Election partielle au Conseil administratif de la Ville de Genève : Gauche, droite...

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Salika, Salika Wenger, GenèveCe lundi à midi échoyait le délai de dépôt des candidatures à l'élection partielle au Conseil administratif de la Ville de Genève. Et on se retrouve, comme prévu, avec une candidate de gauche, Salika Wenger, présentée par le Parti du Travail et une liste féministe, et soutenue par la Jeunesse Socialiste (et par nous...), un candidat, disons du centre, Didier Bonny,  et deux candidats de droite, Guillaume Barrazone, présenté par le PDC et le PLR, et Eric Bertinat, présenté par l'UDC et le MCG. Une vraie confrontation gauche-droite, donc, arbitrée par un centre bien mieux incarné par Didier Bonny que par le très convenable, très acratopège et très radelibe-compatible Barrazone.

Union de la gauche ? Gauche plurielle ? La gauche, tout simplement...

Il y aura donc une candidature de gauche à l'élection partielle du 4 novembre prochain, pour repourvoir le siège libéré par Pierre Maudet à l'exécutif de la Ville de Genève : Salika Wenger. Mais étrangement, la candidate du Parti du Travail était, et sera peut-être mieux soutenue par des socialistes (qui ont failli, comme la Jeunesse Socialiste, déposer une liste portant son nom...) que par les partenaires du PdT au sein de la coalition « Ensemble à gauche». Cette étrangeté n'est cependant qu'une sorte de résurgence, celle de la vieille alliance entre le PS et le PdT -cette vieille alliance qui a constitué la gauche genevoise de ces quarante dernières années et qui a formé le socle de ce qui s'est ensuite appelé l'« Alternative », une fois que les Verts, d'une part, et l'ancienne extrême-gauche d'autre part, s'y furent agrégés. L'alliance entre les socialistes et le Parti du Travail (formé d'ailleurs initialement, dès 1943-1944, de la réunion des communistes et des socialistes partisans de Léon Nicole) c'est notre « Union de la Gauche » à nous,  l'Alternative étant notre «gauche plurielle». Retour, donc, à l'Union de la Gauche ? Cette union s'était constituée face à un adversaire commun aux forces qui s'unirent. Et ce qui lui ressemble aujourd'hui, c'est à nouveau une alliance contre un adversaire commun -à double face : la droite traditionnelle (l'Entente et son candidat, Barrazone) et la droite de la droite (UDC et MCG avec leur candidat, Bertinat). Ce face-à-face sera certes un peu distrait par la candidature « sans parti », et réellement centriste, du chrétien-social Didier Bonny, mais on n'en sera pas moins dans un bon vieil affrontement gauche-droite.

Le résultat de l'élection de novembre déjoue par avance toute certitude, et les trois candidats et la candidate pourraient bien se retrouver au coude à coude. C'est-à-dire sans qu'aucun-e n'obtienne le tiers des suffrages nécessaires pour être élu au premier tour, ce qui nous en vaudrait, pour la première fois depuis des décennies, un second. Mettant qui aux prises ? Bonny et Bertinat, le Sillon et Ecône, Marc Sangnier et Marcel Lefebvre, comme une sorte de débat entre Maritain et Claudel,  ou si l'on préfère des références helvétiques, Leonhard Ragaz et Gonzague de Reynold ? la confrontation serait certes intellectuellement passionnante, mais politiquement assez étrange, et on ne sera pas surpris que, passant par maigre profit et perte légère la candidature de l'Entente, on lui préférera (malgré tout l'intérêt de la candidature de Didier Bonny) l'hypothèse éminemment clarificatrice d'un solide duel entre Salika Wenger à gauche de la gauche et Eric Bertinat à droite de la droite. Ne serait-ce que pour forcer cette partie de la gauche qu'aparemment Salika encombre, à choisir son camp : que feront celles et ceux qui se calfeutrent derrière le refus d'un exécutif municipal « monocolore de gauche » (bel oxymore, soit dit en passant) pour refuser de soutenir la candidate du Parti du Travail face au candidat de l'UDC et du MCG ? Dans l'impossibilité de traduire ce refus d'un cinquième siège de gauche par un soutien au candidat de la droite de la droite, se réfugieront-ils dans un appel au vote « blanc » après nous avoir reproché d'y appeler pour le vote sur le projet de constitution cantonale...) ? Avouez que ce serait assez farce...


Finalement, elle va être passionnante, cette élection partielle à la Municipalité genevoise... et, y prenant notre modeste part en soutenant la candidature de gauche, on en salive déjà...

Lien permanent 4 commentaires

Commentaires

  • Si un jour vous publiez votre Dilemme, j'en rédigerai bien volontiers la Préface.

  • Je vous en réserve plutôt la postface : ce n'est pas l'incertitude (toute relative) du choix qui mérite d'être commentée, c'est le choix...

  • ... et je me suis réservé le titre : "le choix de sophiste"...

  • Pour la Préface (ou Postface) du Dilemme, envoyez-moi vos morasses.

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