mardi, 12 janvier 2010

Un spectre plane toujours sur le PAV...

On devait voter le 7 mars prochain sur le préavis municipal de la Ville, favorable au projet PAV (Praille-Acacias-Vernets), contre lequel un référendum a été lancé par la gauche, l'ASLOCA et les syndicats. On « devait », mais on ne doit plus, puisque le projet de loi de déclassement de terrains qui faisait l'objet du préavis municipal, et donc du référendum, a finalement été retiré, pour que des négociations entre le Conseil d'Etat, la Ville et les référendaires naisse quelque chose qui convienne à tout le monde. Ce qui tient probablement de l'illusion, mais a au moins l'avantage du moindre mal, tant le projet initial était critiquable. Au point d'être inacceptable. Mais au fond, pourquoi « sortir de l'enlisement » un projet (le PAV) qu'il vaudrait peut-être mieux l'y laisser s'engloutir ? La crainte du référendum reste le commencement de  la sagesse : « la guerre de la Praille n'aura pas lieu », titre « La Tribune » (de Troie). Ah bon ? Un cessez-le-feu, c'est la paix ?


Référendum de Damoclès
La critique du projet PAV devrait aboutir, non à lui tendre une planche de salut mais à son abandon pur et simple pour un autre, un véritable projet d'écoquartier, sans voitures, sans tours, avec les équipements sociaux et culturels nécessaires… Mais surtout, la condition sine qua non de tout projet acceptable dans le périmètre du PAV reste la maîtrise par les collectivités publiques des terrains et de l'espace à aménager, alors qu'on entend toujours prôner la vente de terrains appartenant à l'Etat. 80 % des terrains du périmètre sont en mains publiques (les CFF, le canton, les communes) : est-il acceptable de les brader à des privés et de laisser la spéculation régner dans un périmètre aussi important ? La gauche demande que l'Etat ne vende pas ses terrains, que le nombre de logements et le nombre d'emplois créés sur le périmètres soient équivalents, que la proportion de logements sociaux dans le total des logements soit augmentée. En 2007, le Conseil d'Etat annonçait vouloir faire du périmètres du PAV une « city genevoise », un quartier d'affaires, une « capitale mondiale des hedge funds ». Deux ans plus tard, du même chapeau-claque, il proposait d'en faire une cité dortoir de 14'000 logements. Il va nous sortir quoi, maintenant ? une réserve naturelle ? un quartier résidentiel hyper-sécurisé ? une zone carcérale ? Mark Muller, soutenu par les secrétaires généraux de la Chambre immobilière et des syndicats patronaux, s'est défendu d'avoir « capitulé » devant l'Asloca en général, et (vade retro satanas) Christian Grobet en particulier, et a assuré être « très proche d'un accord avec les référendaires » pour permettre de « fédérer un maximum de monde autour du projet, y compris l'Asloca et la gauche élargie ». Elargie à quoi, et à qui ? Le projet de loi de déclassement sera modifié ? Fort bien : une nouvelle procédure de consultation sera ouverte, avec de nouveaux préavis des communes (dont la Ville) à la clef, et donc la possibilité de nouveaux référendums municipaux contre ces préavis, puis de référendums cantonaux contre toute décision du parlement, par exemple de vendre des terrains appartenant à l'Etat… L’arme du référendum n’est pas un fusil à un seul coup…

03:02 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : urbanisme, pav, référendum | |  Facebook | | | |

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