samedi, 30 juillet 2011

L'Etat : qu'en faire ?

Toute violence a besoin pour se soutenir d'une force supérieure à celle qui veut la renverser. Aussi les tyrans qui ont le peuple pour ami et les grands pour ennemis ont une autorité bien plus solidement assise que ceux qui ne sont appuyés que par les grands

(Machiavel)

La plupart des mouvements révolutionnaires du XIXème et du XXème siècle ont en commun cette défaite, d'avoir abouti à l'Etat -à la prise du pouvoir d'Etat, et à son renforcement. Or il n'y a pas d'Etat révolutionnaire concevable, et la submersion de la révolution par la volonté de pouvoir d'Etat signe toujours la défaite de la révolution. L'Etat ne peut jamais, nulle part, être détenteur d'un projet révolutionnaire. Il est toujours, partout, détenteur d'un projet conservateur par définition : celui de sa propre survie.


 

Démocratique ou non, l'Etat est toujours, partout, fondé sur un mensonge qui le constitue : celui de sa légitimité -de quelque nature qu'elle se targue d'être : historique, raciale ou ethnique, démocratique. L'Etat est d'abord un appareil répressif ; il est ensuite un appareil idéologique ; il est enfin un appareil social. Ces trois appareils sont voués, par leurs fonctions propres et par toutes leurs pratiques, à la défense de l'ordre existant, ne peuvent qu'y être voués, et ne peuvent être voués qu'à cela.

Le pouvoir est impuissant à se changer, et l'Etat incapable de se réformer réellement, "radicalement". Le lieu du pouvoir d'Etat est un lieu d'impuissance : ce pouvoir a tant à gérer qu'il ne peut modifier sa propre structure, ni changer, fondamentalement, ses propres pratiques : le temps, les forces, les moyens, les compétences lui manquent pour cela, parce qu'il les affecte à autre chose : sa propre survie, et le maintien de l'ordre social en état de fonctionner. Le changement de l'Etat ne peut être effectué que par ses adversaires, et le plus profond de ces changements ne saurait être que sa destruction. Ou plutôt : son remplacement. Car retrouvrt le projet originel du mouvement socialiste, cêst voiloir substituer par en-bas la commune, et par en-haut la supranationalité -mais une supranationalité qui ne soit ni une représentation ni une délégation de l'Etat national, comme le sont les organisations internationales gouvernementales, ni un mode d'organisation du capitalisme mondialisé, mais la négation de l'Etat national et la relégation du marché à ce qu'exige l'échange nécessaire et non monétaire des moyens de garantir les droits fondamentaux. Bref, nous en tenons pour la transformation de l'Organisation des Nations Unies en une organisation des peuples, la transformation de l'Organisation mondiale du commerce en une organisation mondiale des échanges humains, et pour la substitution de la Commune à l'Etat. Vaste programme...


15:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : etat | |  Facebook | | | |

Commentaires

" Ce n'est pas à "unir" et organiser le prolétariat en vue des changements qu'à servi l'usine, mais à le dresser aux réflexes de subordination, de l'obéissance, et du labeur abrutissant. Comme tout ce qui est opprimé dans la société, le prolétariat ne reprend vie que quand il ôte ses habits industriels pour s'adonner librement et spontanément à la communication, c'est-à-dire au processus vivant qui donne un sens au mot "communauté. "
4ème de couverture de *Pour un municipalisme libertaire* Edition Atelier de Création Libertaire

Écrit par : ollec | samedi, 30 juillet 2011

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