lundi, 12 juillet 2010

Fonds de tiroir

Pour promouvoir leur rassemblement à Berne, en juin dernier, les évangéliques ont adressé un message accompagno d'une pièce de cent sous à tous les parlementaires fédéraux. C'est fou ce que le prix des Indulgences a baissé.

Un nouveau Conseiller municipal socialiste (dont nous tairons pudiquement le nom) a prêté serment début juin en Ville de Genève, en remplacement d'un élu démissionnaire pour raisons professionnelles. Le règlement du Conseil municipal stipule que le serment de Conseil municipal (de respecter les lois, la constitution, le secret de fonction, tout ça) se prête en levant la main droite en en disant « je le jure » ou « je le promet ». Le nouveau Conseiller municipal a donc levé la main droite et dit « je le promet ». Mais poing levé. Ben oui, quoi, le réglement prévoit qu'on lève la main droite, pas qu'on écarte les doigts. Le poing levé du Front Populaire et du Frente Popular n'a pas plu à la droite. Les élus de l'Entente, debout pour entendre le serment, comme cela est de tradition, se sont donc assis pour protester. Dix minutes plus tard, la présidente du Conseil Municipal lit une déclaration de la majorité alternative dénonçant le sabrage des droits fondamentaux par la Constituante. Du coup, la droite, assise, se relève, et quitte la salle. Et tout ça illustre une mécanique politique intéressante : quand la gauche lève le poing, la droite s'asseoit. Quand la gauche ouvre la bouche, la droite se relève et s'en va. Et si on chante  « L'Internationale » , elle fait quoi, la droite ? Elle se couche ?

Défendant son choix politique de proposer au lobby automobile, en échange de l'acceptation de la création de zones piétonnes,  la création de parkings souterrains, le Conseil administratif de la Ville de Genève évoque un « compromis historique » entre défenseurs et adversaires de la bagnole en ville.  Le « compromis historique », c'était une stratégie bidouillée en Italie, dans les années septante, entre les dirigeants de la Démocratie chrétienne, Aldo Moro, et du Parti communiste, Enrico Berlinguer, pour assurer une sorte de coalition implicite, de cogestion politique de l'Italie par démo-chrétiens et communistes. Et ça a totalement foiré. Au point d'entraîner en vingt ans la disparition des deux partis qui y étaient impliqués, et leur dilution, l'un dans un vague machin de centre-gauche, l'autre dans la berlusconerie. Faut faire gaffe aux références historiques aventureuses.

Jolie confrontation de citations dans «Pages de gauche » de juin : « Le commerce mondial apporte de nouvelles places de travail et de la prospérité à beaucoup de gens » (citation 1), « des économies entières profitent de la globalisation, d'autres sont perdantes » (citation 2). De quelles sources odieusement néo-libérales sont tirées ces deux citations : du projet de programme du Parti socialiste suisse pour la première, du « Programme de transition« » de la IVe Internationale pour la seconde. Ben alors, si Levrat est d'accord avec Trotsky, à quoi elle sert, «La Gauche» ?

Une visite de plusieurs jours en Suisse d'une délégation de 5 personnes membres du gouvernement et du parlement palestinien en provenance de Gaza a dû être annulée en raison du refus des autorités egyptiennes de laisser sortir ces ressortissants palestiniens de la bande de Gaza. Invitée par plusieurs organisations et parlementaires suisses, la délégation palestinienne comprenait le Dr. Bassem Naïm, ministre en charge de la santé publique, de la jeunesse et des sports dans la bande de Gaza, Dr. Madhat Abbas, directeur du département de la solidarité internationale du même ministère, Mme Huda Naim Alqrinawide, membre du Conseil législatif palestinien, ainsi que MM. Mohammed Fayez Alshorafa et Ahmed Ismael Aljmassi, employés au ministère de la santé. La délégation en provenance de Gaza était attendue en Suisse à partir d'aujourd'hui pour effectuer une série de rencontres et visites, entre autres avec un groupe de parlementaires à Berne, ainsi qu'auprès d'hôpitaux et professionnels de la santé, comme le Dr. Franco Cavalli, pour discuter de la situation sanitaire extrêmement précaire dans la bande de Gaza suite au blocus et des possibilités de développer des programmes de soutien médical. Les organisations invitantes appellent à la levée du blocus qui frappe durement toute la population de la bande de Gaza et qui constitue une grave violation du droit international humanitaire. Il se confirme donc que cette violation se commet de concert entre l'Egypte et Israël.

L'ancien Conseiller fédéral Joseph Deiss a été élu à la présidence de l'Assemblée générale de l'ONU.  « Un joli coup pour la Suisse », titre, enchantée,  la « Julie »... En effet : On se demandait à quoi pouvait bien servir ce  « machin », maintenant on sait : à recycler les soporifiques fédéraux donbt la date de péremption est dépassée.

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Commentaires

"nouveau Conseiller municipal a donc levé la main droite et dit « je le promet ». Mais poing levé."

Ca existe encore ce genre d'archaïque folkloreux ? C'est pathétique :o)

Il avait retiré sa gapette, au moins ?

Écrit par : Emil M. Cioran | lundi, 12 juillet 2010

Faut surtout pas dire le nom du socialiste au poing levé... car c'est ça fait tache avec les nouvelles idées et nouveaux copains verts du PS?
Devant les mots écologie, économie ou encore islamophobie le PS se couche souvent lamentablement.

Écrit par : Riro | lundi, 12 juillet 2010

et se coucher avec le poing levé, c'est un truc à choper un tour de rein...

Écrit par : Pascal Holenwegp | lundi, 12 juillet 2010

Je suis en possession d'une photo d'un futur député vert qui plus ou moins discrètement lève le poing au moment de prêter le même serment au grand conseil au milieu d'une députation alignée , plus tard lever le coude constituait une gymnastique qui à la fois permettait de montrer son adhésion à une économie de proximité et en même temps constituer une sorte d'appel à disserter hors des plénières sur les difficultés du monde en général et tenter des alliances qualifiées pompeusement de transversales en vue de faire croire que réformer était le verbe adéquat pour tondre le mouton sans qu'il s'en aperçoive.
Joindre le geste à la parole , il faudra suivre notre empoigneur avant qu'il n'attrape des rhumatismes.

Écrit par : briand | lundi, 12 juillet 2010

Pascalou... vous n'avez vraiment plus rien à vous mettre sous la dent... C'est affigeant. Que l'on soit de gauche ou de droite, ne devrait-on pas se rappeler que le silence est d'or?

Écrit par : déblogueur | mardi, 13 juillet 2010

Comme l'illustre si bien déblogueur à presque chacune de ses interventions, "De tout ceux qui n'ont rien à dire, les plus intéressants sont ceux qui se taisent".

Écrit par : Djinius | jeudi, 15 juillet 2010

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