lundi, 07 février 2011

Un mammouth dans le logement social ?

Fusion des fondations immobilières de droit public : Un mammouth dans le logement social

Le sujet ne passionne ni les foules, ni les partis, ni les militants -il est pourtant soumis au vote populaire le 13 février prochain, et n'est pas sans importance : le Conseil d'Etat et la majorité parlementaire de droite proposent en effet de fusionner en une seule, une sorte de mammouth du logement social,  les quatre fondations immobilières de droit public qui construisent ou achètent et gèrent les logements sociaux HBM. Au prétexte de « bonne gouvernance », comme on le dit de propositions dont on se garde bien de révéler le caractère technocratique, il s'agit de remplacer des fondations proches des milieux à qui elles proposent des logements par une fondation la plus proche possible, elle, du Conseil d'Etat.


Au mieux inutile, au pire nuisible

Sorti tout coiffé de bonnes intentions du permafrost politique, un mammouth s'annonce, encore pataud, mais promettant d'écraser sous son passage quelques plus modestes créatures qui avaient pourtant réussi à prouver leur utilité, leur fiabilité et leur crédibilité : la droite genevoise et son gouvernement nous proposent de porter sur les fonds baptismaux un pachyderme bureaucratique baptisé « Fondation Habitat », et qui est prêt à piétiner les quatre fondations immobilières de droit public qui couvrent chacune l'un des quatre secteurs géographiques entre lesquels le canton a été divisé, pour y créer des logements sociaux. Ces fondations ont un énorme défaut aux yeux des technocrates : elles sont administrées par des citoyens, en tant que tels. Ils et elles sont ainsi plusieurs dizaines à garantir, par la responsabilité qu'ils ont prises dans ces fondation, une gestion d'autant plus efficace qu'elle est peu coûteuse, et proche des locataires. Le contraire d'une régie immobilière, en somme. Et le contraire de la fondation-mammouth que la droite (MCG compris, comme il devrait être inutile de le préciser) veut installer à leur place. Une fondation unique, plus coûteuse à elle seule que les quatre actuelles, et surtout plus éloignée des locataires, avec pour effet de réduire à néant la gestion de proximité qu'assument les quatre fondations qu'elle remplacerait.. Sous prétexte de rationalisation, le nombre de commissions attribuant les logements serait réduit des trois quarts, cette réduction entraînant celle de la représentativité sociale, et de  leur pluralisme, des commissaires qui y siègent. Créant une nouvelle administration, soumettant la politique sociale du logement à des règles bureaucratiques, portant en elle la menace d'un recours aux régies privées -dont les locataires genevois sont bien placés pour mesurer la sensibilité sociale à l'aune de son rachitisme, la Fondation Habitat fera moins bien, plus cher et plus lentement le travail des fondations existante. Et ce travail, elle fera sur ordre d'un petit cénacle nommé par le seul Conseil d'Etat, sans contrôle démocratique, sans représentativité sociale. Le même exercice que celui proposé en 2008, et refusé par le peuple, pour de grandes entreprises publiques, Bref : « Au mieux inutile, au pire nuisible», pour reprendre les mots du député socialiste Christian Dandrès, ce projet de loi doit être refusé. Il y a déjà assez de requins dans l'espace immobilier genevois pour qu'on s'abstienne d'y introduire, en plus, un mammouth.

13:22 Publié dans Logement | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : genève, politique, votations | |  Facebook | | | |

Commentaires

Alors, autant pour un mammouth dans la caisse LAMAL unique?

Écrit par : Eastwood | lundi, 07 février 2011

Amusant comme les arguments de la droite en faveur de la "fusion" sont justement ceux qu'elle rejette quand il s'agit de l'assurance maladie... et réciproquement!

Écrit par : Azrael | lundi, 07 février 2011

Oui, autant, si ses administrateurs sont nommés de la même façon, qu'elle n'est pas déclinée en caisses cantonales et que les cotisations sont toujours fixées par tête et non en fonction du revenu...

Écrit par : Pascal Holenweg | lundi, 07 février 2011

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