Budgets culturels : Mauvais remake cantonal d'un navet municipal

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La majorité de droite du Grand Conseil genevois est depuis trois mois infoutue d'accoucher d'un budget pour l'année en cours ? sa représentation à la commission des Finances propose de couper dans le (maigre) budget cantonal de la culture, en particulier dans l'aide à la création. C'est un mauvais remake cantonal de l'exercice tenté, et raté, fin 2011 par la droite municipale en commission des arts et de la culture, où elle avait proposé des coupes sombres, aveugles, mécaniques, notamment dans le fonds général théâtre -exercice auquel la mobilisation des milieux culturels, et de la gauche municipale, avait mis fin, à la grande confusion de ceux qui l'avaient tenté. Alors puisque cette fois encore sur le métier il nous faut remettre l'ouvrage :
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Ce qu'il va advenir de la loi cantonale sur la culture :  du vide enrobé de bruit

La droite cantonale tente donc aujourd'hui ce que la droite municipale avait raté il y a deux ans. Mais que le budget culturel du canton soit quatre fois moins important que le budget culturel de la Ville ne signifie pas que son élagage soit quatre fois moins dangereux, ou quatre fois moins stupide. Il y a même de la cohérence dans l'attitude de la droite genevoise -de la cohérence dans l’aveuglement et la réduction des choix politiques à des exercices comptables. La seule cohérence, d'ailleurs, dont cette droite soit présentement capable de faire montre. C'est ainsi que pour « économiser » un peu plus d'un million de francs sur un budget cantonal 7000 fois plus important, elle propose de tailler dans les dépenses culturelles (comme dans d'autres lignes budgétaires que les comptables à œillères qui tiennent lieu de députation au PLR, au PDC, au MCG et à l'UDC tiennent pour superfétatoires -la solidarité internationale, par exemple). Sur le budget global, l'économie est risible. Sur le budget de la culture, elle est lourde. Et sur l'activité culturelle créatrice, elle est massive.
Supprimer l'aide ponctuelle à la culture pour économiser 500'000 francs ou l'aide à la création indépendante pour en économiser 300'000, en dit finalement plus sur la conception qu'a la droite genevoise de la politique culturelle que sur ce qu'elle considère (mais qu'elle est seule à considérer ainsi) comme son travail budgétaire. Et surtout, cela dit tout de ce qu'elle attend du projet de loi cantonale sur la culture qu'elle s'apprête sans doute à voter -de ce qu'elle en attend, ou de ce à quoi elle veut le réduire : une pure déclamation, sans moyens niengagements réels, un enrobage de la pure et nue volonté de contrôler la politique culturelle des autres (en particulier celle de la Ville de Genève) sans en avoir une soi-même. Le canton a porté, avec la Ville, la création de la Fondation Romande pour le Cinéma ? Il s'apprête à ne pas honorer l'engagement qu'il a pris alors de la financer paritairement avec la Ville (les deux collectivités publiques genevoises devant, à parts égales, assumer la moitié du financement de la Fondation, le reste se répartissant entre les autres cantons romands et la Ville de Lausanne)... On tient des discours sur la culture, on s'apprête à voter un projet de loi cantonale sur la culture, mais on mène une politique d'incultes. En se reposant sur la Ville pour que Genève en ait tout de même une, de politique culturelle. Mais avec un canton aux abonnés absents.

Les acteurs culturels genevois savent désormais sur qui ils doivent compter pour ne pas se retrouver sans aucun soutien. Et ils savent désormais aussi ce que valent les grandes déclarations faites depuis 2007 sur la nécessaire implication du canton dans la politique culturelle, et ce que vaudra la loi cantonale sur la culture -elles valent ce que vaut, sur ce terrain, la majorité politique dont Genève est affublée : du vide enrobé de bruit.
Rien, toutefois, n'est encore dit, et il est encore temps de renvoyer les propositions de la majorité de la commission des finances du Grand Conseil là où nous avions réussi à renvoyer celles de la moitié de la commission de la culture du Conseil Municipal : aux archives, pour mémoire.
Culturel, le combat pour l'engagement des collectivités publiques dans la culture est aussi, bien plus que d'autres que l'on affuble pompeusement de ce qualificatif, un combat politique, et en attendant d'autres mobilisations nécessaires, on peut déjà se manifester en signant la pétition contre les coupes dans le budget culturel du canton. Elle émane de socialistes, et alors ? D'où vous attendiez-vous qu'elle émane? du PLR ? du MCG ?

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