lundi, 31 mai 2010

« La Gauche », c'est parti

Marcher avec ses deux pieds

« La Gauche / Linke Alternative / La Sinistra » a été officiellement fondée samedi dernier à Lausanne. Le congrès fondateur a adopté programme et statuts, désigné une coordination nationale et approuvé les grandes orientations d'un mouvement qui ne se définit pas comme un nouveau parti, mais comme un « nouveau mouvement social national », déclinable localement et régionalement.  « La Gauche » reconnaît, sans avoir ressenti le besoin de les inscrire dans ses statuts, la « double appartenance » (on pourra donc en être membre sans quitter l'organisation ou le parti dont on est déja membre, ce qui le mettra face au dilemne d'accepter eux aussi la « double appartenance » ou de déclencher une purge) et le droit de tendance. A une journaliste s'étonnant de voir un socialiste participer au congrès fondateur de « La Gauche », le socialiste en question pouvait se contenter de répondre qu'on marche mieux et plus loin avec deux jambes qu'avec une seule, même si on prend le risque de s'emmêler les pinceaux -le seul moyen de ne pas se casser la gueule étant évidemment de rester couché. Avoir un pied dans les clous et un pied en dehors, agir dans les institutions et pouvoir s'en abstraire, se doter d'un mouvement politique capable de dire clairement « non » à ce que la gauche institutionnelle accepte par résignation (la construction de nouvelles prisons, par exemple), et se battre pour ce que la gauche institutionnelle n'ose pas défendre, sans rompre avec cette gauche institutionnelle et les instruments de travail politique qu'elle offre, ne sont pas des luxes, mais une nécessité.
Pour prendre connaissance des décisions du congrès : fredox@bluewin.ch
Pour adhérer à La Gauche :
http://www.la-gauche.ch/adhesion-adesione/


au boulot...
On n'a évidemment pas évité au congrès fondateur de  La Gauche, les exorcismes de la social-démocratie traîtresse -il fallait bien en passer par là, même si  la liste des démons aurait pu être remise à jour depuis les années vingt du siècle dernier; on n'y a pas évité non plus les interrogations électorales (peut-on s'allier avec les sociaux-traîtres et les bobos verts ? est-il légitime de siéger dans des exécutifs qui ne peuvent s'émanciper de lois conçues par et pour nos adversaires ?)... comme si l'enjeu essentiel de la création d'un nouvel espace politique était déjà électoral... peu importe, après tout :  si  « La Gauche » arrive à surmonter les querelles de paroisses paléo-gauchistes, elle sera le mouvement politique dont ont besoin celles et ceux qui ne se satisfaisant pas du marasme présent, ne veulent pas se contenter d'ajouter une organisation à toutes celles qui déjà s'essaient au labourage du champ politique « à la gauche du PS et des Verts ». Et ce n'est pas affaire de programme : les « points forts d'action » de « La Gauche » dessinent bien « une autre Suisse », mais c'est en reprenant, et en articulant entre elles des propositions dont la plupart sont, sous une forme ou une autre également avancées, même plus prudemment, par les partis de gauche existants (sécurité sociale, salaire minimum, revenu minimum, doits politiques pour les étrangers, droit du sol pour la nationalité, libertés individuelles, refus de la société sécuritaire, refus des discriminations, critique de la croissance, fiscalité progressive, refus des forfaits fiscaux, soutien aux entreprises coopératives, solidarité internationale) Il n'y a ainsi pas grande différence entre le contenu du programme de  « La Gauche » et celui de l'avant-projet de programme du PSS, qui sera certainement adopté à quelques modifications près au prochain congrès du parti, auquel il nous serait même assez facile de faire adopter la quasi totalité des positions adoptées par  « La Gauche »  samedi dernier. Quant à savoir ce que le PSS ferait d'un tel programme... Dans les années vingt, le même PSS s'était doté d'un programme révolutionnaire, réclamant la socialisation des moyens de production et le pouvoir des conseils ouvriers -dans le même temps où, progressant par conquêtes successives de sièges dans les municipalités et les gouvernements cantonaux, il préparait son entrée au Conseil fédéral... Ce n'est donc non pas tant sur son contenu programmatique que sur sa capacité de le défendre réellement, de l'enrichir, de le radicaliser et de le faire porter par un mouvement social, que se jouera la crédibilité de « La Gauche ». Quant aux élections, faire de la politique autrement que dans les institutions politiques ne signifie pas qu'il faille les déserter, mais qu'il faut apprendre, ou réapprendre, à en user en les subvertissant, en ne se faisant pas une priorité dy conquérir des sièges, en choisissant celles dont on peut réellement faire un tel usage. Celles qui ne font pas de lois mais distribuent des moyens et concrétisent des droits. Celles qui ne gouvernent pas les gens, mais administrent les choses. Autrement dit : la commune.

13:34 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : politique, gauche | |  Facebook | | | |

Commentaires

Quoi?... "La Gauche" c'est parti!
Ou alors, est-ce éventuellement qu'une expression un peu gauche

... Car moi, dans ma candeur naïve, j'avais imaginé que, justement, le mouvement avait été créé pour que toute la gauche revienne. Même si le "Retour du Z" ne laissait pas vraiment présager que du bon!

... Et de plus, ce soir sur la chaîne "La Télé", que vois-je sur les images tournées lors de ce premier congrès?... Des rigolos avec des brassards arborant le symbole de la Faucille et du Marteau, le symbole du communisme léniniste. Avec un Lénine qui est un des fondateurs du parti bolchévique, ce parti unique seul autorisé... Les membres des autres partis ayant été poursuivis et éliminés, même physiquement.

En ce début de partie, je souhaite au nouveau presque parti et à ses parti-cipants bien des parti-pris. C'est vraiment bien parti!... "La Gauche, die alternative Linke, la Sinistra" va tenir le temps que tiennent les Roses (socialistes?) puis sombrera en vaines luttes intestines... Je tiens le parti... Non!... le pari!

Écrit par : Père Siffleur | lundi, 31 mai 2010

Bonsoir, nous tenons à signaler le fait qu'une personne a usurpée notre pseudo M.U.R sous votre note (Conférence « créationniste » à Genève et Lausanne : L'insulte faite aux singes)pour faire la pub d'une secte.
Nous ne sommes pas à l'origine de ce commentaire et dénonçons le fait que des personnes mals intentionnées usurpent notre nom pour déblaterer leurs bêtises.
D'ailleur nous sommes ok avec M.Holenweg sur le sujet abordé dans cette note.
Merci d'en prendre note.
Excellente soirée à tous...;:O)

Écrit par : M.U.R | lundi, 31 mai 2010

c'est le problème, avec les MUR : tout le monde écrit dessus... merci de la précision...

Écrit par : Pascal Holenwegp | mardi, 01 juin 2010

Merci M.Holenweg...;:O)

Écrit par : M.U.R | mardi, 01 juin 2010

Lorsque cette bande de gauchistes dégénérés aura terminé de s'amuser les samedi après-midi, ils pourront peut-être s'intéresser aux vrais problème du monde, à commencer par la lutte contre la racaille frontalière qui nous submerge.

La gausce est vraiment le fascisme de notre temps.

Écrit par : Scipion | mardi, 01 juin 2010

avouez qu'il aurait été dommage de ne pas publier ce commentaire... j'aime surtout le "vrai problème du monde" posé par "la racaille frontalière qui nous submerge"... qu'est-ce qu'il a contre les Vaudois, le commentateur anonyme ?

Écrit par : Pascal Holenwegp | mardi, 01 juin 2010

La Gauche un mouvement soi-disant anticapitaliste, mais obnubilé par la lutte des places... un nouveau club petit bourgeois de gauche... rien de plus.

Écrit par : Jacques | mardi, 01 juin 2010

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