• Insécurité et gesticulations policières

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    Figaro ci, Figaro là...

    La police genevoise a annoncé le lancement, dès le 19 avril, d'une opération « Figaro » (pourquoi « Figaro » pour nous barber ?) supposée permettre de débarrasser le centre-ville des petits délinquants La cheffe de la police, Monica Bonfanti, annonce le déploiement « massif d'effectifs policiers afin d'assurer une présence préventive visible, de réprimer les délits et incivilités et d'effectuer des contrôles préventifs » dans quatre quartiers : les Pâquis, les Eaux-Vives Rive et le secteur de la gare, tout en poursuivant, voire en renforçant, la chasse aux mendiants. Ce qui devrait surtout avoir pour effet de repousser les petits délinquants ainsi « harcelés » dans les quartiers avoisinants et de dégarnir la présence policière dans le reste du canton. « Les habitants et commerçants de Cornavin, des Pâquis, de Rive et des Eaux-Vives peuvent se réjouir », commente GHI. Ceux de la Servette, de Sécheron et de Saint-Jean (en attendant  Champel ?) n'ont qu'à bien se tenir. La cheffe de la police le sait parfaitement, qui annonce que « si nous devions constater que notre action reporte le problème dans d'autres quartiers, nous changerions de tactique, quitte à déplacer nos forces » et à pratiquer une sorte de nomadisme policier circulaire. De toute façon, en fait de « déploiement massif »,  on ne nous annonce guère que celui d'une ou deux quinzaines de policiers pour chaque opération. Ben oui, faut faire avec les effectifs qu'on a, vu qu'il faut faire avec les budgets qu'on a... Il est vrai que l'important n'est pas l'efficacité de ce genre d'opérations sur le terrain, mais le bruit médiatique qu'on fait autour. Pendant quelques semaines.

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  • Vers l'emploi vert...

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    Le Parti socialiste suisse lance une initiative populaire fédérale, soutenue par les Verts et les syndicats, pour « de nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables », titre malencontreusement résumé en anglo-zurichois par un très ridicule « Cleantech » qui renvoie plus à une marque de détergent qu'à un projet politique. L'initiative vaut mieux que cette navrante trouvaille publicitaire : elle vise à libérer la Suisse de sa dépendance à l'égard des énergies non-renouvelables, et à créer des emplois dans le secteur des énergies alternatives en y soutenant l'innovation et l'investissement privé et public. Les énergies alternatives et les technologies dites « propres » (encore qu'il il faudrait y regarder d'un peu plus près pour être sûrs qu'elles méritent ce label: comment, avec quoi, où et dans quelles conditions produit-on les panneaux solaires, par exemple ?), sont en effet, comme l'écrit le présidnt du PSS Christian Levrat, « synonymes d'emplois pour le futur », à condition que les investissements suivent et qu'une véritable volonté politique de les promouvoir se traduise en actes (en en lois incitatives, du moins tant qu'on a encore besoins de lois). De là à croire que « les technologies propres nous sortiront » de la crise « où l'industrie financière nous a jetés », il y a sans doute un pas qu'on ne franchira qu'avec beaucoup d'ingénuité...

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  • Judéophobie et islamophobie : Les habits neufs de l'antisémitisme

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    La « Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation » a répertorié 153 actes  « antisémites »  en Suisse en 2009. La CICAD ne se préoccupant pas plus de la version islamophobe de l'antisémitisme que Dieudonné de sa version judéophobe, on ne s'étonnera pas de ne trouver dans sa liste aucun acte islamophobe, pas même l'interdiction des minarets et les affiches udécistes, reprenant contre les musulmans la rhétorique graphique des affiches antijuives des années trente. La CICAD est d'ailleurs assez aventureuse en considérant comme une manifestation d'antisémitisme « le fait de dresser des comparaisons entre la politique israélienne et celle des nazis ». Or si de telles comparaisons relèvent du crétinisme historique, elle ne relèvent pas de l'antisémitisme. A force de crier au loup sans que le loup y soit, plus personne ne prête l'oreille au cri lorsque le loup y est : dénoncer de l'antisémitisme là où il n'est pas finit par empêcher de le combattre là où il est, ici et maintenant, non plus seulement dans le persistance de l'antijudiaïsme mais dans la progression de l'ismamophobie. L'antisémitisme n'a pas disparu, il a seulement changé de  « sémites » .

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  • Elections régionales françaises : De la « gauche plurielle » à la « gauche solidaire » ?

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    Les résultats des élections régionales françaises sont nets : très large victoire de la gauche en métropole, déroute de la droite, résurrection du Front National, marginalisation de l'extrême-gauche (NPA, LO), partie en ordre dispersé. La gauche garde toutes les régions conquises en 2004 et y ajoute, sans majorité absolue, la Corse. Outre-mer elle perd la Guyane et la Réunion (du fait de la division de la gauche). La droite ne conserve en métropole que l'Alsace (mais Mulhouse, Colmar et Strasbourg sont à gauche), et tous les ministres en campagne ont été battus. On relèvera l'inhabituelle objectivité des commentaires des vainqueurs et des vaincus, la gravité du ton d'une droite reconnaissant sa défaite le disputant à la modestie du ton d'une gauche ne tirant aucun triomphe de sa victoire, mais reconnaissant que beaucoup de travail politique reste à faire, pour passer, comme l'y invite Martine Aubry, de feue la « gauche plurielle »  à une nouvelle « gauche solidaire » . Pour le reste, d'entre les enseignements du scrutin français, les moindres ne sont pas ceux des vertus de l'unité entre les différentes forces de gauche (Verts compris), et des conséquences de l'absence d'unité entre les différentes forces de la « gauche de la gauche ». Jean-Jack Queyranne, vainqueur en Rhône-Alpes, résume : « la gauche est toujours plus forte quand elle est unie » . Unie, pas uniforme : il faut être « capables de proposer chacun un projet, puis de se rassembler sans nier notre diversité », ponctue la Verte Cécile Duflot. A contrario, la «gauche de la gauche » est toujours insignifiante, quand elle est dispersée. Le premier ou la première qui y voit une subtile allusion à la situation genevoise a gagné.

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  • Secret bancaire : ça fuit de partout !

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    Il y a un peu plus d'un an, le 13 mars 2009, le Conseil fédéral annonçait le renoncement de la Suisse à la vieille distinction jésuitique (quoique fort oecuméniquement adoptée par la banque protestante) entre fraude et évasion fiscale, du moins pour les clients étrangers, et domiciliés à l'étranger, des banques suisses. Et depuis, les milieux bancaires et la droite politique ne savent plus à quel saint se vouer et cherchent désespérément à sauver, dans une joyeuse cacaphonie, ce qui peut encore l'être du secret bancaire. Des voix radicales, et même libérales, se font toutefois entendre pour que cette position dogmatique soit abandonnée et que l'évidence soit reconnue : le bon vieux secret bancaire de Grand Papa est bel et bien mort. Non le secret bancaire en soi, mais le secret bancaire sous sa forme désormais défunte. Or autoriser la livraison d'informations aux fiscs étrangers alors qu'on l'interdit toujours aux fiscs cantonaux suisses est difficilement justifiable, sinon par le rapport de force politique entre la Confédération et les Etats voisins d'une part, la Confédération et les cantons d'autre part : il est infiniment plus facile à Berne de résister à Bâle ou à Genève qu'à l'Allemagne, la France ou les Etats-Unis. On a les courages qu'on peut.

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  • Répression politique, culturelle et syndicale en Turquie

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    Répression politique, culturelle et syndicale en Turquie : L'enfermement au Sérail

    En 2009, près de 13'000 personnes ont été arrêtées en Turquie pour des motifs politiques, ou liés à l'action syndicale. Près de 1500 dirigeants, cadres, élus du parti politique kurde sont en prison. 35 journalistes et écrivains sont également emprisonnés. 49 de ces prisonniers politiques sont dans un état de santé alarmant, et de jour en jour aggravé faute de soins. On connaît le cas du syndicaliste genevois Murad Akincilar, arrêté le 30 septembre à Istambul. Il faut y ajouter celui de Muharrem Erbey, vice-président de l'Association turque de défense des droits humains HD, arrêté et emprisonné après avoir, à Genève, dénoncé les violations des droits humains en Turquie.

    SAMEDI 27 MARS, GENEVE
    Pour les prisonniers politiques en Turquie
    Rassemblement 14 heures, zone piétonne du Mont-Blanc
    organisation : Comité de soutien à Murad Akincilar

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  • Politique d'asile : La Suisse s'assoit sur le droit et sur les requérants

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    Le 17 mars dernier, un requérant d'asile nigérian de 29 ans, débouté de sa demande d'asile, et qui résistait à son expulsion après avoir mené une grève de la faim, est mort sur le tarmac de l'aéroport de Zurich, étouffé par les mesures prises pour le maîtriser, le lier pieds et poings pour pouvoir l'enfourner dans l'avion pour Lagos. Selon des témoignages, plus d'une cinquantaine de policiers auraient été mobilisés pour expulser seize requérants d'asile, les auraient forcé à uriner dans des bouteilles avant de les conduire dans l'avion attachés et casqués... Un cirque lamentable, qui se solde par la mort d'un homme, le troisième décès de ce genre en Suisse depuis 1999 lors d'un renvoi sous mesures de contraintes. En 2001, en Valais, un Nigérian de 27 ans était mort après qu'un policier se soit carrément assis sur son ventre. L'Office fédéral des migrations a suspendu les vols spéciaux de rapatriement en attendant les résultat de l'enquête, le directeur de l'ODM reconnaissant la nécessité d'adapter les mesures de contraintes s'il se confirmait qu'elles ont joué un rôle direct dans la mort du jeune Nigérian, et Amnesty International réclame la mise sur pied d'une commission d'enquête indépendante et impartiale, et que les renvois forcés de requérants d'asile déboutés soient surveillés par des observateurs indépendants (comme c'est désormais le cas à Genève, depuis novembre), ce dont l'ODM aurait admis le principe.

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  • Congrès du PS genevois : De Nivôse en Germinal

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    C'est le dernier jour de l'hiver, et donc le dernier jour du mois de Pluviôse, que le PS genevois tient congrès, demain, samedi. Ce jour, dans notre calendrier préféré, est le jour du plantoir. De quoi le plantoir est-il le présage ? d'une prochaine germination (puisque le lendemain nous entrons en Germinal en même temps que dans le printemps) ou d'une nouvelle plantée ? A s'en tenir à ce que les media locaux en ont dit, le congrès socialiste aurait un enjeu principal : savoir si le futur président du PS genevois sera René Longet ou Alberto Velasco. On rappellera seulement à ce sujet que si toutes celles et tous ceux qui, entre deux couloirs, off the record et sous couvert d'anonymat, ont rendu le président sortant seul, ou principal, responsable de la baffe électorale reçue par le PS à l'automne dernier, s'étaient présentés, en toute cohérence, contre ce président supposé avoir été défaillant, les socialistes auraient demain le choix entre cinquante candidates et candidats à la présidence -et pas deux. Or seul Alberto Velasco a eu, disons le courage pour ne pas user d'une métaphore plus hispanique et machiste, de se lancer... De toute façon, l'important n'est pas forcément de savoir qui présidera le PS dès le dernier jour de Nivôse, mais plutôt de savoir ce que, et ce à quoi, il présidera dès le premier jour de Germinal...

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  • Pour en finir avec les « classes moyennes »

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    Un pâté d'alouette pour « coeur de cible »

    Quoi de commun entre une petite employée et son « directeur des ressources humaines», entre un manoeuvre et un professeur, entre un avocat et une petite commerçante, entre un gardien de prison et une musicienne d'orchestre ? Ils et elles sont tous supposés faire partie de la « classe moyenne », du moins quand on la définit, bêtement, par le revenu. La définirait-on autrement (par le niveau de formation, ou par le mode de vie, par exemple) que cet agrégat improbable de catégories sociales hétérogènes ne formerait d'ailleurs toujours pas un ensemble cohérent, et certainement pas une base sociale. C'est pourtant cette nébuleuse que les partis politiques du centre et du centre-gauche, et une bonne partie des dirigeants du PS, se donnent pour « coeur de cible ». Quelle base sociale peut-on construire sur un ectoplasme ? Quel programme politique peut-on se donner qui correspondrait à la fois aux aspirations et aux droits des employés prolétarisés, des cadres embourgeoisés, des « bourgeois-bohèmes », des petits patrons et des enseignants ? Quelle stratégie pense-t-on pouvoir élaborer pour pouvoir se dire également représentants de celles et ceux que l'évolution sociale exclut et de celles et ceux qui en profitent ? Comment la gauche socialiste pourrait-elle réunir autour d'un programme qu'elle ait réellement la volonté de concerétiser, les classes populaires dont elle est supposée être la porte-parole mais qu'elle est en train de perdre, et les classes « moyennes et supérieures » qu'elle a gagnées mais qui ont beaucoup à perdre à la réalisation d'un programme socialiste ?

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  • République orpheline cherche président-e ?

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    Oedipus Rex Genevensis

    Une commission (la troisième) de la Constituante genevoise propose que Genève se dote d'un (ou d'une) président(e) pour toute la durée de la législature, et une tripotée de constituant-e-s ont fait le voyage (en deuxième classe, avec la plèbe qui sent des pieds ?) jusqu'à Bâle pour allez y renifler un air présidentiel qu'apparemment les constituant-e-s genevois regrettent de ne pas humer à Piogre. Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls : la « Tribune de Genève » fait toute sa troisième page, et un débat ce soir en prime, de l'éventuelle instauration d'une véritable chefferie gouvernementale cantonale. Comme si c'était une priorité. Déja que l'idée n'est pas franchement neuve (Guy Olivier Segond l'avait proposée dans les années '90, François Longchamp l'avait réchauffée il y a quelques années et Manuel Tornare rêve depuis des lustres de doter la Ville d'un-e Maire pour quatre ans), et qu'elle n'a séduit que les Urbanobâlois et les Vaudois (plus les deux cantons à Landamann, Glaris et Appenzell Rhodes extérieures)... La République de Genève est vieille d'un demi-millénaire. Ne serait-elle pas en 500 ans arrivée à l'âge adulte, qu'il lui faille encore un papa (ou une maman) ? Un-e président-e quinquennal-e de Genève ? Et pourquoi pas en revenir à un Comte de Genève, avec transmission héréditaire du titre (par primogéniture mâle, cela va de soi) ?

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  • Domestiques politiques attendent gages patronaux

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    Les partis de droite furieux contre EconomieSuisse :
    Domestiques politiques attendent gages patronaux


    Les partis bourgeois en ont gros sur la patate, après la déculottée prise le week-end dernier, lors du vote sur le 2e pilier. Et ils en veulent méchamment à « EconomieSuisse » : l'organisation faîtière du patronat helvétique a en effet totalement pris en main la campagne (ratée) en faveur du projet brutalement refusé par le peuple. Radicaux, démo-chrétiens et udécistes reprochent amèrement au syndicat patronal d'avoir claqué une dizaine de millions de francs pour cette campagne, au lieu que de financer directement les partis de droite, comme ils le faisaient auparavant. C'est vrai que ça doit être dur de devoir mener campagne comme de vulgaires partis de gauche, sans subventions directes du patronat, et de devoir attendre que celui-ci consente à accorder quelque aumône à ses commis politiques, quand ça l'arrange, qu'une campagne doit être menée sur un sujet qui touche des « intérêts économiques » qui ne veulent pas trop se montrer. Pour couronner le tout, EconomieSuisse a eu recours à une agence pour embaucher des jeunes qui ont fait campagne pour elle, sans rien connaître au dossier... « EconomieSuisse ferait mieux de nous donner des moyens plutôt que payer des jeunes qui n'y comprennent rien », pleurniche le président du PDC, Christophe Darbellay. Il ne lui vient pas à l'idée, à Darbellay, que son parti, le parti radical-libéral et l'UDC, pourraient se démerder pour se financer eux-mêmes au lieu que de mendier auprès du patronat ? Ce sont les domestiques que l'on gage...

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  • Initiative Minder : On votera. Malgré Blocher

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    Forte de 114'000 signatures, l'initiative lancée par l'entrepreneur schaffhousois Thomas Minder, inquiète le patronat et la droite politique : l'initiative demande l'établissement d'un contrôle des rémunérations des dirigeants d'entreprises par les actionnaires de ces entreprises, pour éviter que des gestionnaires totalement irresponsables, dans tous les sens du qualificatif, se mettent des bonus plein les poches en coulant l'entreprise. La proposition de Minder n'a rien de subversif, mais est suffisamment populaire pour qu'en ordre apparemment dispersé, quoique peut-être plus savamment organisé qu'il y paraît, le Conseil fédéral, le Conseil des Etats, le PDC, les radelibes, l'UDC et EconomieSuisse se soient mis, les uns après les autres, à allumer des contre-feux  : le Conseil fédéral propose une réforme du Code des Obligations, le PDC un contre-projet direct, le Conseil des Etats a repoussé l'initiative Minder tout en allégeant les propositions du Conseil fédéral pour les rendre quasi insignifiantes et EconomieSuisse a ravalé la façade de son « code de bonnes pratiques ». Comme ces barrages politiques paraissaient insuffisants, c'est Blocher qui s'y est mis, pour concocter un contre-projet indirect, et obtenir de Minder qu'il retire son initiative si ce contre-projet était accepté par une majorité parlementaire. Las ! Majorité parlementaire il n'y a point... Résultat : on se prononcera sur l'initiative Minder. Or c'est justement ce que Blocher voulait éviter.

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  • Ouverture de places d'apprentissages pour les jeunes sans statut légal : Mer de brouillard sur une évidence

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    Oscar Tosato, Sandrine Salerno, Luc Barthassat et Antonio Hodgers ont donné avec d'autres, mais avec plus d'écho que d'autres, un joli coup de pied dans une sombre fourmilière : Les deux socialistes en proposant que les deux villes dont il et elle sont magistrat-e engagent en apprentissage des jeunes sans statut légal, le démocrate-chrétien et le Vert en mettant le Conseil National face à la réalité et à sa négation par la l'hypocrisie des politiques et des réglementations fédérales et cantonales. Une réalité si gênante et une hypocrisie si confortable que pour rendre le débat incompréhensible, les adversaires du projet des municipalités de Lausanne et Genève en sont réduits à entretenir, volontairement, la confusion entre jeunes sans statut légal, sans-papiers. clandestins et travailleurs « au noir » : les jeunes sans statut légal que les municipalités pourraient engager comme apprentis ne sont pas «sans papiers» (il ne leur manque qu'un permis de séjour), ils ne sont pas clandestins (ils sont inscrits à l'école, couverts par l'assurance scolaire, connus des services scolaires), et s'ils pouvaient être engagés comme apprentis, ce ne serait pas «au noir» mais ouvertement, sur la base d'un contrat de travail, en payant les cotisations sociales qu'ils doivent, et en recevant le salaire auquel ils ont droit.

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  • Loi sur l'énergie : au prétexte de l'environnement

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    Le score fut serré : 52 % de Oui contre 48% de non, et c'est à l'arraché que la loi sur l'énergie est passée. L'apport des Verts à la droite et aux milieux immobiliers a été décisif (à Genève, on n'a pas besoin de «Verts libéraux », les Verts sans qualificatif optionnel font parfaitement l'affaire). Malgré cela, la Ville et les grandes communes ont voté clairement « non », et c'est le reste du canton (sauf Avully) qui a fait passer le « oui », avec l'aide d'un nombre inhabituel de bulletins blancs. Seul le vote blanc et le différentiel de participation au vote (45 % de participation à Vernier, 65 % à Laconnex...)  expliquent le résultat final : l'abstention est beaucoup plus forte dans les quartiers et les communes « populaires », là où la proportion de locataires est aussi la plus élevée et où le « non » l'emporte le plus largement. A l'inverse, plus une commune abrite de propriétaires, plus elle accepte massivement la loi -qui ne pourra entrer en vigueur qu'après qu'ait été traité le recours déposé par l'Asloca contre la méthode consistant à ficeler un paquet contenant à la fois des dispositions encourageant les aménagement énergétiques et des dispositions permettant d'en reporter le coût sur les loyers. Les Verts se félicitent : « Nous avons désormais un outil pour agir dans le sens d'une société à 2000 watts ». Et de loyers à 2000 balles pour un deux pièces ?

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  • PS : Parité missa est ?

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    L'inconfort de la règle

    Demain soir, le PS de la Ville de Genève va gravement s'interroger sur le maintien ou non de l'exigence statutaire de parité des genres sur ses listes électorales. Les statuts d'un parti politique sont en quelque sorte sa constitution. Comme une constitution, ils sont modifiables, révocables, adaptables, partiellement ou globalement. Un parti politique est un instrument, et ses statuts le mode d'emploi de cet instrument. Mais de quoi un parti est-il l'instrument ? d'un programme, d'un projet, d'une volonté politique collective, ou de plans de carrière ? Modifier les règles d'une élection quelques mois avant les élections, c'est se livrer à un exercice dont les gouvernements français (par exemple) sont coutumiers : on redessine les circonscriptions, on modifie le système électoral, on redéfinit les conditions de candidatures en fonction d'objectifs et de calculs électoraux, plus ou moins crédiblement fardés de références à quelques grands et sonores principes politiques... il y a fort longtemps qu'un tel bricolage ne devrait plus tromper personne, surtout à gauche. Après la parité, contestée parce qu'elle gène avec la même ferveur qu'elle était soutenue lorsqu'elle pouvait être instrumentalisée, ce sont d'autres dispositions des statuts socialistes (le non cumul des mandats, leur limitation dans le temps, etc.) qui vont donc être mise en cause pour les mêmes raisons d'où les principes sont aussi absents que sont pesants les calculs carriéristes, les détresses de fin de mandat ou l'envie de cumuler les postes. La règle de la parité est inconfortable ? Certes. Mais elle est précisément là pour cela...

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  • 2e Pilier : touche pas à MA rente

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    « Le peuple suisse vient de tracer une ligne rouge, une première limite à ne pas franchir dans le démantèlement des assurances sociales » déclare notre président à tous (pas Longet, Levrat) après la lourde défaite de la droite sur le 2e pilier, dimanche. Ouais. D'abord, tracer une «ligne rouge » autour du 2e pilier, c'est un peu vite oublier que ce machin a été concocté par la droite (avec l'appui résigné du PSS et de l'USS, certes) contre un projet de « retraites populaires » qui aurait renforcé l'AVS au lieu que d'instaurer une retraite par épargne forcée. Ensuite, il nous semble que des limites à ne pas franchir dans le démantèlement des assurances sociales, on en a déjà franchies quelques unes. On se réjouira certes que celle-ci n'ait pas (encore) été franchie, mais en faire une grande victoire de la gauche, le début de la « reconquête sociale » qu'y voit « Le Courrier » ou, comme « Le Matin », une manifestation de « révolte » des Suisses, c'est un peu excessif.. Le vote de dimanche est juste un vote de rentiers qui veulent garder leurs sous, qui ont parfaitement raison de ne pas vouloir les filer aux assurances privées et de payer la crise à la place des responsables de la crise, mais dont la plupart n'auraient certainement pas voté l'intégration du 2e pilier dans l'AVS, c'est-à-dire la transformation de leur rente par capitalisation en un renforcement de la rente par répartition...

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  • Egalité entre femmes et hommes : la longue marche et les rebroussements

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    « Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche »feminisme.jpg


    « Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche », proclame la troisième marche mondiale des femmes. Un siècle, un demi-siècle, un lustre, trois anniversaires : Il y a cent ans, à l'initiative de l'organisation des femmes de l'Internationale ouvrière et socialiste (la IIe Internationale), se décidait la célébration annuelle d'une journée « pour le droit de vote des femmes, l'égalité entre les sexes et le socialisme » -l'actuelle « journée des femmes ». Il y a cinquante ans, les femmes genevoises obtenaient (grâce au vote de la Ville de Genève, contre la quasi totalité des communes encore campagnardes et contre la droite traditionnelle) le droit de vote et d'éligibilité. Il y a cinq ans, les étrangères et les étrangers obtenaient le droit de vote (mais pas d'éligibilité) au plan municipal à Genève, mais pas au plan cantonal, et encore moins au plan fédéral. La longue marche vers le suffrage universel, ni la non moins longue marche vers l'égalité des droits entre femmes et hommes (au fait, ces deux marches n'en font qu'une) ne s'arrêteront pas là où nous en sommes, à l'un de ces moments d'une marche où, sans renoncer à la poursuivre, et précisément parce que nous n'y renonçons pas, nous avons à nous garder de revenir sur nos pas, malgré, à gauche, une certaine lassitude face aux exigences politiques qu'on s'est à soi-même posées et à la nécessité de maintenir au plus haut la capacité de se mobiliser contre les remises en causes des droits conquis : tenir le cap de l'égalité est une exigence qui menace à tout moment de se dissoudre dans des calculs à court terme ou les réflexes reptiliens.

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  • Le lac, le Vert et le Kazakh : fable genevoise

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    Le WWF a donc annoncé son opposition au projet de plage publique entre le Port Noir et Baby Plage, à l'agrandissement de la « Nautique » et à la construction d'un nouveau port, le tout sur 11 hectares, projet joliment affublé du titre de « Bobby Plage » puisque porté par l'ancien Conseiller d'Etat vert Robert Cramer. En fait, le WWF n'est pas opposé à la création d'une nouvelle plage sur la rive gauche, et en zone urbaine : il est opposé à ce qu'elle soit créée en déversant des remblais (ou plutôt des déblais, notamment ceux issus des travaux du CEVA) dans le lac en détruisant un milieu aquatique. Par ailleurs, « Action patrimoine vivant » a fait aboutir une initiative demandant le classement de la rade (soit un périmètre comprenant le Jardin Botanique, les parcs des Eaux-Vives et de la Grange, Genève-Plage et le sud du domaine du Palais des Nations) au patrimoine mondial, et sa protection contre toute extension des rives, ce qui condamnerait le projet de « maxiplage » défendu par Robert Cramer.

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  • Toilette annuelle : Le savon de l'auto

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    Et oualà, comme chaque année la foire aux beaufs sur roulettes s'ouvre à Palexpo. Avec un joli accident pour festivité d'ouverture : un camion chargé de lapins de Pâques se renverse sur l'autoroute, bloque les trois voies Lausanne-Genève, et oblige des dizaines de professionnels de la profession se rendant au Salon pour leur journée réservée à ronger leurs freins sur une autoroute bouchée, une route de Suisse embouteillée ou une route du pied du Jura congestionnée. Ils finiront tout de même par y arriver, à leur foire. Le secteur automobile emploie en Suisse environ 257'000 personnes au sein de 22'000 entreprises, et Genève est envahie de 370'000 véhicules automobiles (sans compter ceux qui vont en viennent de et vers Vaud ou la France). Tout ça pèse lourd. Plus lourd que les 22 personnes qui ont été tuées dans des accidents de circulation à Genève en 2009, que les kilomètres carrés d'espace gaspillés pour la bagnole ou que les kilos de graisse en trop gagnés en ne se déplaçant que le cul sur le siège de sa tuture. Les dégâts de l'automobile sont connus. Une fois par année, on les passe par pertes et profits. Ou plutôt : au tunnel de lavage. La salon de l'auto, c'est désormais le savon de l'auto.

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  • Faire son deuil de la social-démocratie

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    Résurrection ou réinvention ?

    Trois grands mouvements politiques ont constitué, en trois siècles, nos sociétés : le libéralisme, le radicalisme démocratique, la social-démocratie. La libéralisme en a constitué la base économique et le champ culturel, le radicalisme démocratique en a fondé les institutions politiques, la social-démocratie a accouché de l'Etat social. Mais ces trois mouvements sont, tous trois, arrivés au bout de leur rôle. Ils ont épuisé leur mission. « Le monde a besoin d'une social-démocratie forte », assure, sincèrement, René Longet... On se permettra ici d'en douter, de considérer la social-démocratie, en  tant que projet politique de changement fondé sur l'Etat social, l'Etat de droit et l'Etat acteur économique, comme un moment dépassé du mouvement socialiste, et de penser que « le monde» a désormais moins besoin d'une social-démocratie ressuscitée que d'un socialisme réinventé. Pour paraphraser (et quelque peu détourner) Gramsci, on se dira qu'en ce moment d'interrègne entre un monde qui meurt et un monde qui tarde à naître, les héritiers des mouvements fondateurs du premier ont à les réinventer, ou à en faire leur deuil.

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