vendredi, 26 mars 2010

Elections régionales françaises : De la « gauche plurielle » à la « gauche solidaire » ?

Les résultats des élections régionales françaises sont nets : très large victoire de la gauche en métropole, déroute de la droite, résurrection du Front National, marginalisation de l'extrême-gauche (NPA, LO), partie en ordre dispersé. La gauche garde toutes les régions conquises en 2004 et y ajoute, sans majorité absolue, la Corse. Outre-mer elle perd la Guyane et la Réunion (du fait de la division de la gauche). La droite ne conserve en métropole que l'Alsace (mais Mulhouse, Colmar et Strasbourg sont à gauche), et tous les ministres en campagne ont été battus. On relèvera l'inhabituelle objectivité des commentaires des vainqueurs et des vaincus, la gravité du ton d'une droite reconnaissant sa défaite le disputant à la modestie du ton d'une gauche ne tirant aucun triomphe de sa victoire, mais reconnaissant que beaucoup de travail politique reste à faire, pour passer, comme l'y invite Martine Aubry, de feue la « gauche plurielle »  à une nouvelle « gauche solidaire » . Pour le reste, d'entre les enseignements du scrutin français, les moindres ne sont pas ceux des vertus de l'unité entre les différentes forces de gauche (Verts compris), et des conséquences de l'absence d'unité entre les différentes forces de la « gauche de la gauche ». Jean-Jack Queyranne, vainqueur en Rhône-Alpes, résume : « la gauche est toujours plus forte quand elle est unie » . Unie, pas uniforme : il faut être « capables de proposer chacun un projet, puis de se rassembler sans nier notre diversité », ponctue la Verte Cécile Duflot. A contrario, la «gauche de la gauche » est toujours insignifiante, quand elle est dispersée. Le premier ou la première qui y voit une subtile allusion à la situation genevoise a gagné.


Vive la région...  et vive la commune !

La France n'a pas basculé à gauche : elle a voté pour l'opposition, et la droite étant au pouvoir central, l'opposition était de gauche. Reste qu'on se souvient que la gauche avait déjà remporté largement des régionales en 2004, pour être ensuite nettement battue à la présidentielle de 2007, le PS passant les deux années suivantes à organiser un pitoyable combat des chef-fe-s. Dès lors, la gauche a de nombreuses questions à se poser, et de nombreux problèmes à résoudre : quelles alliances ? Quel-le candidat-e pour le PS, seule formation de gauche capable de remporter une élection présidentielle ? quel contenu programmatique à l'alliance entre le PS et les Verts ? Dans l'immédiat, les régionales françaises nous semblent confirmer ce que nous avions pu écrire des cantonales genevoises d'il y a six mois : en temps de crises multiples,  « les gens » votent pour l'opposition, qu'elle soit de droite ou de gauche, ou même d'extrême-droite ou d'extrême-gauche si aucune autre opposition ne paraît suffisamment crédible en tant qu'opposition,  Le paradoxe français, c'est que l'opposition nationale (la gauche) est depuis 2004 la majorité régionale. Mais ce paradoxe n'entame pas la logique de l'hypothèse : la gauche est dans l'opposition nationale, les régions sont de gauche et sont donc des bastions de l'opposition même si, dans chacune d'entre elle (sauf l'Alsace), c'est la droite qui est l'opposition. Nous avions connu pareil paradoxe à Genève, lors du gouvernement monocolore, avec la contradiction d'une majorité municipale de gauche en Ville, et d'un gouvernement cantonal de droite; au terme de cette expérience intéressante, la gauche gagnait les élections cantonales, après quatre ans pendant lesquels la Ville a été dans l'opposition au canton. Ce vote pour l'opposition, c'est évidemment celui qui a manqué au PS il y a six mois -faute pour le PS de se définir lui-même comme une force d'opposition.  Et c'est ce vote que le PS doit maintenir, renforcer ou regagner dans un an, lors des Municipales. Genève est affublée d'un gouvernement de droite, et du parlement le plus à droite qu'elle ait connu depuis 1941... Mais la Ville est de gauche, et les grandes communes le sont, ou peuvent l'être, ou le redevenir. Il ne dépend donc que de la gauche en général, de chacune de ses composantes et du PS en particulier, d'en assumer la conséquence politique : faute d'opposition parlementaire crédible, ce sont les communes urbaines qui doivent être l'opposition au gouvernement et au parlement cantonal. Et ça tombe bien :  en 2011, année des élections municipales genevoise, on célébrera les 140 ans de la Commune de Paris...

14:54 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : élections, régionales, gauche | |  Facebook | | | |

Commentaires

Et les 14 années dramatique de ton copain Mitterrand tu les mets où?

Les gourdasses: Martine, Ségolène et leurs collègues, Dominique, Daniel et les autres crétins cupines!

On va bien rigoler puisqu'ils vont se battre comme des chiffonniers pour avoir la place!

2 ans de merdier et la France se retrouvera comme aujourd'hui avec des centaines de millions de dettes supplémentaires!

Écrit par : dominiquedegoumois | vendredi, 26 mars 2010

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