mardi, 31 août 2010

Candidatures au Conseil administratif de la Ville : Un socialiste, qui d'autre ?

Demain mercredi 1er septembre (jour de la truite, dans le calendrier républicain, ce qui convient assez à cette pêche au vif), le PS procèdera à la désignation de sa candidate (une seule postulante : notre Maire à tous) et de son candidat (d'entre quatre postulants) au Conseil administratif de la Ville, aux côtés des candidates et candidats des Verts et d'A Gauche Toute ! L'Alternative détenant au moinsla majorité simple en Ville de Genève, voire (il ne tient qu'à elle d'y arriver) la majorité absolue, elle est en mesure de faire élire autant de candidates et de candidats qu'elle en présente. Quant à la droite, c'est à elle de se battre pour garder un siège que la gauche n'a pas mission de lui octroyer, princièrement ou compassionnellement. Le PS a deux sièges, il les défendra et soutiendra les candidates et candidats de ses partenaires actuels, même en ayant parfois l'étrange, mais persistante, impression que leur objectif n'est pas de prendre un siège à leurs adversaires, mais de le prendre à un allié...

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lundi, 30 août 2010

MEG : Un musée ? Non : un miroir...

Man_Ray_Noire_et_blanche.jpgLe Conseil administratif genevois a revu et corrigé le projet d'agrandissement du Musée d'ethographie, combattu par un référendum populaire parce qu'il implique l'abattage de 31 arbres dans la cour du musée. Au projet initial ont été ajoutés un jardin public, des pelouses, des fleurs, un plan d'eau, des jeux pour les enfants, une terrasse de bistrot, tout cela sans attenter au préau de l'école voisine et sans dépasser le budget initial de 63,2 millions (sans quoi il aurait fallu déposer un nouveau projet, certainement lui aussi combattu par référendum, puisque c'est le sort de tous les projets muséaux à Genève depuis des lustres). On abattra donc des arbres, mais pour en replanter plus qu'on en aura abattus.  Ce sont les beautés de la démocratie directe : un référendum, et la végétation pousse (ou repousse) dans la cour des musées. Un référendum de plus, ce serait carrément la jungle. Cela dit, ce que le débat, et demain, 26 septembre, le vote sur le projet d'agrandissement du Musée genevois d'ethnographie, mettent en évidence est bien qu'un tel musée n'est pas le lieu où « notre société » regarde les sociétés des autres, mais d'abord celui où elle se regarde elle-même, telle qu'elle est, pour ce qu'elle vaut. « Citoyens aux urnes pour 31 arbres », titre «20 Minutes». Pour 31 arbres (remplacés 41 autres) vraiment ? Ou pour dire ce que nous sommes prêts à payer pour savoir qui nous sommes ?

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vendredi, 27 août 2010

Agrandissement de Champ-Dollon : Geôles stagnantes

L'agrandissement « urgent » de Champ-Dollon, c'est-à-dire la pose de containers pour augmenter d'une centaine le nombre de places de détention, prend du retard : les trois offres reçues d'entreprises privées pour ce chantier ont toutes été rejetées par le département des constructions : trop chères, ne répondant pas aux conditions en termes de délais, de garanties sur le paiement des charges sociales ou de respect des conventions collectives de travail. Le parlement avait voté le 20 mai, en urgence, un crédit de 25 millions pour ces 100 places supplémentaires, en faisant mine de croire qu'elles allaient durablement faire baisser le taux de (sur)occupation de la prison, alors que chacun sait qu'elles n'allaient offrir qu'un répit de trois mois avant que d'être englouties elles aussi dans le bourrage de geôles actuel. Bref, y'aura du retard dans le répit, les entreprises ayant flairé la bonne affaire et gonflé leurs prix en pensant que, saisi par l'urgence, l'Etat allait avaler n'importe quel devis. C'est raté. Reste une solution, idéale, et tellement dans l'air du temps qu'on s'étonne que personne n'y ait encore pensé : les travaux forcés. Yaka faire agrandir la prison par les prisonniers eux-mêmes. On leur file les outils, et au boulot. Comme disait un poète communiste local : « la pelle, la pioche et l'espérance »...

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15:30 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prisons, champ-dollon | |  Facebook | | | |

jeudi, 26 août 2010

Retrait de l'initiative pour le rétablissement de la peine de mort : Coïtus interuptus

L'initiative pour le rétablissement en Suisse de la peine de mort, abolie en 1942, était en passe d'être lancée, et avait reçu l'imprimatur de la Chancellerie fédérale, avant d'être retirée par ses auteurs. Si la Suisse rétablissait l'homicide légal, elle le ferait en violation de ses engagements internationaux, notamment les protocoles 6 et 13 de la Convention européenne des droits de l'Homme qui proscrit la peine de mort, et pour la troisième fois, le bon peuple aurait approuvé un texte inapplicable: l'initiative contre les minarets et celle pour l'internement à vie des délinquants sexuels contreviennent aussi à des dispositions de droit international. Acceptées, elles font partie du droit suisse mais resteront inappliquées. Comme d'ailleurs le sera(it) l'initiative UDC pour le renvoi automatique des délinquants étrangers. C'est en train de devenir une sorte de douce manie helvétique, que celle de farcir la constitution de dispositions inapplicables : « si on fait voter le peuple sur tout, on peut aussi réintroduire les châtiments corporels et la torture », soupire Manon Schick, d'Amnesty International. Eh oui, on peut. Ce sont les beautés de notre « démocratie directe » : les plus sombres conneries sont soumises au peuple, mais le peuple n'a rien à dire sur les dizaines de milliards engloutis dans le sauvetage de l'UBS...

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14:00 Publié dans Justice | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : suisse, politique, peine de mort | |  Facebook | | | |

A propos de la démission de Frédéric Hainard

Flic ou politique, faudrait choisir

Le Conseiller d'Etat neuchâtelois Frédéric Hainard a annoncé sa démission après des mois de révélations successives sur son étrange conception de son rôle de ministre. Engager sa compagne au sein de son département, mener des interrogatoires, procéder à des perquisitions, en n'étant plus policier mais Conseiller d'Etat ? Hainard n'y voit, a posteriori, aucun problème. Et de se poser en victime en expliquant qu'il a été contraint à la démission par  « les rancunes, les hargnes, les ressentiments provoqués par (son) activisme et (sa) rage de réformer ». A Neuchâtel, haut et bas confondus, sa démission semble soulager tout le monde, même son parti (les radicaux-libéraux). Mais quelles conclusions politiques tirer de son bref passage au gouvernement ? Qu'on peut croire avoir élu Lucky Luke et se retrouver avec Averell Dalton ? Sans doute. Mais encore ? Dans sa tête, pour en rester à cette hauteur, Hainard devenu ministre était resté flic. Flic ou politique faudrait choisir, mais flic ET politique, c'est assez tendance : le MCG a farci le parlement genevois de policiers députés, Stauffer se prend pour James Bond et à Neûche sévissent Ivan Perrin et Frédéric Hainard.

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00:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : neuchâtel, policiers | |  Facebook | | | |

mardi, 24 août 2010

La Suisse et l'Europe : Un cul-de-sac à cinq voies

Le Conseil fédéral doit rendre public un rapport sur les relations de la Suisse et de l'Europe. On hésite même à espérer qu'il évoquera tout de même toutes les options possibles -il y en a cinq : d'abord celle (qualifiée de « raisonnable » par Martine Brunschwig Graf) choisie par le Conseil fédéral, c'est-à-dire poursuivre dans la voie sans issue des « bilatérales », puisque que c'est la seule qui peut ne fâcher personne, même si l'Europe est fatiguée de perdre son temps à négocier au coup par coup des accords sur mesure pour la Suisse; deuxième voie : négocier, comme l'UE elle-même l'avait envisagé en 2008, un accord-cadre qui chapeauterait les 120 accords spécifiques,  mais cette « solution » cosmétique ne changerait pas grand chose; troisième voie : adhérer finalement à l'espace économique européen, mais l'EEE, qui implique un accord sur les services dont la Suisse -ni la gauche suisse- ne veut pas, n'est plus qu'une antichambre de l'adhésion pure et simple... Quatrième voie : adhérer de plein droit à l'Union Européenne, mais de toutes les forces politiques suisses, seul le PS y est favorable; enfin, et pour mémoire, parce que personne n'y croit, pas même ceux qui la défendent : l'Alleingang, la voie solitaire, une sorte de chimère tenant à la fois de la Suisse udéciste et de l'Albanie enveriste. Cinq voies, donc : c'est déjà beaucoup pour une autoroute, alors, pour un cul de sac...

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15:13 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : suisse, union européenne, bilatérales | |  Facebook | | | |

lundi, 23 août 2010

Successions Merz et Leuenberger : A qui le tour de manège ?

Petite cuisine politique fédérale : le 22 septembre, fête de la révolution dans le calendrier républicain, ce qui témoigne en l'ocurrence d'un bel optimisme, les Chambres fédérales éliront les successeurs (ou successrices, si ça se dit) de Moritz Leuenberger et de Hans-Rudolf Merz au gouvernement. L'ordre des élections étant déterminé par celui de l'ancienneté au Conseil fédéral, c'est le siège socialiste qui sera repourvu en premier. Petit avantage tactique au PS sur les radicaux-libéraux, puisque le choix de celle qui succédera à Moritz Leuenberger limitera les possibilités de choix de celui ou celle qui succèdera à Hans-Rudolf Merz, et que les socialistes disposeront d'une possibilité de faire éventuellement payer aux radelibes toute tentative de ceux-ci de soutenir une candidate (ou un candidat) socialiste non investi par le PS, tout en gardant, eux, la possibilité de soutenir un-e candidat-e radelibe dissident... De leurs côtés, les Verts vont tenter un tour de piste, et en face l'UDC cherche le moyen de rendre au PS la monnaie de sa pièce de 2007 en lui faisant le coup de la candidature dissidente modèle Widmer-Schlumpf et s'en va draguer quelques socialistes mâles alémaniques disposés à jouer ce jeu (auquel on finit toujours par trouver un joueur)... Bref, on s'amuse comme on peut.

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15:40 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, leuenberger, nucléaire | |  Facebook | | | |

mardi, 17 août 2010

Fonds estivaux de tiroirs

On se souvient que les copains du Conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz s'étaient répandu dans les media pour accuser Micheline Calmy-Rey de n'avoir pas prévenu Merzeli de la possibilité d'une intervention suisse pour « exfiltrer» les otages détenus en Libye. Il s'avère que Merzeli a en fait été prevenu trois fois, en décembre 2008 par Pascal Couchepin, en janvier 2009 par Micheline Calmy-Rey et à une date indéterminée, encore par Couchepin. Il s'avère également que les deux ministres de la Défense successifs, Samuel Schmid et Ueli Maurer, étaient également au courant d'une éventuelle opération d'« exfiltration ». Mais Merz doit certainement faire partie de ces gens à qui il faut répéter souvent les choses pour qu'ils les entendent. Qu'il s'agisse des opérations de libération des otages ou de sa propre démission du gouvernement.

Assemblée des délégués de l'UDC, le 26 juin, à D'lémont. Le «Matin Dimanche» note qu' « alors que toutes les délégations (...) avaient leur drapeau cantonal sur la table, les UDC de Suisse romande se sont retrouvés relégués autour de cette appellation générique («Romands») au fond de la salle ». En troupeau dans son enclos, quoi. C'est le début d'un Bantoustan ? Ce serait logique, nu le nombre de nostalgiques de l'apartheid qui sévissent dans, et autour de, l'UDC...

Le 30 juin devait se produire au Palladium, une salle municipale, le chanteur jamaïcain Beenie Man. Lequel appelle, en chantant, à « pendre les lesbiennes avec une longue corde» et à « massacrer les homosexuels». La question a été posée à la Ville : fallait-il autoriser ce concert. La Ville a répondu qu'elle n'était pas là pour autoriser ou non un concert, mais pour louer des salles. Quant à l'organisateur du récital, il a déclaré, benoît, que le but était de  « faire une soirée où les gens s'amusent » et que les appels au meurtre de Bennie Man ne sont que des mots qu'il ne faut pas  « prendre au premier degré ». Au troisième degré, comme sur les bûchers où l'on cramait les homosexuels, au bon vieux temps, ça irait ?


Le Conseil municipal de la Ville de Genève a approuvé, le 29 juin, un nouveau statut du personnel municipal. Enfin... quand on dit que  «le Conseil municipal a approuvé», on devrait plutôt dire que « la majorité de gauche du Conseil municipal a approuvé  »... parce que la droite, elle, le refusait ce nouveau statut. Parce qu'elle le trouvait mauvais ? Non, au contraire : parce qu'elle le trouvait, comme les syndicats patronaux, trop bon, pour le personnel. Et les libéraux, entre autres, d'en appeler à la réduction des droits sociaux et salariaux accordés au personnel municipal, aux droits sociaux et salariaux accordés par le Code des Obligations et par les plus mauvaises des conventions collectives, vu que le travail, c'est soit une punition divine pour s'être goinfré le fruit de la connaissance dans le jardin d'Eden, soit une marchandise qui a uun prix sur un marché où elle s'échange. Bref, après trois heures de débat, il a bien fallu admettre l'impossibilité de convaincre la droite genevoise que le travail était un droit, que ce droit était lui-même porteur de droits, et qu'une collectivité publique pouvait aller un peu plus loin dans la garantie de ces droits que ce que le Code des Obligations autorise au pire des employeurs. Ouais, on avait oublié à quel point être Conseiller municipal pouvait relever à la fois de l'apostolat et de la mission, désespérée, d'évangélisation.

Même Conseil municipal, même jour, un peu plus tard dans la soirée : une presque unanimité accorde de facto au club professionnel Servette Hockey Club (dans la panade financière) une subvention cadeau de 750'000 balles. Au motif que le club a beaucoup de supporters. Qui sont aussi des électeurs. Et à six mois des élections, l'électeur, ça se soigne.

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samedi, 14 août 2010

Fonds d'un tiroir de juillet (suite)

Le Conseil administratif de la Ville va proposer au Conseil municipal un crédit de deux millions pour fermer le square de Chantepoulet au trafic automobile, et le transformer en place publique et en zone de détente dans le prolongement de la zone piétonne du Mont-Blanc. C'est une excellente idée, mais on se demande quand même combien de temps il faudra attendre pour que le lobby des bagnoles nous propose un parking souterrain à Chantepoulet en échange de la zone piétonne, et que Chevrolet propose de faire passer les voitures par la zone piétonne au nom de la complémentarité des modes de transport ? Le temps qui nous sépare des élections, peut-être ?

Or donc, la Suisse a bel et bien envisagé une opération d'« exfiltration » (de libération, quoi) de ses otages en Libye, d'abord en comptant sur l'aide de l'Algérie, puis sur celle de l'Egypte, à chaque fois en prévoyant de faire sortir Max Göldi et Rachid Hamdani de Libye par voie terrestre, jusqu'à la frontière. Et ça n'a pas marché, notamment parce qu'en échange de ses bons services, l'Algérie aurait demandé à la Suisse de lui livrer quelques opposants islamistes réfugiés en Helvétie. Mais surtout, ça a provoqué un beau foin au sein du Conseil fédéral, Hans-Rudolf Merz nous la jouant vierge offusquée en se plaignant de ne pas avoir été tenu au courant par Micheline Calmy-Rey et Ueli Maurer de ces plans alors qu'il se rendait précisément en Libye pour cirer les pompes de Kadhafi  en échange des deux otages. D'où une amusante guéguerre entre Merzeli et Calmuche, après que la seconde ait finalement ramené le dernier otage en Suisse, et une non moins amusante demande de l'UDC : la démission de Micheline Calmy-Rey. Histoire de compenser la démission de l'UDC devant les banques dans l'affaire de l'« accord UBS » , ou la prise d'otage des UDC romands par les caporaux de l'aile zurichoise du parti blochérien ?

Le Conducator du MCG se lance dans une nouvelle croisade, contre un ennemi à sa mesure : les animateurs du jeu (un piège à cons) du bonneteau. « Vu le manque de considération des élus pour ces escrocs qui pigeonnent les Genevois, et le manque d'effectifs de la police, nous lançons une action ce samedi. Nous allons les harceler partout pour empêcher ces malfrats de commettre leur délit », promet Eric Stauffer. La concurrence entre escrocs s'aggrave dans les rues de Genève...

Encore une idée géniale de l'UDC (mais où donc vont-ils chercher tout ça ?) : le Conseiller national obwaldien Christoph von Rotz propose l'introduction d'une vignette « gold » ou «VIP» autorisant son possesseur à rouler sur la troisième voie des autoroutes qui en sont dotées (le rupestre propose en outre de doubler le nombre de ces voies rapides). L'autoroute rien que pour les riches, en voilà une idée qu'elle est bonne. Mais faut la peaufiner : la vignette « gold » pourrait ainsi autoriser son possesseur à rouler à contre-sens sur l'autoroute, à se garer sur les pistes cyclables ou à circuler dans les zones piétonnes, tant qu'à faire. Les pauvres, y-zont qu'à se garer. D'ailleurs, les pauvres, y devraient pas avoir le droit de sortir de chez eux, ça serait plus simple, on circulerait mieux.

« Malgré un cadre juridique international cohérent, la torture continue à prévaloir dans de nombreuses régions du monde et s'accompagne souvent d'un niveau alarmant d'impunité », affirment des experts des Nations Unies à l'occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, le 24 juin. Ces experts appartiennent à quatre mécanismes des Nations Unies impliqués dans la prévention de la torture et l'assistance aux victimes : le Comité des Nations Unies contre la torture, le Sous-comité  pour la prévention de la torture, le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants  et le Conseil d'administration du Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les victimes de la torture. « La torture continue à être largement répandue et certaines pratiques équivalentes à de la torture ou des traitements cruels, inhumains ou dégradants, ont été fortifiées, en particulier dans le contexte de la guerre contre le terrorisme mise en oeuvre après le 11 septembre 2001 », affirment ces experts, qui constatent que «certains Etats, invoquant différents types d'urgence, ont été directement ou indirectement impliqués dans des pratiques telles que la détention secrète, les disparitions, l'expulsion ou l'extradition d'individus vers des pays où ils courent le risque d'être torturés, soumis à d'autres formes de traitement illégal ou à des peines en violation de la Convention contre la torture et d'autres instruments relatifs aux droits de l'homme et droit humanitaire ». L'absence de dispositions légales élevant la torture au rang de crime ou prévoyant des sanctions adéquates est désignée par les experts onusiens comme le facteur principal qui contribue à l'impunité. « Les Etats doivent s'assurer que tous les actes de torture aient le statut de crimes dans leur droit pénal interne et soient punissables par des sanctions qui prennent en compte la gravité de tels actes ». « Nous voyons souvent que dans les rares cas où des tortionnaires sont poursuivis, ils reçoivent des sentences bien en dessous de ce qui est requis par le droit international », ajoutent les experts, qui se disent « stupéfaits de voir que dans presqu'aucun des cas récents, il n'y ait eu d'enquêtes et de poursuites judiciaires concernant ces allégations, presque personne n'a été amené devant la justice, et (que) la plupart des victimes (n'aient) reçu aucune réparation, y compris sous forme de réhabilitation ou de compensation ».

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a demandé le 23 juin à la Suisse d'abroger l'interdiction de construire des minarets, adoptée en votation populaire en novembre 2009. Les parlementaires européens ont considéré que cette interdiction discriminait les musulmans, et que la construction de minarets devait être possible au même titre que celle de clochers. Cette recommandation a été approuvée à l'unanimité, y compris au sein de la délégation suisse, qui comprend un parlementaire UDC, le vaudois André Bugnon. L'esprit souffle où il veut, mais parfois un peu mou, et un peu tard.

Intervenant dans la polémique sur les vélléités de la Suisse d'organiser une opération d'« exfiltration » de ses otages en Libye, en usant éventuellement du « détachement de reconnaissance de l'armée » (le DRA-10), l'UDC a demandé la dissolution de cette unité, au motif qu'il s'agirait d'un instrument dangereux qu'on serait tenté d'utiliser sous le coup de l'émotion. C'est un peu comme l'instrument de l'initiative populaire quand il est utilisé par l'UDC, quoi.

« Le Courrier » de vendredi nous l'apprend, sans que cela nous surprenne vraiment : l'UDC genevoise avait songé à proposer qu'à la répression de la mendicité, imposée à Genève par le cartel de toutes les droites, s'ajoute la répression de l'aumône -une idée stupide, mais qui avait déjà, s'il nous en souvient bien, germé dans la tête d'un socialiste lausannois. Finalement, l'UDC a renoncé à son idée (et, sauf erreur, le socialiste lausannois aussi), au nom du droit des gens à faire ce qu'ils veulent de leur argent. Et du risque qu'il y avait à susciter des aumônes de protestation contre l'interdiction de l'aumône. Déjà que l'interdiction de la mendicité est un flop évident, il n'était en effet pas forcément judicieux de transformer l'aumône aux mendiants en acte subversif...






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mercredi, 11 août 2010

Fonds d'un tiroir de juillet

La déforestation mondiale, due pour l'essentiel à la conversion des forêts tropicales en terres agricoles, a reculé au cours des dix dernières années mais se poursuit à un rythme alarmant dans de nombreux pays, a indiqué l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). D'après les principales conclusions d'une enquête exhaustive de la FAO sur les forêts, intitulée « Evaluation des ressources forestières mondiales 2010 », portant sur 233 pays et territoires, quelque 13 millions d'hectares de forêts par an ont été convertis à d'autres utilisations ou ont disparu pour causes naturelles dans le monde de 2000 à 2010, contre 16 millions d'hectares par an dans les années 1990. Le Brésil et l'Indonésie, qui ont accusé la plus forte perte de forêts dans les années 1990, ont vu leurs taux de déforestation considérablement baisser. Des programmes ambitieux de plantation d'arbres dans des pays comme la Chine, l'Inde, les Etats-Unis et le Viet Nam - associés à une expansion naturelle des forêts dans certaines régions - ont ajouté plus de 7 millions d'hectares de nouvelles forêts chaque année, mais l'Amérique du Sud et l'Afrique ont accusé des pertes annuelles nettes de forêts entre 2000 et 2010 de respectivement 4 millions et 3,4 millions d'hectares. On enregistre également des pertes nettes pour l'Océanie, dues en partie aux graves sécheresses qui ont frappé l'Australie depuis 2000. La superficie totale des forêts de la planète représente un peu plus de 4 milliards d'hectares, soit 31% de la surface émergée. La perte annuelle nette de forêts, lorsque la somme de toutes les pertes de forêts dépasse les gains, durant la décennie 2000-2010 correspond à un territoire plus ou moins équivalant au Costa Rica. Sans compter bien sûr les tilleuls du Musée d'ethnographie de Genève.

Le vice-président romand de l'UDC suisse, Yvan Perrin, annonce sa démission de ce poste. Il en marre d'être pris pour un con (c'est lui qui le dit, en ces termes), de recevoir des leçons de discipline, notamment lorsqu'il refusait les zigzags de l'UDC à propos de l'accord UBS (que l'UDC faisait mine de vomir, avant, finalement, de l'avaler) et d'être « traité comme un malpropre » par les petits chefs de l'UDC zurichoise. En acceptant d'être le Welche de service de l'UDC blochérisée, il s'attendait vraiment à être traité autrement que comme une sorte de naturalisé de fraîche date, Perrin ?

Les cendres du général Bigeard, décédé le 18 juin, devaient être dispersées sur Dien Bien Phu. Putain, y'a vraiment des coins du monde qui n'ont pas de pot !

Un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles sans accès à l'eau potable, à des structures d'assainissement, à des logements durables et sans aucune sécurité sur le régime foncier du terrain qu';ls occupent.  Aujourd'hui, 62% de la population mondiale vit dans des villes. D'ici 2030, même dans un continent comme l'Afrique qui est encore en majorité rurale, la population sera concentrée dans les agglomérations. L'amélioration de l'urbanisation est l'un des objectifs du  « Millénaire pour le développement » (OMD), adoptés en septembre 2000 par tous les Etats Membres de l'ONU réunis à New York. Le septième objectif prévoit ainsi de libérer de leurs taudis 100 millions de personnes d'ici à 2020. L'ONU-Habitat estime que par rapport à 1995, il y a 283 millions de personnes en plus qui vivent dans des habitations de fortune. En 2005, 30% des citadins vivaient dans des taudis, proportion quasi inchangée depuis 1990.

Le Conseil administratif de la Ville de Genève (à gauche, donc) a proposé au Conseil municipal (à gauche aussi), qui l'a accepté, un crédit d'étude pour des travaux qui devraient au final coûter dans les huit millions, dans la patinoire des Vernets. Pour améliorer la patinoire elle-même, ou les gradins du publics ? Non : d'abord pour améliorer la zone « VIP » et les loges. La où on n'a pas à se mélanger avec le populo des supporters qui sentent la saucisse et la bière. La lutte des classes n'est plus ce qu'elle était.

Le syndicat Unia a lancé une action contre l'Armée du Salut, pour défendre les veilleurs de nuit, payés au lance-pierre (sur quatorze heures de travail d'affiliée, entre cinq heures de l'après-midi et sept heures du matin, seules la moitié sont payées normalement, et les heures supplémentaires sont payées cinq balles...) Le syndicat rappelle que « les salariés de l'Armée du Salut sont des travailleurs (comme les autres) » et non des bénévoles, et regrette « qu'une institution de charité se comporte comme le pire des employeurs »... alors comme ça, la possibilité du Salut ne suffit pas, fautrait encore payer correctement les employés ? Les travailleurs, c'est rien que des ingrats, et le syndicat, un ramassis de sans-Dieu !

Averses sur Genève : il pleut des projets de parking. A la « guerre des transports» entre piétons, cyclistes, transports publics et automobilistes, et donc entre zones piétonnes, pistes cyclables, voies réservées et parkings) s'ajoute désormais une amusante « guerre des parkings » entre bagnolâtres. En décembre, le Conseil administratif présentait le projet souterrain des « Clefs de Rive »  (500 places sous une zone piétonne, rue Pierre Fatio), en juin la société du parking du Mont-Blanc, du monument historique Jean de Toledo, réplique et présente son propre projet : 850 places, sous le lac. Un ouvrage présenté comme un « parking pour les piétons », ce qui fait heureusement pendant aux zones piétonnes avec circulation automobile de Michel Chevrolet. « Je désire laisser quelque chose à Genève », déclare de Toledo. « Quelque chose », mais quoi ? un parking ! Avec l'âge, on devient modeste, dans ses ambitions patrimoniales.

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