la politique des transports à Genève.  On ne peut pas mettre tout le monde sur la route, sans l'encombrer et paralyser la circulation (encore qu'un embouteillage, s'il pollue, ait au moins l'avantage d'exclure les excès de vitesses, de bloquer les chauffards et de laisser passer les piétons....).
Un tiers des genevois ne prend sa voiture que pour faire moins de trois kilomètres - or il n'y a à Genève, hors taxis et véhicules de livraisons, que 15 % d'automobilistes contraints, c'est-à-dire de personnes dont les déplacements ne peuvent se faire qu'en bagnole, par absence de lignes efficaces de transports publics sur leur parcours, ou aux heures où ils effectuent ce parcours, ou parce que les déplacements à pied ou en vélo leur sont physiquement impossibles. Cela signifie que 85 % de la circulation automobile genevoise est parasitaire.

La qualité de la vie des habitants d'une ville peut se mesurer par la comparaison de l'attention qu'on leur porte et de celle qu'on porte aux bagnoles. Il fut un temps, lointain certes, où toutes les rues étaient piétonnes : c'était avant l'invasion et la colonisation des villes par l'automobile -moins, désormais, par les bagnoles des habitants eux-mêmes que par celles des visiteurs et des pendulaires. Il fut un temps aussi, un peu moins lointain, où le réseau des trams genevois était l'un des plus denses et les plus efficaces : le tram allait jusqu'à Annemasse, jusqu'à Veyrier, jusqu'à Hermance. Le temps des villes essentiellement piétonnes est révolu (et celui du réseau de tram dense et efficace peine à revenir) : entre les voies de circulation et les espaces destinés au parcage des voitures, une part considérable de l'espace urbain est affecté au déplacement automobile et au stockage auto-immobile. Or si l'on veut, aujourd'hui ou demain, rendre la ville à ses habitants, la sauver de l'asphyxie, on n'a plus le choix : il faut opérer une véritable, et volontariste, discrimination entre les divers modes de se déplacer, et l'opérer décisivement au détriment de l'automobile, au profit des transports publics, des piétons (la piétonnisation de l'espace urbain est un embellissement -celui d'une ville moins polluée, moins bruyante, moins agressive) et des cyclistes. Car à chaque fois, dans chaque ville, où l'on a cru pouvoir absorber le flux automobile en le facilitant, que ce soit à l'entrée, à la sortie ou à l'intérieur de la ville, ou partout à la fois, un échec cinglant s'en est suivi et une évidence simple s'est imposée : la bagnole a horreur du vide, et elle s'approprie tout espace libre dès que cela lui est possible : les rues, les places, les parkings, les trottoirs, les espaces verts... Aux Grottes, il y a davantage de places de parking que d'habitants...
C'est donc d'un véritable programme de reconquête de la ville sur la bagnole qu'il s'agit d'accoucher :
- Nouveau partage de l'espace, réduisant au strict minimum celui consacré à l'automobile pour accroître d'autant celui affecté à la  « mobilité douce » (deux roues non motorisés, marche) et aux transports collectifs publics et privés (taxis);
- Mise en site propre de toutes les parcours des transports publics (bus et trams), développement des lignes de minibus dans les quartiers, renforcement des services le soir et la nuit, le week-end et les jours fériés, recréation de deux lignes de trams de ceinture (petite ceinture intramuros et grande ceinture, reliant les villes périphériques les unes aux autres);
- gratuité des transports publics en zone urbaine;
- aménagement des grands axes  « structurants » par la réduction des voies réservées à la circulation  automobile, l'élargissement des trottoirs, la limitation de la vitesse (toute la Ville doit être en zone 30);
- réduction massive du parcage en surface, moratoire sur la construction de parkings en sous-sol;
- création d'un véritable réseau  de quartiers piétons reliés par des rues piétonnes;
- interdiction des poids lourds au centre de la Ville, création de  « plate-formes intermodales » à l'entrée de la ville.

A votre avis, sagaces lecteurs, quelle majorité parlementaire et gouvernementale doit sortir des urnes, cet automne pour qu'un tel programme puisse se réaliser ?

13:42 Publié dans Genève, Politique, Transports | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : tpg | |  Facebook | | | |

Commentaires

Le libre choix du mode de transport n'a pas une décision de la (seule) droite genevoise, mais du peuple souverain de ce canton, en votation populaire.

Écrit par : Pascal Décaillet | mercredi, 12 juin 2013

Le libre choix du mode de circulation est une volonté populaire et democratique, ele ne se remets pas en question avec de pseudo arguments technocratiques ou des constats biaisés. Parce qu'avec le même type d'argument on peut aussi remettre en question le logement individuel, créer des immeuble avec cuisinne et salle de bain communes etc...

Donc les solutions pseudo rationnelles proposées par les intergistes de la mobilité molle:

- Nouveau partage de l'espace, réduisant au strict minimum celui consacré à l'automobile -> Bouchons garantis comme partout ou celà a été fait, et cette fois probablement jour et nuit.

- Mise en site propre de toutes les parcours des transports publics -> C'est une evidence, on aurait pu le faire avec un metro ou un skytrain, mais le tram est tellement mieux puisqu'en plus de transporter ses usagers il bloque les voitures.

- gratuité des transports publics en zone urbaine -> Ca change quoi ? Une voiture est de toutes façons plus chère que les 70Frs par moi d'abo tpg. Et ça a été refusé en votation populaire.

- réduction massive du parcage en surface: Comme partout ou ça c'est fait: ballet inscessant de bagnoles qui cherchent la place rare à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, pacage sauvage etc...

- création d'un véritable réseau de quartiers piétons -> Et des quartier pietons a travers lesquels trace les tpg, livraisons, et autres ne sont pas des quartier pietons, ce sont juste des quartiers intedits aux voitures. Chose bien comprise puisque refusé en votation populaire.

- interdiction des poids lourds au centre de la Ville -> Ces salaud de poids lourd qui viennent en ville pour le fun... On livrera la bière a votre gargotte preferée a dos d'ane !

Les solutions pouvant vraiment ameliorer les choses:

- Ne pas amener au centre les voiture qui ne veulent pas s'y rendre -> traversée de la rade et amelioration du contournement, 3eme voie autoroutière.

- Favoriser de grands axes et retablir l'onde verte pour eviter l'accumulation de voiture dans les rues de quartier.

- Si l'intention des entraves a l'entrée en ville se discute, en mettre a la sortie pour être sur de conserver les bouchons au centre jusqu'a 20h est juste le summum de la c... C'est prendre en otage les habitants pour pouvoir taper sur les voitures.

- Mise en site propre de toutes les parcours des transports publics comme mentionné plus haut.

Et avant de me traiter de tous les qualificatifs reservés a vos amis les automobilistes, dites vous bien que je suis aussi piéton (comme tous le monde), j'aime pas respirer de l'air pollué et je suis même cycliste a mi-temps.

Écrit par : Eastwood | mercredi, 12 juin 2013

N'omettez surtout pas d'aller donner ces bons arguments dans les centaines de villes du monde où les boulevards comptent entre 8 et 20 voies alors qu'ici on est tout heureux de rétrécir nos petites rues et avenues, bloquant à bien des endroits même les véhicules d'urgence.

Courrez les dire aussi dans des villes d'Europe dont certaines que je connais bien pour y avoir vécu, lorsque vous vous en approchez, au loin depuis la fenêtre de votre train et que vous apercevez une gigantesque voûte, ou cloche comme vous préférerez, grisâtre...

Comme d'habitude belles lettres mais, cette fois, pas du tout d'accord avec vous et aussi envie de le dire. Merci.

Écrit par : JDJ | mercredi, 12 juin 2013

Genève de toutes les manières est une ville vieille et surtout posée sur les deux rives d'un lac ... élément à prendre en considération.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | mercredi, 12 juin 2013

sur proposition de la droite genevoise (et du TCS), mais en effet, en votation populaire. Ce qui con firme, s'il en est besoin, la définition de la démocratie : non pas un système où "le peuple a toujours raison" mais le système où il a le pouvoir d'avoir tort -ce qui sera toujours préférable à un système où il n'a que le droit de se taire...

Écrit par : Pascal Holenweg | mercredi, 12 juin 2013

Rendre la ville aux piétons et aux cyclistes ? Quelle formidable idée mais, comment les commerces du centre ville devenus innacessibles pourront rester ouverts ? Il y a quelques années Fribourg a fermé la principale rue commerçante au trafic automobile, résultat : tous les commerces ont fermés ou se sont déplacés dans des centres commerciaux à l'extérieur de Fribourg !!Grâce à vous et vos amis le nouveau slogan de Genève-Tourisme sera "Genève-ville morte" Vous venez de trouver comment faire augmwenter le chômage et les faillites à Genève.

Écrit par : Gedeon Teusmany | mercredi, 12 juin 2013

Les zones piétonnes ne rendent pas les commerces inaccessibles -à moins de tenir absolument à vouloir si rendre en bagnole, ce qui, s'agissant des commerces au centre ville, relève de l'idiotie. D'ailleurs, dans les quelques zones piétonnes existant à Genève, il n'y a pas moins de commerces aujourd'hui que lorsque ces rues étaient ouvertes à la circulation. Et puis, de quels commerces parle-t-on ? Des boutiques de fringues et de godasses de luxe ? des bijouteries ? des antiquaire ? ou des petits commerces utiles à la population des quartiers concernés ?

Écrit par : Pascal Holenweg | mercredi, 12 juin 2013

Votre réponse me laisse à penser que vous ne faites pas souvent des achats en ville. Aussi voici un calcul assez simple : Un couple gare sa voiture dans un parking en ville, par exemple Plainpalais, fait ses courses pendant 2 heures et rentre à son domicile. Coût environ 2 ou 3 francs de parking et 1 litre d'essence. Le même couple se déplace en TPG, il paye 2 x 3.50 pour aller et 2 x 3,50 pour le retour donc 14 balles foutus en l'air ! Et vous osez défendre cette arnaque ! N'avez-vous pas honte ou êtes vous actionnaire des TPG ? Pour ce qui est des commerces, attendez que vos amis khmers verts obtiennent la fermeture des rues (ce n'es pas demain la veille) et vous verrez les faillites et le chômage ! Pire que chez Flamby !

Écrit par : Gedeon Teusmany | jeudi, 13 juin 2013

Je ne fais d'achats qu'en ville...
Je n'ai pas de voiture à garer... je n'en ai donc pas eu à acheter, ou à louer, ou à payer à crédit. Ni n'ei ai dont il faut remplir le réservoir d'essence.
Bref, comme disait l'autre, "je ne suis pas un numéro (de plaque minéralogique), je suis un homme libre"...
- et cela dit, il n'y a pas d'actionnaires des TPG, qui ne sont pas une SA...

Écrit par : Pascal Holenweg | jeudi, 13 juin 2013

elles sont supposées prouver quoi, ces vieilles rognes ? et en quoi attentent-elles à ma propre liberté ?

Écrit par : Pascal Holenweg | samedi, 15 juin 2013

Dommage que vous n'ayez pas publié mon message car personne comprend votre réponse. Ce n'est pas des vieilles rognes, le sujet est toujours d'actualité puisque je prouve par mon intervention qu'aucun membre du PS, même un élu démocratiquement au CF n'est pas libre de ses choix. Donc, vous n'êtes pas libre de vos choix et êtes obligé de suivre les ordres du parti.
Bonne journée.

Écrit par : Gedeon Teusmany | mardi, 18 juin 2013

Dans quel genre de parti est on "obligé de suivre les ordres du parti" ? Certainement pas dans un parti démocratique. Et certainement pas au PS... Et certainement pas moi...

Écrit par : Pascal Holenweg | mardi, 18 juin 2013

Justement au PS puisque le parti a interdit à un élu de sièger. Pour mémoire je vous rappelle que Matthey avait été élu démocratiquement par le parlement fédéral et que le PS lui a interdit de sièger. Matthey a été "obligé de suivre les ordres du parti" ! Est-ce clair ? Le système démocratique, façon PS, ressemble à s'y méprendre aux anciennes "démocraties" de l'Est !

Écrit par : Gedeon Teusmany | mercredi, 19 juin 2013

Le PS n'a rien interdit à Metthey, et ne pouvait rien lui interdire : élu, Matthey pouvait parfaitement accepter son élection. Il n'aurait même pas été exclu du parti, puisque les exclusions se règlent au niveau cantonal et que son parti cantonal le soutenait. Il a donc librement choisi de ne pas accepter son élection. Il pouvait l'accepter, il ne l'a pas fait.

Écrit par : Pascal Holenweg | mercredi, 19 juin 2013

Pascal Holenweg,

" Le PS n'a rien interdit à Metthey, et ne pouvait rien lui interdire : élu, Matthey pouvait parfaitement accepter son élection. "

Là vous jouez sur les mots, pour rester dans l'euphémisme !

Si le PS n'a formellement rien interdit à Francis Matthey, il a cependant fait pression sur lui.
En effet, vous ne dites mot de l'expédition commando menée par le Machiavel valaisan Peter Bodenmann, accompagné d'André Daguet, alors respectivement, président et secrétaire général du PS suisse. Ces deux individus se sont "invités" chez Francis Matthey à La Chaux-de-Fonds et ont fait pression sur lui pour qu'il renonce. La "séance" s'est déroulée dans la cuisine de l'intéressé, durant le week-end qui a précédé le fameux lundi 8 mars 1993.

Aujourd'hui Bodenmann s'est recyclé dans l'hôtellerie à Brigue, comme vous le savez. Cela lui convient bien, car intriguer derrière les portes, c'est pour lui plus qu'un talent. Une vocation !
Quant à André Daguet, il a eu des problèmes de santé ...

Pas très glorieux tout cela ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | mercredi, 19 juin 2013

Je ne joue pas sur les mots : Le PSS n'a rien "interdit" à Matthey, puisqu'il ne pouvait rien lui interdire. Il ne l'a pas non plus menacé d'exclusion, puisqu'il ne pouvait l'exclure. Il a effectivement fait pression sur lui pour qu'il n'accepte pas une élection à laquelle le PSS ne l'avait pas présenté, mais ni Bodenmann, ni Daguet n'ont eu besoin de forcer la porte de Matthey pour le rencontrer. Et finalement, c'est souverainement, et dans un discours très digne, que Matthey a renoncé à son élection -en même temps d'ailleurs que Christiane Brunner renonçait à se (re)porter candidate. Évidemment, ça fait un peu moins polar de gare que votre version...

Écrit par : Pascal Holenweg | jeudi, 20 juin 2013

Désolé de vous contredire car c'est feu le père de Matthey, qui portait le même prénom, qui m'a confirmé que c'est effectivement le PS qui lui a interdit d'accepter son élection démocratique. Le PS lui a intimé l'ordre de refuser sinon il était exclu du parti et il n'aurait jamais l'appui du PS lors des décisions qu'il prendrait. Après son élection Matthey, son père, sa femme et leurs enfants ont eu la trouille de leur vie car, en sortant du palais fédéral, ils ont été accueillis par des oeufs pourris et des tomates ! Ils se sont repliés à l'intérieur et ont été obligé de sortir pas une porte dérobée ! Quand à son prétendu discour digne, ce n'est pas de gaîté de coeur qu'il l'a prononcé. Pour se faire pardonner le PS a trouvé le moyen de lui refiler un cadeau empoisonné, l'Expo ! Francis ne s'en est jamais remis.

Écrit par : Gedeon Teusmany | jeudi, 20 juin 2013

Le polar de gare, ce n'est pas particulièrement mon rayon !

J'écris en connaissance de cause et maintiens ma version.
Certes Bodenmann et Daguet n'ont pas facturé la porte de Matthey, mais ils se sont "invités" chez lui à la manière des missionnaires mormons qui se présentent chez les gens sans y avoir été invités, pour convertir les "âmes en déshérence". D'ailleurs eux aussi se déplacent à deux ...

Pour conclure sur une note romanesque que vous semblez affectionner, on ne peut pas dire que le PS ait écrit la meilleure page de son histoire dans cette affaire !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | jeudi, 20 juin 2013

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