vendredi, 05 mars 2010

Toilette annuelle : Le savon de l'auto

Et oualà, comme chaque année la foire aux beaufs sur roulettes s'ouvre à Palexpo. Avec un joli accident pour festivité d'ouverture : un camion chargé de lapins de Pâques se renverse sur l'autoroute, bloque les trois voies Lausanne-Genève, et oblige des dizaines de professionnels de la profession se rendant au Salon pour leur journée réservée à ronger leurs freins sur une autoroute bouchée, une route de Suisse embouteillée ou une route du pied du Jura congestionnée. Ils finiront tout de même par y arriver, à leur foire. Le secteur automobile emploie en Suisse environ 257'000 personnes au sein de 22'000 entreprises, et Genève est envahie de 370'000 véhicules automobiles (sans compter ceux qui vont en viennent de et vers Vaud ou la France). Tout ça pèse lourd. Plus lourd que les 22 personnes qui ont été tuées dans des accidents de circulation à Genève en 2009, que les kilomètres carrés d'espace gaspillés pour la bagnole ou que les kilos de graisse en trop gagnés en ne se déplaçant que le cul sur le siège de sa tuture. Les dégâts de l'automobile sont connus. Une fois par année, on les passe par pertes et profits. Ou plutôt : au tunnel de lavage. La salon de l'auto, c'est désormais le savon de l'auto.


Automobile : changez de Salon !

Le Salon de l'auto se teint depuis deux ou trois ans d'un vert très pâle, mais ne conçoit toujours (il n'est pas là pour ça) aucune alternative à  l'engorgement des villes, l'invasion de l'espace, la pollution de l'air, du sol et des eaux, induits par la bagnole, qu'elle avance au pétrole, à l'électricité, au gaz ou à la poudre de perlimpinpin. Les bagnoles  « écolos », hybrides ou tout-électrique ne représentent d'ailleurs que 2,2 % des voitures neuves vendues en Suisse, et ne représenteront toujours pas plus d'une voiture neuve sur dix ans. Les autres ? Elles engloutiront toujours leur océan de carburant fossile et relâcheront toujours dans l'atmosphère leurs mégatonnes de pestilences. Le salon genevois se tient dans un pays qui abrite en proportion de son parc automobile (4,6 millions de voitures), trois fois plus de véhicules 4x4 que la moyenne européenne, et dans une ville qui doit supporter plus de voitures qu'aucune autre en Suisse (370'000 véhicules « automobiles » à Genève, auto-immobiles à 98 % du temps mais occupant toujours en moyenne chacun dix mètres carrés d'espace). 22 personnes ont été tuées dans des accidents de circulation en 2009 à Genève. C'est deux fois plus qu'en 2008, mais c'est dans la moyenne de la décennie (21 morts par an entre 1999 et 2009). On est bien contents d'être restés, avec les victimes, dans la normalité. La police genevoise explique la diminution du nombre de morts entre les décennies '80 et '90 du siècle passé par des facteurs techniques, l'évolution des mentalités, la prévention routière et une répression accrue des comportements dangereux, à commencer par le conduite alcoolisée. Mais il ajoute qu'une catégorie de conducteurs restent, de toute façon, des dangers publics et des assassins en puissance : ceux qui  «pensent être les seuls sur la chaussée et les rois de la route». Ils ont une excuse : cela fait plus d'un demi-siècle qu'on leur vend des bagnoles pour des signes de puissance, des symboles de virilité et des instruments de liberté. Dans un pays comme le nôtre, et dans une ville comme la nôtre, 85 % des personnes qui utilisent la bagnole pour se déplacer (et donc la plupart des visiteurs du salon de la bagnole) ont la possibilité de se déplacer autrement, à moindre coût financier pour eux, urbanistique pour la collectivité, écologique pour l'environnement. Bienvenue au salon de l'auto. Mais à L'AUTRE SALON D
E L'AUTOMOBILE, qui se tient à Genève jusqu'au 14 mars (programme complet sur www.autre-salon.ch)

03:42 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : automobile | |  Facebook | | | |

Commentaires

Toilette annuelle, savon de l'auto. Sous ce titre qui se veut facétieux l'auteur qu'on voit en photo nous menacer d'un index accusateur nous apprend que les beaufs sont de retour et qu'ils sont nombreux à visiter le Salon de l'Auto. Une invasion de tarés en quelque sorte n'est-pas M. Holenweg ? Durant dix jours, pour peu qu'on se rende à cette exposition, on pourra voir, fait rarissime à Genève, des sourires sur des visages. Un peu de patience, M. Jaccuse, la semaine prochaine les sourires seront repartis chez eux et Genève reprendra sa gueule d'enterrement.

Écrit par : nilton | vendredi, 05 mars 2010

"la foire aux beaufs sur roulettes": Mmmmm quel pied ça doit être de commencer la journée en stigmatisant et désignant a la vindicte populiste 700'000 de ses concitoyens.

Écrit par : Eastwood | vendredi, 05 mars 2010

en effet, vous n'avez pas idée... mais c'est rien à côté du spectacle réjouissant d'une autoroute fermée parce qu'un semi-remorque bourré de lapins de pâques s'est couché en travers de la chaussée... y'a des jours, comme ça, on sent l'arrivée du printemps...

Écrit par : Pascal Holenwegp | vendredi, 05 mars 2010

C'est con..., je n'ai pas de voiture. J'ai un permis et horreur de la conduite, Bien qu'habitant l'arc lémanique, je n'ai jamais foutu les pieds au Salon de l'auto et je me suis intéressé à la bagnole jusque vers l'âge de dix ans...

Et bien malgré ces "admirables" références, à votre différence Holenweg, je n'ai jamais considéré appartenir à une race supérieure, appartenance qui me permettrait de parler de "foire aux beaufs sur roulettes" à propos des membres d'une sous-espèce...

Écrit par : Scipion | vendredi, 05 mars 2010

Allons bon, voilà que le race revient par la petite porte de la bagnole... ça doit tenir chez "Scipion" à une sorte de mécanisme pavlovien... hélas, les beaufs à roulette ne sont pas une sous-espèce, ils sont de la nôtre...

Écrit par : Pascal Holenwegp | vendredi, 05 mars 2010

"...les beaufs à roulette ne sont pas une sous-espèce, ils sont de la nôtre..."

On ne dirait pas à la manière dont vous en parlez. Vous devriez donc essayer de mettre vos paroles en conformité avec vos théories.

Parce que le racisme, fut-il anti-automobilistes, reste du racisme, c'est-à-dire une "attitude d'hostilité de principe et de rejet envers une catégorie de personnes."

Vous pouvez tourner la question dans le sens que vous voulez, vous confirmez ce que j'ai toujours pensé, à savoir que le racisme est la chose la plus naturelle du monde et qu'on ne le surmonte qu'en se forçant à le faire.

Ce qui relègue l'antiracisme au rang de posture intellectuelle délibérée et artificielle, particulièrement stupide puisqu'elle revient, en fin de compte, à nier l'image désastreuse que le groupe considéré - dans votre cas, les "beaufs sur roulettes" - renvoie de lui-même.

Si vous croyiez être préservé du phénomène, c'est râpé. Maintenant, je ne sais pas si les organisateurs de la semaine valaisanne d'actions contre le racisme et la discrimination (12 au 21 mars prochains) ont prévu des stages pour les repentis…

Écrit par : Scipion | samedi, 06 mars 2010

Mon commentaire est un autre billet à lire ici sous le titre "Vive la bagnole":

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2010/03/05/vive-la-bagnole.html

Écrit par : hommelibre | samedi, 06 mars 2010

"le racisme, fut-il anti-automobilistes, reste du racisme, c'est-à-dire une "attitude d'hostilité de principe et de rejet envers une catégorie de personnes."
... cette "définition" du racisme est absurde : le racisme suppose d'abord que l'on définisse la "catégorie de personnes" à laquelle on est hostile comme une "race" (ou, par euphémisme, comme une ethnie...), et il n'y a guère que les vendeurs de grosses bagnoles pour définir les automobilistes (ceux en tout cas à qui ils s'intéressent) comme une "race". Ensuite, le racisme ne suppose pas seulement l'hostilité à l'égard de la "race" qu'on aura préalablement définie, mais aussi, et surtout, sa proclamation comme une race inférieure -ce qui reste après tout le plus sûr moyen de se proclamer soi-même comme supérieur. N'ayant pas défini les automobilistes comme une "race", ni comme une "ethnie", mais comme mes purs semblables à la seule différence d'un moteur et d'une carrosserie, je vous laisse à vos approximations rhétoriques -et en profite au passage pour saluer les organisateurs valaisans d'une semaine contre le racisme et les discriminations : ils ont, en bons Valaisans, des montagnes à déplacer.

Écrit par : Pascal Holenwegp | samedi, 06 mars 2010

"... cette "définition" du racisme est absurde..."

Je m'en fous, c'est l'une de celles que propose le Centre national de ressources textuelles et lexicales, un organisme créé par le Centre national (français) de la recherche scientifique, alors pour ma part, je suis couvert.

Je précise quand même que si je l'ai retenue, c'est aussi parce qu'elle englobe l'islamophobie que vos copains qualifient souvent de racisme. Le dictionnaire du CNRTL donne comme exemples "racisme anti-jeunes" et "racisme anti-policiers" qui, pas plus que le "racisme" islamophobe, n'induisent une notion de supériorité.

Voilà pour les "approximations réthoriques". Quant à la semaine contre le racisme et les discriminations, je lui souhaite bon vent et surtout de convertir beaucoup de "racistes" aux vertus du métissage, dont vingt pays d'Amérique latine illustrent... la capacité de nuisance :o)

Écrit par : Scipion | samedi, 06 mars 2010

"racisme anti-jeune" et "racisme anti-policiers" sont, "couvertes" ou non par le CNRS, des expressions parfaitement absurdes. On en a d'ailleurs tout une collection du même tonneau : "racisme anti-gros","racisme anti-fumeurs", "racisme anti-chauves" etc...
Quant aux vertus du métissage, elles résident précisément dans sa capacité de nuisance. Tout dépend évidemment à quoi l'on nuit : en l'occurrence, on nuit d'abord à la progression du crétinisme consanguin. Inutile de dire qu'on ne perdra donc pas beaucoup de temps à essayer d'y convertir des racistes : dans leur cas, c'est trop tard.

Écrit par : Pascal Holenwegp | samedi, 06 mars 2010

"...en l'occurrence, on nuit d'abord à la progression du crétinisme consanguin."

Entre le début du XXe siècle et celui du XXIe, les Islandais ont passé de 80'000 à 300'000 habitants, et les performances scolaires de leurs gosses laissent très loin derrière les résultats des populations des banlieues émotives.

Il y a donc là un argument "fort" de votre catéchisme qu'il faudrait réviser, même s'il reste à la portée de ceux qui le colportent.

Écrit par : Scipion | samedi, 06 mars 2010

Entre le début du XXe siècle et le début du XXIème siècle, la part des étrangers dans la population islandaise a été multipliée par dix (sans compter les Danois), leur nombre a été multiplié par cinquante et leur provenance élargie à l'ensemble de la planète. Non seulement l'Islande y a survécu, mais c'est même cela qui lui a permis de survivre, démographiquement et culturellement.

Écrit par : Pascal Holenwegp | dimanche, 07 mars 2010

Pour être encore plus précis, et encore pour réjoui (pour l'islande et les Islandais) : L'Islande comptait en 2008 317'000 habitants, dont 26'000 immigrantes et immigrants. De 1960 à 2010, la population totale de l'islande a doublé, mais sa population immigrée à octuplé et le pourcentage d'habitants de l'Islande nés hors de l'Islande est passé de 1,9 % en 1960 à 8,6 % en 2008, soit une croissance de 304 % en moins d'un demi-siècle. Quant à l'immigration nette (immigration moins émugration), elle a crû de 796 % pendant la même période, alors que la population totale n'augmentait que de 80 %. Même Genève n'a èpas fait mieux, si désolant que ce soit pour notre vanité. L'Islande est à tous points de vue un pays spèlendide.

Écrit par : Pascal Holenwegp | dimanche, 07 mars 2010

Désolé pour les fautes de frappes...

Écrit par : Pascal Holenwegp | dimanche, 07 mars 2010

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