Rénovation du Musée d'Art et d'Histoire (suite, et pas fin) : Etudier TOUS les projets...

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Le Conseil administratif de la Ville de Genève propose au Conseil Municipal un nouveau crédit d'étude de 2 millions et demi de francs, s'ajoutant aux trois millions et demi déjà accordés, pour terminer l'examen du projet « Nouvel » d'extension du Bâtiment principal du Musée d'Art et d'Histoire.  L'objectif affiché du Conseil administratif est de « disposer d'un projet concret et complet avant de décider du dépôt d'un crédit de construction ». Objectif louable, nul n'ignorant que le Musée  a besoin d'être rénové et agrandi. Mais la décision de déposer un crédit de construction pour un ouvrage qui coûtera au minimum 60 millions à la Ville ne devrait pas se prendre sans que les alternatives au seul projet étudié jusqu'à présent soient aussi examinées, sérieusement et sans a-priori...


La crainte du vote populaire comme début de la sagesse politique ?


La demande par la Municipalité d'un crédit d'étude supplémentaire pour le projet Nouvel signale bien que ce projet, le seul étudié jusqu'ici, et dont il s'agit de prolonger l'étude, n'est pas un projet abouti. Dans ces conditions, l'étude d'un autre projet, sans abandonner celle du projet Nouvel, relève de l'évidence méthodologique. Un amendement à la proposition du Conseil administratif sera donc soumis au Conseil Municipal. Ce que cet amendement propose, c'est simplement de tenir compte du fait que l'opposition au projet Nouvel lui propose désormais une alternative -le projet présenté par la section genevoise de Patrimoine Suisse. Ce projet alternatif doit être lui aussi étudié, et avec le même sérieux que le projet Nouvel. On pourra, après l'avoir étudié, considérer le projet de Patrimoine Suisse comme insuffisant, ou irrecevable. Mais on ne peut ni refuser, ni accepter valablement un projet qu'on n'a pas étudié. Et cela vaut pour le projet Nouvel comme pour le projet de Patrimoine Suisse.  La poursuite de l'étude du projet Nouvel se justifie, l'étude du projet de Patrimoine Suisse aussi, et pour les mêmes raisons. Nous ne partons pas du principe que le projet Nouvel soit intrinsèquement mauvais, ni ne le considérons forcément comme inacceptable. Mais nous partons du principe qu'on ne peut se prononcer sur un projet de cet ampleur que si on en a aussi étudié et débattu les alternatives comme le projet lui-même. Surtout quand celui-ci a déjà été modifié entre le moment où il a été accepté et le moment où l'on demande un crédit d'étude supplémentaire pour en étudier les modifications, ce qui confirme que le projet initial ne tient plus la route, et que si on devait le soumettre au peuple dans son état et son contenu actuels, il serait balayé. Ce projet, établi en 2001, sans réelle mise au concours mais au terme d'un appel d'offre calibré par les services de la Ville pour que l'atelier Nouvel, qui n'avait aucun autre projet à Genève, puisse l'emporter avec ses associés genevois, a été modifié parce qu'il avait besoin de l'être. Et nul, aujourd'hui, ne peut garantir qu'il n'aura pas encore besoin de l'être, ni que les modifications qui pourront encore lui être apportées ne sont pas contenues dans le projet de Patrimoine Suisse, ni que ce projet ne contienne quelques idées qui mériteraient d'être retenues, par exemple celle de l'utilisation de la butte de l'Observatoire, en deuil désormais de son hêtre pourpre, et en vacance d'utilisation. Que le projet Nouvel ait été adopté sans qu'il y ait réellement eu concours fut déjà une erreur. Vouloir aujourd'hui l'imposer sans confrontation avec un autre projet serait une faute : ce  serait le plus sûr chemin vers un refus du projet en votation populaire, puisqu'alors, à toutes les oppositions déjà certaines, financière, patrimoniale, architecturale, politique, s'ajouterait l'accusation d'avoir voulu faire passer un projet en force. Partir en votation populaire après avoir refusé d'étudier les alternatives au projet officiel, c'est se garantir d'avoir à passer  toute la campagne référendaire à se défendre de l'accusation d'avoir tronqué le débat, d'avoir fermé le jeu, d'avoir voulu imposer un seul projet, en n'étudiant que ce seul projet. Il s'agit donc bien de ne pas porter, sur la rénovation et l'agrandissement du MAH, un regard borgne pour une étude hémiplégique, aboutissant à un refus populaire.

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