jeudi, 09 août 2012

La Pierre et le Vent, 9 août

 

9 août, de lui

 

Nous usons de la violence parce que rien d’autre ne peut faire bouger la pierre de notre sépulcre. En avez-vous fait, de la propagande pacifique dans les campagnes… En avez-vous mené, des campagnes d’alphabétisation… et pour quel résultat ? Pour vous faire cracher dessus par ceux que vous vouliez tirer de leur soue… ils y étaient bien, dans leur soue, pourquoi vouliez-vous les en sortir ? ils y ont leurs habitudes, ils y ont fait leur vie, ils en connaissent l’odeur, la texture…

 


Netchaev.jpgEt puis, nous ne serons jamais aussi violents que nos ennemis. Mais nous, nous le sommes par nécessité, quand eux le sont par mécanique… leur violence n’est pas accidentelle, elle est nécessaire.

Vous voulez abattre les plus nuisibles de nos ennemis, et moi, je veux aussi abattre les meilleurs de ces hommes bons qui donnent encore, aux yeux de quelques-uns, un visage civilisé à un système barbare…

Et puis, ceux que je veux organiser sont des fauves, et j’attends d’eux qu’ils se comportent comme tels. De votre aristocratie ouvrière, de votre « fleur du prolétariat », je n’ai rien à faire. Mes masses à moi sont déshéritées, misérables, analphabètes. Elles sont la canaille. J’en étais, pas vous. Et je n’en suis sorti que pour la soulever.

 

03:23 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : violence | |  Facebook

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