vendredi, 15 juin 2012

Election partielle au Conseil d'Etat genevois : C'en est fini de reculer...

Quelques jours après la « Tribune »  de Genève, «  Le Temps » s'est fendu, vendredi dernier, d'un édito appelant, sans appeler explicitement mais tout en appelant implicitement, à voter Maudet à l'élection du Conseil d'Etat, pour éviter la cohabitation entre un Conseil d'Etat potentiellement « de gauche » et un Grand Conseil franchement de droite. Qu'Edipresse vote Maudet n'a rien en soi de surprenant. D'ailleurs, si ça peut aider le chef de la Voirie municipale à se dépatouiller de l'« encombrant » du MCG, pourquoi pas ? D'autant que ce ne sont pas les recommandations de vote de la « Julie » et du «  Temps »  qui feront l'élection, mais la mobilisation de l'électorat de gauche derrière sa candidate...  Jeudi à 15 heures, le taux de participation s'élevait (si on peut dire) mollement à 28 % et des poussières : est-ce trop vous demander d'aller voter dimanche matin dans le local de vote de votre quartier, si vous n'avez pas encore voté par correspondance ?


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Une élection ne fera pas le printemps. Ni l'été. Même en Grèce. Même à Genève. L'élection de François Hollande n'a pas révolutionné la France, celle d'Anne Emery-Torracinta ne révolutionnera pas Genève. Les élections ne révolutionnent pas, s'ils leur arrive de ratifier des révolutions. Mais en France comme à Genève,ce 17 juin, dans les urnes, une élection peut dire, et une élection doit dire : cela fait trop longtemps qu'on recule, c'en est fini de cette marche arrière sociale, culturelle, politique... c'en est fini d'accepter le moindre mal comme si nous ne pouvions plus avoir d'autre ambition que celle de limiter les dégâts ! C'en est fini de se résigner à  ce que le rapport de forces nous soit défavorable dans tous les champs qui nous importent...

Nous nous voulons une opposition à l'ordre du monde, une indignation face à son état, et, au meilleur de nos colères, une résistance à ses dérives. Il en faut, des oppositions, des indignations, des colères, des résistances. Mais il nous faut aussi les traduire en autre chose, et en plus, qu'en une posture d'irréductibles insatisfaits.

Une élection, c'est le moment d'un rapport de force : celle d'Anne Emery-Torracinta, dimanche, comme celle de François Hollande il y a quelques semaines, comme celles d'une majorité de gauche en France dans deux jours, comme celle, dimanche aussi, d'une majorité parlementaire grecque opposée à la prosternation devant les diktats financiers dira que l'on peut le changer, ce rapport de force. Il nous reviendra ensuite de faire de ce changement quelque chose qui ait plus de sens que la seule satisfaction d'avoir placé une camarade à la place d'un adversaire -non que nous rechignions à nous en féliciter, mais parce que nous savons que ces satisfactions là, si plaisantes qu'elle nous soient, ne sont que passagères si, au lendemain même de l'élection, nous ne reprenions pas nos agendas pour y inscrire la réalisation de nos programmes et de nos projets - et la remise au placard d'une partie des programmes et des projets de la droite, ceux qui nous pendent au nez, de la traversée routière de la rade à la métastase carcérale, comme ceux qui sont déjà en passe de réalisation, de la chasse aux Rroms à l'internement des requérants d'asile. Mais à tout ce que nous avons à faire, il y a une condition à remplir pour pouvoir le faire : nous en donner les moyens, « tous les moyens, même légaux » comme disait Léon Blum. Et même institutionnels. Même parlementaires. Même gouvernementaux.

Dimanche, si nous avons fait notre travail, on aura cessé de reculer. On aura cessé d'admettre comme relevant de l'ordre des choses que nous soyons gouvernés par des forces et des commis politiques dont le maître mot est de se laisser elles-mêmes et eux-mêmes gouvernés par des forces économiques. On aura dit que le choix politique n'est pas un vain choix : cela, il n'y a que nous qui pouvons le dire, parce qu'au fond, il n'y a que nous qui croyons encore à la prééminence de la politique sur l'économie, de la citoyenneté sur la consommation, de la République et de la Commune sur le marché. Et si nous n'avons pas toujours été capables de le dire clairement, et de le dire ensemble, si nous avons souvent gaspillé nos forces en les divisant, perdu notre temps et notre énergie à nous disputer des prééminences vaniteuses, dévalué nos intelligences individuelles et collectives en les réduisant à des capacités de calculs, nous avons déjà au moins réussi, pour l'élection partielle au Conseil d'Etat genevois, à nous rassembler derrière une seule candidature.


En nous unissant, nous nous sommes donnés les moyens de gagner -il nous reste deux jours pour les utiliser.

13:39 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, élections, gauche | |  Facebook | | | |

Commentaires

Si La TDG ou Le Temps avait implicitement appelé à voter pour Madame Emery-T , j'aurais été tenter par l'abstention .

Écrit par : briand | vendredi, 15 juin 2012

Le recul progresse.

Écrit par : Pascal Décaillet | vendredi, 15 juin 2012

Ou est-ce le progrès qui stagne ?

Écrit par : Pascal Holenweg | vendredi, 15 juin 2012

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