mercredi, 08 décembre 2010

Initiative socialiste contre la violence des armes : L'adieu aux armes, pas aux larmes

armalamaison.jpgLe 13 février prochain, l'initiative socialiste « pour la protection face à la violence des armes », lancée en 2007, sera soumise au vote populaire, entre autres objets (dont à Genève une amnistie fiscale assez crapuleuse). Le parlement et le Conseil fédéral appellent à rejeter l'initiative du PS, qui vise à interdire la détention d'armes militaires (ainsi que de toute arme automatique et de fusils à pompe) à la maison, à restreindre le droit de port d'arme et à créer un registre national des armes à feu. La droite avait tiré à rafales, et se prépare à rouvrir le feu, contre un texte qui s'attaque à deux bovins sacrés : le mythe du citoyen-soldat et le « tir sportif ». Que les mesures proposées par l'initiative permettraient d'éviter nombre de tueries, domestiques ou non, opérées par des frapadingues à l'aide de leur arme militaire, peu chaut à la droite : ses pulsions sécuritaires s'arrêtent devant l'armoire où le mâle helvétique a rangé son flingue, son livret de soldat et son fouet de Hornuss. Quant à la nouvelle Conseillère fédérale socialiste, elle a commencé à faire le boulot que la droite attendait d'elle en l'élisant : elle a appelé à repousser l'initiative socialiste qu'en tant que parlementaire elle avait soutenu.  « Il faut se plier à l'exercice », soupire Christian Levrat.  « En tant que parti minoritaire, nous avons l'habitude », soupire en écho Maria Roth-Bernasconi. Quelqu'un pourrait-il essayer d'expliquer à nos camarades que mêmes les mauvaises habitudes peuvent se perdre, et qu'à force de se plier, on se courbe ?


De la coalition des casques à boulons, des Nemrods du week-end et des fétichistes des flingues

En 2008, dans le double sillage de l'initiative socialiste et des accords de Schengen, une nouvelle loi sur les armes est entrée en vigueur, un peu plus sévère que l'ancienne, mais encore largement insuffisante au vu de l'usage régulier des armes militaires pour occire, non l'envahisseur métèque, mais la compagne et les enfants du détenteur de l'arme, des passants qui passent, voire, comme à Zoug en 2001, des députés (14 membres du Grand Conseil zougois abattus par un cinglé armé de son fusil militaire). Certes, la révision de la loi a permis aux cantons de récupérer 30'000 armes, en plus ou moins bon état, et des tonnes de munitions, mais ce résultat ne fait que donner une idée de la masse considérable d'armes, en particulier d'armes de guerre, à disposition dans les caves, les galetas et les armoires des mâles helvétiques ayant accompli leur rite de passage militaire. Pour le colonel divisionnaire et visionnaire Janea-Jacques Chevalley, si plus rien ne justifie du point de vue militaire que les citoyens-soldats suisses gardent leurs armes à la maison, cette tradition mérite encore d'être défendue, d'un point de vue historique et symbolique. D'un point de vue historique ? Soit. Mais restons-en alors à la hallebarde, à la pertuisane et au morgenstern. Ou au gourdin. D'un point de vue symbolique ? il pèse son poids de morts, le symbole : une cinquantaine de personnes sont tuées chaque année en Suisse, le plus souvent dans le cadre domestique, par des armes de guerre. Que la disponibilité d'une arme accroisse la possibilité de son usage relève de la plus triviale logique, et tout confirme que plus il y a d'armes en circulation, plus il y a usage abusif des armes. Or il y a plus de deux millions d'armes à feu (dont une majorité d'armes de guerre) qui sont détenues, à domicile, en Suisse, à disposition de leurs détenteurs. Et quand le détenteur pète un plomb, il a sous la main de quoi en farcir femmes, enfants, voisins ou ennemis imaginaires... Résultat : si le taux de criminalité en Suisse se situe dans la moyenne inférieure des pays comparables, le taux de violences conjugales avec usage d'armes à feu atteint presque le niveau qu'il atteint aux USA. L'initiative socialiste que le Conseil fédéral et le parlement appellent à rejeter ne demande pas la lune : elle demande que la Confédération légifère sur l'usage abusif d'armes, accessoires et munitions, qu'elle règle la possession, le port, l'usage et la remise d'armes, qu'elle interdise les armes particulièrement dangereuses (armes automatiques ou fusils à pompe, par exemple), que les candidats à la possession d'une arme en justifient le besoin et leur propre capacité d'en user avec discernement (on ne s'étonnera donc pas que les sociétés de tir et les chasseurs soient totalement opposés à cette  «  clause du besoin »), que les armes remises aux militaires soient conservées dans des locaux sécurisés de l'armée tant qu'armée il y a encore, et qu'aucune arme à feu ne soit remise aux militaires quittant l'armée. Tout cela devrait relever de l'évidence. Comme relève d'ailleurs de l'évidence l'opposition pavlovienne exprimée à ces revendications par la coalition néanderthalienne des casques à boulons, des Nemdrods du week-end et des fétichistes des flingues.

14:07 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : politique, armes, sécurité | |  Facebook | | | |

Commentaires

Cette initiative est trompeuse et mensongère ! Elle n'a pour but que de s'attaquer à l'armée et non aux vrais problèmes. Les armes militaires ne sont plus données à la fin des obligations militaires et de ce fait la proportion de celle-ci à diminuer de près de 65%. Au contraire les armes civils ont augmentés dans notre pays on estime à près de 2,5 milions.

L'aspect sécuritaire : les agressions sont aujourd'hui commise à 82% par des armes blanches, les armes privées non militaires représente 11 % et seul 1% d'armes militaires sont concernée et toujours avec en diminution !

En conséquence cette initiative se trompe de sujet et ne changera rien ! Pires, on continuera d'être menacé à la sortie des boîtes de nuit et des bancomats par des armes blanches !

Suicides : Les argumentaires prédisent une diminution des suicides ! Faux ! Car cette initiative ne fait rien en matière de prévention/détection. Par ailleurs, les statistiques fédérales montrent qu'en matière de suicide, les moyens utilisés sont dans l'ordre d'utilisation: 1 les CFF (80% des conducteurs de locomotive ont eu une fois une personne qui s'est jetée sous les roues de leur convoit)2 chute d'un Pont 3 absortion de médicaments. 4 Pendaison 5 intoxication au monoxyde de carbone 5 Armes civiles 6 armes militaires !

On attend donc une initiative socialiste sur l'interdiction des CFF !!

Bref, si le but est de protéger la populatio^n, c'est une initiative qui traitera de la prévention et de la détection de la violence dans notre société qu'il faut lancer !! On en est loin !

Je sais M. Hollenweg que vous ne partagerer pas mon propos mais les chiffres eux sont clairs, CQFD ! Bien à vous..!

Écrit par : Steeve | mercredi, 08 décembre 2010

Si le but des initiants était de s'attaquer à l'armée, il auraient créé un comité de soutien à Ueli Maurer : il fait mieux que nous ce travail antimilitariste. Par ailleurs, je n'ai pas parlé des agressions (il est vrai qu'un couteau à cran d'arrêt sera toujours plus pratique qu'un fusil d'assaut pour commettre une agression à léa sortie du Moa, et encore moins des suicides (le suicide est un droit, et se jeter d'un pont, d'une tour ou d'un minaret en reste le moyen le plus efficace), mais des violences intrafamiliales (dont les violences conjugales; et là, la part des meurtres ou des tentatives de meurtres commis en Suisse avec des armes militaires est la plus élevée du monde "développé"...

Écrit par : Pascal Holenwegp | mercredi, 08 décembre 2010

"part des meurtres ou des tentatives de meurtres commis en Suisse avec des armes militaires est la plus élevée du monde "développé"..." Sauf que celà est faux !

Écrit par : Steeve | mercredi, 08 décembre 2010

et pourtant si : la part des meurtres ou tentatives de meurtres "familiaux" commis en Suisse par des armes militaires est effectivement la plus élevée du monde "développé"...

Écrit par : Pascal Holenwegp | mercredi, 08 décembre 2010

Les suisses ne commettent jamais de meurtres. Ce sont les étrangers qui volent les armes pour se venger des suisses qui ne les aiment pas.

Écrit par : dupuis | mercredi, 08 décembre 2010

Bon sang, mais c'est bien sûr !

Écrit par : Pascal Holenwegp | mercredi, 08 décembre 2010

Navré mon cher mais vous vous tromper 8ou ne voulez pas voir la réalité)
Votre comparaison ne vaut rien pour la simple raison que nous sommes le seul pays dans lequel on distribue une arme au soldat et que celui-ci la garde dans son foyer ! En d’autre terme vous comparer ici ce qui n’est pas comparable ! Par contre, en poussant un peu l’étude on trouve les chiffres suivant :

En Suisse pour 100 000 habitants en 2008 seul 3 cas d’armes militaires ont été utilisée pour meurtres ou suicides !

En comparaison dans les autres pays qui en général dans les statistiques de l’Onu ne font pas de différence entre armes militaires ou privées, on s’aperçoit, lorsque l’on va chercher les comparatifs des services de police ont obtient pourtant les chiffres suivants :

Espagne : crimes en 2008 avec armes à feu représentent :27,5 % pour 100 000 habitants dont 9% avec armes de types militaires !


Au Canada crimes avec armes à feu en 2008 représentent 45% des méfaits pour 100 000 habitants et 21% sont été attribués à des armes d’origines militaires

En France : 27 armes de guerres ont été utilisées en 2008 pour des crimes (en augmentation) !


Inutile de parler des USA, de l’Amérique latine et des pays Africains !

Alors, non les chiffres sont clairs la proportion d’armes de guerre utilisées dans des violences dans la société civil sont bien inférieur en Suisse !!

Écrit par : Steeve | jeudi, 09 décembre 2010

Encore une fois : je n'évoquais pas les violences (ou les crimes) en général, ni les crimes avec armes à feu, ni les suicides, mais les violences domestiques et les crimes avec armes militaires. D'autre part, je n'évoquais pas les armes "d'origine" militaire, mais les armes militaires. Les AK47 utilisés pour le braquage de Thônex sont des armes "d'origine" militaire, pas des armes militaires. Et que nous soyons "le seul pays dans lequel on distribue une arme au soldat et que celui-ci la garde dans son foyer" est bien le problème : du point de vue militaire, ça n'a plus aucun sens, et du point de vue de la sécurité publique, c'est de la connerie pure.

Écrit par : Pascal Holenwegp | jeudi, 09 décembre 2010

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