mardi, 17 août 2010

Fonds estivaux de tiroirs

On se souvient que les copains du Conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz s'étaient répandu dans les media pour accuser Micheline Calmy-Rey de n'avoir pas prévenu Merzeli de la possibilité d'une intervention suisse pour « exfiltrer» les otages détenus en Libye. Il s'avère que Merzeli a en fait été prevenu trois fois, en décembre 2008 par Pascal Couchepin, en janvier 2009 par Micheline Calmy-Rey et à une date indéterminée, encore par Couchepin. Il s'avère également que les deux ministres de la Défense successifs, Samuel Schmid et Ueli Maurer, étaient également au courant d'une éventuelle opération d'« exfiltration ». Mais Merz doit certainement faire partie de ces gens à qui il faut répéter souvent les choses pour qu'ils les entendent. Qu'il s'agisse des opérations de libération des otages ou de sa propre démission du gouvernement.

Assemblée des délégués de l'UDC, le 26 juin, à D'lémont. Le «Matin Dimanche» note qu' « alors que toutes les délégations (...) avaient leur drapeau cantonal sur la table, les UDC de Suisse romande se sont retrouvés relégués autour de cette appellation générique («Romands») au fond de la salle ». En troupeau dans son enclos, quoi. C'est le début d'un Bantoustan ? Ce serait logique, nu le nombre de nostalgiques de l'apartheid qui sévissent dans, et autour de, l'UDC...

Le 30 juin devait se produire au Palladium, une salle municipale, le chanteur jamaïcain Beenie Man. Lequel appelle, en chantant, à « pendre les lesbiennes avec une longue corde» et à « massacrer les homosexuels». La question a été posée à la Ville : fallait-il autoriser ce concert. La Ville a répondu qu'elle n'était pas là pour autoriser ou non un concert, mais pour louer des salles. Quant à l'organisateur du récital, il a déclaré, benoît, que le but était de  « faire une soirée où les gens s'amusent » et que les appels au meurtre de Bennie Man ne sont que des mots qu'il ne faut pas  « prendre au premier degré ». Au troisième degré, comme sur les bûchers où l'on cramait les homosexuels, au bon vieux temps, ça irait ?


Le Conseil municipal de la Ville de Genève a approuvé, le 29 juin, un nouveau statut du personnel municipal. Enfin... quand on dit que  «le Conseil municipal a approuvé», on devrait plutôt dire que « la majorité de gauche du Conseil municipal a approuvé  »... parce que la droite, elle, le refusait ce nouveau statut. Parce qu'elle le trouvait mauvais ? Non, au contraire : parce qu'elle le trouvait, comme les syndicats patronaux, trop bon, pour le personnel. Et les libéraux, entre autres, d'en appeler à la réduction des droits sociaux et salariaux accordés au personnel municipal, aux droits sociaux et salariaux accordés par le Code des Obligations et par les plus mauvaises des conventions collectives, vu que le travail, c'est soit une punition divine pour s'être goinfré le fruit de la connaissance dans le jardin d'Eden, soit une marchandise qui a uun prix sur un marché où elle s'échange. Bref, après trois heures de débat, il a bien fallu admettre l'impossibilité de convaincre la droite genevoise que le travail était un droit, que ce droit était lui-même porteur de droits, et qu'une collectivité publique pouvait aller un peu plus loin dans la garantie de ces droits que ce que le Code des Obligations autorise au pire des employeurs. Ouais, on avait oublié à quel point être Conseiller municipal pouvait relever à la fois de l'apostolat et de la mission, désespérée, d'évangélisation.

Même Conseil municipal, même jour, un peu plus tard dans la soirée : une presque unanimité accorde de facto au club professionnel Servette Hockey Club (dans la panade financière) une subvention cadeau de 750'000 balles. Au motif que le club a beaucoup de supporters. Qui sont aussi des électeurs. Et à six mois des élections, l'électeur, ça se soigne.

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