mardi, 15 mars 2011

L'exploitation du Stade de la Praille remise au FC Servette : La plaisanterie continue

Le président du FC Servette, Majid Pishyar, a obtenu de la Fondation du Stade de Genève l'exploitation de ce terrain vague pour 32 ans. En expliquant qu'il en avait besoin pour  «  poursuivre le développement de Servette  ». On aurait plutôt du lui carrément la propriété du stade, à Pishyar, histoire de se débarrasser de ce machin, mais l'hypothèse n'est pas à l'ordre du jour. Le FC Servette a donc obtenu de pouvoir exploiter le stade de la Praille en sachant pertinemment que si cet enclos ne servait qu'à ce pourquoi il a été construit, c'est-à-dire précisément de stade, les maigres 5000 spectateurs qu'il peut espérer en moyenne ne suffiront pas à équilibrer ses comptes (le SFC ne s'est engagé à verser que 900'000 francs par an à la fondation du stade, sous forme de redevance annuelle et de contribution à la couverture des coûts de maintien de l'infrastructure). Les collectivités publiques vont continuer à casquer, quoi qu'en promette le Conseil d'Etat.


Jouez hautbois, sonnez trompettes, le Servette est à la maison

L'accord signé avec le Servette FC, et qui remet au club l'exploitation du stade de la Praille, « règle les problèmes politiques autour du financement du stade », et l' « enceinte fonctionnera désormais sans subvention », promet Mark Muller... Croit-il seulement lui-même à ce qu'il dit, le Conseiller d'Etat, même s'il n'évoque que les subventions portées en tant que telles au budget du canton, et non les prestations en nature, la mise à disposition de personnel, l'abandon de créances (par le canton ou la Ville de Lancy) ou la prise en charge par le canton du droit de superficie payé aux CFF  ? Le stade de la Praille a déjà coûté plus de 120 millions de francs au lieu des 68 millions prévus;; En 2004, sa valeur en cas de vente forcée n'était évaluée qu'à 17 millions. En d'autres termes, aujourd'hui, le stade, qui a coûté deux fois plus que prévu, vaut dix fois moins que ce qu'il a coûté. L'accord passé avec le SFC n'y changera rien : on se retrouve à Genève avec un stade deux fois trop grand, trois fois trop cher, vide à 90 %, ne valant que le dixième de ce qu'il a coûté, géré par une fondation surendettée, parfaitement incapable de remplir le rôle que ses statuts lui assignent :  « favoriser la pratique et le développement en général de tous les sports athlétiques dans le canton de Genève, et plus particulièrement ceux pratiqués par le Servette Football Club ». En fait, les seuls sports athlétiques dont le stade de la Praille ait jamais  « favorisé la pratique et le développement en général» sont le saut dans le vide budgétaire, la natation synchronisée en eaux troubles et la pêche aux subventions. Nous sommes de ceux qui depuis dix ans annoncent que ce stade ne sera jamais rentable : un stade de  30'000 places pour un canton de 500'000 habitants et pour 5000 supporters, relève d'une absurdité durable.On a construit un stade deux fois trop grand, qui reste généralement vide à 90% lorsqu'il est utilisé pour ce à quoi il est voué. Le club résident ne remplissait déjà plus les Charmilles, il pouvait d'autant moins remplir la Praille qu'il est tombé en division plébéienne. Du coup, pour annoncer la bonne nouvelle de l'accord passé entre la Fondation du Stade et le FC Servette, le communiqué officiel prend des airs de rodomontades d'insurgés libyens :  « Après plus de trois ans de travail, le Servette FC retrouve peu à peu ses couleurs glorieuses et obtient, à travers la gestion du stade, pour atteindre ses plus hauts objectifs ». Jouez hautbois, sonnez trompettes, le jour de gloire arrive dans les seize mètres. L'article initial du contrat signé par le SFC pour l'exploitation du stade engage son actionnaire à doter l'équipe  « de moyens, notamment financiers, suffisants pour permettre la promotion » du club en division d'élite du foot suisse (Axpo Super League), mais si le club, au lieu de remonter en ligue supérieure, redescend en ligue inférieure, le contrat deviendrait caduc. Aujourd'hui, Majid Pishyar se félicite :  « Servette peut enfin se sentir comme à la maison ». Une maison payée par les collectivités publiques, qui vont continuer à la payer Financièrement, le stade est un  gouffre, architecturalement, un étron; sportivement, un terrain vague qui a englouti, outre les dizaines de millions de fonds publics qu'on y a balancé, la totalité du droit de superficie dû par Jelmoli et du prix des concessions des stands et des buvettes. Il a aussi englouti les prêts consentis par les collectivités publiques complaisantes, et qui ne seront jamasis remboursés.  Le meilleur sort qu'on puisse lui réserver serait de le vendre pour un franc symbolique, à qui en voudra, Marc Roger, Bernard Madoff ou Majid Pishyar, peu importe. Ou qu'il soit détruit. Sinon, qu'en faire ? Une friche post-industrielle ? Un musèe des imbécilités politiques ? Une annexe de Champ-Dollon ? Le Servette FC est dans le stade  « comme à la maison », soupire d'aise son président. Maison de retraite, maison de correction  ou maison de passe ?

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Commentaires

...et si on le remplissait à ras bord d'eau : moitié douce moitié mer pour y élever des anchois et des esturgeons ?
Qu'en penses-tu camarade ?
p.l.

Écrit par : pierre losio | mardi, 15 mars 2011

Beaucoup de salive amère pour rien! Vous reprenez la vieille rengaine contre le stade de la Praille en particulier, et le sport en général. Avec toujours les mêmes arguments ringards. Aérez votre esprit de temps en temps, Holenweg ! Faites du sport ! Au lieu de mariner dans votre fiel ! Quel dépit! Avez-vous au moins assisté à un seul match de foot ? Etiez-vous là quand Servette a battu Bordeaux, Herta Berlin, puis Santander ? Si le stade n'est pas plein chaque fois, il lui arrive de l'être ! Et quand Servette reviendra en Super League ? Irez-vous manifester devant le stade pour empêcher les spectateurs d'y entrer ?!

Écrit par : fédor | mardi, 15 mars 2011

Etant que les commentaires doivent être modérés, je me contenterai de vous dire que je partage,mot pour mot, votre position sur ce ... de stade de Genève. La commission des finances se penchera sur ce dossier mercredi prochain. Il y aura donc au moins deux personnes à Genève pour demander que l'on se débarrasse de ce ... de stade de Genève!

Écrit par : Eric Bertinat | mardi, 15 mars 2011

le problème Pierrot, c'est que quand tu mélange de l'eau douce et de l'eau salée, tu n'as toujours que de l'eau salée. C'est comme les alliances PLR-UDC-MCG : c'est toujours la saumure qui gagne

Écrit par : Pascal Holenweg | mardi, 15 mars 2011

@ fédor,
... quand Servette a battu... C'était IIe millénaire tout ça, et nous sommes au IIIe millénaire, des fois que....

Écrit par : Rollmops | mardi, 15 mars 2011

Oui, c'est vrai qu'on se moque du monde, et surtout des contribuables, avec ce Stade de la Praille.

N'est-ce pas une sorte d'OPA que vient de réaliser le président du FC Servette, Majid Pishyar, avec la possibilité de retirer ses billes en cas de mauvaise fortune ?

Et puis qu'on arrête de nommer "sport" ce qui n'est que du spectacle dont les acteurs, fort bien payés au demeurant, s'achètent et se vendent comme les esclaves de jadis le furent à Rome.

Et ces marchants d'esclaves modernes qui sont-ils et que partagent-ils avec la Cité de Calvin ? Quelles attaches avec Genève ? Pas grand chose à vrai dire si ce n'est pour eux qu'une estrade pour s'élever un peu plus encore et faire parler d'eux. S'offrir une marque par orgueil ...

N'ayant jamais été favorable à ce joujou inutile et coûteux, il m'aurait été agréable de voir s'ériger pour un prix plus modeste, quelques terrains de football dispersés dans le canton où puissent s'ébattre de véritables sportifs amateurs.

Ah que je déteste cette Genève du fric importé, de cette richesse qui croit pouvoir tout s'offrir et l'afficher avec ostentation ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | mardi, 15 mars 2011

Votre blog est devenu les rendez-vous des gâteux. De frustrés. Des velléitaires. Réagissez, Pascal!

Écrit par : fédor | mercredi, 16 mars 2011

Pour le coup, si Calvin et Bakounine se donnent la main, on n'est pas sortis de l'auberge.

Écrit par : Séraphin Lampion | mercredi, 16 mars 2011

Que proposez-vous exactement:

"Le meilleur sort qu'on puisse lui réserver serait de le vendre pour un franc symbolique, à qui en voudra, Marc Roger, Bernard Madoff ou Majid Pishyar, peu importe. Ou qu'il soit détruit. Sinon, qu'en faire ? Une friche post-industrielle ? Un musèe des imbécilités politiques ? Une annexe de Champ-Dollon ?"

Le vendre, pour tout perdre. Le détruire, ça coûterait aussi de l'argent. Un musée, ce n'est pas sérieux et encore moins rentable. Une annexe à Champ-Dollon, idem.

En fait, vous ne proposez rien, vous pleurez sur les millions qui ne reviendront plus. Alors tournez la page.. d'autant plus qu'il ne coûte plus rien maintenant:
"les prestations en nature, la mise à disposition de personnel, l'abandon de créances (par le canton ou la Ville de Lancy) ou la prise en charge par le canton du droit de superficie payé aux CFF ?"

Quelles prestations en nature? Les créances abandonnées ne le sont qu'une fois. Le droit de superficie payé aux CFF, effectivement c'est des dépenses, mais qui seraient dues quelle que soit l'utilisation de l'endroit.

Par ailleurs, si je vous comprends bien, si le stade était rempli disons à 50%, vous y seriez moins hostile? Eh bien, sachez que cela peut tout à fait arriver. A Bâle, par exemple, le stade est bien plus fréquenté avec une ville moins peuplée. De plus, 5'000 spectateurs font 15% du stade, et non 10% comme vous l'indiquez.

Vous avez le droit de ne pas aimer le foot, mais la majorité de vos critiques sont en réalité adressées au principe de démocratie qui a amené les collectivités publiques (donc la population) à financer ce stade selon une procédure PARFAITEMENT démocratique. Vous êtes en minorité, supportez-le.

"en sachant pertinemment que si cet enclos ne servait qu'à ce pourquoi il a été construit, c'est-à-dire précisément de stade, les maigres 5000 spectateurs qu'il peut espérer en moyenne ne suffiront pas à équilibrer ses comptes (le SFC ne s'est engagé à verser que 900'000 francs par an à la fondation du stade, sous forme de redevance annuelle et de contribution à la couverture des coûts de maintien de l'infrastructure). "

Il faut savoir ce que vous voulez: soit le Servette paye trop peu, et ça lui permet d'équilibrer ses comptes, soit Servette n'arrive pas à équilibrer ses compte parce que la rente annuelle est trop élevée! Par ailleurs, il est notoire que les clubs de foot ne sont généralement pas rentables, Servette ne fait pas exception.

Cela étant, l'exploitation du Stade par Servette lui permettra peut-être de faire mieux que la Fondation et d'augmenter la rentabilité de celui-ci, au bénéfice de tous. Ce contrat est donc une bonne chose. De plus, il assure un revenu régulier à la Fondation.

Écrit par : salut | mercredi, 16 mars 2011

"Ah que je déteste cette Genève du fric importé, de cette richesse qui croit pouvoir tout s'offrir et l'afficher avec ostentation ..."

Je partage ce point de vue. En revanche:
"Et ces marchants d'esclaves modernes qui sont-ils et que partagent-ils avec la Cité de Calvin ? Quelles attaches avec Genève ? Pas grand chose à vrai dire si ce n'est pour eux qu'une estrade pour s'élever un peu plus encore et faire parler d'eux. S'offrir une marque par orgueil ..."

Les candidats genevois ne se pressaient pas au portillon non plus... Les précédents (en bonne partie du cru) ont le mis le club dans la panade comme on le le sait..

Écrit par : salut | mercredi, 16 mars 2011

Je partage souvent vos opinions, mais sur ce coup-là je ne peux pas vous suivre. L'exploitation du stade par le SFC permettra aux pouvoirs publics de ne plus investir le moindre sou dans l'enceinte, et le stade deviendra enfin ce pourquoi il avait été conçu au départ: un stade pour le Servette FC. Avec cet accord le feuilleton de la Praille est clos, et je ne vois pas de raisons de ne pas s'en réjouir.

Écrit par : Dom | mercredi, 16 mars 2011

@ salut :

" Les candidats genevois ne se pressaient pas au portillon non plus... Les précédents (en bonne partie du cru) ont le mis le club dans la panade comme on le le sait.. "

Oui, mais alors pourquoi s'obstiner à vouloir à tout prix un Servette FC "haut de gamme", placé en permanence sous perfusion, alors que ce modèle ne semble pas séduire le public genevois ?

En économie, lorsqu'on démarre une nouvelle une entreprise, un nouveau projet, on élabore un "business plan" lequel permet d'évaluer sérieusement les chances de succès, ceci dans l'objectif de lever des fonds auprès d'investisseurs avant tout, mais pas seulement.

Or il me semble que dans le domaine des clubs sportifs, le football en particulier, on ne pratique pas ainsi. Les investisseurs semblent sortir tout droit d'un rideau de brouillard, ils sont reçus comme le messie, on ne leur demande rien sur la provenance de leurs fonds, sur leurs motivations profondes, de leurs attaches avec la ville et la région, voire avec le pays, on les reçoit comme des bienfaiteurs qu'il ne faudrait en aucun cas froisser, voire offenser.

Une question me taraude fréquemment l'esprit :
Mais pourquoi donc vouloir absolument investir dans un club sportif, alors que chacun sait qu'ils sont tous en déficit, ou presque ?
Ne trouvez-vous pas cela bizarre, surtout lorsque ces mêmes investisseurs n'ont aucune attaches avec la région et de surcroît n'en parlent même pas la langue ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | mercredi, 16 mars 2011

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