lundi, 10 janvier 2011

Tunisie, Algérie, Egypte : Barakat !

Des morts en Tunisie, des morts en Algérie, des morts en Egypte. En Tunisie, des émeutes ont éclaté après le suicide par le feu d'un marchand ambulant dont la police venait de saisis l'étal, puis celui, toujours par le feu, d'un lycéen; en Algérie, les émeutes ont répondu à l'augmentation vertigineuse des prix des dentées alimentaires de base -et elles ont fait au moins trois morts et 400 blessés; en Egypte, les Coptes ont crié dans la rue leur colère de l'inaction, ou de la complicité, du pouvoir avec les épurateurs islamistes qui venaient de commettre un attentat suicide devant une église d'Alexandrie. Un seul mot résume la colère des Tunisiens, des Algériens, des Coptes d'Egypte : Barakat ! Assez ! Notre pays n'est pas la propriété privée de Ben Ali, de Bouteflika, de Moubarak, de leurs tuteurs et de leurs obligés !


« Vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts »

Quel point commun entre les révoltes tunisienne, algérienne et celle des Coptes d'Êgypte ? La Hogra, le mépris contre quoi elles se dressent. Le mépris en lequel les pouvoirs politiques de ces trois pays, et les forces économiques, sociales et culturelles (et donc religieuses) qu'ils représentent, tiennent à la fois les droits et les libertés fondamentales, et les promesses des indépendances et des révolutions dont ils sont les indignes héritiers, captateurs d'héritages. Et puis, enchevêtrées, il y a en Tunisie et en Egypte la manipulation religieuse des colères sociales, et, comme en Algérie, la répression des protestations par les gouvernants. Et surtout le désespoir d'une jeunesse qui ne perçoit d'alternative qu'entre la misère et l'oppression chez elle ou l'immigration illégale chez nous, entre s'immoler par le feu dans la rue ou se noyer en pleine mer. En Tunisie, chaque année, la moitié d'une classe d'âge arrivant sur le « marché du travail » se retrouve au chômage. En Algérie se conjuguent augmentation vertigineuse des prix des denrées alimentaires de base, crise du logement, crise de l'emploi avec un taux réel de chômage de 25 %, alors que le pays repose sur un matelas de milliards de pétrodollars. Les jeunes des quartiers périphériques déboulent dans les villes pour protester contre le sort qui leur est fait, magasins privés et services publics sont attaqués, pillés, incendiés -mais il n'y a personne derrière les émeutes algériennes, pour les manipuler : un témoin résume, dans Le Monde : « les émeutiers ne sont pas des enfants de la mosquée, ce sont des enfants du rien ». Des enfants qui ne sont animés que d'une haine de classe sans perspective politique, et qui s'en prennent à tout ceux qui ont un peu plus qu'eux, qui n'ont rien.  En Tunisie, en Algérie, en Egypte, le pouvoir exécutif écrase tous les autres, les parlements sont des chambres d'enregistrement, la justice est aux ordres, les media sont muselés, les syndicats officiels domestiqués, les syndicats autonomes harcelés. L'Algérie célébrera l'année prochaine son demi-siècle d'indépendance : qu'en a-t-elle fait ? Il y a dix ans, en Kabylie puis dans tout le pays, des centaines de milliers de manifestants défilaient derrière une banderole proclamant face à la police et  l'armée « vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts ! ». Le Front des Forces Socialistes algériennes résume les causes des émeutes, dans un pays où elles sont la dernière forme de protestation, d'indignation pour reprendre le mot que le petit livre de Stéphane Hessel vient de remettre à l'honneur: « C'est que le sentiment d'injustice, c'est que le sentiment de révolte sont profondément enracinés dans le vécu quotidien. L'immense majorité de la population ne fait pas confiance à ses dirigeants; elle est convaincue qu'il n'y a pas d'autre moyen que la violence pour se faire entendre ». Et en Egypte, par quel autre moyen que son expression dans la rue, les Coptes peuvent-ils dire leur indignation de se retrouver face à une police mobilisée plus efficacement pour les contenir que pour les protéger des djihadistes ? Les Etats Unis et les Etats européens se sont dits « préoccupés » par les violences en Tunisie, en Algérie et en Egypte. « Préoccupés », ils peuvent l'être, pour leurs investissements dans ces pays, et pour ce que les crises nord-africaines vont provoquer d'émigration vers l'Europe -qui, déjà barricadée contre les métèques, haussera encore ses barricades légales au fur et à mesure que dans les rues des villes tunisiennes et algériennes s'élèveront les barricades des émeutiers. En Algérie, des Suisses (Jelmoli) construisent de somptueux centres commerciaux. Pour qui ? Les chômeurs de Bab El Oued, les laissés pour compte de Beni Mered, les futurs harragas ?

Rassemblement de dénonciation de toutes les formes de racisme et de fanatisme, de revendication de respect partout de la Déclaration universelle des droits humains, et d'expression de notre volonté de construire et de défendre des sociétés pluralistes (et donc multiculturelles) et démocratiques et des institutions laïques
JEUDI 13 JANVIER, Place de Neuve, Genève, de 18 à 20 heures.

13:49 Publié dans Droits de l'Homme | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : tunisie, algérie, egypte | |  Facebook | | | |

Commentaires

mourrir par la harraga dans la mer ou s'immoler par le feu y a t-il une autre facon de mourir ??? ouiiiiiiiiiiiiiiii en glorieux une fois avoir basculer les dictateurs laisser les peuples freres algeriens tunisiens egyptiens et marocains vivre dignement

Écrit par : kimoxx | lundi, 10 janvier 2011

... n'oubliez pas les Libyens...

Écrit par : Pascal Holenweg | lundi, 10 janvier 2011

des vérités parmi des mensonges,
Cher auteur de cette article, votre récit des choses est un peu simpliste.
Vous mélangez plusieurs types de révolte et vous en faites un amalgame qui fausse la vision de vos lecteurs.
Vivant en Algérie, et ne faisant pas partie des privilégiés comme on en trouve dans chaque pays du monde, je me permet de vous dire que votre interprétation de la révolte des jeunes de banlieu( hitistes) est plus proche en revendication de l' obtention d' un Visa que la baisse des prix des produits de première nécessité.
Je ne contredis pas la hausse des prix comme cela s'est passé par exemple lors du passage en France du FF à l' Euro et croyez moi la crise n'a épargné personne (Pays).
Vous connaissez l' histoire de la cigale et la fourmi.
Du pétrole et gaz et minerai de fer aujourd'hui et demain ?

Écrit par : mohamed | lundi, 10 janvier 2011

Dire que toutes les representantes politiques sont des dictateurs;presidents ou rois.Ce que consomment leurs chiens est plus eleve a ce que revient le budget alimentaire d un peuple.une coiffure d une femme d un ministre fait manger plus de dix familles de 6 membres.trop d exemples pour argumenter et justifier notre colere.Enfin donnez nous le pouvoir...et vous, venez a notre place...vous ferez la memme chose.

Écrit par : slimani | lundi, 10 janvier 2011

Celui qui fait de fausse légendes révolutionnaire a un peuple
Celui qui l'amuse d'histoires chantantes
Est aussi criminelle que le géographe
Qui dresserait des cartes menteuses
Pour les navigateur ????????????

Écrit par : ben .T | mardi, 11 janvier 2011

Salam a tous
je suis pas totalement informé de tous ce qui ce passe réellement mais je voudrais dire que encore une fois dans le monde l'homme exploite l'homme malheuresement et que c'est les plus faibles qui prennent les coups et doivent se révolter contre cela. Et oui la nature de l'homme peut être parfois très cruelle et l'argent et les problèmes économiques n'arrangent pas la situation...
Chrétien (d'orient), j'invite cependant nos frères Musulmans à prier pour la paix et pour trouver des solutions à ces problèmes. Un grand soutien à nos frères Coptes, que Dieu vous viennent en aide. Inch'Allah

Écrit par : ZITOUN777 | mardi, 11 janvier 2011

PS: petite faute de frappe: dentées = denrées.

Écrit par : ZITOUN777 | mardi, 11 janvier 2011

Ne mélangez pas tout s'il vous plait, en Algérie, le président est loin d'être un dictateur. il a eté élu par le vote 2 fois dejà et a toujours fais le maximum pour le développement de l'Algérie.
la révolte n'est pas du uniquement a l'augmentation des prix d'une part , d'autre part en Tunisie j'aimerais bien envoyer mon message a ben ali,

"casse toi,raccroche, ca fait 20 ans que tu squatte un endroit ou personne ne t'aime, tu n'a pas honte?"

ensuite, pourquoi cette "crise" n'a elle pas lieu au Maroc??
sont ils plus riches que l'Algérie, Tunisie ou l'Égypte? bien au contraire ils le sont moins. les prix n'ont pas flambés la bas? pourquoi?? tout ceci est une bien belle manipulation encore une fois et ca va trèees mal finir.

Écrit par : farid | jeudi, 13 janvier 2011

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