lundi, 07 janvier 2013

2013 : c'est pas le moment de mollir

Ephémérides

L'année commençait hier dans le calendrier julien, il y a six jours dans le calendrier grégorien, il y a plus de trois mois dans le calendrier républicain, et à bien d'autres dates dans bien d'autres calendriers. On peut donc se souhaiter une « bonne année » quelque jour que l'on soit... Reste à savoir ce qu'il va falloir faire pour qu'elle nous soit bonne, cette année... Or à moins de compter sur la chance, le destin ou la bénévolence du Tout Puissant, toutes consolations qui nous sont étrangères, c'est à bien à nous quil revient de meubler 2013 d'autres choses que de défaites, de déconvenues, de temps perdu et d'énergie gaspillée dans des combats périphériques sur des enjeux secondaires dans des lieux de pouvoir illusoire...


Rétrospective, agenda et bonnes résolutions

On ne regrettera pas la deux mille douzième année du calendrier grégorien : elle ne nous fut guère souriante. A Genève, nous avons perdu une élection partielle au Conseil d'Etat et, par abandon du terrain, une élection partielle au Conseil administratif de la Ville. Nous nous sommes divisés sur la nouvelle Constitution, entre fétichistes de l'ancienne et maniaques du consensus. Nous (syndicats compris)  n'avons pas su empêcher le plus grand licenciement collectif de l'histoire genevoise (1250 emplois supprimés avec la fermeture de Merck Serono et l'abandon de son site)... Et ailleurs, c'est pas mieux : on s'est réjoui de la déculottée de Sarkozy, mais on ne sait toujours pas par qui il a été remplacé; on a souri au départ de Berlusconi, mais ce fut pour voir arriver Monti; on a salué la réélection d'Obama, mais il faut s'être gavé jusqu'à plus soif de Tea Parties pour le confondre avec un homme de gauche; on a applaudi aux mobilisations espagnole, italienne, grecque, portugaise contre la mise à sac des droits sociaux, mais on a vu s'évanouir le mouvement des « Indignés », « tombé amoureux de lui-même » comme l'enterre, cruellement, le Monde Diplomatique...
Quant à 2013, si nous ne commencerons pas mal l'année en saluant l'aboutissement du référendum contre le démantèlement du droit d'asile, on se prépare déjà à la réélection de Merkel, à la victoire électorale de la droite israélienne et à passer une année avec Ueli Maurer comme président de la Confédération (ce qui comparé à ce qui précède, n'est après tout qu'une assez bénigne contrariété, puisqu'on y gagnera au moins en folklore). Pour le reste, nous allons, comme d'habitude, courir après les rendez-vous politiques fixés par d'autres que nous. Le 3 mars, on votera « oui » à la fusion des caisses de retraites publiques CEH et CIA, parce que ce qui tombera sur la gueule des cotisants de la fonction publique si le « non » l'emporte sera encore pire que ce qui est proposé maintenant. Et puis on votera « oui » aussi à l'initiative de l'Avivo soumettant les tarifs des TPG à la possibilité d'un référendum, parce qu'il n'y a aucune raison de priver les usagers de leur droit de référendum quand il s'agit de hausses de tarifs alors que le référendum est obligatoire quand il s'agit de hausses d'impôts.  Et on votera « oui » encore à l'initiative Minder contre les salaires abusifs des pontes de l'économie privée. Et on votera même « oui » à une initiative UDC mal foutue, celle pour l'élection du Conseil fédéral par le peuple, parce qu'elle reprend une vieille idée de gauche.
Le 1er juin, la nouvelle constitution cantonale entrera en vigueur. ça permettra de constater que les alleluias des uns et les dies irae des autres au soir de la votation sur le changement de constitution n'avaient pas le moindre début de commencement de fantôme de rationalité, et qu'il serait temps d'arrêter de sangloter sur la tombe de James Fazy pour commencer à épicer un peu le brouet servi par la Constituante. Le 6 octobre, on élira le nouveau Grand Conseil genevois (qui nous fera de l'usage pendant cinq ans), et on écrémera les candidatures au Conseil d'Etat, en attendant le deuxième tour de l'élection du gouvernement, le 10 novembre, puisque désormais nos Magnifiques Seigneurs doivent être élus à la majorité absolue des suffrages. Et on fera ce qu'on peut pour que d'urnes emplie des votes d'une majorité du corps électoral, sorte une majorité parlementaire de gauche. Et même, si peu « gouvernementaux » qu'on se veuille, un gouvernement de gauche. Parce que, franchement, le numéro du septuor d'otaries jouant à la baballe sur une piste de cirque qui nous tient lieu de Conseil d'Etat, finit tout de même par être un peu lassant.

Quant à nous, nous ne prendrons guère de bonne résolution que celles de ne toujours pas attendre qu'on nous écoute pour parler ni qu'on nous lise pour écrire, ni qu'on nous comprenne pour expliquer, ni qu'on nous suive pour agir, ni d'avoir tout prêt, complet et définitif, le modèle de la nouvelle société, pour nous défaire de l'ancienne et de ses règles, quotidiennement, obstinément -et tant qu'il est possible, en riant.

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