jeudi, 05 juillet 2012
La Pierre et le Vent, 5 juillet
5 juillet, de lui
Me civiliser ? Vous aider ? Avez-vous oublié mes hauts faits, que vous semblez tant attendre de moi ? Je vous les rappelle.
Je suis celui qui a créé une organisation révolutionnaire parfaite, qui n'a jamais commencé aucune révolution.
Je suis celui qui voulait purger notre terre de ses tyrans, de ses tyranneaux, de ses potentats, de ses exploiteurs, et qui n'a réussi qu'à assassiner un camarade dont la volonté faiblissait et dont nous craignions qu'il nous abandonne, ou nous trahisse -et pour nous, nous abandonner, c'était déjà nous trahir.
Je suis celui qui un jour vous est arrivé de nulle part, dans votre ville, là où vos petits groupes épars passaient leur temps et consumaient leur énergie à se demander « Que Faire ? ».
Je suis celui, qui, à vous qui n'attendiez qu'un mot d'ordre, vous l'a donné : « action ».
Je suis celui qui s'est saisi de votre attente, de votre avidité militante, pour n'en rien faire.
Je suis celui en qui, parce qu'il venait du peuple, vous avez cru voir le peuple.
Je suis celui qui, parce que vous veniez de la bourgeoisie, ou même, pour certains et certaines d'entre vous, de l'aristocratie, n'a vu en vous qu'une force naïve, à exploiter.
Je suis celui qui a laissé votre mouvement plus misérable encore qu'il l'avait trouvé.
Quel souvenir avez-vous donc reconstruit de moi pour me dire aujourd'^hui votre besoin de moi ?
00:57 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : révolution |
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