lundi, 13 août 2012

La Pierre et le Vent, 14 août

14 août, de lui

La horde primitive ? Après tout, pourquoi pas ? Elle a bien fait tomber Rome...

 


Netchaev.jpgCertains nous assurent, incorrigibles optimistes, qu'on ne fait pas tourner en arrière la roue de l'Histoire. Mais même ceux-là ne savent pas dans quel sens elle tourne. Moi, je le sais : elle tourne dans le sens que lui impriment les plus forts. Et les plus forts, ce ne sont pas encore nous. Et si nous voulons le devenir, il nous faut nous dépouiller de nos parures civilisées.

Vois l'extraordinaire distance entre nos buts et nos moyens, l'élévation et l'immensité des uns, la petitesse et la rareté des autres...

Il nous faut agir. A tout prix. On n'est révolutionnaire que par ses actes. Vous devez tuer le Tyran. Vous le tuerez. Au fond de mon trou, j'entendrai le bruit de ce meurtre. Vous l'avez déjà justifié : la philosophie mène à tout, même à justifier des meurtres. Mais n'attendez pas de celui-là qu'il déclenche la révolution. Elle viendra, à son heure. Vous avez dit sa possibilité, votre volonté de la faire -vous ne l'avez pas encore faite, si vous l'avez permise. Et elle sera sauvage.

Un Français l'écrit : « il n'y a pas encore eu de révolution dans l'histoire. Il ne peut y en avoir qu'une, qui serait la révolution définitive ». Un « coup de tonnerre sur les méchants », disait Saint-Just. Sur les méchants, oui. Mais sur les bons, aussi : la foudre ne trie pas, elle ne distingue pas ses cibles, et aucun paratonnerre n'en peut préserver quiconque. Si vous survivez jusque-là, je gage que vous n'y survivrez pas. Moi, je serai mort. Ne le suis-je pas déjà ? Et n'est-ce pas pour cela qu'on ne peut plus me tuer ?

S

22:42 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, révolution | |  Facebook | | | |

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