mercredi, 16 mars 2011

Municipales, deuxième round : La droite genevoise fait le trottoir

Il aurait eu grand tort de se gêner, le MCG : il fait à la droite, Entente et UDC, une proposition d'union générale (disons : d'union nationale, ça fera plus genevois cuvée années trente...) -une proposition à laquelle lui n'a rigoureusement rien à perdre, mais qui plonge le PDC et le PRD dans des affres convulsives du plus bel effet (l'UDC ayant quant à elle sauté sur l'occasion). Une proposition qui a, pour la gauche, le mérite de clarifier doublement les choses : d'abord en situant le MCG, qui se disait « ni de gauche, ni de droite », là où il est réellement. A droite toute. Ensuite, en situant aussi le terrain sur lequel la droite démocratique entend construire sa stratégie électorale : le trottoir. Finalement, la Municipalité de gauche a eu raison d'inhumer Grisélidis au cimetière des Rois : elle fait école. Malgré elle, mais la courtisane peut elle être tenue pour responsable de la médiocrité de ses épigones ?


Une droite à plat ventre

Front Républicain contre Front National, à la verniolane, avouez que ça vous a, politiquement, une autre gueule que l'exercice de reptation électorale auquel l'Entente se livre devant l'extrême-droite en Ville de Genève -comme, en France, Sarkozy. Elle était roborative, l'algarade, lundi soir sur Léman Bleu, entre Décaillet et Maudet, seul représentant de la droite sur le plateau à ne pas se vautrer aux pieds du MCG (et supplétivement de l'UDC) en quémandant les quelques milliers de suffrages qui pourraient laisser, assez illusoirement, espérer un destin municipal à Florence Kraft-Babel ou Michel Chevrolet. Roborative, et exemplaire soirée : Le MCG appelle à la constitution d'une «droitunie» en Ville de Genève (pour faire gagner la gauche ? merci, mais on n'a tout de même pas besoin de ça), rassemblant contre l'Alternative tout ce qui est à droite des Verts. Le toutou udéciste suit en jubilant de la truffe, la candidate libérale lâche en frétillant les quelques oripeaux humanistes qui lui restaient et, devant sa télé, on imagine le candidat démo-chrétien renoncer pour un moment à sa ration de Prozac post-électoral (lui qui draguait déjà l'extrême-droite depuis des mois). Prêt à faire la peau de son candidat au Conseil administratif de Vernier coupable du crime de s'allier aux socialistes et aux Verts contre le MCG et l'UDC, le parti libéral se prosterne aux pieds des mêmes MCG et UDC pour tenter de prendre un siège à la gauche (ou celui de Pierre Maudet) en Ville. Une manière locale de préférer le Front National au «front républicain». Une manière aussi de surenchérir sur l' «arrogance» dont la droite municipale accuse la gauche : vous ne représentez que la moitié du corps électoral et vous avez 80 % des sièges de l'exécutif municipal ? Eh bien nous, qui ne représentons plus que le quart  du corps électoral, nous allons revendiquer la majorité de la Municipalité pour l'Entente, et carrément la totalité pour la droitunie. Le problème de la chtite grenouille qui veut se faire plus grosse que le boeuf est qu'elle n'est pas au mieux de la forme requise pour se livrer à cette exercice de gonflette politique. La droite traditionnelle (l'Entente) caressait l'espoir de transformer le MCG et l'UDC en force d'appoint pour constituer en Ville une nouvelle majorité. La force d'appoint, désormais, c'est elle, l'Entente, ou ce qu'il en reste. Les radicaux-libéraux fusionnés ont subi une véritable déculottée en Ville et dans les grandes communes de la ceinture et le PDC chevrolétisé est à peine en meilleure forme. Cette véritable liquéfaction de la droite traditionnelle met la gauche et l'extrême-droite face à face. Un face-à-face inégal (la gauche pèse électoralement au moins deux fois plus lourd), mais un face-à-face tout de même.  Au point que nous pourrions reprendre pour décrire cette situation le mot de Malraux, parlant du gaullisme :  «  entre nous et les communistes, il n'y a rien ». Entre nous (la gauche) et l'UDC-MCG, il n'y a plus rien qu'un marais agité des clapotis que ne produisent guère que les mouvements subaquatiques de carpes apeurées et de tanches affamées.


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Commentaires

"A droite toute."

Non, à l'extrême droite toute.

Avouez que le spectacle a quelque chose d'amusant, on se croirait au cirque.
Une partie de chaises musicales.


Tous à la soupe!

Écrit par : Justin | mercredi, 16 mars 2011

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