mercredi, 30 juin 2010

Fonds de tiroir

Le PS de la Ville de Genève ouvre les candidatures pour sa liste au Conseil municipal (il la formera le 16 septembre). Mais attention : non seulement il faut que les candidatures soient motivées (bon, on ne demande quand même pas que les motivations exposées soient totalement sincères), mais en plus, il faut qu'elles respectent les statuts, et que les candidat-e-s aient demandé leur adhésion au parti avant le 17 septembre 2009... ben alors, si on peut même plus présenter n'importe qui, c'est le début du totalitarisme...

Fin mai, les parlementaires fédéraux membres des commissions de gestion du Conseil national et du Conseil des Etats se sont enfermés dans un hôtel (de luxe, tout de même) de Thoune pour examiner le rapport sur la gestion par le Conseil fédéral de la crise d'UBS. Chaque exemplaire du rapport remis aux membres du groupe de parlementaires qui le présente a été numéroté, les autres parlementaires n'ont pu le consulter que pendant trois heures, et seulement dans une version expurgée de ses conclusions. Tout ça pourquoi ? pour éviter les « fuites » vers les media. Les « fuites » de quoi? de la révélation bouleversifiante que Hans-Rudolf Merz a fait ce que les banques lui ont dit de faire et tu ce qu'elles lui demandaient de taire... depuis quand l'enfoncement de portes ouvertes constitue un délit, dans ce pays ? ça nous rappelle une vieille plaisanterie du temps de l'URSS déjà sénescente : un type bourré hurle dans la rue « Brejnev est un con ». Arrêté par la milice, traîné à la Loubianka, présenté à la Prokuratura, il est condamné à cinq ans de camp de travail. Pour injure ou propagande antisoviétique ? Non : pour divulgation de secret d'Etat...

La « Tribune de Genève » du 26 mai se fend d'un édito sur le bourrage de Champ-Dollon. Et elle a  ses solutions, la « Tribune de Yaka ». Originales, les solutions. Et qui ouvrent des perspectives nouvelles : « il faut construire au plus vite des pavillons provisoires » pour stocker les détenus, «accélérer la construction d'une nouvelle prison », pour pouvoir en stocker encore plus, « utiliser davantage le bracelet électronique », « appeler à l'aide les autres cantons » si leurs prisons ne débordenmt pas déjà, « négocier des accords avec certains pays pour que la peine soit exécutée chez eux ». Non, Jornot : la peine, seulement, pas le détenu... On n'en est pas encore dans les éditos de la « Julie » à réclamer l'ouverture de camps de travail et la transformation du stade de la Praille en stade de Santiago du Chili modèle 1973, mais, avec la clairvoyance que le canard manifeste déjà, on y vient, à grand pas... Heureusement que la «Tribune de Genève«  » est là pour nous souffler les bonnes solutions, yaka faire comme elle dit et les problèmes, ils sont réglés...

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mardi, 29 juin 2010

Le Triumph de la volonté (de licencier)

Suisse, Philippines, Thaïlande : Le Triumph de la volonté (de licencier)

En 2009, la multinationale Triumph, domiciliée en Suisse, et qui fait dans le sous-vêtement, a licencié 3500 ouvrières aux Philippines et en Thaïlande, puis 253 en Suisse, à Deisswil (Berne). Triumph ne se distingue pas du commun des multinationales : partout, on licencie, on précarise, on baisse les salaires, on transfère les coûts sociaux sur les collectivités publiques (ou sur la charité privée), on détériore les conditions de travail, on affaiblit les protections de la santé, on s'attaque aux droits syndicaux. Mais si en Suisse il est (encore) possible de négocier des plans sociaux, aux Philippines, les ouvrières licenciées le sont sans filet, et se retrouvent à la rue, malgré les obligations légales et les appels à le négociation. Et contre le syndicat des ouvrières du textile, c'est la police qu'on envoie. Le SOLIFONDS
(www.solifonds.ch) participe au soutien aux ouvrières du textile aux Philippines et en Thaïlande, et à leurs syndicats.

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lundi, 28 juin 2010

La « gauche de la gauche » genevoise se re-réunit

Ouf !

Bonne nouvelle : la  « gauche de la gauche » genevoise partira sur une liste commune aux élections municipales de l'année prochaine. Le Parti du Travail, solidaritéS, les communistes, les indépendants de gauche, et  « Défense des aînés, des locataires, de l'emploi et du social » ont signé jeudi dernier un accord en treize points, reprenant l'essentiel de l'accord instituant  « A Gauche Toute ! » en 2007. En faisant liste commune, les diverses formations se situant (elles-mêmes) à  « la gauche du PS et des Verts », évitent la réédition des calamiteuses expériences de 2005 (élections cantonales), 2007 (élections nationales) et 2009 (élections cantonales) lorsque, se dispersant sur plusieurs listes, elles réussissaient l'exploit de réunir ensemble entre 12 et 15 % des suffrages sans obtenir le moindre siège. Il leur aura fallu trois échecs successifs pour comprendre, mais elles auront compris. Et c'était une condition pour que la majorité alternative se maintienne, voire se renforce, en Ville de Genève.

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vendredi, 25 juin 2010

Football : quand les Bleus méritent toute notre gratitude

Allumeeeez, le feuuuuuu !

Dès le coup de sifflet final de l'ultime match livré (clef en main) par l'équipe de France au Mondial sud-africain, ça a commencé. Comme à Gravelotte, c'est tombé sur les Bleus, de toutes parts  Puis c'est remonté, de tout en bas, de tout au fond, là d'où débondent les égoûts médiatiques. ça avait déjà un peu suinté chez nous après la défaite de l'équipe de Suisse face à celle du Chili (la faute à l'arbitre, forcément), ça dégouline désormais un peu partout, ici et en France, en France sur le mode malin des pontifiantes certitudes à la Finkelkraut, et ici sur le mode bénin de l'ordinaire francophobie crapoteuse qui s'est étalée, après la défaite de l'équipe de France, dans les forums internet, sur Facebook et Twitter, dans les discussions de bistrot  où les beaufs locaux, après s'être pris pour Francis Drake en clamant entre deux bières « on a battu l'Espagne », se sont pris ensuite pour les vengeurs de Marignan en exsudant leur francophobie...

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20:38 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : football, mondial, france | |  Facebook | | | |

jeudi, 24 juin 2010

Fonds de tiroir...

Les sous du Grand Théâtre, les élections judiciaires et le terrain vague de la Praille...

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mercredi, 23 juin 2010

Inégalités salariales : 1:12, vite !

Inégalités salariales : 1:12, vite !

Les écarts salariaux continuent de se creuser dans notre beau pays. En 2009, les différences entre le plus bas salaire et le salaire moyen des dirigeants d'un groupe se sont accentuées de 18 % par rapport à 2008, et de 70 % par rapport à 2002. La crise a provoqué un recul du chiffre d'affaire, un diminution des bénéfices, des suppressions d'emploi, mais le salaire moyen des membres de la direction de 27 groupes a augmenté de 20 % entre 2008 et 2009, pendant que ces groupes supprimaient 7300 emplois en Suisse . A l'UBS, renflouée grâce aux fonds publics, le rapport entre les revenus des dirigeants et ceux des salariés les plus mal payés est même passé de 51:1 à 1190:1... « Travail Ssuisse », qui a donné ces chiffres lundi, exige une limitation des bonus à un mois de salaire, la suppression des indemnités d'entrée ou de départ des dirigeants, et l'imposition des bonus de plus d'un million. C'est un début, mais on peut faire mieux : signer l'initiative lancée par la Jeunesse Socialiste, et soutenue par le PS, l'initiative « 1:12 » qui exige que le salaire des dirigeants d'une entreprise ne dépasse pas le dodécuple de celui de l'employé-e le-la plus mal payé-e...

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14:03 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : inégalités, salaires | |  Facebook | | | |

mardi, 22 juin 2010

Vive la Commune, bordel !

mars 2011 : élections municipales genevoises et 140e anniversaire de la Commune de Paris

2011 : Les élections municipales se dérouleront à Genève en mars, au moment du 140ème anniversaire de la Commune de Paris (28 mars 1871, proclamation de la Commune de Paris - 22-27 mai 1871 : Ecrasement de la commune de Paris par l'armée du gouvernement de Versailles). Municipales à Genève, 140e anniversaire de la Commune de Paris ? Deux raisons de reprendre un bon vieux cri primal : « Vive la Commune ! », et de réunircelles et ceux, candidates et candidats à quoi que ce soit en 2011, ou candidates et candidats à rien sinon à continuer le combat engagé en 1871, à qui ce vieux cri dit encore quelque chose -ne serait-ce que la volonté de lutter contre la résurgence de la tentation de supprimer purement et simplement la commune de Genève, ou de l'éclater en cinq ou six communes de quartier d'autant plus confortables qu'elles seront impuissantes. Rejoignez donc sur Facebook le groupe « Vive la Commune » :

http://www.facebook.com/group.php?gid=113164468710239

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15:50 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, ville, commune | |  Facebook | | | |

lundi, 21 juin 2010

« Rien à foot » ? si au moins...

Du temps où le football était un sport comme un autre, il ne nous était qu'indifférent. C'était le bon temps. Devenu, d'abord un marché, ensuite une pathologie, le foot nous est devenu insupportable. Ce qui nous emmerdait naguère, en ce moment nous débecte. Non en tant que jeu, ni plus ni moins idiot que n'importe quel autre jeu collectif dont le but n'est que de  « vaincre l'adversaire », mais en tant que machine délirante. Ce n'est pas le jeu qui nous est devenu odieux, c'est ce ce qu'il suscite. Le pire, dans le football, aujourd'hui, et dans la Coupe du Monde en ce moment, ce n'est pas le football lui-même : ce sont les supporters. De quelque pays qu'ils soient, les Suisses ne valant pas mieux que les autres. Eux seuls, leurs gestes, leurs mots, ce qui leur tient lieu de pensée dans le temps où le foot la submerge, suffiraient à nous dissuader, si d'aventure nous en avions la tentation ou la faiblesse, d'aimer ce qu'ils célèbrent, de célébrer ce qu'ils aiment, de partager la passion obscène qui les anime comme un marionnettiste anime ses pantins. De ce troupeau, il nous sied d'être le mouton noir. Mais c'est une bien maigre, et bien orgueilleuse, satisfaction.

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samedi, 19 juin 2010

Horaires d'ouverture des magasins : Faites chauffer le référendum !

Par 62 voix (toute la droite, y compris les défenseurs autoproclamés du petit commerce) contre les socialistes et les Verts, le Grand Conseil a adopté jeudi soir une nouvelle loi sur l'ouverture des magasins, qui prévoit une ouverture jusqu'à 20 heures en semaine, 19 heures le samedi et une ouverture dominicale quatre fois par an. Avec le gaspillage d'énergie (éclairage, climatisation, alimentation de l'informatique) que cela implique, et vive le développement durable !   L'adoption de la loi, cousue main et sur mesure pour les grands magasins, et l'annonce par les syndicats et la gauche du lancement d'un référendum (on votera le 28 novembre), scellent l'échec des négociations entre le patronat et les syndicats SIT et UNIA du secteur. Les syndicats étaient pourtant prêts à faire des concessions sur les horaires, en échange de concessions « significative » du patronat, sur les conditions de travail, mais le patronat a refusé toute compensation salariale du surcroît de travail, toute protection contre les plus longues (jusqu'à 14 heures) journée de travail, et toute mesure réelle de lutte contre la dégradation des conditions de travail dans le secteur. Au final, on se retrouve avec une loi qui dégrade les conditions de travail de gens qui sont déjà parmi les plus mal payés de la République, et avec une loi qui ne répond à aucun objectif rationnel ni aucun besoin réel de la clientèle, mais à une sorte de pulsion patronale (encouragée par la droite politique) dont les employées et les employés du secteur seront les premières victimes, suivies de près par les petits commerces, incapables, contrairement aux grands magasins et aux grandes chaînes de distribution, de compenser les surcoûts d'une ouverture prolongée. Un référendum est sur le feu, préparez vos stylos...

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jeudi, 17 juin 2010

L'UDC et les banques

Laquais un jour, laquais toujours...

C'était prévisible, et on se surprend pourtant à en être surpris : l'UDC a une nouvelle fois retourné sa veste (ethnique rupestre à l'extérieur, livrée de laquais à l'intérieur) pour complaire aux banques. Après avoir accepté dans les deux Chambres du Parlement fédéral (au Conseil national, cette acceptation a pris la forme d'une abstention) l'« accord UBS » avec les Etats-Unis, qu'ils faisaient mine de dénoncer depuis des mois, les blochériens du Conseil des Etats ont adopté la posture que leur patron leur recommandait, et ont refusé la création d'une commission d'enquête parlementaire. Les banques ne voulaient pas de cette commission, la droite radelibe non plus, l'UDC a suivi, la commission est passée à la trappe. Il reste encore à l'UDC une occasion de retourner une nouvelle fois sa veste-livrée : la proposition de la gauche de soumettre au référendum populaire facultatif l'accord UBS. L'UDC a fait ce qu'elle devait faire -ce qu'elle est depuis toujours prête à faire : de grands moulinets médiatiques pour amuser les foules, tout en préparant, avec les banques et le patronat, la mise en service de l'éteignoir politique. C'est cela, après tout, la fonction du laquais : ouvrir les portes du carrosse, descendre le marchepied et aider le maître à poser l'escarpin sur le plancher des vaches à lait : le bon peuple de ce pays.

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mercredi, 16 juin 2010

Travailleuses et travailleurs sans statut légal : Un travail = un permis !

Mardi dernier, près de 600 sans-papiers sont sortis de la zone grise où leur étrange statut les confine : Ils ont tenu à l'initiative du SIT une assemblée générale et adopté une résolution demandant la régularisation collective de toutes celles et tous ceux qui se trouvent dans leur situation. Début mars, Charles Beer avait annoncé l'intention du gouvernement genevois d'examiner l'opportunité de relancer la demande faite en 2005 de régularisation collective des travailleuses et travailleurs en situation irrégulière : c'était une manière de répondre, en bottant en touche, à la proposition faite par les villes de Lausanne et de Genève, et portée dans les deux cas par des socialistes, Oscar Tosato et Sandrine Salerno, de permettre l'engagement d'apprentis « sans papiers » par les municipalités -au Comité directeur du PS, la confrontation de la position de la magistrate municipale et du magistrat cantonal avait été un véritable dialogue de sourds. Il semble que la majorité du gouvernement genevois n'ait pas l'intention de relancer la demande faite par le précédent gouvernement (à majorité de centre-gauche, celui-là), et entend bien se satisfaire des régularisations au compte-goutte, au cas par cas, à la tête du client ou de la cliente. Ce qui a l'immense avantage, pour la droite de la droite, de faire perdurer un « statut des sans-statut » et un dumping salarial qui arrangent bien des employeurs (et bien des ménages s'offrant à bas prix des employées de maison que leur situation prive de tout recours), et auxquels la Conseillère d'Etat Isabel Rochat, en charge du dossier, n'a aucune envie de toucher. Lors de l'assemblée du 1er juin, Ruth Dreifuss a estimé que ceux qui maintiennent les sans-papiers dans la précarité prenaient « le risque qu'ils soient exploités ». Le risque ? Le choix délibéré, plutôt.

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mardi, 15 juin 2010

Opération policière à Genève : Figaro ci, Figaro là...

La police genevoise avait lancé le 19 avril une opération « Figaro » supposée permettre de débarrasser le centre-ville des petits délinquants. La cheffe de la police, Monica Bonfanti, annonçait le « déploiement massif d'effectifs policiers afin d'assurer une présence préventive visible, de réprimer les délits et incivilités et d'effectuer des contrôles préventifs » dans quatre quartiers : les Pâquis, les Eaux-Vives Rive et le secteur de la gare. Ce qui a repoussé les petits délinquants « harcelés » (en particulier les dealers) dans les quartiers circonvoisins et a quelque peu « dégarni » la présence policière dans le reste du canton. La cheffe de la police le savait parfaitement, qui annonçait : « si nous devions constater que notre action reporte le problème dans d'autres quartiers, nous changerions de tactique, quitte à déplacer nos forces ». Dès lors, autant faire semblant de ne rien avoir constaté, ce qui évite de changer de tactique et d'avouer, sinon l'échec, du moins la très relative efficacité de celle employée. C'est donc un premier bilan forcément « globalement positif » qui a été tiré de l'opération, avec une logique diminution (de 10 %, dans les zones « figarisées ») des vols et du deal, lequel s'est simplement redéployé ailleurs, non moins logiquement, puisqu'une opération de ce genre ne réduit ni le nombre, ni les besoins, des consommateurs.

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lundi, 14 juin 2010

« Art Basel » : Le lard de l'art

Mercredi s'ouvre la 41ème édition de la plus importante foire artistique au monde : « Art Basel ». Deux guerres mondiales et, entre-deux, une crise économique mondiale ont permis à la Suisse, grâce à sa neutralité, sa stabilité politique, la force de sa monnaie, son secret bancaire et à quelques autres facilités (ses ports-francs, par exemple)  de prendre sur le « marché de l'art » une place comparable à celle qu'elle a prise dans  le système financier. La Suisse est donc l'un des centres du commerce de l'art, puisque l'art, comme tout le reste dans une société marchande, est un commerce -non plus un commerce avec l'indicible, mais plus trivialement, un commerce avec des commerçants...  « Art Basel », où les ventes vont se chiffrer en dizaines de millions de francs, est une foire, ce qui dit déjà presque tout d'un moment où l'art est réduit à son lard -l'argent qu'on peut en tirer et celui qu'on peut y investir, et de la place que fait, ou que laisse, à la création artistique le dispositif idéologique en lequel nous nous mouvons, et duquel nous tentons, malaisément, de nous extraire.

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dimanche, 13 juin 2010

Brèves

Les responsables des offices du tourisme s'inquiètent, à propos des projets d'interdiction du voile féminin intégral : ça risque de décourager les richissimes visiteurs en provenance des pays où l'on a accoutumé d'empaqueter les femmes. L'argument est à la mesure des profondes interrogations éthiques de coutume dans ce pays : ce n'est ni les droits des femmes empaquetées, ni la douteuse (dans tous les sens du qualificatif) signification de la burqa, du hidjab, du niqab ou du tchador qui posent problèmes (pas plus que n'en posaient les minarets), mais le risque que leur interdiction sur la voie publique helvétique soit de nature à dissuader quelques poules étrangères et voilées mais néanmoins aux oeufs d'or de les pondre sur les quais de Genève.

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vendredi, 11 juin 2010

Programme du Conseil d'Etat genevois : Plan-plan de législature

Lundi dernier, nos sept magnifiques seigneurs et seignoresses, baillis et baillies, ont présenté leur  « programme de législature ». On ne s'attendait pas à grand chose, on a eu ce à quoi on s'attendait, on ne sera donc pas déçus. L'emballage, d'ailleurs, était clinquant : beau papier, belle présentation dans un bel endroit... une jolie opération de com'...  Quant au contenu :  « il faut être indulgent », plaide la cheffe du groupe socialiste au Grand Conseil. Voui, Lydia, on va être indulgents. D'abord parce que c'est dans notre nature profonde. Ensuite parce qu'on ne voit pas comment on pourrait être sévères sans être injustes : comme le dit un bon vieux proverbe vaudois :  « à ceux à qui il a été peu donné, il faut peu demander ». Le gouvernement genevois est d'un centre-droit plutôt droite que centre, et est affublé de la majorité parlementaire la plus à droite que Genève ait connu depuis 1941... On a beau être optimiste, puisque socialiste, on ne croit pas aux miracles. Et ç'en eût été un que ce gouvernement, veillé par cette majorité, produise plus que ce qu'il a produit. Beaucoup de vent : celui que font les portes ouvertes quand on les enfonce.

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jeudi, 10 juin 2010

Des parkings pour payer la « paix des transports » ?

Plan genevois de  « piétonnisation »  du centre-ville :
Des parkings pour payer la « paix des transports » ?


Plein de bonne volonté, le Conseil administratif de la Ville de Genève veut établir « la paix des transports »  entre les défenseurs des zones piétonnes et le lobby de la bagnole, en accordant au second, en échange de son soutien aux premières, un parking souterrain. Mais c'est assez mal parti. Son plan (qui implique notamment la construction d'un parking souterrain à Rive en échange d'une « piétonnisation »  de quelques rues et tronçons de rues) est rejeté à la fois par l'Association Transports et Environnement (ATE) et la gauche, et les commerçants du Groupe Transports et Economie (GTE). La Ville souhaite faire accepter le principe général de la suppression du plus grand nombre possible de places de parc en surface pour créer des zones piétonnes, en compensant les places de parc supprimées en surface par la création de places de parc en sous-sol, mais pas forcément dans le même périmètre. L'ATE et la gauche refusent de signer un « chèque en blanc », sans garantie et sans réelle concertation préalable, le GTE et la droite refusent la compensation de places supprimées en surface par des places en sous-sol, si les secondes ne se trouvent pas à côté des premières. Les commerçants (et la droite du Conseil municipal) exigent en outre que l'on construise d'abord de nouveaux parkings avant de supprimer des places existantes et de créer des zones piétonnes.

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mardi, 08 juin 2010

La Constituante genevoise, en marche arrière toute...

Arrêter la déconstitution ?

Des centaines de personnes ont manifesté jeudi dernier, devant l'Hôtel-de-Ville, leur refus des manoeuvres de la majorité de droite de l'assemblée constituante, et de la volonté de cette majorité d'imposer un projet de constitution faisant revenir la République deux siècles en arrière, au temps béni de la Constitution de 1815, pondue par les représentants de l'Ancien Régime revenus au pouvoir dans les fourgons des armées de la Saint-Alliance. Le 25 mai, cette droite du XXIe siècle pensant comme celle du XIXe avait réussi à faire refuser par la Constituante les thèses affirmant la non-discrimination, l'égalité entre femmes et hommes, le droit aux moyens de vivre, le droit au logement, une bonne partie du droit aux études, les droits des travailleurs et travailleuses, les droits aux allocations familiales, de naissance, d'adoption. Quelques jours plus tard, ce sont les droits aux soins et à l'assistance, à l'information et à la transparence de l'administration et à l'assistance juridique qui passaient à la trappe. Et ce n'est pas fini. En revanche, les droits sacro-saints à la «  propriété » (privée) et à la « liberté économique » (mercantile) ont été maintenus. On ne s'en étonnera pas, si on regrettera qu'ils l'aient été, compte tenu des épisodes précédents, avec l'apport inutile des votes socialistes.

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lundi, 07 juin 2010

L'Afrique du Sud sous protectorat de la FIFA

Entre les ahanements de sangliers en rut poussés à Roland Garros et les pouêt-pouêt de la caravane publicitaire du Tour de France, on va donc s'offrir pendant un mois, le cirque du Mondial de foot. Entre les petits bobos des joueurs, les états d'âme des entraîneurs et des commentateurs, les calculs des sponsors, les hurlements des supporters, les petites tricheries des matches et les grosses magouilles du sport-pognon, on pourra même se repaître d'une bienpensée du genre de celle produite, le 21 mars dernier, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, par la Haut commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, qui, tout en déplorant les incidents racistes qui se sont déroulés ces dernières années dans les stades de football, a cru de son devoir d'ajouter que la Coupe du Monde en Afrique du Sud allait être « une bonne opportunité d'aborder le problème du racisme dans le sport, et d'accroître le formidable potentiel du sport pour éliminer le racisme, la xénophobie et les formes similaires d'intolérance dans l'ensemble de la société » Comme si le Mondial avait encore le moindre rapport objectif avec le sport, et était autre chose que la matérialisation, pendant un mois, de la gigantesque pompe à fric qu'est la FIFA. Le Mondial, antidote au racisme ? Souvenez-vous du Mondial de 1998, de la France championne du monde, du déferlement d'hymnes au « melting pot black.blanc-beur »... Quatre ans plus tard, qui s'invitait au deuxième tour de l'élection présidentielle ? Zidane ? Non : Le Pen...

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vendredi, 04 juin 2010

« Renvoi des criminels étrangers » : D'une pierre, deux mauvais coups

La majorité du groupe socialiste au Conseil national a donc soutenu, en se bouchant le nez d'une main et de l'autre faisant le poing dans sa poche, le contre-projet, concocté par la droite pédécé et radelibe, à l'initiative UDC  « pour le renvoi des criminels étrangers ». Et ce vote socialiste est d'abord une ânerie, ensuite une compromission. Une ânerie, parce que le calcul tactique sur lequel il se fonde ( « si l'initiative vient seule devant le peuple elle sera acceptée, alors que si on lui oppose un contre-projet, il lui sera préféré ») relève d'un pari stupide; une compromission, parce que rien ne distingue fondamentalement le contre-projet de l'initiative, si ce n'est sa cohérence formelle et sa compatibilité avec le droit international. Une majorité de socialistes a donc choisi d'opposer à une initiative xénophobe et inapplicable, une loi tout aussi xénophobe, mais qui pourra être appliquée. Tous les élus du PS n'ont cependant pas tenu se raisonnement : plusieurs se sont abstenus, dont leur président, Christian Levrat, et une dizaine ont voté contre les deux textes, et ce faisant défendu une position socialiste sans la diluer dans des calculs tactiques hasardeux. Honneur à eux. Car le vote du Conseil national fait d'une pierre deux mauvais coup : il rend possible, puisque légale, des pratiques parfaitement discriminatoires, et il légitime, sur le fond, le discours tenu par l'extrême-droite,  les partisans du contre-projet sachant eux-mêmes que ce discours est fondé sur la manipulation des peurs, le trucage des chiffres et l'exploitation des préjugés tribaux.

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jeudi, 03 juin 2010

Après le rapport sur la gestion de la crise UBS par le Conseil fédéral...

Tant qu'à avoir un gouvernement...

Le Conseil fédéral ne sort pas grandi du rapport parlementaire sur sa gestion de la crise UBS. Et tous les commentateurs politiques en font le même résumé : le gouvernement n'a rien gouverné. La Suisse, pas gouvernée ? La belle affaire... d'ailleurs elle l'est, gouvernée : par les pouvoirs financiers... Veut-on qu'elle le soit par des politiques ? Lesquels, désignés par qui ? L'élection du Conseil fédéral par le peuple est une vieille revendication socialiste, portée deux fois par initiative populaire, par deux fois repoussée par le peuple. Que l'UDC l'ait réchauffé ne devrait donc pas nous déplaire. Au nom de quoi d'ailleurs la refuser ? Au nom de l'équilibre institutionnel, de la collégialité, du consensus, tous bibelots dont nous n'avons plus grand chose à faire ? L'UDC s'y attaque ? grand bien lui fasse -et nous fasse, puisque son projet prévoit une élection au scrutin majoritaire rendant impossible l'élection d'un UDC romand et très improbable celle de deux UDC, et favoriserait plutôt l'élection d'un ou d'une conseiller-e fédéral-e vert-e, avec l'appui du PS, en sus de deux conseillers fédéraux socialistes. Une telle configuration changerait-elle radicalement la politique de ce pays ? évidemment non. Mais tant qu'à avoir un gouvernement, et tant que la majorité s'y résignera, autant qu'il soit élu par le peuple. Même si c'est aujourd'hui l'UDC, après le PS hier, qui le propose...

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00:22 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, gouvernement, ubs | |  Facebook | | | |