mardi, 20 avril 2010

Vous avez aimé le stade de la Praille ? Vous adorerez le centre sportif de Plan-les-Ouates !

Le déclassement de 58 hectares du secteur dit « Les Cherpines - les Charrotons » dans la Plaine de l'Aire, sur les communes de Confignon et Plan-les-Ouates, a été accepté la semaine dernière par la Commission parlementaire cantonale de l'aménagement, contre l'opposition de l'UDC et des Verts, les socialistes étant divisés (pas opposés au déclassement en principe, mais très critiques sur le projet qu'il rend possible). Le Grand Conseil devra encore se prononcer, mais à vue de nez, et sans prendre trop de risques, une majorité est prête à voter ce déclassement nécessaire à la réalisation, entre l'Aire, la route de Base et l'autoroute de contournement, d'un projet comportant, théoriquement, 2000 logements, mais aussi un projet de centre sportif (sur Plan-les-Ouates) regroupant tous les sports possibles et imaginables. A croire que la calamiteuse expérience du stade de la Praille n'a rien appris aux fétichistes du bétonnage à prétexte « sportif » .



Cardons le cap

La commission du Grand Conseil a donné le premier feu vert au déclassement des Cherpines et des Charrottons, le Grand Conseil devrait suivre, mais sans que l'on sache précisément ce qui poussera sur ces terres maraîchères à la place du cardon, et ce qui y remplacera l'agriculture de proximité qui s'y est installée. On sait cependant que la commune de Plan-Les-Ouates (c'est-à-dire sa majorité politique) souhaite y implanter un centre sportif maousse agrémenté d'une patinoire, de terrains de foot et de rugby, d'aires de tir à l'arc et d'équitation etc... le tout garni de restaurants, d'un hôtel, de commerces, de bureau et d'un parking Certes, il est également prévu d'implanter dans cette zone 2000 à 3000 logements, et des services publics (une école, notamment), mais l'ensemble du «paquet», et son artistique ficelage, ne peut que rappeler à notre souvenir un exercice du même genre, à la Praille. Avec des conséquences financières qui, logiquement, devraient être les mêmes : engager des collectivités publiques dans le financement interminable d'un projet surdimensionné. Urbaniser la zone du nord-est de l'autoroute de contournement est une chose. L'urbaniser n'importe comment, en particulier sans réflexion réelle sur les conséquences en termes de circulation, en est une autre. L'espace concerné se prêterait parfaitement à la création d'un véritable écoquartier, intégrant des parcelles agricoles, reprenant des projets en lice les espaces et les services publics qu'ils proposent, mais se gardant de répéter à Plan-Les-Ouates les erreurs, pour user d'un terme prudent, commises à la Praille -mais jamais reconnues par ceux qui non seulement les ont commises, mais les ont imposées à la population. Pour parer à ce risque, un comité référendaire s'est mis sur pied* : il devrait agir dès le vote du projet de loi de déclassement. Assez tôt, espérons-le, pour qu'émerge un contre-projet répondant, lui, à des besoins réels et qu'on évite aux collectivités publiques de devoir payer pendant des décennies les conséquences d'une erreur d'autant moins pardonnable qu'elle ne serait qu'une récidive dans l'aveuglement volontaire.
* http://www.plainedelaire.ch/

15:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : plan-les-ouates, confignon, cherpines, charrotons | |  Facebook | | | |

Commentaires

Pourquoi construire la ville à la campagne, continuer le mitage de ce si petit territoire alors qu'en Ville de Genève, il existe l'immense zone du PAV et de la Jonction, de la place aux Charmilles, des zones occupées par des jardins familiaux vers Balexert (à deux pas du tram) mais aussi vers Giuseppe Motta.De plus, la loi autorise la surélévation des immeubles. Alors je répète ma question. Pourquoi ?

Écrit par : sirène | mardi, 20 avril 2010

bonjour

pourquoi pas dans la zone industrielle de satigny meyrin vernier

crosby

Écrit par : mermillod | mardi, 20 avril 2010

@ sirène : Parce que pour donner un coup de pioche dans un jardin familial, faire de l'ombre avec un immeuble à trois pékins en villa aux Charmilles ou à Giuseppe Motta, il faut quinze ans de procédure, voilà pourquoi. Parce que les gens de ces coins n'ont pas compris que de nos jours ils sont anachroniques, comme le sont leurs jardins familiaux ou leur villa en quasi centre-ville.

Malheureusement, s'arranger avec quelques maraîchers pour bétonner un champ sera toujours plus facile que de convaincre plusieurs dizaines de propriétaires de villas établis sur une surface correspondante... Mais on est d'accord, je préfère la mort de ces villas bouffeuses d'espace à la mort des campagnes...

Écrit par : dex | mardi, 20 avril 2010

Il est totalement ridicule de comparer le stade de la praille (destiné a des footeux plus ou moins professionelles) avec un centre multisport (type queue d'arve par exemple) utilisable par l'ensemble de la population.

Aussi je me demande ce qui a réellement piqué votre succeptibilité sur ce coup. La droite l'a proposé en premier ou c'est encore une querelle intestine gauche-gauche ?

Écrit par : Eastwood | mardi, 20 avril 2010

Ce sont les meilleures terres agricoles du Canton qui sont sacrifiées au tout béton. Le bourrin (entendez les entreprises de construction) réclame son picotin.

Écrit par : Johann | mardi, 20 avril 2010

"Parce que les gens de ces coins n'ont pas compris que de nos jours ils sont anachroniques, comme le sont leurs jardins familiaux"

C'est tout le contraire! Les jardins familiaux sont l'avenir. Attendons seulement la fin du pétrole. Le rendement d'un jardin familial est beaucoup plus élevé que toute autre culture de plein champ qui bouffe engrais et pesticides. Ah mais, c'est bien sûr, il faut obliger tout le monde à aller s'approvisionner dans les supermarchés pour alimenter la machine capitaliste monopolistique. Cette machine qui veut rendre les gens de plus en plus dépendants des monopoles (alimentaire, énergétique, etc.). Et qui nous empoisonne au propre comme au figuré.

Même principe: faire disparaître ou restreindre la production maraîchère locale et saisonnière au profit des saloperies importées d'Espagne, du Maroc ou d'ailleurs.

Écrit par : Johann | mardi, 20 avril 2010

Et la crise du logement, on en fait quoi? Quand il faut débourser plus de 1'000.- par mois un studio, et que les familles ne trouvent plus de logement décent pour se loger, on fait quoi? On tire à boulets rouges sur les seuls projets existants permettant de détendre cette situation? Parce que je ne me souviens pas que le stade de la Praille ait permis de construire le moindre logement...

C'est bien sûr dommage de déclasser une zone maraîchère, mais notre canton est petit, et Plan-les-Ouates est une zone en plein développement. Mieux vaut déclasser là-bas que dans des zones entièrement rurales.

Écrit par : Dom | mardi, 20 avril 2010

@Johann
Bravoooooooooooooooo,vivent les jardins familiaux.
Heureux pays où on a encore le fusil et les 48 cartouches à la maison....si par hasard on s'avisait de toucher aux jardins familiaux, emblèmes de la suissitude, remparts inoxydables face au tjrs plus, tjrs plus dense, tjrs plus chic, tjrs plus cher, tjrs plus haut, tjrs plus de consom, tjrs plus de encore plus !
p.losio
député

Écrit par : pierre losio | mercredi, 21 avril 2010

@Tous. Vu que les New Yorkais s'adonnaient à la culture maraîchère sur leurs toits, terrasses et balcons et que les produits étaient de bonne qualité, peu pollué tout comme la production de miel avec ruches sur les toits. Des terrains entiers sont dédiés à la culture pour quelques personnes centre ville dans des jardins familiaux alors que l'on externalise les habitants hors des murs. Mettons ces jardins à la campagne et regagnons de logements en ville.

Écrit par : sirène | mercredi, 21 avril 2010

Tiens l'UDC et les Verts font cause commune....

Écrit par : Riro | mercredi, 21 avril 2010

Les jardins privés appartiennent aux habitants/contribuables et loués à certains. On continue d'externaliser les gens hors de la ville et du canton alors que des surfaces immenses, proches des transports publics et quasiment en ville sont alloués à du jardinage. Construisons des logements et déplaçons ces jardins familiaux à la campagne une fois pour tout. Pour 20 familles qui jouissent presque de père en fil de ce lopin de terre, ce sont 200 familles qui sont en attente de logements. De plus cette période des jardins familiaux est révolues, il semblerait que les New-Yorkais se sont lancés dans la culture maraîchère en serre sur leurs toits, terrasses et balcons et que les produits cultivés sont plus sains et moins nitratés que ceux de la campagne. L'eau de pluie est récupérée pour l'arrosage et l'énergie solaire permet aux serres de fonctionner sans gaspillage. Même des ruches ont été mises et le miel est d'excellente qualité.

Écrit par : sirène | mercredi, 21 avril 2010

" A croire que la calamiteuse expérience du stade de la Praille n'a rien appris aux fétichistes du bétonnage à prétexte « sportif » . "

On ne saurait mieux dire !!! Il faut absolument éviter de renouveler un tel désastre avec ce projet de "lunapark" qu'on appelle "Centre sportif" sur Plan-les-Ouates.

Cela dit, OUI à la construction de logements aux Cherpines. C'est urgent !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | mercredi, 21 avril 2010

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