Election du Conseil Municipal de la Ville de Genève : Qu'y Faire ?

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Alexandre Wisard, Gérard Deshusses, Vera Figurek, Alexandra Rhys sont, de l'avis de leurs collègues du Conseil municipal, les quatre meilleur-e-s conseillères municipales et conseillers municipaux de la Ville de Genève, dans un classement, par elles et eux-mêmes, des 80 membres dudit Conseil . Le Conseil Municipal, qu'y faire ? Les quatre lauréat-e-s du classement de la « Tribune » qui sont quatre excellent-e-s conseiller-e-s municipaux-pales (dont trois de l'Alternative), le savent, et prouvent qu'ils le savent. L'auteur de ces lignes est bien plus incertain, s'agissant de sa propre présence en ce cénacle et des raisons, des motivations, qui peuvent l'avoir poussé à solliciter ce mandat politique...

D'où viens-je, où vais-je, où cours-je ?


C'est la question qui ne devrait pas se poser en pleine campagne électorale, mais c'est la question que l'on se posera ici sur le rôle que l'on peut avoir, l'utilité que l'on croit avoir, en siégeant dans un parlement (en l'occurrence, un Conseil Municipal) : qu'y faire ? Certes, la fonction a quelques petits avantages, ouvre à quelques petites prébendes, quelques menus privilèges et quelques milliers de francs annuels de jetons de présence. Et si la majorité des membres de ce parlement  (un Conseil municipal en est un, s'il n'est pas un législatif) nous sont parfaitement indifférents, et quelques uns franchement insupportables, on regrettera tout de même de ne plus siéger avec quelques autres, dont l'avis, les prises de position, le travail vous importent, et dont parfois la personne même vous est devenue chère... mais enfin ce parlement n'est tout de même pas qu'un club de rencontre, ni le dernier salon où l'on cause (on y cause d'ailleurs assez mal), c'est un lieu de débat et de décisions politiques... qui valent ce qu'elles valent, qui sont prises au terme de débats qui eux aussi valent ce qu'ils valent (ou plutot ce que valent celles et ceux qui y prennent part), mais qui engagent des moyens parfois considérables, portent sur des choix parfois importants, ont des conséquences non négligeables sur les habitantes et les habitants de la Ville. Le Conseil Municipal, qu'y faire ? On aura raison de nous reprocher d'avoir un peu tardé à nous poser la question, et en somme, d'avoir présenté notre candidature avant de savoir précisément pourquoi. Après tout, personne ne nous a obligé à être candidat. Ni à faire campagne, et encore moins à aller draguer l'électeur ou l'électrice (dans un système électoral à la proportionnelle des listes, vos campagnes personnelles sont d'ailleurs toujours des campagnes destinées à vous faire passer devant vos colistiers et colistières). Il est vrai aussi que personne ne nous oblige à accepter notre élection. Les sanglots lourds des élus municipaux épuisés par leur charge sont donc à prendre... disons avec un maximum de scepticisme : toutes et tous sont volontaires. Et presque toutes et tous souhaitent leur élection,  -les autres se contentant d'attendre (impatiemment s'ils regrettent de ne pas avoir été élus ou paisiblement si l'exercice de la candidature leur suffit) dans le fond du stock des  « viennent-ensuite  », que vienne leur tour de poser leur séant sur les très inconfortables sièges de la salle de l'Hôtel-de-Ville.  Le Conseil Municipal, qu'y faire ? Mais de la politique. Et de la seule qui vaille : non celle qui pond des lois, mais celle qui concrétise des droits -c'est d'ailleurs ce qui fait toute la différence entre la Commune et l'Etat, tout ce qui légitime la première face au second, surtout lorsque la première est de gauche et le second colonisé par la droite. Et c'est donc tout ce qui fait l'importance du choix électoral municipal, le 13 mars prochain, puis un mois après. Mais avant que d'être un choix entre des individus, ce choix est un choix entre des politiques. Il faut certes à ces politiques des hommes et des femmes pour les porter, et mieux vaut qu'elles et ils soient de la trempe des quatre  « lauréats » du classement de la  « Tribune »  mais après tout, que nous soyons ou non du nombre des élus importe moins que ce nombre, à gauche et à droite. L'élection se joue à la proportionnelle : le système électoral le veut ainsi et, pour une fois, il a raison : on choisira le 13 mars de poursuivre une politique (celle de l'Alternative) ou de l'abandonner, mais on ne pourra l'abandonner pour aucune autre qui vaille puisqu'il n'y a pas d'alternative à l'Alternative, pas de majorité parlementaire, ni de droite, ni d'extrême-droite qui, en Ville de Genève, pourrait se substituer à celle que forment, si malaisément que ce puisse être parfois, les socialistes, les Verts et  « A Gauche Ensemble  ».

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