samedi, 21 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 21 juillet

21 juillet, d’elle

Te souviens-tu (tu étais, je crois, déjà en prison) de ce ministre que nous avions tenté d’assassiner, que nous avions manqué, et qui pourtant put dire de nous, ensuite, que nous étions le meilleur de ce peuple ? Si même nos ennemis nous louent, et même après nous avoir échappé, ne serait-ce pas que nous valons quelque chose ? A moins que les louanges de nos ennemis ne soient, pour toi, que les pires des insultes… Mais si nous valons quelque chose, sans prétendre tout valoir et en déduire que les autres ne valent rien, c’est bien que tu t’es trompé, et lourdement, avec ton « tout ou rien »…


Zassoulitch.jpgTu t’es trompé, en effet, et lourdement, en te prenant pour la révolution à toi tout seul, en te prenant pour le révolutionnaire parfait, en pensant avoir tout dit de la révolution… Et heureusement que tu t’es trompé, parce que si tu avais réussi, la révolution ne vaudrait rien, et le révolutionnaire ne serait qu’un tueur. Tu aurais disqualifié l’idée même, et le désir de révolution… Et nous, nous tenons à cette idée, et nous avons ce désir.
Mais nous n’en aimons pas le prix. Nous nous souvenons de Rousseau, pour qui « rien ici-bas ne mérite d’être acheté au prix du sang »… C’est pourtant aussi par le nôtre que nous proposons de payer…
Pour toi, les autres sont de trop. Tous les autres. Même nous, sans doute. Arriverai-je à te convaincre du contraire ?

V

00:29 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : révolution, révolutionnaire | |  Facebook | | | |

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