mercredi, 17 août 2011

Un peu de cohérence ne nous ferait pas de mal...

Nous devrions être de ceux pour qui il n'y a pas de plus grand honneur que celui de n'en mériter aucun qui soit décerné d'en haut. D'autres, qui parfois furent révolutionnaires, ou qui plus souvent se plurent à  en prendre la posture, attendent, et souvent reçoivent, de quelque pouvoir quelque reconnaissance : un titre, un poste, une médaille, une fonction, une rencontre, une prébende. Ces mondanités et ces échanges de bons procédés scellent plus sûrement que toute répression l'entrée dans le monde des maîtres de quelques uns qui voulurent, ou dirent, le combattre.

Les intellectuels de gauche ont cette faiblesse récurrente de vouloir être reconnus par leurs adversaires, mais aussi par tout pouvoir quel qu'il soit, et rien ne semble leur plaire davantage qu'en retour de leur fascination constante pour qui gouverne, le gouvernant leur accorde quelque attention. N'est-ce pas pour cette même raison, et en raison de cette même faiblesse, que si nombreux furent ceux d'entre eux qui se firent chantres ou admirateurs de quelque leader de quelque pays de la périphérie, dès lors que ce leader leur parut tenir entre ses mains quelque pouvoir ?


 

Nous devrions poser comme une exigence la cohérence -et non seulement la cohérence du discours, mais aussi et surtout la cohérence entre le discours et la pratique. Nous ne devrions pas être de ces écologistes se déplaçant en bagnole, de ces féministes postulant à  la chefferie, de ces homosexuel(le)s revendiquant le « droit au mariage », de ces socialistes propriétaires, de ces syndicalistes chefs du personnel (qu'on nous pardonne cette terminologie archaïque, mais il n'y a pas et il n'y aura jamais d'autres responsables des ressources humaines que ces ressources elles-mêmes), de ces révolutionnaires défendant leur "deuxième pilier"...

Chaque point fondamental d'un programme politique doit ainsi engager qui y adhère à  le faire concrètement, pratiquement, c'est-à  -dire à  le réaliser, là  où il le peut, parce que là, il le doit. Nous sommes certes tous, individuellement et collectivement, traversés par les contradictions du mouvement social dont nous participons. Mais de ces contradictions, la schizophrénie ne saurait être la synthèse, ou la résolution. Cette contradiction ne peut se résoudre que par l'abolition de l'un de ses termes -celui qui, précisément, est contradictoire de ce que l'on propose. Et puisque l'on ne peut sans contradiction être socialiste et propriétaire, syndicaliste et sous-fifre du patron, féministe et cheffe, écologiste et automobiliste, et tant que l'on veut, dans la plus large mesure du plus ambitieux possible, être socialistes, syndicalistes, féministes et écologistes, il ne devrait être question ni d'être propriétaires, chefs ou cheffes, patrons ou automobilistes...
Obéir, c'est forcément soutenir ce à  quoi l'on obéit. C'est admettre par l'acte d'obéissance lui-même la légitimité à  la fois de l'ordre et de qui ou quoi le donne. C'est donc toujours faire un choix : celui de la révérence à  l'ordre. Même en scandant en choeur : "Indignez-vous".

23:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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