lundi, 13 août 2012

Le Pierre et le Vent, 12 août

12 août, d’elle

Les « hommes bons » dont tu parles ne sont pas au faîte du pouvoir, s'ils en hantent les antichambres. Ce n'est pas à eux que nous en voulons, c'est à ceux qui sont au-dessus d'eux. Et cela ne vaut pas seulement pour eux, cela vaut pour tous les servants de l'ordre. Les « hommes bons », et les « hommes mauvais », sans qui cet ordre ne tiendrait pas un jour.

 


Zassoulitch.jpgIl serait étrange tout de même que nous ne nous en prenions qu’aux valets sans toucher aux maîtres. Or que sont juges, policiers et ministres, et même banquiers, sinon les valets du tyran ? Nul, si haut placé qu’il soit, ne doit plus pouvoir se croire à l’abri de nous. Ceux qui vivent comme des despotes doivent trembler comme des esclaves. Nous sommes un knout –mais aux mains de serfs.

Tu ne dis, sans fard, que ce que tous les chefs, tous les maîtres, et nos ennemis, font sans le dire –toi, tu le dis sans pouvoir désormais le faire. Ce n’est peut-être pas l’inspiration que tu cherchais, mais il y a du Machiavel en toi : tu déchires le décor derrière lequel se dissimulent les mécanismes du pouvoir. Comme disait le Vieux : la violence pour le corps, le mensonge pour l’âme. Tu ne renouvelles la révolution qu’en la pliant au cynisme. Cela peut faire tomber un pouvoir, un système, même, mais cela ne peut faire naître qu’un autre pouvoir, et pas un autre système. Ton socialisme est peut-être la voie la plus rapide pour mener du féodalisme au capitalisme, d’une brutalité à une autre, mais certainement pas plus loin, ailleurs, plus haut.

L’organisation révolutionnaire dont tu rêves, et dont tu te rêves le chef, c’est la horde primitive.

00:58 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pouvoir, révolution | |  Facebook | | | |

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