• A propos du salariat (et de la prostitution)

    Imprimer

    Changer la vie reste notre ambition -une ambition plus haute que celle, bien commune, de changer de mode de vie. Changer la vie, c'est changer le contenu de la vie -ce qui ne peut sans trahison se réduire à en changer l'emploi. Or la vie du plus grand nombre est scandée par le travail salarié -le salariat étant non le paiement du travail mais celui du temps passé au pouvoir de qui fait travailler. Changer la vie n'est donc possible que si l'on admet comme nécessaire l'abolition du salariat.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 0 commentaire
  • L'Etat : qu'en faire ?

    Imprimer
    Toute violence a besoin pour se soutenir d'une force supérieure à celle qui veut la renverser. Aussi les tyrans qui ont le peuple pour ami et les grands pour ennemis ont une autorité bien plus solidement assise que ceux qui ne sont appuyés que par les grands

    (Machiavel)

    La plupart des mouvements révolutionnaires du XIXème et du XXème siècle ont en commun cette défaite, d'avoir abouti à l'Etat -à la prise du pouvoir d'Etat, et à son renforcement. Or il n'y a pas d'Etat révolutionnaire concevable, et la submersion de la révolution par la volonté de pouvoir d'Etat signe toujours la défaite de la révolution. L'Etat ne peut jamais, nulle part, être détenteur d'un projet révolutionnaire. Il est toujours, partout, détenteur d'un projet conservateur par définition : celui de sa propre survie.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 1 commentaire
  • Rapports de classes : retour de la plèbe ?

    Imprimer

    Nous n'attendons plus que revienne le vieux prolétariat. Nous ne croyons pas aux fantômes. Mais ce qui ne peut revenir peut néanmoins renaître, sans doute sous une autre forme, mais de la même matrice. Le capitalisme qui a produit le prolétariat, produit aujourd'hui la classe historique, dont le nom nous importe peu, et que l'on peut si l'on y tient désigner comme la vieille plèbe, formée de toutes celles et de tous ceux qui ne décident pas de leur propre vie. C'est cette classe, qui va des salariés exécutants aux exclus, qui dit aujourd'hui la possibilité de la société sans classe -sa nécessité ne faisant doute que pour ceux, et désormais celles, qui n'ont jamais socialement vécu que de la division en classes.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 2 commentaires
  • Quelle alternative ?

    Imprimer

    Au capitalisme réellement existant (et réellement existant aujourd'hui, non à celui ayant existé il y a un siècle), quel socialisme réellement possible la gauche révolutionnaire oppose-t-elle ? La social-démocratie s'arc-boute sur sa volonté de socialiser le capitalisme pour en raboter les aspérités les plus blessantes, ou à défaut les dissimuler sous le vernis de l'Etat social ; ce qu'il reste du mouvement communiste bascule peu à peu dans une nostalgie rigoureusement réactionnaire, mâtinée de corporatisme (en direction et à partir de la fonction publique, mais aussi des petits rentiers). Qu'y a-t-il de socialiste dans tout cela ? Rien, strictement rien. Mais il y a tout du socialisme possible dans les possibilités même du capitalisme : l'affranchissement du travail, le dépérissement de l'Etat, la socialisation de la propriété privée, le primat de la culture sur l'économie (puisque le capitalisme lui-même impose désormais le primat de l'information sur la propriété).

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 1 commentaire
  • La mondialisation : le risque et la chance

    Imprimer

    La mondialisation que dénonce à l'envi la "gauche de la gauche" n'est rien d'autre que l'extension à l'ensemble de la planète d'activités, de normes et de processus de décisions auparavant limités à un espace géographique et social précis. En tant que telle, la mondialisation est non seulement dans la logique du capitalisme, mais elle est même constitutive de sa capacité à s'imposer, en levant les obstacles nationaux à la circulation du capital. La mondialisation est la condition même de la pérennité du capitalisme. Mais en même temps, elle le change : il n'est désormais plus nécessaire de transférer réellement des capitaux existants d'un pays, d'un espace ou d'un acteur économique à un autre pour opérer un échange financier, ni d'investir un capital dans une activité productive pour en tirer profit, mais il suffit désormais de transmettre une information douteuse sur un capital hypothétique pour qu'un capital réel soit constitué quelque part, et un travail réel dissout ailleurs. La mondialisation capitaliste aboutit à une économie de casino où le profit ne naît plus de l'investissement productif mais du jeu spéculatif, et où l'on gagne plus en supprimant des emplois qu'en en créant.

    Lire la suite

  • A propos du mode de production collectiviste d'Etat

    Imprimer

    « (...) dans l'intérêt d'une juste répartition de la terre nous avons de propos délibéré laissé mourir en une seule année environ 5 millions de paysans avec leurs familles. Nous avons poussé si loin la logique dans la libération des êtres humains des entraves de l'exploitation industrielle, que nous avons envoyé environ dix millions de personnes aux travaux forcés dans les régions arctiques et dans les forêts orientales, dans des conditions analogues à celles des galériens de l'Antiquité. Nous avons poussé si loin la logique que, pour régler une divergence d'opinions nous ne connaissons qu'un seul argument : la mort (...) Nos ingénieurs travaillent avec l'idée constamment présente à l'esprit que toute erreur de calcul peut les conduire en prison ou à l'échafaud ; les hauts fonctionnaires de l'administration ruinent et tuent leurs subordonnés, parce qu'ils savent qu'ils seront rendus responsables de la moindre inadvertance et seront eux-mêmes tués ; nos poètes règlent leurs discussions sur des questions de style en se dénonçant mutuellement à la Police secrète (...). Agissant logiquement dans l'intérêt des générations à venir, nous avons imposé de si terribles privations à la présente génération que la durée moyenne de son existence est raccourcie du quart. Afin de défendre l'existence du pays, nous devons prendre des mesures (...) en tout point contraires aux buts de la Révolution. Le niveau de vie du peuple est inférieur à ce qu'il était avant la Révolution, les conditions de travail sont plus dures, la discipline est plus inhumaine, la corvée du travail aux pièces pire que dans les colonies où l'on emploie des coolies indigènes ; nous avons ramené à douze ans la limite d'âge pour la peine capitale ; nos lois sexuelles sont plus étroites d'esprit que celles de l'Angleterre, notre culte du Chef plus byzantin que dans les dictatures réactionnaires. Notre presse et nos écoles cultivent le chauvinisme, le militarisme, le dogmatisme, le conformisme et l'ignorance. Le pouvoir arbitraire du gouvernement est illimité, et reste sans exemple dans l'histoire ; les libertés de la presse, d'opinion et de mouvement ont totalement disparu, comme si la Déclaration des Droits de l'Homme n'avait jamais existé. Nous avons édifié le plus gigantesque appareil policier, dans lequel les mouchards sont devenus une institution nationale, et nous l'avons doté du système le plus raffiné et le plus scientifique de tortures mentales et physiques. Nous menons à coups de fouet les masses gémissantes vers un bonheur futur et théorique que nous sommes les seuls à entrevoir »

    Arthur Koestler (Le Zéro et l'Infini, chapitre VIII)

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 1 commentaire
  • Du capitalisme libéral au capitalisme socialisé

    Imprimer

    L'Etat social est l'organisation, par l'Etat et pour la société, de la survie de chacun des sociétaires : de ceux que la faim menaçait comme de ceux qui craignaient la colère des affamés. Ce pacte entre affameurs et affamés, expulseurs et sans-logis, exploiteurs et exploités, possédants et possédés, tous proclamés également citoyens (mais les premiers l'étant évidemment plus que les seconds), est un pacte de survie des maîtres, un contrat social dont la vie n'est ni l'objet, ni le sujet, ni l'enjeu, en tant qu'elle est totalement irréductible à toute espèce de pacte ou de contrat, de règle ou de loi, mais dont la survie est le prix.

    Mais si l'Etat social ne garantit que la survie, il répartit néanmoins pour cela des moyens si considérables qu'ils pourraient être ceux de la vie toute entière, toute riche et toute libre qu'elle puisse être : la masse financière représentée par l'addition des prestations sociales compensatoires de la perte de salaire (indemnités de maladie, d'accident, de chômage, de service militaire, de maternité, congés parentaux, retraites, pensions, rentes d'invalidité etc...) suffirait à couvrir le coût d'un revenu minimum inconditionnel versé à toute personne sans contrepartie, et équivalant à la couverture totale de tous ses besoins physiques et sociaux essentiels.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 1 commentaire
  • Dépasser le capitalisme ?

    Imprimer

    Le capitalisme ne sait pas vers quoi il avance. Personne ne le sait, et nous pas plus que quiconque. Nous ne savons qu'une chose : il avance. Il est fait pour cela, et c'est sa force. Mais nous savons aussi que tous les champs que le capitalisme investit peuvent être investis par ses adversaires, et que tout ce dont le capitalisme use à ses propres fins peut être retourné contre lui. Le capitalisme a triomphé en s'appuyant sur l'avidité. Le mode de production collectiviste d'Etat a échoué en exploitant l'altruisme. La social-démocratie s'est fourvoyée en tentant l'organisation de l'écoeurante solidarité des possédants et des possédés, sous le mode du capitalisme socialisé.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 2 commentaires
  • La culture, en avance sur la politique

    Imprimer

    Toute création culturelle (qu'on nous entende bien : nous ne parlons pas ici du mime, de la reproduction, du bégaiement des créations passées, mais du pas que font à partir d'elles, pour aller plus loin et plus haut qu'elles, les créateurs présents -ceux qui ne se vendent pas ni ne souffrent que leur création soit évaluée comme une marchandise) est en avance sur la réalité sociale de son temps. La culture qui importe préfigure toujours le monde qui pourrait être, même lorsqu'elle reflète le monde qui est, ou remémore celui qui fut. La culture est ainsi toujours, irrémédiablement, en avance sur la politique, y compris sur ce qu'il y a de volontés révolutionnaires dans la politique.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture 2 commentaires
  • Mort de l'idéologie ?

    Imprimer

    Les révolutions du XIXème siècle (dont celle de février-mars 1917, en Russie, fait encore partie) s'appuyaient sur une idéologie, se nourrissaient de mouvements artistiques et culturels et s'exprimaient par eux. Cet enracinement de la volonté révolutionnaire dans l'invention culturelle et artistique a pris fin à l'automne 1917, lorsque la révolution accoucha d'un putsch et que la volonté révolutionnaire se résorba en une volonté de pouvoir. La mort de l'art, la vacuité de la culture et la fin de l'idéologie ayant été successivement (quoique abusivement) proclamées, sur quoi appuyer aujourd'hui notre volonté de changement ? Sur cette mort, cette vacuité et cette fin, qui pourraient signifier aussi bien la mort du révolutionnarisme lénino-blanquiste, la vacuité de l'ouvriérisme et la fin de l'idéologie étatiste ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture 1 commentaire
  • Le medium, c'est le massage

    Imprimer

    Dans la longue histoire des moyens de communication entre les humains jamais une innovation technologique n'a annihilé les technologies antérieure, et toujours s'y est-elle ajoutée. Certes, les modes spécifiques anciens de production et de diffusion de l'information ont été déplacés des lieux de production vers les musées -mais si on n'utilise plus de tablettes de cire pour écrire on écrit toujours, et si on n'utilise plus de linotype dans les imprimeries, on imprime toujours ; si on ne filme plus avec des caméras manuelles on filme toujours et si on ne projette plus avec les projecteurs des frères Lumière on diffuse toujours des images animées et enregistrées. L'Internet s'ajoute à l'édition, à la radio, au cinéma, à la télévision -il ne les supprime pas. Mais y dit-on autre chose que ce que l'on disait sans lui ? Le medium, c'est le massage...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Médias 1 commentaire
  • La révolte comme patrimoine culturel

    Imprimer

    Un double mouvement a gonflé le patrimoine culturel de toutes les expressions de révolte passées (Artaud se vend dans les supermarchés, Sade se joue dans les théâtres subventionnés) et a diffusé le plus massivement possible (tant qu'il y a consommation possible) au plus grand nombre possible de consommateurs un patrimoine culturel étalé sur les marchés et exposés dans les media, sans plus de recul, de mise en perspective et de recherche de la signification originelle de ce que l'on présente, qu'on en fait l'effort pour un soap opera de dernier ordre. La bonne vieille gauche institutrice, qui rêve de faire ouïr Mozart à des Bochimans ou Sophocle à des Auvergnats, persuadée qu'elle est de les faire accéder ainsi à la Culture avec un grand C (la sienne) s'en attendrira, et ses metteurs en scène (ses fabricants de spectacle) prendront garde à toujours glisser dans le spectacle patrimonial quelque posture moderniste propre à attirer et à retenir l'attente du chaland progressiste : il faudra que les seins qu'on ne saurait voir dans le Tartuffe, se voient néanmoins sur la scène (et avec les seins, le cul et le sexe) et qu'Elektra se fasse ostensiblement baiser par le fantôme de son frère : on ne fera certes ainsi ni mieux comprendre Molière, ni mieux aimer Hofmannsthal, mais on aura au moins fait bander quelques spectateurs, plus sûrement retenus par la queue que par la tête.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture 4 commentaires
  • Inventer une autre culture ?

    Imprimer

    L’art moderne n’a pas fait faillite : il a, plus simplement, fait son chemin, jusqu’à son terme. Parti d’une critique radicale du patrimoine et des traditions artistiques, il a abouti à la mise en scène éclatante de sa propre impuissance à faire le pas menant de la critique à l’alternative -comme si Van Gogh restait indépassable, Schiele insurmontable, Bacon incontournable. Mais cet aboutissement de l’art moderne au néant ne signifie pas que toute pratique artistique soit condamnée à y aboutir. Ce sont d’autres pratiques artistiques que celles reconnues comme telles qui doivent prendre le relais -les unes à inventer, d’autres déjà émergentes, quelques unes à redécouvrir.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture 2 commentaires
  • De la culture comme condition de la servitude volontaire

    Imprimer

    Aucun ordre social ne tient par la seule vertu -si vertu il y a là- de ses seules productions matérielles, ni aucun pouvoir par la seule force de la répression. La société bourgeoise, le capitalisme (socialisé ou non) dépendent, comme les sociétés et les modes de production qui les précédèrent, et comme ceux qui les suivront si nous n'y mettons bon désordre, de la servitude volontaire des sociétaires et des producteurs, une servitude volontaire qui n'est acquise et garantie que par l'adhésion à une culture, exprimant une idéologie, et transmise par les moyens de communication et d'information (les media) du moment.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture 2 commentaires
  • Que nul ne travaille plus, mais que tous oeuvrent

    Imprimer

    Hier, on parlait du temps. Et si on parlait de ce à quoi on le consume, du "travail" ?

    Par le mot de « travail », il a toujours été formulé deux réalités différentes : d’une part, celle de l’activité, constitutive de l’humanité en tant qu’on peut la différencier de l’animalité) de transformation de la réalité donnée : le travail est ce qui transforme le monde, en transformant un peu du monde -du silex que l’on taille à la tour que l’on construit. Et d’autre part, l’esclavage -l’activité contrainte, la mise des uns au travail par les autres, pour leur profit ou leur subsistance.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : De tout un peu 1 commentaire
  • A la recherche du temps vendu

    Imprimer

    Le temps est une force de production -sans doute la plus importante, et donc celle dont l’appropriation est, socialement et politiquement, la plus déterminante, la plus porteuse de pouvoir. S'approprier le temps des autres, c'est s'approprier les autres. Or cette appropriation est constitutive du salariat. Le salariat est le système même par lequel l’individu est dépossédé du temps, par l’échange illusoire de ce temps contre de l’argent (illusoire dès lors que l’on ne peut jamais recouvrer le temps vendu, et que ce temps vendu est toujours, irrémédiablement, du temps perdu).

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : De tout un peu 1 commentaire
  • Se retrouver en prison, ce n’est pas se retrouver hors du monde, mais en son centre...

    Imprimer

    Je retrouve dans mes archives un texte que j'avais rédigé en octobre et novembre 1999 à Champ-Dollon (Genève). Je n'y apporte que peu de modifications. Je n'en retranche rien. : "Se retrouver en prison, ce n’est pas se retrouver hors du monde, mais en son centre..."

    Se retrouver en prison, ce n’est pas se retrouver hors du monde, mais en son centre, avec ce qu’il produit de pire (dealers, pédophiles, violeurs) mais aussi de plus commun, de plus conforme, au fond, à ses vraies règles et ses vraies lois : gardiens, assistants sociaux, infirmiers. aumôniers, flics et bureaucrates, évidemment, mais aussi chauffards, voleurs d’occasion, pratiquants du fétichisme de la propriété privée puisque s’appropriant celle d’autrui, petits ou gros commerçants de marchandises provisoirement interdites de commerce, ou dont l’Etat se réserve le monopole- meurtriers ordinaires (cocus vexés, jaloux frustrés, possessifs éconduits, cambriolés fauteurs de bavures...), immigrés clandestins en instance d’expulsion... le commun des mortels, en somme. Bref, se retrouver en prison, c’est se retrouver dans une Cour des Miracles gérée par l’Etat social, et d’où les miracles, par conséquent, se sont enfuis. Dans ce chaudron, les bruits du monde nous parviennent sans que nous puissions répondre à l’urgence qu’ils requièrent. Du moins avons nous le temps de les entendre, et d’en chercher le sens. Nous entendons, nous lisons, nous voyons -mais ne pouvons guère réagir, et moins encore agir. Au fait, le pouvons-nous réellement, lorsque nous croyons le faire « dehors », et que nous le faisons dans les règles ? Un mois, ou un an de prison, c’est un mois, ou un an, sans manifestations, sans réunions, sans séances de travail ; pour autant, est-ce un mois, ou un an, politiquement vide ? Là où le monde dont nous voulons changer se révèle le plus clairement à nous, c’est là où il croit nous priver le plus sûrement de toute possibilité d’agir sur lui -et à plus forte déraison, contre lui.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Justice 2 commentaires
  • Ah, ça ira, ça ira, ça ira... oui,. mais où ? et quand ?

    Imprimer

    Nous sommes le 14 juillet. Et, réflexe pavlovien de vieux gauchiste, on va évidemment vous parler, ici aussi, comme dans "Le Courrier" de ce matin, de révolution . On ne fait d'ailleurs plus, dans nos pays et nos villes qui en connurent quelques unes, qu'en parler. On pourrait vous parler d'autre chose, la date se prêtant pour nous à  bien des détours et à d'autres célébrations, mais c'est de quelque chose qui traîne dans nos armoires, dans nos histoires, dans nos familles et dans nos bibliothèques dont nous écrivons ici. Quelque chose qui a cela, et peut-être cela seul, en commun avec l'amour et avec la liberté, qu'on ne peut ni le faire ni en jouir seul.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 3 commentaires
  • De l’égalité, de la légalité, du service public...

    Imprimer

    On aura touché la dernière limite de la perfectibilité, alors seulement que le droit du plus faible aura remplacé sur le trône le droit du plus fort

    (Auguste Blanqui)

     

     

    L’idéologie (le terme n’est pas en soi péjoratif, l’expression d’un refus de l’idéologie étant elle-même celle d’une idéologie) du service public, à laquelle la gauche adhère, quoi qu’il en soit de la sincérité de cette adhésion, apparaît désormais moins comme celle d’un service au public que comme celle du service de l’Etat « en soi ». Elle est moins une alternative à la conception bourgeoise de l’Etat que la perfection de son mensonge, et ce qu’elle habille d’un discours égalitaire une réalité fondamentalement inégalitaire. Le service public, comme service au public, ne peut en effet se fonder que sur l’absolue égalité des droits et devoirs de tous ses usagers, indépendamment de leurs moyens et situations, ce qui implique forcément la gratuité du service fourni. Cette égalité absolue est absolument contredite dans les faits par la double inégalité des ressources et du pouvoir, en sus de l’être politiquement par la recherche obsessionnelle des équilibres budgétaires. L’inégalité des ressources produit un dualisme social où s’ignorent, quand ils ne s’opposent pas, ceux qui ont les moyens de se passer du service public et ceux qui n'ont que par lui accès à des droits fondamentaux (l’éducation, les soins, la sécurité personnelle). L’inégalité du pouvoir (entre ceux qui en disposent et ceux qui le subissent) détermine quant à elle un accès différent, en qualité, en quantité et en vitesse, aux service publics, et d’abord aux informations nécessaire pour y accéder et en user.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 6 commentaires
  • La gauche doit aujourd’hui son échec à elle-même. La résignation au chômage, la coupure avec les milieux populaires, des pratiques trop éloignées de nos idéaux, voilà les raisons de notre affaissement. (Lionel Jospin... en 1993...),

    Imprimer

    La gauche doit aujourd’hui son échec à elle-même. La résignation au chômage, la coupure avec les milieux populaires, des pratiques trop éloignées de nos idéaux, voilà les raisons de notre affaissement.
    (Lionel Jospin, en 1993, lors de sa démission de la direction du PS français)

    Le déclin du socialisme européen s’est amorcé dans le moment même (le début des années ’80) de ses grandes victoires électorales en France, en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Italie. La social-démocratie ayant remporté les batailles qui lui importaient le plus, elle perdait la guerre qu’elle aurait dû mener dans le temps même où elle investissait les palais présidentiels et gouvernementaux. Ce qu’elle gagna en poids institutionnel, elle le perdit en hégémonie culturelle et en légitimité sociale ; elle ne tarda guère à mener la même politique que celle qu’à sa place la droite aurait menée, et fit ainsi le contraire de ce pourquoi elle avait été élue.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 4 commentaires