lundi, 31 mai 2010

« La Gauche », c'est parti

Marcher avec ses deux pieds

« La Gauche / Linke Alternative / La Sinistra » a été officiellement fondée samedi dernier à Lausanne. Le congrès fondateur a adopté programme et statuts, désigné une coordination nationale et approuvé les grandes orientations d'un mouvement qui ne se définit pas comme un nouveau parti, mais comme un « nouveau mouvement social national », déclinable localement et régionalement.  « La Gauche » reconnaît, sans avoir ressenti le besoin de les inscrire dans ses statuts, la « double appartenance » (on pourra donc en être membre sans quitter l'organisation ou le parti dont on est déja membre, ce qui le mettra face au dilemne d'accepter eux aussi la « double appartenance » ou de déclencher une purge) et le droit de tendance. A une journaliste s'étonnant de voir un socialiste participer au congrès fondateur de « La Gauche », le socialiste en question pouvait se contenter de répondre qu'on marche mieux et plus loin avec deux jambes qu'avec une seule, même si on prend le risque de s'emmêler les pinceaux -le seul moyen de ne pas se casser la gueule étant évidemment de rester couché. Avoir un pied dans les clous et un pied en dehors, agir dans les institutions et pouvoir s'en abstraire, se doter d'un mouvement politique capable de dire clairement « non » à ce que la gauche institutionnelle accepte par résignation (la construction de nouvelles prisons, par exemple), et se battre pour ce que la gauche institutionnelle n'ose pas défendre, sans rompre avec cette gauche institutionnelle et les instruments de travail politique qu'elle offre, ne sont pas des luxes, mais une nécessité.
Pour prendre connaissance des décisions du congrès : fredox@bluewin.ch
Pour adhérer à La Gauche :
http://www.la-gauche.ch/adhesion-adesione/

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samedi, 29 mai 2010

Fonds de tiroir (3)

Premier parti de la droite municipale, les libéraux ne pouvaient décemment pas ne pas présenter de candidature du Conseil administratif de la Ville. Non qu'ils espèrent réellement récupérer le siège qu'ils ont perdu il y a quatre ans, mais c'est juste histoire d'être là, sur la liste, avec Maudet et Chevrolet. Pour faire de la figuration, peut-être, mais pour être là. Et donc, ils seront là, en la personne de Florence Kraft-Babel, désignée sans enthousiasme mais sans concurrence, puisqu'elle était la seule candidate à la candidature. Au passage, l'assemblée libérale (une assemblée cantonale, puisque les libéraux n'acceptent toujours pas, plus de 160 ans après sa résurrection, l'existence de la commune de Genève, et n'ont donc pas de section municipale...) a décidé de faire liste commune avec les radicaux, c'est-à-dire avec ce qu'il reste des héritiers de ceux qui ont, contre les libéraux, rétabli la commune de Genève. L'addition des uns et des autres sur la même liste ne produira sans doute qu'un total inférieur à celui des deux listes séparées il y a quatre ans, et c'est tout bon pour l'Alternative, d'autant que cette absorption du radicalisme genevois par le parti libéral, conjuguée à la présentation par le PDC d'un candidat franchement droitier, ouvre au « centre » un espace qui aiguise les appétits : une section des « verts libéraux » serait en passe d'être créée. Bref, la droite s'émiette d'un côté et se concentre de l'autre, et c'est tout bon pour la gauche, pour autant qu'elle veuille, ose et soit capable de saisir l'opportunité que la droite lui offre. Comme disait Germaine de Staël (merci à George de nous avoir soufflé la citation...), « La conquête est un hasard qui dépend peut-être encore plus des fautes des vaincus que du génie du vainqueur ».

Pour protester contre la mort de Skander Vogt, asphyxié dans sa cellule du pénitencier de Bochuz le 11 mars, une vingtaine de détenus de la prison lausannoise de Bois-Mermet ont occupé le 27 avril la cour de promenade de la prison pendant huit heures en refusant de regagner leurs cellules. Une quarantaine de policiers sont intervenus, et les détenus ont ensuite regagné leurs cellules, dans le calme, sans violence. Ils risquent néanmoins d'être sanctionnés par quelques jours de mitard. D'où un constat et une question. Le constat: il est plus facile de faire rentrer quarante policiers dans la prison de Bois-Mermet que faire entrer deux (ou deux gardiens) dans une cellule de Bochuz, pour en extirper un détenu en train de crever. La question : des détenus qui refusent de regagner leurs cellules risquent le cachot. Que risquent des gardiens qui refusent de sortir un détenu de la cellule où il s'asphyxie ? un blâme affectueux ? une gentille réprimande ?

« La police municipale va reconquérir le terrain », proclamait Pierre Maudet dans la « Julie ».  du 29 octobre. Il faut remettre la politique de sécurité de la Suisse au Département des Affaires étrangères, propose le même Pierre Maudet dans « Le Matin Dimanche ».  du 25 avril. Transformer les agents municipaux en casques bleus de l'ONU, c'est aussi une idée...

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vendredi, 28 mai 2010

"La Gauche" : Qu'y faire ?

L'auteur de ces lignes est membre du Parti socialiste (genevois, en l'occurrence, sans qu'il sache précisément si cette circonstance est aggravante ou atténuante). Il en est même un peu vice-président. Et il sera au congrès fondateur de « La Gauche », samedi, à Lausanne, ce socialiste genevois. Que diable va-t-il y faire ? Pas de l'entrisme -le PS serait d'ailleurs bien incapable d'en tirer bénéfice. Alors, quoi ? On dit qu'il faut juger un arbre à ses fruits. Certes, mais pour qu'un arbre donne des fruits, il faut bien d'abord le planter, cet arbre, et le faire pousser. On pourrait certes « attendre de voir », poser son cul dans l'herbe tendre du champ politique connu et laisser les autres tenter l'expérience de l'ouverture d'un champ politique nouveau, puisque « La Gauche » veut être autre chose qu'un parti politique de plus... mais tout de même, est-ce qu'il n'y a pas quelque urgence à contribuer à le faire naître cet espace politique nouveau, avant que toutes les volontés de le faire naître s'y soient épuisées ? C'est bien joli, se dit le socialiste de service, de continuellement donner des leçons aux autres, mais il serait peut-être temps de les suivre soi-même, ces leçons... A samedi, camarades...

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jeudi, 27 mai 2010

La Constituante genevoise part en couille

Voter en 2012 sur la Constitution de 1815 ?

Elue pour rédiger la « Constitution genevoise du XXIe siècle » , la Constituante s'est retrouvée avec une majorité (de droite, le bon vieux clivage politique structurant ayant repris ses droits) plagiant la Constitution de 1815 -la plus réactionnaires de toutes les constitutions de la République  Cette majorité a donc refusé d'inscrire le principe d'égalité dans les premiers mots du texte.  Et le reste a suivi : refus de l'égalité entre femmes et hommes, du droit au logement, du droit à la formation, du droit aux allocations familiales. Pour protester contre le sabordage d'un an de travail en commission, la gauche a quitté la séance de la Constituante, empêchant celle-ci, réduite à la droite, de poursuivre ses travaux, faute de quorum. Et le président socialiste de la commission qui avait travaillé sur les droits fondamentaux a démissionné de sa présidence. Dans deux ans, le peuple se prononcera sur le résultat des travaux de la Constituante... il convient d'ores et déjà de se demander si ces travaux auront eu finalement une autre utilité que celle de financer, grâce à une part des jetons de présence versés aux constituant-e-s, les partis et associations représentés dans l'assemblée. C'est peut-être un peu court, comme légitimité...

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mercredi, 26 mai 2010

Le laquais udéciste retrouve sa livrée

« Accord UBS » avec les USA : Le laquais udéciste retrouve sa livrée

Après avoir dit pis que pendre de l' « accord UBS » passé avec les Etats-Unis, en répétant ce que les banques elles-mêmes en disaient, l'UDC a donc finalement décidé de lui apporter son appui, après que les banques aient, finalement, compris qu'il valait mieux en passer par là que se retrouver pendant des années devant les tribunaux américains et risquer un véritable boycott aux USA. Les banques décident, l'UBS retourne sa veste, et son groupe parlementaire dira  « oui » à l'accord qui implique la transmission de liste des comptes en banque au fisc étasunien. A peu près seul contre tous (la droite libérale-radicale et le PDC s'étant aligné sur le Conseil fédéral), le PS aura ainsi tenu jusqu'au bout une ligne qui n'avait pourtant rien de gauchiste, et qui, de l'autre côté de l'Atlantique, a été celle du gouvernement américain : on pourra sans grande peine trouver quelque symbole à la coïncidence de la remise au pas de l'UDC en Suisse, et à la victoire de l'administration Obama sur Wall Street aux USA. Il faudrait pourtant une imagination plus débordante que la nôtre pour considérer les Démocrates américains comme des socialistes, et leur président pour un boutefeu gauchiste, En Suisse,  c'est bien pour éviter que le Conseil fédéral s'en aille chercher une majorité en acceptant les conditions posées par les socialistes (l'encadrement des banques et la taxation des bonus) que l'UDC a regagné sa niche et repris sa livrée.

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mardi, 25 mai 2010

Conférence « créationniste » à Genève et Lausanne : L'insulte faite aux singes

Mercredi soir, à Genève, un certain Harun Yahia, de son vrai nom Adnan Oktar, créationniste turc de la sous-espèce musulmane comme il y en a par ailleurs une évangélique, une catholique, et sans doute aussi une orthodoxe et une juive, donne (par vidéoconférence, puisqu'il est sous le coup d'une procédure judiciaire qui lui interdit de sortir de Turquie) une  « conférence scientifique sur l'origine de la vie » . C'est-à-dire un grand moment de délire sur le thème  « la matière est une illusion provoquée par Dieu, l'évolution est un mensonge, l'Homme et le singe ne descendent pas d'un ancêtre commun, Darwin est un salaud, Dieu à créé le monde en six jours, l'homme le sixième jour, la femme par indavertance et Harun Yahia dans un moment d'exaltation ». Une conférence tout ce qu'il y a de plus scientifique, donc. D'ailleurs, les compétences scientifiques de Harun Yahia sont largement attestées par son propre cursus : trois ans de prison pour création d'une organisation illégale et enrichissement personnel illicite, un séjour en hôpital psychiatrique, des propos antisémites et négationnistes et des accointances avec l'extrême-droite turque. Tout cela n'empêchant pas le gourou frapadingue d'être, au moins, millionnaire. On comprendrait fort bien que devant les lieux de la « conférence scientifique » de Harun Yahia, une manifestation de grands singes en colère démente tout lien de famille avec un tel cousin. Faut pas déconner : pour Darwin, l'évolution allait vers l'amélioration des espèces, pas leur dégradation. Faute de grands singes reniant un cousinage aussi humiliant que celui de Harun Yahia, c'est un rassemblement d'homo sapiens sapiens qui se tiendra à 20 heures, à l'appel de La Gauche-Genève, devant le Centre International de Conférence de Genève (CICG), à Varembé, pour dire notre refus d'un fondamentalisme religieux érigeant l'ignorance en vertu -sans oublier qu'à gauche aussi, le refus de l'évidence peut fleurir, les imposteurs prêcher, et qu'un Claude Allègre peut affirmer que « rien ne prouve que l'homme influence le climat » ...

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lundi, 24 mai 2010

Fonds de tiroirs (2)

Les intégristes catholiques d'Ecône portent plainte contre le dessinateur Mix & Remix et contre la télévision romande, pour des caricatures illustrant, mais seulement sur le site internet de la télé, et qui en ont d'ailleurs été retirées,  une émission («Infrarouge») consacrée aux prêtres pédophiles et au célibat des prêtres. Pour les Ecônards, ces caricatures porteraient atteinte à la liberté de croyance et relèveraient de la discrimination religieuse  On ne voit pas en quoi, mais surtout, on est surpris de voir invoquer par des intégristes une liberté de croyance à laquelle ils dénient, explicitement et officiellement, toute légitimité, en affirmant qu'une seule croyance est acceptable, parce qu'elle est LA vérité révélée : la leur. On est tout aussi surpris de voir dénoncer par les mêmes écônards une discrimination religieuse à laquelle ils ont eux-mêmes appelé en soutenant l'interdiction des minarets. Quant à leur troisième accusation (« publication de matériel pornographique impliquant des actes d'ordre sexuel avec des enfants »), on leur conseillera de relire la Bible (même la vulgate), en attendant qu'ils exigent l'interdiction de la diffusion de cet ouvrage scandaleux où le sadisme le dispute au masochisme, le racisme au sexisme et la violence  à la pornographie. Non mais...

La vente de produits électroniques dans des pays comme la Chine et l'Inde, mais aussi en Afrique ou en Amérique latine, devrait exploser dans les dix prochaines années, ce qui pourrait avoir de graves conséquences environnementales, a annoncé fin février le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) dans un rapport d'experts. La Chine est devenue le deuxième producteur de déchets électroniques au monde, derrière les Etats-Unis, avec 2,3 millions de tonnes par an et des procédures d'incinération inadéquates qui entraînent une pollution toxique importante. L'Inde, le Brésil, le Mexique et d'autres pays risquent également d'être confrontés à de graves conséquences environnementales et sanitaires  « si le recyclage est laissé aux aléas du secteur informel », ajoute le rapport. En Afrique du Sud et en Chine, le rapport prévoit une augmentation des déchets d'ordinateurs de 200 à 400% d'ici à 2020. En Inde, cette augmentation devrait atteindre 500%. La téléphonie mobile devrait quant à elle produire sept fois plus de déchets en 2020 qu'en 2007 en Chine, dix-huit fois plus en Inde.  En outre, la proportion de déchets de téléviseurs devrait doubler dans ces deux pays et celle des réfrigérateurs pourrait tripler en Inde. Décidément, les pauvres, ça fait des cochonneries.

2010 a été proclamée  « année européenne contre la pauvreté ». CONTRE la pauvreté, pas DE la pauvreté. Parce que des années de la pauvreté, on en a en gros une centaine par siècle. En Suisse, le Conseil fédéral a publié au début du mois un rapport sur ses «stratégies de lutte» contre la pauvreté -mais ce rapport fait l'impasse sur l'une des caractéristiques de la pauvreté ici et maintenant : des dizaines de milliers de personnes travaillant à plein temps touchent un salaire si bas qu'elles se retrouvent, ou restent, sous le seuil de pauvreté matérielle (puisque ce n'est que de celle-là dont il est -à tort- question), et qu'elles doivent avoir recours pour survivre socialement à l'aide publique, ce qui transforme objectivement celle-ci en subventionnement des employeurs versant les bas salaires, puisque les caisses publiques sont appelées à combler la différence entre les salaires versés et les revenus nécessaire. Aveugle sur cette réalité, le Conseil fédéral est en outre hypocrite sur ce qui nous tient lieu en Suisse de sécurité sociale : il appelle à son «optimisation», mais passe son temps à proposer de le réduire en rabotant les droits aux prestations des assurances maladie, chômage, invalidité, vieillesse.... 2010, année européenne contre la pauvreté, ou année suisse contre les pauvres ?

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dimanche, 23 mai 2010

Fonds de tiroirs

C'est dimanche, on fait le ménage, on vide les tiroirs... quelques brèves, en vrac, et pas toujours très fraîches

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vendredi, 21 mai 2010

Association des Communes Genevoises : Le sacre de la commune Sam'suffit

La République de Genève compte 45 communes : une trentaine de communes représentant 20 % de la population, qui ont plus de compétences légales et constitutionnelles que de moyens, et surtout d'envie, de les assumer; une petite quinzaine de communes qui représentent 40 % de la population, qui ont les moyens de leurs compétences et qui les assument; et une commune, la Ville, qui représente 40 % de la population, qui a plus de moyens que la loi et la constitution lui accordent de compétences, et qui pourrait donc faire beaucoup plus que ce qu'elle fait actuellement, et faire mieux ce qu'elle fait déjà. Ces 45 communes sont regroupées dans un machin érigé en leur représentante à toutes : l'association des communes genevoises, à laquelle les communes sont tenues d'adhérer et où chaque commune a droit à une voix (sauf la Ville à qui ont en a princièrement concédé deux), qu'elle ait 300 ou 30'000 habitants. Et où donc un habitant de Gy pèse politiquement cent fois plus qu'un habitant de Vernier...  Un machin entièrement voué à la défense de ces  « communes Sam'suffit »  qui se défaussent sur quelques autres de leurs responsabilités sociale, tout en leur donnant des leçons de démocratie.

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jeudi, 20 mai 2010

Petit exercice radelibe de surf sur le sentiment d'insécurité

Un ectoplasme en guise de programme

Quatre conseillères d'Etat radicales-libérales (plus une Conseillère nationale, en prime) ont tenu conférence de presse lundi dernier pour présenter leurs propositions « pour une Suisse plus sûre » : renforcement de l'arsenal pénal, en particulier à l'égard des mineurs, vidéosurveillance, expulsion plus rapide des demandeurs d'asile déboutés... bref, le paquet habituel d'emplâtres sécuritaire sur une jambe de bois, avec un petit emballage actualisé à propos de l'alcoolisme des jeunes (histoire de changer du discours convenu sur la toxicomanie ?) et le hooliganisme (qui-n'a-rien-à-voir-avec-le-sport-qui-est-un-vecteur-d'intégration-sociale). De la bouillie pour les chats d'appartements (les chats de gouttière n'en ont rien à cirer). Des discours venteux pour un programme ectoplasmique. Bref, une tentative politicienne de surf sur un sentiment persistant d'insécurité. Un exercice dans lequel les radelibes n'auront jamais le talent de l'UDC, et se condamneront eux-mêmes à n'être jamais que de pâles copies et d'improbables doublures de leur concurrents de droite.

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mercredi, 19 mai 2010

Au prétexte du choix d'un directeur de la Comédie...

Le saltimbanque et le gestionnaire

Au prix de quelques chaos, la Fondation d'Art Dramatique va désigner incessament sous peu le prochain directeur de la Comédie, qui accompagnera le premier théâtre genevois jusqu'à l'aboutissement du projet de Nouvelle Comédie. C'est l'occasion, ou le prétexte, de s'interroger sur les rapports étranges que peuvent entretenir artistes et créateurs avec les institutions qui rendent leur travail public, et avec les gestionnaires de ces institutions - les « gestionnaires de la culture », puisqu'il paraît qu'il en faut. Ont-ils quelque chose à se dire, le saltimbanque et le directeur ? Ils ont en tout cas quelque chose à faire ensemble : on appelle cela de la culture.  Il arrive même que l'on prétende appeler cela de la création culturelle. C'est en tout cas cela, et rien d'autre,  qui  compte,  à la Comédie de Genève comme dans n'importe quelle institution culturelle. Le reste, les péripétie clochemerlesques du Nème épisode de la concurrence ville-canton dans le champ de la culture ?  « Rien que de très subalterne », dirait De Gaulle. Dans un théâtre, c'est le saltimbanque qui compte, pas le directeur.

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mardi, 18 mai 2010

Fusion des fondations immobilières de droit public : Rationalisation ou bureaucratisation ?

Quatre fondations immobilières de droit public* gèrent à Genève plus de 6000 logements sociaux bon marché (HBM). Le Conseiller d'Etat Mark Muller veut les fusionner en une seule (dite « Habitat ») et, en s'appuyant sur un vieil avis de la Cour des comptes (qui ne se préoccupait ni du contenu, ni des méthodes de la politique du logement), dégèle un projet de loi mis au frais, faute de majorité pour l'adopter, en 2008. Au prétexte de «rationalisation » (au sens le plus bureaucratique du terme) et d'« économies » plus apparentes que réelles, il s'agirait surtout de prendre le contrôle direct des quatre fondations existantes, fondues en une seule dirigée par un Conseil nommé en totalité par le Conseil d'Etat. Cette fondation, ainsi soustraite à tout contrôle démocratique, ne se mêlerait plus des « aspects opérationnels incombant aux régies », à condition qu'on les paie pour cela, mais s'acquitterait uniquement d'une mission « stratégique ». En clair, et pour reprendre le résumé fait du projet mullérien par la Conseillère administrative socialiste et onésienne Carole-Anne Kast : « mettre une armée de fonctionnaires à la solde du Conseiller d'Etat » en cassant « l'approche humaine que les représentants de milice » (les membres actuels des Conseils de fondation) ont développées avec les communes qui concentrent l'habitat « bon marché ».


* Les fondations Camille-Martin, Jean-Dutoit, Emile-Dupont et Emma-Kammacher

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lundi, 17 mai 2010

Banquiers pyromanes, pompiers socialistes

Le 7 juin, les Chambres fédérales devront se prononcer, sur injonction du Tribunal administratif fédéral, sur l'accord conclu en 2009 avec les Etats-Unis, par lequel la Suisse s'était engagée à fournir aux USA l'identité de 4450 contribuables américains titulaires de comptes dans les banques helvétiques. Pour faire passer cet accord auprès d'une majorité parlementaire impliquant le PS, le gouvernement a présenté une « feuille de route » contenant des intentions de dispositions supposées limiter les risques liés aux grandes banques, et encadrer leurs politiques de bonus par un taxation des plus somptuaires -mais sans que cela s'applique rétroactivement à l'UBS. Problème : il n'y a a priori pas de majorité parlementaire sur ces deux objets : l'UDC est opposée aux deux, le PS veut des engagements plus précis et plus contraignants, et les radicaux-libéraux ne veulent pas de réelles mesures de régulation des banques. En fait, seul le PDC est d'emblée  disposé à voter l'accord en se contentant de la « feuille de route ». Le PS acceptera-t-il, et en en faisant payer quel prix, de jouer les pompiers gouvernementaux pour « sauver l'accord UBS » ?  « Il n'y a pas d'alternative à l'accord entre la Suisse et les Etats-Unis », assure Micheline Calmny-Rey. Pour pérenniser le système bancaire, en effet, l'accord est sans alternative. Mais il y a un prix politique à payer pour que le PS  accepte de le ratifier. Or ce prix (l'encadrement du système bancaire, la limitation des bonus), la droite n'est apparemment pas encore prête à le payer au pompier socialiste...

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mercredi, 12 mai 2010

Prisons : C'est quand qu'on débourre ?

600 détenus entassés à Champ-Dollon

ça tombe désormais à rythme régulier, une fois par mois : Record battu, Champ-Dollon a dépassé ce week-end les 600 détenus, pour 270 places. Non seulement il n'y a jamais eu autant de tôlards dans la prison genevoise, mais il n'y a également jamais eu à Genève une proportion aussi élevée, par rapport à la population résidante, de personnes incarcérées, entre Champ-Dollon, la Brenaz, la Clairière, Frambois etc... On n'en est pas encore au niveau qu'atteignent certains villes américaines, qui comptent plus d'un détenu pour 5 habitants, mais on y arrive doucement, notamment dans la région de Thônex, Choulex, Puplinge. En attendant la réalisation de cet enthousiasmant projet, le mécanisme tourne à plein : la police ramasse, la prison entasse. Jusqu'à quand ? Tant qu'on pourra. Tant que ça n'explosera pas. Un ancien détenu, interrogé hier par  « Le Matin », estime d'ailleurs qu'« un jour ça va péter, et qu'« il y aura des morts ». Aujourd'hui déjà, « les problèmes (entre détenus) se règlent à coups de poing », et tout, à Champ-Dollon, ne tient plus qu'à deux fils fragiles: la résistance physique et psychologique du personnel, et la résignation des détenus.

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mardi, 11 mai 2010

Oliver Twist again...

215 millions d'enfants au travail dont 115 millions au travail dangereux

A l'occasion de la Conférence internationale sur le travail des enfants, qui rassemble plus de 80 pays à La Haye, au Pays Bas, les 10 et 11 mai, le Bureau international du travail (BIT) a rendu public un rapport quadriennal dans lequel il s'inquiète du relâchement des efforts déployés pour éradiquer les pires formes de travail des enfants. De son côté, L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) s'inquiète du travail des enfants dans la pêche, alors que ce secteur est une des activités professionnelles les plus dangereuses au monde. A l'échelle mondiale, 132 millions de filles et de garçons âgés de 5 à 14 ans travaillent dans l'agriculture, la pêche pêche et l'aquaculture. En 2006, pourtant, le deuxième rapport quadriennal du BIT était encourageant. Partout dans le monde, le travail des enfants était en fort recul et une éradication complète de ces pires formes pouvait être envisagée par le BIT à l'horizon 2016. Quatre ans plus tard, l'optimisme s'est dissout dans la réalité, sans même que l'on tienne compte des effets de la crise économique mondiale : le nombre d'enfants travaillant dans le monde est passé de 222 à 215 millions, soit une baisse de 3% seulement entre 2004 et 2008, souligne le BIT dans sont troisième rapport quadriennal intitulé « Accélérer l'action contre le travail des enfants ».

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lundi, 10 mai 2010

Pressurer les Grecs pour rembourser les banques

L'Union européenne et le FMI ont donc décidé de « Sauver la Grèce » par un prêt de 110 milliards, et les dirigeants européens de « sauver l'Euro » par un « mécanisme de soutien »... accompagné d'un durcissement du « pacte de stabilité » qui encadre les budgets publics des Etats centraux, et de l'engagement de « faire des économies »  (on vous laisse deviner sur le dos de qui) et de « réduire les déficits » publics creusés par les soutiens publics aux banques (les mêmes que celles qui ont « prêté » des milliards à la Grèce, à des taux usuraires). Après avoir pressuré les Grecs,  ce sont tous les Européens, y compris ceux dont l'Etat ne fait pas partie de la « zone Euro », comme les Britanniques, ni même de l'Union Européenne, comme les Suisses, dont on va faire les poches comme on s'apprête à faire celles des Grecs en augmentant leur temps de travail, en réduisant leurs salaires, en reportant l'âge de leur retraite et en réduisant les dépenses sociales. Pour complaire à l'orthodoxie libérale, évidemment, mais aussi, et l'argument nous est servi à satiété depuis des mois, pour « rassurer les marchés ». Exercice de psychothérapie qui, compte tenu du comportement des acteurs des dits « marchés », s'apparente à peu près à celui qui consiste à raisonner un schizophrène. « Les marchés », d'ailleurs, cela n'existe pas. « Les marchés », ce sont des hommes et des acteurs économiques qui spéculent, à la hausse ou à la baisse, avec de l'argent qui ne leur appartient pas, sur n'importe quoi, en l'occurrence sur une monnaie, en prenant pour « argent comptant » (l'expression s'impose ici par son absurdité même) des rumeurs qu'ils alimentent eux-mêmes.

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10:28 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : grèce, europe, euro | |  Facebook | | | |

samedi, 08 mai 2010

Providentielle burqa, inespéré Blancho

L'aubaine islamiste

En Argovie, le Grand Conseil a adopté une motion de l'extrême-droite demandant l'interdiction de la burqa dans l'espace public. Dans toute la Suisse, deux douzaines de femmes, tout au plus, à moins de compter les touristes, s'affubleraient d'une burqa, ou de toute autre forme de voile intégral. Cela justifie-t-il une interdiction nationale ? Evidemment non -à moins que l'on interdise non seulement la burqa, mais tout attirail vestimentaire cachant le visage, cagoules, passe-montagnes, masques de carnaval et casques intégraux. La burqa n'est évidemment qu'un prétexte, une opportunité, une aubaine pour relancer une offensive à connotation religieuse islamophobe, mais à motivation fondamentalement xénophobe. Offensive alimentée depuis Bienne par un abruti nommé Nicolas Blancho,  improbable président d'un improbable Conseil central islamique de Suisse, proclamant haut et fort que chacun a « le droit de croire aux lapidations » et affirmant que ladite lapidation est une « valeur de (sa) religion », valeur qu'il regrette ne pouvoir « dans les circonstances actuelles mettre en avant ». Providentielle burqa, inespéré Blancho, pour les mêmes forces qui ont lancé, fait aboutir, et voter par le peuple, l'interdiction des minarets, elle même providentielle pour les Blancho... Après tout, qui se ressemble s'utilise.

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jeudi, 06 mai 2010

Congrès fondateur de « La Gauche » : Indirect du gauche

« La Gauche / Alternative Linke / La Sinistra » va tenir, le 29 mai prochain à Lausanne, son congrès national fondateur, au terme de rencontres unitaires organisées dans les cantons pour que se poursuive aux niveaux local et régional un processus engagé au niveau national. Ces rencontres ont réuni des militantes et militants déjà membres d'organisations politiques existantes, y compris du PS et des Verts, ou qui n'avaient jusqu'à présent pas trouvé chaussure de marche politique à leur pied gauche.  Toutes celles et tous ceux qui sont déjà membres de « La Gauche » sont évidemment invité-e-s à son premier congrès, mais également toutes celles et tous ceux que la création d'un mouvement politique qui veut faire « bouger les lignes » à gauche, sans ajouter aux organisations et mouvements déjà existants (et, à Genève, déjà en surnombre) une organisation fonctionnant selon les mêmes règles ou les mêmes réflexes. « La Gauche » admet en effet la « double appartenance », et c'est une nouveauté dans un champ politique parcellisé en autant d'organisations et de partis qu'il s'y cultivent de détestations personnelles, de concurrences électorales, de vieilles rognes mêlées de nouveaux sectarisme. On pourra donc adhérer à « La Gauche » sans quitter l'organisation ou le parti (de gauche, pour le moins) dont on est déja membre. Rompre avec le cloisonnement, la parcellisation et la concurrence, c'est  déjà, en soi, rompre avec l'un de nos maux, -et, comme l'illustre la situation de la  « gauche de la gauche » genevoise, pas le moindre...

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mercredi, 05 mai 2010

Drôle de comédie à la Comédie : « Main basse sur la culture », le remake...

« Nous n'avons cédé ni au copinage ni à l'arbitraire », a déclaré Bernard Paillard, président de la Fondation d'art dramatique (FAD) lors d'une conférence de presse visant à répondre aux critiques dont elle est l'objet dans le processus de nomination du nouveau directeur de la Comédie de Genève. Critiques provenant du canton, par la voix du Conseiller d'Etat Charles Beer, qui s'est désolidarisé du processus en retirant sa représentante de la commission de sélection des candidats. Bouderie après laquelle chacun est monté sur son grand cheval, comme si la nomination du successeur d'Anne Bisang était l'enjeu réel de l'épisode, quand il devrait être évident qu'on est toujours, ou une fois de plus, dans un débat biaisé sur la répartition des charges, des compétences et des pouvoirs dans la politique culturelle des collectivités genevoises. La Comédie n'est qu'un prétexte et la nomination de son futur directeur qu'une opportunité pour les deux grands partenaires publics de la culture genevoise, la Ville et le canton (par ordre d'importance réelle sur le terrain) de montrer leurs muscles. Piètre spectacle, dans lequel la couleur (politique) du maillot des deux culturistes cultureux n'a que l'importance d'une anecdote.

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mardi, 04 mai 2010

Au grand bal des goinfres, les banquiers suisses sauvent leurs bonus

Au grand bal des goinfres, les banquiers suisses sauvent leurs bonus

Après celle des actionnaires de l'UBS, l'Assemblée générale des actionnaire du Crédit Suisse a ratifié la politique de rémunération de la direction de la banque, et donc les bonus pharaoniques qui leur sont accordés, deux jours après que le Conseil fédéral ait fait mine de vouloir taxer ce genre de prébendes dès lors qu'elles dépasseraient deux millions.  Les opposants à ces cadeaux ont tout de même obtenu à l'assemblée du  CS 29,16 % des votes exprimés, ce qui a suscité, de la part du président du Conseil d'administration de la banque, la promesse d'améliorer les programmes de rémunération pour obtenir plus de soutien des petits actionnaires. Elle en aura peut-être besoin, la banque, de ce soutien : le programme actuel pourrait conduire à ce que les dirigeants du Crédit Suisse se partagent jusqu'à un milliard de francs. Pour l'heure, le directeur général du Crédit Suisse, Brady Dougan, gagne 91 millions de francs, le Crédit Suisse a distribué 149 millions de francs à ses treize managers, soit 42 millions de plus qu'en 2008, et les administrateurs du groupe ont vu leur rémunération doubler, en passant à 22,3 millions au total. Au grand bal des goinfres, Dougan et ses copains du Crédit Suisse font bonne figure.

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