mercredi, 23 décembre 2009

L'extrême-droite, ses idiots utiles, les femmes et la burqa

Libérez-vous, c'est un ordre !

Les Femmes Socialistes ont lancé une charte en faveur du droit des femmes, en réponse à l'utilisation par l'extrême-droite xénophobe (UDC en tête) de la réf
voiles.jpgérence aux droits des femmes (dont cette même extrême-droite se contrefout par ailleurs) pour alimenter ses campagnes islamophobes, et préparer le terrain à une nouvelle initiative visant à inscrire dans la Constitution une norme vestimentaire : l'interdiction de la burqa (ou de tout autre voile intégral, pour peu qu'il soit islamique, puisqu'à notre connaissance les religieuses catholiques ne sont pas visées par l'UDC, ce qui au passage permet à des démocrates-chrétiens au féminisme aussi contestable que celui de l'UDC de soutenir, eux aussi, l'interdiction d'un vêture qui n'est guère portée en Suisse que par quelques dizaines de touristes en provenance du Golfe.


Burqa d'école
" Les droits des femmes ne sont négociables dans aucune société et dans aucune religion ", proclame la charte des femmes socialistes. Les droits des hommes non plus, puisque les droits humains sont ceux de tous les humains. Les droits que les femmes socialistes énumèrent, pour affirmer que sur eux, elles ne transigeront pas, sont des droits de toutes : le droit de ne pas être contrainte au voile, le droit à la contraception, le droit à l'interruption de grossesse, le droit à la santé, par exemple. Mais il s'agit bien de droits, non d'obligations. Et il s'agit bien de ces droits que les forces politiques et religieuses qui en ce moment, en Suisse, cultivent l'agitation islamophobe (comme une nouvelle forme de la vieille xénophobie) n'ont jamais acceptés que contraintes, et forcées. Le manifeste des Femmes Socialistes est peut-être aussi une manière de dire aux femmes de ce pays : " libérez-vous d'abord de ceux (surtout) et de celles (aussi) qui vous ordonnent de vous libérer, mais pour qui votre liberté doit se réduire à celle de ressembler à leurs grand-mères : à la maison, à la lessive, à la vaisselle et au torche-cul des mômes ". On veut interdire la burqa ? Elle l'est déjà, puisqu'il est déjà interdit, sauf dans les périodes carnavalesques, de se promener le visage masqué. Dissimuler son visage n'étant pas un droit fondamental de la personne humaine, pas plus d'ailleurs que le montrer n'est une obligation citoyenne, l'interdiction totale du voile intégral dans l'espace public, ou dans les administrations et les services publics (comme les écoles et les hôpitaux), ou sur la voie publique, devra rester soumise à la même condition générale : l'égalité devant la loi, qui impose que si l'on devait interdire le voile, on devrait l'interdire à tout le monde (et pas aux seules femmes musulmanes). Ce qui ne ferait évidemment pas l'affaire, politique et symbolique, de nos nouveaux croisés, qui après avoir fait proclamer la suprématie visuelle et culturelle des clochers sur les minarets, vont proposer de proclamer (dans la constitution, devenue gardienne des modes vestimentaires) celle du voile des bonnes sœurs sur le voile islamique. Leurs supplétifs laïcards seront, là encore, mobilisés pour draper de " féminisme " le combat xénophobe qu'ils ont déjà fardé de " laïcité ", le féminisme et la laïcité ayant évidemment toute légitimité à perdre à être traînés dans cette soue.

02:02 Publié dans Femmes | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : burqa, hidjab, voile, udc | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je me suis arrêté à "extrême-droite xénophobe (UDC en tête)". Si vous ne l'avez pas déjà fait (dans un tel cas il faudrait alors recommencer, car vous auriez râté l'essentiel de vos études), un cursus universitaire en science po vous ferait le plus grand bien, à commencer par le cours de Politique Suisse dispensé par le professeur Pascal Sciarini...
Mais pour l'instant, avec des raccourcis aussi vide de sens que délétères, votre article d'aujourd'hui n'a aucune crédébilité. Cela me fait toujours sourire d'apprendre que l'UDC est un parti d'extrême-droite.
Dommage que l'extrême-connerie n'attire pas plus le regard populaire que les termes raccoleurs d'extrême-droite, xénophobie, racisme, fascisme, etc.

Écrit par : Bob | mercredi, 23 décembre 2009

Les défenseurs de la burqa prétendent qu'une interdiction nuirait à l'intégration, car ces femmes seraient alors contraintes de rester enfermées à la maison. On pourrait aussi leur imposer le port d'entraves aux pieds, pourquoi pas...

Quant à l'intégration, je vois mal une femme emburqée travailler comme jardinière d'enfants, à la réception d'un hôtel, comme hygiéniste dentaire, comme chauffeur de taxi...

J'aimerais aussi que les hommes qui insistent pour que les femmes s'habillent de façon traditionnelle en fassent de même: djellabas et babouches obligatoires, au risque de devoir rester enfermé chez soi. Au lieu de cela, ils se promènenet en Calvin Klein, Hilfiger, Gucci & C°

Le Prophète se déplaçait à dos d'âne et n'avait pas de iPhone. Donc si on veut suivre son modèle à la lettre (justification du voile, qui n'est pas prescrit par le Coran), les hommes musulmans modernes devraient renoncer à leurs belles voitures, à internet, etc... La tradition ne devrait pas être réservée aux femmes!

Écrit par : hérisson | mercredi, 23 décembre 2009

C'est l'hôpital qui se moque de la charité votre truc... Depuis quand le socialisme (par essence athée et libertaire) doit-il faire l'apologie des signes d'asservissement imposés par les hommes...

Pascalou, c'est vraiment n'importe quoi. J'en regrette votre période "Humanité Clandestine" et les amusants petits délits qui allaient avec.

Écrit par : Déblogueur | mercredi, 23 décembre 2009

Ne sachant pas à quoi correspond cette obsession récurrente (tant pis pour le pléonasme) d'une "période Humanité Clandestine", on laissera l'anonyme à ses regrets...

Écrit par : Pascal Holenweg | jeudi, 24 décembre 2009

Point 4 : L'INTERDICTION DE LA CONSTRUCTION DES MINARETS EST-ELLE CONTRAIRE A L'ARTICLE 9 CEDH.

I.

L'article 9 CEDH se lit :


"1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion;
ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui."

Ainsi le chiffre 1 instaure une liberté, mais comme toute liberté est limitée le chiffre 2 précise les principes relatifs à la restriction de la liberté.



II.

L'érection de minarets a une vocation religieuse et est protégée par la CEDH au titre de la liberté religieuse (9 CEDH).


III.

1. Cette restriction à la liberté d'expression est prévue par la loi puisque une disposition constitutionnelle le prévoit.


2. Elle vise un but très légitime dans une société démocratique au regard de la CEDH : lutter contre l'instauration de la shari'ah, laquelle aurait pour effet, ni plus ni moins, comme la CourEDH l'a rappelé (Arrêt parti de la prosperité c/ Turquie), de détruire les valeurs fondamentales instaurées par la CEDH (la plupart des libertés et la démocartie).


3. La distiction entre les autres édifices religieux et les minarets n'est pas discriminatoire dès lors que seul l'islam est de nature à favoriser l'instauration de la shari'ah. L'église nationale protestante n'est pas de nature à favoriser la propagation de la shari'ah.


4. La questions qui se pose est donc celle de la proportionnalité. La CourEDH distingue trois éléments. La proportionnalité stricto sensu, soit la nécessité que les effets bénéfiques soient supérieures aux inconvénients. Deuxièmement, la nécessité, à savoir l'inexistence d'une mesure moins incisive de nature à atteindre le but visé. Troisième l'appropriation, à savoir si la mesure visée est de nature à atteindre le but visé.

La proportionnalité stricto sensu est respectée au vu de l'extrême gravité de la propagation de la shari'ah, qui si elle était adoptée démolirait complètement les valeurs consacrées par la CEDH. Certes, le danger n'est peut-être pas encore durement ressenti mais la mesure restrictive est limitée.

La nécessité me paraît établie. En tous les cas je ne vois pas de mesure plus douce propre à atteindre ce but. Je ne discerne que d'autres mesures, beaucoup plus lourdes. Si un de lecteurs pouvait suggérer l'existence de mesures plus légères qui soient efficaces, il rendrait un grand service aux valeurs européennes.

Par contre, je me demande si cette mesure est propre à atteindre le but d'intérêt public visé : enrayer la progression du danger qu'est la shari'ah.

En d'autres termes, en quoi la non construction de minarets conduira à diminuer le danger d'instauration de la shari'ah ?

Là est ma question. Là est la question cruciale. J'ai depuis ma première demande receuilli deux éléments.


En premier lieu, HITOMI a écrit :

"Si l'interdiction de symboles pouvaient empêcher les idées qu'ils représentent de circuler, ça se saurait depuis longtemps! Prenez le cas des symboles nazis, interdits en Allemagne. Et bien, cela n'a absolument pas empêché le développement de mouvances néo-nazies ni même l'émergence du NDP (ationaldemokratische Partei Deutschlands), qui a même réussi à décrocher des sièges dans des exécutifs locaux."

C'est dire que pour elle, la restriction de la liberté d'expression que constitue l'interdiction du port des symboles nazi est inappropriée à atteindre le but d'intérêt public visé, à savoir contrer la résurgence du national-socialisme. C'est dire, qu'à la suivre, cette prohibition viole l'article 10 CEDH, qui garanti la liberté d'expression, puisque faute d'appropriation elle n'est pas nécessaire dans une société démocratique (disproportionnée).

Je crois pouvoir sans ambage et sans recours ni à la doctrine ni à la jurisprudence pouvoir affirmer que pareil raisonnement n'est que le sien et que la prohibition en question ne viole pas l'article 10 CEDH.

Son observation démontre donc qu'une restriction symbolique peut respecter le critère d'appropriation. Aussi le caractère symbolique ne permet pas à lui seul de conclure à ce que l'interdiction des minarets ne soit pas approprié et tombe sous le coup de l'article 9 CEDH.


En second lieu, les écrits de YVES SCHELLER m'ont amené à prendre connaissance de la déclaration suivante :

"Communiqué de l’association suisse pour la laïcité (ASL) au sujet du vote sur l’initiative anti-minarets du 29 novembre 2009 :

..(..)..

Bien qu’assez sain dans son principe, parce qu’il s’attaque avant tout à l’islamisme totalitaire, ce vote porte à faux car il frappe l’immense majorité des musulmans de Suisse qui ne s’en réclament nullement."

Cette observation de l'ASL met en exergue que ce comité pro-minaret reconnaît que la prohibition des minarets est appopriée au but qu'elle vise : faire obstacle à la shari'ah pronée par l'islamisme totalitaire parce qu'elle s'attaque à l'islamisme totalitaire, soit est de nature à ralentir la progression de la shari'ah.


Il va de soit que ce qui précède n'emporte pas ma conviction et je vous invite donc à me faire tenir tout argument allant contre ou pour l'appropriation de la mesure au but visé.

Écrit par : CEDH | jeudi, 24 décembre 2009

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