lundi, 12 septembre 2011

Baromètres électoraux : Un bon sondage pour un bel automne ?

Selon l'avant dernier « baromètre électoral » réalisé pour la télévision suisse, si les élections fédérales avaient eu lieu fin août, le PS aurait été, avec 20,5 % d'intentions de vote, le seul parti à progresser à la fois par rapport aux précédentes élections fédérales (+1 %) et au prpcédent « baromètre électoral ». fin juillet (+2 %). L'UDC resterait le premier parti de Suisse, avec 28 % des intentions de vote, mais perdrait un point par rapport à 2007. Les libéraux-radicaux se gaufreraient de 2,1 points par rapport à 2007 et se retrouveraient à 15,6 %, le PDC ferait du surplace à 14,5 %, les Verts itou, à 9,5 %. Les Verts libéraux stagneraient à 4,5 % par rapport à juillet 2011, et le parti bourgeois-démocratique à 3 %. Mais gare aux illusions : un sondage ne fait pas une élection, surtout que celles d'octobre semblent plus influencées que les précédentes par le contexte international... et que l'UDC a du fric à ne plus savoir qu'en faire...


Il faut remplacer le « il était une fois » par « il y aura une fois » (André Breton)

La Suisse vote à droite depuis la fin du XIXe siècle, c'est-à-dire depuis que, leur révolution institutionnalisée, les radicaux démocrates sont devenus des radicaux-libéraux, la grande peur de la Commune de Paris et de l'organisation du mouvement ouvrier les poussant de la gauche à la droite du paysage politique. Et depuis, le rapport des forces politiques est d'une admirable stabilité : en son pire état, la gauche pèse dans ce pays un quart des suffrages; au mieux de sa forme, elle atteint le tiers de l'électorat. Et les évolutions politiques se font plus à l'intérieur des camps qu'entre eux : à gauche, ces dernières années, c'est la montée des Verts et à droite celle de l'UDC. Mais entre la gauche et la droite, tous partis confondus, et en faisant abstraction d'un « centre » improbable, les positions restent, grosso modo, les mêmes. La gauche pourra certes progresser cet automne, et c'est tout le mal qu'on se souhaite, mais une majorité parlementaire est hors de notre atteinte. Et si la droite peut régresser, elle ne perdra pas le pouvoir. Dès lors, l'enjeu des élections fédérales est celui non d'une alternance mais d'un rééquilibrage au parlement et, si possible au gouvernement (si les socialistes acceptent de soutenir une candidature verte plutôt qu' accorder un deuxième siège à l'UDC pour préserver leur propre deuxième siège...). Ce rééquilibrage se fera-t-il ? Acceptons en l'augure. Mais quoi qu'il en soit, le paysage politique suisse continuera d'être structuré autour des quatre grandes forces politiques nationales qui le structurent depuis bientôt un siècle (l'UDC, le PS, le PLR et le PDC) et d'une cinquième force que démange l'envie d'être comme les quatre autres une force gouvernementale (les Verts). Ce paysage est pratiquement sans opposition parlementaire  capable de se construire comme force d'une alternance potentielle. L'opposition parlementaire, ce sera, à droite, les électrons libres du MCG et de la Lega, et à gauche, s'ils arrivent à récupérer un, deux ou trois sièges, les groupes disparates d'une « gauche de la gauche » qui dans l'état où elle est ne sera jamais, au mieux, qu'un appendice social-démocrate de gauche du PS. Pas d'opposition parlementaire qui puisse compter, donc. Mais une opposition sociale à construire -une opposition qui ne serait pas moins politique en restant hors de l'enceinte législative qu'en y entrant, mais qui aura besoin, pour se déployer dans la société elle-même, du point d'appui d'une gauche parlementaire renforcée. « Pour tous, sans privilèges » est le slogan national du PS pour les élections de l'automne prochain. « Nous sommes le parti de l'intérêt général; les autres sont les porte-valises des intérêts particuliers », proclame le président du PSS, Christian Levrat. Et pour préciser cet « intérêt général », dix propositions forment un projet pour changer la Suisse en dix ans : sortie du nucléaire, caisse unique, salaire minimum, service public universel... on est certes assez loin du « dépassement du capitalisme » prôné par le  programme du parti, mais on est tout aussi loin de la Suisse telle qu'elle est encore - pour ne rien dire de celle dont rêve (ou plutôt dont fait rêver, puisqu'elle même sait qu'il ne s'agit que d'un fantasme) l'UDC et, à sa traîne désormais, la droite démocratique. De ce point de vue, Christian Levrat a parfaitement raison de résumer l'enjeu de l'automne comme l'affrontement de deux visions de la Suisse : une vision ultraconservatrice (disons plutôt : réactionnaire) et une vision progressiste. Pas révolutionnaire, réformiste (avec son initiative pour l'abolition des forfaits fiscaux, la gauche de la gauche n'est d'ailleurs ni plus ni moins réformiste que le PS), mais vu le climat politique qui règne dans ce pays aujourd'hui, être réformiste, c'est déjà être subversif.

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Commentaires

Ahhh ... la politique et ses calculs !

Écrit par : Victor Winteregg | lundi, 12 septembre 2011

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