jeudi, 18 août 2011

Il n'y a pas de réalité économique il n'y a que des conventions économiques

Il n'y a pas de réalité économique il n'y a que des conventions économiques, et il n'est qu'un moyen de se délivrer de la marchandise : la détruire -la détruire en tant que marchandise, c'est-à  -dire détruire sa valeur d'échange. Celui qui détruit la marchandise s'en rend maître, quand le désir de posséder une marchandise atteste de l'adhésion absolue de son sujet aux normes sociales de comportement. La gratuité, y compris sous la forme jubilatoire du gaspillage ou du don détruisent en revanche ce qui, dans la marchandise, contient la valeur de l'exploitation du temps de travail qui l'a produite. Reste sans doute ensuite, l'exploitation ainsi niée, le plus difficile : à  nier aussi l'aliénation...


Voici venu le temps d'affirmer que l'inutile crée de l'utilité, que la gratuité crée de la richesse, que l'intérêt ne peut exister sans le désintéressement
(Bernard Maris)

Tout mouvement de lutte peut préfigurer le règne de la gratuité en l'instaurant sur le terrain même où il se (dé)mène : distribution des stocks des entreprises occupées, ou gratuité des services publics en grève (le mouvement ne consistant plus à  cesser le travail et à  immobiliser le service public, mais à  ne plus imposer une valeur monétaire d'échange à  la prestation proposée). Grèves de la perception ou du paiement des loyers, ou des impôts, gratuité des transports publics, peuvent être des armes des travailleurs autant que des consommateurs, les premiers cessant d'être des salariés du moment même où ils cessent de demander paiement pour ce qu'ils produisent, les seconds cessant d'être des consommateurs du moment même où ils décident de ne plus payer ce dont ils usent.

Dès lors que le capitalisme contemporain extrait sa valeur en exploitant le savoir, plus que la force physique, les détenteur des compétences théoriques constitutives d'une plus-value peuvent, par les nouveaux moyens de communications subvertir le système fondé sur cette plus-value en généralisant tous les savoirs et toutes les compétences possibles et en pouvant de surcroît le faire anonymement : le jour où la formule du Coca-Cola aura été lancée sur l'internet, les producteurs du breuvage pourront numéroter leurs abattis boursiers.

23:56 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gratuité | |  Facebook | | | |

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