mercredi, 07 mars 2012

Lancement d'une initiative populaire pour un « revenu de base inconditionnel »

Utopique ou nécessaire ?
Utopique ET nécessaire...


Un comité d'initiative indépendant*, mais lié à l'association «  BIEN »* , qui soutient sa démarche, annonce le lancement, le 21 avril prochain (2 Floréal, jour du chêne...) d'une initiative populaire fédérale pour « un revenu de base inconditionnel ». Autrement dit, pour une « allocation universelle », un « revenu d'existence », un « revenu citoyen », bref : un revenu égalitaire, individuel, accordé à tout résident sans autre condition que sa résidence, et couvrant ses besoins essentiels : le logement, la nourriture, les soins, les déplacements. Ce revenu n'est pas un revenu de substitution à un revenu ou un salaire perdu. En revanche, il peut remplacer tous les revenus de substitution (assurance chômage, retraite, allocations familiales, allocations d'étude, rentes invalidité) qui lui sont inférieurs. Un projet utopique ? voire...

* info@bien-ch.ch


Remettre en cause, à gauche, la valeur-travail ? un sacré travail...

Le texte de l'initiative populaire « pour un revenu de base inconditionnel » qui sera lancée le 21 avril prochain est succint : il s'agit s'inscrire dans la constitution fédérale l'obligation faite à la Confédération de veiller « à l'instauration d'une allocation universelle versée sans conditions » devant « permettre à l'ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique ». Et c'est la loi qui règlerait le financement et fixerait le montant de cette allocation ( Bien.ch proposait de la fixer à 2500 francs par mois, soit, grosso modo, le montant maximum de l'aide sociale actuelle). Le choix d'une formulation aussi générale, et du renvoi à la loi du « réglage des modalités », a été fait pour permettre au débat de se tenir sur le fond, sur le principe même du revenu de base inconditionnel, sans se perdre dans les détails du financement et du montant. Car c'est évidemment ce débat de fond qu'il importe de mener, d'abord.


Les soutiens et les oppositions au revenu de base ne se déclinent pas selon le clivage gauche-droite : s'attaquant à la valeur sociale du travail, ce projet s'attaque à une valeur qui fait débat à gauche comme à droite : la valeur du travail réduit à l'emploi (salarié ou indépendant). Le projet de revenu de base est ainsi soutenu à la fois par James Tobin, depuis la gauche, et Milton Friedmann, depuis la droite. Et contesté également depuis la gauche comme depuis la droite, parce qu'il déconnecte les moyens d'existence de la rémunération d'une activité professionnelle. En permettant, sans autre condition que la résidence, de vivre sans travailler, il remet en cause l'un des fondements de l'organisation sociale : le travail rémunéré, qui deviendrait facultatif pour autant que l'on se contenterait d'un revenu minimal. Le « plein emploi » en deviendrait un concept obsolète, dans le même temps où le travail bénévole ou militant s'en trouverait revigoré. Car si le revenu minimum remet en cause l'obligation sociale du travail rémunéré, il ne remet pas en cause le travail « pour soi », d'autant que dans nos société, la majeure partie du travail effectué (engagements sociaux bénévoles, tâches domestiques, aide aux proches) n'est pas rémunérée. Parce qu'il est assumé par des femmes, sans doute...

Cette remise en cause du travail (au sens du travail professionnel) comme valeur centrale de l'organisation sociale, le moins que l'on puisse en dire est qu'elle est profondément subversive. Et qu'elle l'est autant pour la gauche que pour la droite, autant pour les syndicats (qui organisent par définition des travailleurs) que pour le patronat : les entreprises et les employeurs individuels se retrouveraient en effet devant un défi qu'elles n'ont eu à relever jusqu'à présent que dans les rades périodes de très haute conjoncture et de manque absolu de main d'oeuvre : motiver d'éventuels salariés, par des temps, des conditions et des rémunérations de travail qui les convainquent d'ajouter au revenu inconditionnel un revenu supplémentaire et conditionnel en échange du temps voué à travailler pour autrui.


Retrouver le sens de la critique du travail, c’est aller plus loin dans la critique de l’ordre social que là où s’arrêtèrent Marx ou Proudhon, dénonçant les modalités du travail, les conditions faites au travailleur, mais non le travail lui-même. Si notre critique du travail n’est pas celle, aristocratique, qui prévalait pour ceux qui, dans la cité antique ou l’Europe médiévale forçaient esclaves ou serfs à travailler pour qu’eux-mêmes puissent se consacrer aux affaires publiques, à la guerre, à la prière, à l'orgie ou à la création culturelle, c’est que notre critique est fondée sur la volonté d’accorder à toutes et tous le droit que quelques uns seulement s’étaient arrogés, sur le dos courbé d’une masse laborieuse les nourrissant. Que le grand nombre travaille pour nourrir le petit nombre est révoltant ; que nul ne soit plus contraint de travailler pour vivre, tel est le projet du revenu de base.

Et remettre en cause, y compris (ou surtout) à gauche, la valeur-travail, ça va être un sacré travail...

13:29 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : politique, assistance, revenu minimum, revenu de base | |  Facebook | | | |

Commentaires

Si je comprends bien : je ne bosse pas, je glande et je touche suffisamment d'argent de la part de ceux qui bossent et payent des impôts pour habiter au chaud, manger, m'habiller...

Un bel encouragement aux jeunes...

Écrit par : Philippe C | mercredi, 07 mars 2012

C'est très intéressant! j'espère que cela va apporter un bon résultat! merci pour ce joli billet!

Écrit par : faire part | mercredi, 07 mars 2012

Amusant... mais l'argent alors, il viendra d'où ? et si beaucoup de monde se retrouve intéressé par l'option 'je ne travaille plus': la nourriture, les services, les logements seront fournis par qui ?
J'ai toujours été sidéré comme on a cette tendance à aimer croire que tout est simple... Le monde est malheureusement juste un peu plus complexe. Comme les écologistes aiment à rappeler, tout est connecté, et cela toujours bien au delà de nos analyses les plus poussées. Rappelez-vous les idées simplistes de Mao à propos des moineaux...
La réalité ne se construit pas avec des principes, elle arrive comme la conjonction de milliers de paramètres plus ou moins importants, et une erreur de jugement sur une utopie peut amener parfois une situation allant à l'inverse de l'effet désiré.

Écrit par : Sam | mercredi, 07 mars 2012

Quelques précisions et éléments de réponses
Le RDB permettrai à chacun d’assumer uniquement les besoins de l’existence, de la survie et d’un accès aux loisirs de base ! Cela concerne la civilisation, la culture et pas la politique ! c’est une adaptation du contrat social au nouveau paradigme et à la crise systémique
Les autres bossent pour les voyages, les loisirs les biens divertissements extravagants, et ne bossent pas pour vous… mais vous vous consommez, créez, associez revendiquez pour générer de l’activité !
Nous pouvons aussi l’envisager comme une forme de crédit ! … « notre existence » n’est elle pas « à crédit » ?!
1) Je répondrai : que l’argent pourrait provenir des impôts et/ou taxes sur les ordinateurs, tracteurs, machines outils, tél portable…. c’est une boutade il y a de nombreux autres moyens et outils de financement des plus libéraux, au plus collectifs, scientifiques. (les économistes l’affirment…. voir le film !)
C’est vrai qu’il est écrit quelque part : « tu gagneras ton existence à la sueur de ton front » mais la vérité est que : cela était avant les ordinateurs (qui remplacent 200 comptables…. ou plus !) les machines outils (qui remplacent 200 ouvriers…. ou plus !)) et les tracteurs (qui remplacent 200 ouvriers agricoles…. ou plus !) aussi e-mail et tél remplacent le facteur etc. juste quelques exemples ! Ainsi ordinateurs, machines outils ou tracteurs ne payent pas d’impôts ! C’est ainsi : c’est le progrès ! Donc crise systémique et nouveau paradigme sociétal apparaissent. Ce n’est pas une histoire politique… c’est culturel/civilisationnel. Il faut donc adapter culturellement (et pas politiquement) le contrat social ! Rousseau repose tranquille le rdb comme modernisation du contrat social ! Autrement dit : Le rdb représente éminemment un choix culturel et SCIENTIFIQUE et non pas un choix politicien ! : c’est simplement juste les conséquences qui posséderont un aspect politique… tout comme les smart (ou I) phones ! C’est aussi simple que cela à comprendre et à réaliser !
2) Et pour rester rationnel, pratique et scientifique Le PIB habitants CH =69’ 000 CHF et le revenu de base reviendrai à 30'000 ! C’est donc POSSIBLE économiquement ! Et c’est dans cette différence que réside la création et réponse aux besoins : c’est vrai que cela paraît simpliste et cela ne l’est pas (simpliste) cela est scientifique et purement arithmétique (qui sont simple et pas simplistes) tout comme la taxe Buffet aux USA !… c’est ensuite que les complexifications techniques, morales, partisanes ou névrotiques et donc les archaïsmes apparaissent, soyez rassurés !
3) je souhaite aussi préciser que l’utopie ne peut pas amener une situation allant à l'inverse de l'effet désiré car cela s’appelle de la dystopie (quand l’effet désiré n’est pas souhaitable)…voir l’ami wiki… je suis convaincu que vous comprenez ! il est donc question de Choisir entre l’utopie (partage/équité, revenu de base inconditionnel ) pour tous (accomplir ce qui n’a pas « encore » été réalisé) ou la dystopie (torture, pauvreté, barbarie) pour tous.
Utopie ! Oui, tout comme l’abolition de l’esclavage ou de la peine de mort, la démocratie, le suffrage universel étaient aussi, en leur temps, des idées utopistes. Jusqu’au moment où, avec l’évolution de la société, ces idées deviennent non seulement réalisables, mais nécessaires
Quelques bonnes raisons pour le revenu de base inconditionnel : équité, justice sociale, modernisation du contrat social, politique et scientifique …. et quelques mauvaises excuses contre : cupidité, privilège, avidité, archaïsme structurel/administration, peur et résistance au changement, autisme politique ontologique et infra-culturel ! Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue.” V Hugo
Nous ne résoudrons pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés; A Einstein
Vous pouvez visionner le film documentaire que les « initiateurs » proposent (gratos) sur internet ! 1h30… vous verrez que le revenu de base est faisable, souhaitable et intelligent !
La réalité change constamment et concerne plus ce que vous voyez ou observez plutôt que ce que chacun en pense !
Lucidité

Écrit par : Bernard | mardi, 13 mars 2012

Pour répondre à Philippe C, est ce normal que des personnes ne puissent même pas subvenir au besoins primaires qui sont comme vous le citez : habiter au chaud, se nourrir et s'habiller? Il faut croire que non, ils n'ont pas d'argent alors ils n'ont qu'a crever la bouche ouverte c'est ça votre conception de la vie ?

Écrit par : Mimile | samedi, 17 mars 2012

Déjà maintenant, seule une partie de la population gagne son existence matérielle en bossant. Pas les enfants, ni personnes âgées, ni les personnes handicapées, ni les chômeurs, ni les personnes à l'aide sociale.
Seuls les enfants et les retraités riches reçoivent leur argent sans devoir prouver qu'ils remplissent les conditions fixées par les lois sociales sociale.
Les invalides, les chômeurs, les assistés, les bénéficiares des prestations complémentaires...tous ces gens sont confrontés à des administrations complexes, parfois inefficaces, toujours coûteuses et souvent humiliantes. Est-ce bien utile ?

Parmi les travailleurs, croyez-vous vraiment qu'un grand nombre renoncerait à sa profession, pour recevoir un revenu permettant juste de vivre dans la pauvreté? Peut-être ceux qui sont très malheureux au travail.. ceux qui décident de reprendre des études...quelques artistes... des pères et mères de famille nombreuse...

Si les paresseux renonçaient à travailler, cela libérerait des postes pour des personnes motivées actuellement exclues de l'emploi : ce serait tout bénéfice pour l'économie !

Écrit par : Elisabeth Di Zuzio | lundi, 19 mars 2012

Je vous recommande le film:

http://www.youtube.com/watch?v=-cwdVDcm-Z0&feature=share

tout est expliqué

Nous pensons a l'avenir de nos jeunes et de nos retraités

Il est facile de critiquer quand on ne connait pas, mais maintenant vous connaissez.

Cette initiative permettra des son acceptation par le peuple d'avoir enfin un pays ou les gens auront les moyens, enfin d'aider les autres.
ce système aura une influence énorme sur la création économique, artistique et autre.
de plus grand nombre de citoyen pauvre aura l'occasion de se former sans précarité.
La Suisse a créer bien des institutions utile au monde.
Grace au revenu de base nous donnerons un exemple mondial.
C'est l'avenir.

Nous serons dans les rues afin de récolté les 100.000 signatures.
Pour l'instant sur Facebook nous sommes déjà 56 883 sur 100.000 signature de confédéré
http://www.facebook.com/bedingungsloses.grundeinkommen

avec plusieurs partisans du parti, nous nous occuperons des signatures manquantes dans nos rues des le 24 avril 2012.

Je ne peux pas donner plus d'info pour l'instant.
Faites connaitre le film

Écrit par : Steve ROECK | lundi, 02 avril 2012

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